"Petit Pays" est un petit film qui vous met à terre. On en ressort nauséeux et sans force. Car ce n’est pas un gros documentaire sur le génocide rwandais. Le spectateur voit les choses par le petit bout de la lorgnette, mais c’est suffisant pour mettre le doigt sur l’insondable fragilité humaine ––bêtise ? méchanceté ? Sur la pauvreté de l’homme, toujours enclin à détruire. C’est l'adaptation du roman homonyme de Gaël Faye, franco-burundais qui sortait de l’enfance au moment de la guerre au Burundi et du génocide (1993-1994). C’est donc la vision d’un enfant qui perd son innocence. Le film passe d’ailleurs un bon moment à filmer le bonheur ––mais aussi quelques fumerolles ici et là, signalant le volcan endormi. On comprendra peut-être un jour le pourquoi du comment le volcan a explosé. Là, on comprend juste comment le racisme se répand, à partir de petits riens ––mauvaise herbe dans le fertile jardin humain. Le simple spectacle de Cyrano et de son nez au cinéma de quartier réveille ainsi des comparaisons racistes entre le nez du Hutu et le nez du Tutsi. Petit homme que l’homme ! A.G.
Comme devant chaque adaptation littéraire, le ressenti devant Petit pays sera différent selon que l'on a lu ou non le roman d'origine. Le livre de Gaël Gaye, publié en 2016, valait tout autant que par ce qu'il racontait que par son style; tendre, chatoyant et velouté. Le Burundi ne fait pas vraiment partie des pays africains qu'il est assez aisé de situer étant donné sa taille réduite, équivalente à 1/20e de la France, ou encore de 1/80e de celle de la République démocratique du Congo, l'un de ses voisins avec la Tanzanie et le Rwanda. Quant à la guerre civile, qui a ensanglanté le Burundi de 1993 à 2001, et dont les cendres sont loin d'être froides, elle n'est connue que par ceux qui s'intéressent de près à l'actualité de cet ancien protectorat belge. Alors oui, le film est fidèle au livre, dans ses grandes lignes, rendant plutôt bien ce temps de l'innocence enfantine à Bujumbura, avant la violence, avec le chapardage de mangues, les moments d'amitié et la découverte de la littérature. Mais la mise en scène, sage et illustrative, se révèle moins efficace dès lors que la tension monte et que le danger rôde. Comme dans La promesse de l'aube, son précédent long-métrage, Eric Barbier ne démérite pas mais ne parvient pas à se hisser au niveau de l'ouvrage qu'il retranscrit à l'écran. Rien de honteux là-dedans, surtout si le public du film qui ne connaît pas encore la prose de Gaël Faye se décide à la découvrir après la projection. Plaisir garanti.
Bof je reste sur ma faim ! Une histoire qui raconte ce qui s'est passé em Afrique avec une histoire de famille fictive ! Le lien entre les 2 est un peu déroutant surtout quand on ne connaît pas cette histoire du génocide du Rwanda, Je trouve ce film trop cruel et avec un manque de lien dans l'histoire de cette famille, J'ai voulu faire confiance aux votes qui étaient bons (4,1) mais je ne le comprend pas... j'ai peu été surprise mis à part cette violence horrible
Ce film est un chef-d'œuvre. Le jeu d'acteur est exceptionnel, et le scénario nous plonge avec finesse dans le drame du génocide rwandais. A voir absolument
L'exposition est très longue avec des dialogues assez didactiques, le génocide au Rwanda est réglé par des JT et un monologue, la dernière partie la plus émouvante porte sur ses traumatismes avec la déchéance terrible d'Yvonne, la mère (Isabelle Kabano).
L'acteur principal est comme à son habitude au sommet de son art, les enfants jouent à merveille et l'histoire, bien sur on la connaît, raconter cela fait parti du culturel malheureusement...magnifique moment de cinéma !
adaptation très réussie qui nous met en présence des blancs racistes, d'enfants heureux, d'un pays où il fait bon vivre... jusqu'à ce que l'impensable survienne.. Les haines viscérales qui se déchainent, la peur, l'incompréhension, le déni sont très bien abordés Les rescapés sont montrés sous leurs différentes facettes ( folie ou la résilience) très bon film ! tout est abordé avec justesse et sans avoir montrer trop de scènes d'horreur
On est à mi chemin du reportage et du film qui raconte une histoire. La faiblesse du film est qu'il se déroule de façon assez plate et froide laissant les sentiments un peu de côté. La force du film est justement cette absence d'effusion et évidemment de pathos ; point de discours moralisateur creux si cher à la production hollywoodienne ; il n'y a pas les bons noirs et les mauvais noirs, ni même les bons noirs et les mauvais blancs, cliché très tendance. L'auteur du livre et le metteur en scène livrent une réalité crue, y compris une réalité qui touche la France : Tutsis et Hutus ne nous supportaient plus. Cette vérité, et peut être est-ce un des plus grands intérêts de ce film, donne à réfléchir sur l'intervention actuelle de la France au Mali où les populations se soulèvent aussi contre nous. C'est donc cette réflexion politique qui est la plus grande force du film d'Eric Barbier, soutenu par une bonne musique et des images puissantes.
