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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 septembre 2021
J'ai eu la chance de voir ce film au Forum des Images; C'est bluffant, extrêmement original. Les acteurs, à peu près tous inconnus, sont excellents, tous très justes. On s'attache à ces personnages, on suit avec plaisir les tribulations de Philippe BICHON de son patelin paumé jusqu'aux teufs de Berlin Est. Pour ceux qui n'ont pas connu cette époque, c'est une plongée charmante et passionnante dans l'univers des radios libres, de la gauche au pouvoir, du service militaire. A VOIR +++
film dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à rentrer. je pense que le film parlera certainement à ceux qui ont connu le service militaire, mais je me suis sentis sur le bas côté. la bande son en revanche est vachement bien travaillée, la réalisation reste efficace.
Malheureusement le scénario nous propose une histoire d'amour à laquelle je n'y ai pas cru une seconde.
en fin de compte cela reste un film très décevant.
"Les Magnétiques" nous plongent au tout début des années 80. L'élection de Mitterrand, espoir pour la jeunesse. La musique synthé. Le service militaire. Et les radios pirates. Philippe et Jérôme sont deux frères tenant l'une d'entre elles, Radio Warsaw. Jérôme est la grande gueule, animateur sur les ondes. Philippe, très réservé, est un technicien du son prodige, qui fait des merveilles avec l'électronique analogique de l'époque. Jusqu'à ce que le service militaire le convoque... Je n'ai pas connu cette période (né plus tard, j'ai quand même connu les cassettes audio !). D'ailleurs Vincent Maël Cardona pas vraiment non plus, puisqu'il est né en 1980. Mais le réalisateur arrive à reconstituer cette époque, ou tout du moins son empreinte perçue, de manière assez bluffante. Via les décors et costumes certes, mais aussi de nombreux détails visuels. Ne serait-ce que tout le matériel rétro manipulé par le protagoniste ! Et les personnages masculins pour la plupart bourrus, entre lesquels le protagoniste plus doux est perdu. Le tout filmé dans la grisaille de la campagne anonyme, là encore bien retranscrite. Le réalisateur se permet par ailleurs quelques très jolies scènes, étonnantes pour un premier long-métrage. Je retiens celle du studio de la BFBS à Berlin, galvanisante. Et une scène d'amour très esthétisée. Côté acteurs, Joseph Olivennes et Thimotée Robart ont beau être plus vieux que leurs personnages, ils sont très à l'aise en petits c*ns de l'époque, chacun à son niveau. Thimotée Robart convient bien à ce rôle de jeune homme réservé, très maladroit quand il s'agit de communiquer par les mots, brillants quand on le laisse s'exprimer par les sons artificiels. Pour l'anecdote ce dernier mène en parallèle de sa carrière d'acteur une activité de... perchman ! Logique... Je ne serai pas aussi positif sur le scénario, sans grande surprise. J'ai un peu de mal à croire qu'il a fallu 10 ans (!) au réalisateur pour l'élaborer, avec une tripotée de scénaristes. Ou alors c'est qu'ils avaient aussi anticipé les visuels ? En tous les cas, "Les Magnétiques" est un beau premier long-métrage pour son réalisateur.
Je ne m'attendais pas du tout à ça et j'en ressors enchanté. Un superbe et poétique chronique du début des années 80 et de l'aube des années Mitterrand à travers la jeunesse et les radios libres. Hypnotisant, cette histoire se déroule sous nos yeux sans grandiloquence mais on ne peut jamais décrocher. Un beau film, reposant et envoutant.
