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Pops
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3,5
Publiée le 13 mars 2025
Brady Corbet se révèle en virtuose insoupçonné de la mise en scène dans ce film à la beauté plastique époustouflante, mais aussi en brillant et malin scénariste. Alors que d’aucun s’attendait à un récit d’exil d’un survivant de la Shoah émigré aux États-Unis (ce qui n’aurait sans doute pas été très novateur), Corbet prend le contrepied en se focalisant majoritairement sur la carrière d’architecte de son personnage. Le cinéaste fait ainsi le récit exhaustif d’un projet architectural sur une une vingtaine d’années avec une précision et une épure brute, à l’image du mouvement du brutalisme. Ce parti pris a beau être sans conteste « stimulant intellectuellement », comme aime à le dire le personnage campé par Guy Pearce, cette approche technique quasi documentaire peut s’avérer un peu obscure et lassante à certains égards. La seconde partie est plus légère, notamment grâce à l’arrivée des deux personnages féminins qui apportent un relief émotionnel au film (on aurait presque tendance à penser qu’elles ne sont là que pour ça) et amenant des thématiques jusque là peu ou pas abordées dans le film à savoir le couple, la famille mais aussi l’identité juive et le rapport au passé. Bien que la sobriété et l’austérité du film sont des parti pris extrêmement astucieux et pertinents, on est en droit d’attendre d’un film de cette ampleur et de cette longueur, une dimension plus romanesque et une émotion plus transcendante. On en prend certes plein les yeux et plein la matière grise, mais le cœur de beaucoup risque bien de rester de pierre.
Très beau film... qui vous suit bien après la fin de la séance. Interprétation magistrale d'Adrian Brody. Le sujet est novateur et s'attaque à une vision de l'Amérique trop souvent fantasmée... Remarque : le film est tellement bien réalisé que la pause centrale de 15 mn n'est pas utile.
Des plans très soignés, des acteurs très doués, ce film permet de découvrir l'histoire de cet architecte, ses créations et surtout son mal-être. Je reste pas entièrement captivé, j'ai subit qq longueurs pendant certains dialogues, mais je n'ai pas souffert de la durée global de ce long film grâce à la réalisation impeccable et bien rythmée.
Je l’ai trouvé plus instructif que divertissant. Il m’a manqué de l’émotion. Aucune scène ne m’a touché même si pourtant, les acteurs sont tous crédibles. L’histoire manque peut être de surprise et de rebondissements. Quand on sait que ce film a été nommé et primé, on s’attend peut être à une œuvre plus marquante. En ces temps moroses, ce n’était pas le style de film dont j’avais envie finalement.
Un excellent film que ça soit dans la photographie, le jeux d'acteurs, la musique, l'utilisation de la Vista vision 35 mm qui embelli la beauté de l'architecture. Le brutalist est magistral.
