The Monumental Masterpiece
Enfin sur nos écrans ! The Brutalist ! Je n'avais pas eu autant d'attentes sur un film depuis Mégalopolis et The Substance . Mais quel film, quelle expérience, il faut le voir absolument dans une salle de cinéma ! Je suis sous le choc !
Honnêtement, c'est difficile d'écrire une review à chaud correct, on va essayer. Je suis passé par toutes les émotions tellement c'était intense tout le long. Il ne faut pas avoir peur de la durée, c'est 3h30 de pure plaisir cinématographique. L'entracte fait un bien fou pour se remettre de ses émotions avant que ne démarre de plus belle avec la seconde partie. Ça monte graduellement pour offrir une dernière heure de folie complète. Rarement, j'aurais ressenti autant de choses devant une oeuvre. Il y a de nombreux plans séquences, de plans assez longs qui rajoutent une intensité, une immersion folle au récit. Il y a tout qui se construit et se détruit en même temps, devant nous.
Qu'est ce que je peux vous dire sur le film très concrètement ? Mis à part de dire que tout est parfait. Tout le casting est phénoménal: Adrien Brody, Guy Pearce et aussi Felicity Jones qui incarne une présence folle à l'écran à l'image d'une Lily Gladstone dans le Killers of the Flower Moon de Scorsese.
Techniquement, visuellement c'est whoaaa, il y a un travail sur la lumière qui est merveilleux. Une musique totalement épique qui dès le début annonce la taille monumentale du film. Les décors majestueux
C'est un film qui nous parle comment on peut se servir de l'art comme un moyen d'expression pour se soulager, pour exorciser, nos peurs, nos traumatismes les plus profonds et ici Laszlo s'en sert pour parler de son traumatisme lorsqu'il a été dans les camps durant la Seconde Guerre mondiale.
C'est aussi le désenchantement du rêve américain. Après la guerre, de nombreux européens sont venus sur le continent américain pour une vie meilleure mais ici on voit bien que c'est tout le contraire. Les conditions de vie de ces migrants sont misérables. De plus, ils sont mal vus, en tant que “météques“ ce qui peut rendre difficile leur incorporation dans la société américaine. Il n'y a qu'à voir le projet de bâtiment de Van Burel qui veut un bâtiment qui réunit le plus grand nombre de personnes mais les autorités veulent y installer aussi une église au sein du complexe ce qui est une manière, entre autres, de mettre à l'écart les autres populations. Le film tend petit à petit à se déshumaniser, les personnages deviennent au fur et mesure détestable, ils sont pris par une folie laquelle je ne sais pas.
Enfin pour conclure sur cette idée d'anti American Dream, il n'y a qu'à voir ce plan qui va et est déjà cultissime de la statue de la liberté quasiment filmé à l'envers. Un monument américain symbole de tout cet espoir pour tous ces migrants d'une vie meilleure et le fait de la voir de cette manière nous fait vite comprendre que c'est loin d'être le cas, c'être un rêve.
Alors, justement, il y a la folie de la création qui est aussi présente et se ressent parfaitement dans le personnage d'Adrien Brody qui devient peu à peu mégalo dans son projet tout en ajoutant le fait qu'il se drogue. La question du temps va bien entendu avec ce thème. L'apparition d'horloges récurrentes, le bruit de pendules , de cloches et même cette histoire de réflection du soleil dans le bâtiment pour y dessiner une croix, en fin de compte, le temps est une idée essentielle dans la création. Le temps peut être aussi associé à la question du deuil ou du devoir de mémoire. Laszlo veut édifier un bâtiment pour se rappeler des crimes qui ont été commis par les n*zis. Il faut rappeler qu'on est juste après la guerre donc forcément à cette époque il est très compliqué de parler de cela, c'est un sujet tabou qu'on ne veut pas évoquer. Mais Laszlo lui a compris cette nécessité de parler de la Shoah à travers l'art car toutes ses construction survivront dans le temps pour ne jamais oublier toutes les horreurs de la guerre.
Bref, il y a tellement de choses à dire et je m'excuse d'avance la review doit sans doute être assez confuse mais si vous ne devez retenir qu'une seule chose: allez voir ce film en salle, l'expérience est unique ! Des films comme ça il n'y en a qu'un par décennie et encore si ce n'est pas plus de temps. Déjà hâte de le revoir tellement le choc fut immense !
Ce n'est peut-être pas un film pour tout le monde, c'est assez brut, il ne faut pas avoir peur de se prendre le film en pleine tronche, ça peut en dérouter certains et certaines voilà faites-vous votre propre avis.