Une chronique générationnelle pleine de nostalgie à travers le récit initiatique enthousiasmant (en dépit d’une fin assez conventionnelle) d’un taiseux doué de province qui finit par trouver sa voie dans la musique, à l’aube des années 80. 3,25
Un petit film qui a des côtés attachants avec l’histoire de ce jeune garçon passionné de musique pop/rock et ayant une appétence pour le mixage. On va suivre son destin au début des années 80 . Mais le film est un peu brouillon et veut aborder beaucoup (trop) de sujets , on insiste lourdement sur l’élection de F. Mitterrand et le « changement culturel », mais on ne voit pas vraiment le rapport avec le récit principal. Idem pour la description glauque du métier de garagiste du père, dans une ville grise, crade et désespérante. Une drôle d’image, noire, donnée des garagistes et des petites villes de province. Le ton n’est pas bon presque méprisant. On peut supposer qu’il s’agit de retranscrire un ressenti, ce que ce que percevait le jeune garçon à ce moment là, mais c’est lourd , caricatural, pesant et même gênant par moment. Les meilleures parties sont les parties musicales, on sent le gout de Vincent Cardonna, le réalisateur pour le pop/punk et la new wave underground qui suivra, une très bonne sélection, de bons morceaux, une belle bande son. La partie sur son service militaire effectué en Allemagne, la découverte du Berlin Est , pré-punk est assez marrante. L’histoire d’amour de la jeune fille tiraillée entre les deux frères n’est pas très crédible, même si la jeune actrice Marie Colomb joue plutôt bien, déjà vue dans le très bon « la Voix royale ». La réalisation est assez médiocre. Un film que l’on aurait voulu aimer, mais rempli de faiblesses.
Les magnétiques nous raconte une époque, la fin d'un cycle allié à l'innocence, l'admiration pour son aîné et le fait de trouver sa propre voie, de se réaliser. Un premier film gentil, trop sage et léger, qui se cherche, à l'image des thèmes prétendument évoqués. D'ailleurs la mise en scène et la photographie restent banales. Ni passionnant, ni émouvant.
Ce premier film de Vincent Maël Cardona, à qui l’on doit ensuite la série « De grâce », est une chronique sincère sur les premières radios libres qui ont éclos au début des années 80. La réalisation est soignée et l’histoire se tient mais l’ennui guette par moments.
Il y a eu les films fait dans les années 80, il y a maintenant les films fait en 2000 et qui parlent des années 80 (les passagers de la nuit, Bis,...). Pour y avoir grandi, j'y ai retrouvé non sans plaisir, les senteurs, les éclairages, les tenues, le matériel hi fi et l'état d'esprit d'une jeunesse cherchant sa voie. Une époque au romantisme plus prégnant à l'image de la new ave qui inondait les ondes FM, aux fêtes fauchées, une époque également incertaine avec la menace du service militaire sur les jeunes têtes encore en formation, ou aux relations parentales plus hierarchiques. Le film est réussi car il parvient à mêler réalisme et fantasmagorie sans qu'on puisse vraiment déméler l'un de l'autre. Le trio de comédiens est convaincant, Marie Collomb a une belle présence par le mystère qu'elle instille. Par contre, l'histoire a quelques trous d'air et son dénouement est trop timide. Convaincant
Les Magnétiques vaut essentiellement par sa reconstitution poétique des années 1980. Au-delà des voitures de l'époque, des pulls à col roulé, de Mitterrand Président, le cinéaste a su capter l’esprit de cette époque et le traduit par sa mise en scène ambitieuse. Le choix des comédiens, et de leurs costumes, y contribue aussi. Les séquences fondées sur l'exceptionnel talent musical du personnage principal sont extrêmement bien réussies. On le voit sampler des extraits audio non pas avec des vinyles, mais avec des cassettes : stupéfiant ! Malheureusement ces séquences sont trop rares. Le film se déporte vite vers une relation amoureuse et un relation entre deux frères, certes intéressantes mais moins saisissantes. Malgré ce petit écueil, cet opus reste une œuvre de qualité, promettant beaucoup pour la suite de son auteur et de ses comédiens.