Gaby a dix ans. Il vit une enfance protégée à Bujumbura au Burundi avec Michel, son père, un entrepreneur français expatrié, Yvonne, sa mère, d’origine rwandaise et Ana, sa sœur cadette. Élève de la classe de Mme Economopoulos, il forme avec quatre camarades une bande d’amis indéfectiblement soudés. Mais cet éden enfantin va se fissurer sous le poids des événements extérieurs : le coup d’État d’octobre 1993 qui renverse le président tutsi Melchior Ndadaye et surtout le génocide au Rwanda qui va décimer la famille de Yvonne.
"Petit Pays" est la fidèle adaptation du best-seller de Gaël Faye, publié en 2016, couvert de prix et désormais au programme dans les collèges. Le film comme le roman entremêlent deux histoires : la petite et la grande. La petite : la chronique familiale d’un divorce annoncé. La grande : deux pays plongés dans la guerre civile.
Je l’avoue le rouge au front : je n’avais pas aimé le roman de Gaël Faye et n’en avais pas compris l’étonnant succès. J’ai conscience avec cet aveu honteux de me couper de 99 % de mes amis qui, au contraire de moi, ont été sensibles à sa pudeur et à sa force. Tout au plus me gagnerai-je la sympathie de leurs enfants qui se cherchaient un prétexte pour refuser de le lire ! Je lui reprochais un regard éculé – la guerre à regard d’enfant (soupirs) – un scénario trop chargé s’étendant sur un temps trop long et enfin un point de vue qui complique la compréhension à qui ne connaît pas les rebondissements de l’histoire politique burundaise. Dans un genre très similaire, je lui avais préféré "Notre-Dame du Nil" de Scholastique Mukasonga.
Les critiques que j’adressais au livre, je les adresse à l’identique au film qui en est la sage retranscription. Éric Barbier, qui fut il y a une trentaine d’années un réalisateur français plein d’avenir, est devenu un faiseur sans talent. Après avoir adapté "La Promesse de l’aube", avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney, il se colle à cette adaptation-là. Que fera-t-il ensuite ? "Les Fourberies de Scapin" ? "L’Étranger" ?
Petit Pays est l'adaptation du livre éponyme. Le sujet pivot des 2 œuvres est la préparation et la réalisation du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Le spectateur vit ce génocide à distance, à travers les enfants d'une famille franco/rwandaise refugiée au Burundi. Et c'est bien cette distance qui finit par poser problème. En se focalisant sur le quotidien certes dramatique de cette famille en exil, le film finit par tourner en rond et ennuyer. Un comble avec un tel sujet. Brouillon, répétitif, incohérent, le scénario multiplie les pistes sans apporter de cohérence et de corps à son sujet. L'émotion finit enfin par naître dans les dernières minutes, mais trop tard pour sauver l'ensemble.
Magnifique, Chef d'Oeuvre 2020, je n'ai pas lu le livre mais du coup je vais le lire. Dépassé par l'émotion du film, je me suis creusé l'esprit pour trouver des défauts pour mettre 4.5/5 et pas 5, pas trouvés bingo 5/5 Chef d'oeuvre ! l'histoire, les personnages, la musique, les plans, les acteurs, les paysages et les décors, tout est magistral et la sauce prend merveilleusement bien. On en sort bouleversé.
Lorsque j'ai appris que l'excellent livre de Gaël Faye, avait été adapté au cinéma, j'étais content. J'ai vu la bande annonce et ça m'a donné envie de le voir. Je suis allé au cinéma aujourd'hui (séance de midi au MK2 Bibliothèque à Paris, nous étions 3 solitaires dans la salle, mais ça c'est une autre histoire, la fréquentation des salles), et j'ai été déçu. Je n'ai jamais retrouvé la puissance du récit de Gaël Faye, je ne sais pas pourquoi, mais la terreur de ces génocides tutsis massacrés par les hutus, puis l'inverse, je trouve qu'on ne la ressent pas assez dans le film. Peut-être est-ce en partie du à l'interprétation de Jean-Paul Rouve, qui quoi qu'il se passe à l'air assez détaché de la situation, alors qu'on ressent l'angoisse dans l'interprétation des enfants et de la mère. Bref plutôt déçu par le film, par contre je recommande grandement le livre.
Rien à ajouter de plus que le silence dans a salle, au delà du choc émotionnel ressenti. L'Histoire, on en connaît une partie mais L'histoire de chaque famille est justement bien décrite, on ne tombe pas dans des clichés, juste exceptionnel....
L'esprit du livre, d'une enfance heureuse au Burundi à la guerre effroyable entre les peuples est bien retranscrit. Si on peut reprocher une adaptation presque trop "page par page", le film ne perd jamais de vue son propos et rend un bel hommage au bouquin de Gaël Faye, qui est à la fois doux et piquant, beau et triste, intime et grandiose, témoignage presque unique et essentiel de l'Histoire de la région des grands lacs africains dans les années 90. Un film à voir donc, surtout si vous n'avez pas eu l'occasion de lire le livre.