Très bon film, dur mais malheureusement tres réaliste . La soumission, le génie, l’argent, la haute société contre les ouvriers … tant de théories et de thèmes dans ce film soulèvent de grands questionnements
Laszlo Toth, un juif hongrois, arrive aux États-Unis après la 2e Guerre mondiale et retrouve son cousin Attila, qui a adopté un nom américain et s'est marié à une catholique. Il commence à travailler pour la petite entreprise de son cousin, qui vend des meubles et fait quelques travaux. La vie de Laszlo bascule quand il rénove entièrement la bibliothèque d'un millionnaire en Pennsylvanie selon les principes brutalistes et minimalistes du Bauhaus. Il commence bientôt de bâtir pour le millionnaire un nouveau bâtiment. Avec ce projet, il va certes acquérir un certain confort matériel et un semblant de vie de famille, mais cela se fera au péril de sa santé et de son âme, et selon des modalités toujours précaires. The Brutalist reflète dans sa forme son sujet. Avec sa longueur démesurée, son incroyable ambition, il ressemble à ce monolithe imposant que Laszlo veut construire, et ne s'éclaire véritablement qu'à l'issue de l'épilogue, moment où le sens du projet de Laszlo est dévoilé par une autre que lui. The Brutalist, comme ce bâtiment fictif construit par Laszlo, apparaît ainsi comme une réflexion sur le traumatisme de la Shoah, ce qu'il a d'indicible et de monumental au point de n'inspirer que d'immenses structures de béton brut sans ornements. Cela mène à une magnifique réflexion sur l'identité juive, ramenée à cette situation d'exil perpétuel, quel que soit le continent. C'est enfin une dénonciation extrêmement virulente de l'Amérique chrétienne, qui encourage la prédation et l'avilissement au nom du dieu dollar, et qui tolère plus qu'elle n'accepte véritablement ceux qui ne sont pas blancs ou chrétiens. La charge est puissante, d'une radicalité assez effarante, et résonne tout particulièrement avec le contexte politique américain actuel. Si elle est parfois soulignée de façon trop lourde et explicite quand la métaphore aurait suffi à éclairer le propos de Brady Corbet, elle contribue tout de même à faire de The Brutalist un film important, transcendant.
on s ennuie ferme dans ce film interminable ou il ne se passe finalement pas grand chose. Brody est excellent mais ça ne sauve pas le film... très décevant
"The Brutalist" est un film fascinant, mais qui n'est pas facile à digérer. Réalisé par Brady Corbet, il plonge dans l’âme d’un architecte qui se débat avec ses démons personnels tout en cherchant à redéfinir sa carrière dans un monde qui semble se réinventer sans cesse. La narration est ambitieuse, parfois déstabilisante, et exige une attention soutenue du spectateur. C’est un film qui, à bien des égards, rappelle la brutalité et la précision d’un bâtiment moderne : tout y est pensé, mais il y a parfois une froideur ou une distance qui peut déconcerter.
L’interprétation d'Adrien Brody est l’un des points forts du film. Il incarne ce personnage tourmenté avec une intensité qui capte l'attention à chaque scène. Felicity Jones et Guy Pearce apportent aussi une touche nécessaire, en équilibrant le côté plus cérébral du film avec des personnages plus ancrés dans la réalité émotionnelle.
Visuellement, le film est à couper le souffle. La mise en scène, dirigée avec une maestria indéniable par Corbet, joue avec des lumières, des ombres et des décors magnifiques. Il y a un côté presque hypnotique dans la manière dont l’architecture est utilisée pour raconter l’histoire, soulignant la dichotomie entre l'art brut et les luttes intérieures des personnages. L'IA utilisée pour modéliser certains éléments est une idée audacieuse, qui ajoute une dimension futuriste à un film déjà très ancré dans le passé.
Cela dit, je trouve que "The Brutalist" est un film un peu trop long et parfois trop contemplatif. Les longues scènes de réflexion ou de silence, bien que visuellement magnifiques, peuvent frôler l’ennui pour certains spectateurs. De plus, certaines scènes sont volontairement provocantes, ce qui peut perturber la fluidité du récit. Cela dit, c’est aussi ce qui fait la richesse de ce film : il ne craint pas de repousser les limites.
Au final, "The Brutalist" est une œuvre ambitieuse et saisissante, mais il demande une certaine patience et un goût pour les films qui ne cherchent pas à plaire à tout prix. C’est un film qui frappe fort sur le plan visuel et émotionnel, mais qui, à mon avis, n’est pas pour tout le monde. Il faut aimer les films introspectifs et être prêt à se laisser emporter par sa vision complexe du monde.
3h20 pour ça ! Rythme lent, scènes allongées sans intérêt, image sombre sans arrêt et sans utilité, mis en scène brouillonne un peu tape à l'oeil, et manque d'explications ( ce qui est un comble vu la longueur du film). Le personnage principal n'est guère attachant malgré le talent de Brody, et on regarde tout cela de l'extérieur, en trouvant le temps long. Bref, un peu survendu !