Plongée visuelle, auditive, sensorielle dans les années 80 qui peine un peu à démarrer mais dont la réalisation exigeante finit par nous happer pour nous faire passer par des pics émotionnels assez intenses. Les Magnétiques ce n’est pas seulement un film mais c’est du cinéma.
Magnétique assurément, par la poésie de son écriture et la sensualité de sa mise en scène. Souvenirs d'une époque bascule entre espoir et réalité. Convenu, mais sincère.
C'était magnétique. Faisant un portrait très juste des premières années mitterrandiennes et du service militaire obligatoire qui ne nous manque pas vraiment, Les Magnétiques fascine pour les bricolages analogiques de son jeune protagoniste ingé son, dont le parcours initiatique est peut-être attendu mais pudique, préférant raconter peu que trop.
De Vincent Maël Cardona (2021). La première impression qui d'ailleurs ne nous quitte pas un instant est le sens du vécu que le film inspire. Certainement un récit autobiographique. Que ce soit au niveau de l'ambiance générale , de cette conviction que le collectif pouvait changer le monde. Époque d'espéraance même si plus-tard il y aura un grand sentiment de trahison! Bien filmé avec des décors, voitures, matériels et informations en arrière plan de ce monde qui bouge, de ce monde en recherche et d'espérance de grands bouleversements. Tour cela raconté par le très bon jeune acteur Thimotée Robart. Mais voilà , le film sera surtout magnétique pour ceux qui ont connu cette époque avec enthousiasme. Pour les autres, le film sera peut-être plus difficile à aprécier ! Mais bon pour un premier essai du réalisateur c'est pas mal.
Mai 1981. François Mitterrand vient de remporter les élections présidentielles, soulevant une immense espérance dans le peuple de gauche. Philippe (Timothée Robart) ne communie pas à la liesse générale, obnubilé par sa seule passion : le son. Effacé et timide, Philippe assiste Jérôme son frère aîné (Joseph Olivennes) qui anime une radio pirate. Mais le service militaire l’appelle. Philippe doit quitter son petit village pour Berlin où ses talents auront tôt fait de lui trouver un poste à la radio britannique. Pour Philippe, l’expérience est unique ; mais il vit mal d’être éloigné de Marianne (Marie Colomb), la fiancée de Jérôme dont il est secrètement amoureux.
Il faut reconnaître à ces "Magnétiques" une qualité : traiter un sujet original. Original par l’époque où il se déroule : le début des années 80 et les espoirs de changement que l’arrivée de la gauche avait fait naître. Original par l’angle d’approche choisi pour le traiter : non pas tant la musique proprement dite – même si la BOF contient quelques petits bijoux – que le son et la façon de le fabriquer, traiter, de le distordre, avec des moyens techniques sacrément inventifs et pourtant préhistoriques.
Le réalisateur Vincent Maël Cardona montre moins d’originalité en utilisant comme fil rouge de cette histoire le passage à l’âge adulte d’un provincial timide. Ce passage se fera au prix d’un exil : de la province française la plus rétrograde (avec son bistrot miteux, son salon de coiffure démodé et son garage encombré d’épaves) à la capitale. La capitale ici n’est pas Paris comme c’est souvent le cas (qu’il s’agisse des "Illusions perdues" au XIXème siècle ou de "La Belle Saison" qui se déroule au début des années 70) ; mais, service militaire et guerre froide obligent, Berlin que le manque de moyens empêche de filmer en plan large.
Même si Marianne (la jeune révélation de la mini-série "Laëtitia") est désirable en diable, le personnage le plus intéressant est Jérôme, le frère aîné, interprété avec incandescence par Joseph Olivennes. Jérôme, Philippe et leur père – la mère a disparu sans qu’on sache si elle est partie ou décédée – forment un trio biblique dont on pressent par avance qu’il est voué à un destin tragique.
C’est là le principal défaut du film : un scénario languissant qui semble hésiter sur son cours et qui souffre dans son dernier tiers, une fois refermée la parenthèse berlinoise, d’un cruel trou d’air.