Venom 2 – Quand la symbiose vire au stand-up
Dès les premières minutes, Venom: Let There Be Carnage pose ses valises sur le terrain du grand n’importe quoi assumé. Imagine un coloc relou, sauf que le coloc, c’est un alien psychopathe qui squatte ton corps et veut manger tout ce qui bouge, à commencer par ton chat. Eddie Brock et Venom forment donc un duo infernal, mi-Laurent & Hardy, mi-Columbo & Hannibal Lecter. Mais là où le premier film avait encore un peu de sérieux, ici, Andy Serkis appuie sur l’accélérateur du clownesque, et ça dérape souvent… dans le mur.
Face à eux, Woody Harrelson se met dans la peau – enfin, dans le sang – de Cletus Kasady, un tueur en série qui fusionne avec un symbiote encore plus énervé que Venom. Carnage, c’est un peu Venom sous stéroïdes, sauf qu’il a les punchlines d’un ado de 15 ans en pleine crise existentielle. Harrelson s’amuse visiblement dans son rôle, mais l’écriture du personnage est aussi fine qu’un épisode de Power Rangers. Quant à Naomie Harris en Shriek, elle passe tellement à la trappe qu’on se demande si elle n’était pas là pour livrer Uber Eats entre deux scènes.
Et là, surprise : pendant la moitié du film, il ne se passe rien. Pas une baston, pas une explosion, pas même un pauvre camion renversé. On passe plus de temps sur les états d’âme d’Eddie et Venom que dans un épisode de Docteur Quinn, femme médecin. Quand ça bouge enfin, les scènes d’action sont expédiées plus vite qu’un micro-onde à pleine puissance. Heureusement, le final dans une cathédrale rattrape un peu le coup, mais bon, on est loin d’un Avengers.
Côté humour, on est dans le niveau CM2 sous amphétamines. Les chamailleries entre Eddie et Venom font sourire, mais on a vite l’impression de voir une version discount de Deadpool. Les répliques tombent à plat plus souvent qu’elles ne font mouche, et le film hésite constamment entre le sérieux et la parodie. Résultat : on reste dans un entre-deux bizarre où on ne sait jamais si on doit rire ou pleurer.
Malgré tout, il y a un truc qui fonctionne. Peut-être parce que le film ne se prend pas au sérieux, ou peut-être parce qu’il dure seulement 1h30 (un exploit dans l’univers Marvel). C’est kitsch, c’est absurde, mais c’est divertissant. Andy Serkis, pourtant habitué aux rôles d’alien dépressif (coucou Gollum), livre une réalisation correcte, mais sans génie. Et Tom Hardy, fidèle au poste, sauve le film par son énergie et son engagement total, même quand il doit hurler sur un poulpe extraterrestre imaginaire.
Venom 2, c’est un peu comme un kebab de fin de soirée : tu sais que c’est pas génial, mais tu le finis quand même parce que t’as pas mieux sous la main. Si t’aimes les films qui mélangent baston, blagues potaches et CGI à gogo, fonce. Sinon, passe ton tour et laisse Venom et Eddie se bouffer le nez tout seuls.
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