Avec The Brutalist, Brady Corbet signe un film d’une densité et d’une richesse saisissantes, où l’émotion atteint son paroxysme. Sublimé par une photographie somptueuse et une musique qui le transcende, le récit dépasse largement le cadre de la fresque historique : il se vit, se ressent, s’imprègne. Il y a du Citizen Kane dans ce long-métrage à la construction complexe, où chaque niveau de lecture résonne avec une mise en scène magistrale. Adrien Brody (Laszlo) et Felicity Jones (Erzsebeth) habitent littéralement leurs personnages. spoiler: Lui, hanté par l’ombre des camps, est un homme sombre, tourmenté, habité. Elle, bien que physiquement brisée, irradie d’une force intérieure lumineuse. Face à eux, Guy Pearce (Van Buren), personnifie une Amérique arrogante et raciste, avide du génie de ceux qu’elle méprise et relègue au rang de métèques.
spoiler: Derrière l’illusion du rêve américain, The Brutalist révèle une vérité autrement plus cruelle : une propagande savamment vendue à une Europe sortie exsangue de la seconde guerre mondiale.
Une question se pose : l'art peut-il transcender la brutalité qui poursuit nos héros jusque dans cette Amérique qu'ils considéraient comme une terre d'accueil ? La réponse semble être oui, car il survivra aux hommes. Un seul visionnage ne saurait suffire pour embrasser toute la richesse de cette oeuvre d’une intensité sidérante.
Un film d'une puissance incroyable, 3h30 pendant lesquelles je n’en croyais pas mes yeux, où je me disais non, ce n'est pas possible, cette construction, ça ne peut pas être ça ! Eh bien si ! C’est le meilleur film que j’aie vu sur les camps de concentration, sans aucune image de camp !
The Brutalist est un film qui ne plaira pas à tout le monde, surtout à ceux qui recherchent des récits plus accessibles ou une dynamique plus rapide. Son exploration introspective et ses thématiques profondes en font une œuvre puissante et perturbante, mais également complexe et parfois déroutante. Pour les amateurs de drames psychologiques et de récits plus intimistes, le film saura offrir une expérience intense et mémorable, tout en étant un véritable défi pour ceux qui ne sont pas fans de films au rythme lent et à la narration ambiguë.
The Brutalist revendique une puissance plastique tout à la fois singulière et en constant dialogue avec les œuvres qui l’inspirent, s’engage dans des expérimentations formelles sans écraser l’humain, sa sensibilité et sa parole – en hongrois, en anglais –, capte l’artiste au contact de différentes matières et de différents milieux desquels il tire frustration, traumatisme et inspiration. La façon qu’a Brady Corbet de regarder László Tóth comme un dissident rappelle la trajectoire adoptée par Andreï Kontchalovski dans Il Peccato (2019) : le raccord au monumental et au matériau brut, tel ce bloc de marbre qu’il faut transporter au péril des vies qui s’en chargent, figure un caractère contestataire au sein d’un microcosme qui feint de le « tolérer » le temps d’en tirer profit. Les deux films représentent ainsi l’acte de création à la façon d’une résistance, voire d’un minage à l’encontre du pays qui, tout en passant commande à l’artiste, ne cesse de le rejeter ; cette peur panique de l’étranger, que l’on disqualifie volontiers en raison de son « vilain accent de cireur de chaussures », résonne intelligemment avec les États-Unis d’aujourd’hui. Dès lors, le plan inversé sur la statue de la Liberté, déjà iconique, signifie le geste artistique et narratif du long métrage, à savoir relire une partie de l’Histoire américaine par le prisme des expatriés et des émigrés qui l’ont fondée – cette statue n’est-elle pas, d’ailleurs, elle-même d’origine étrangère ? Nous accédons aux fondations d’un pays et de son idéologie. L’ouverture nous plonge dans l’atmosphère oppressante d’un lieu clos dont nous ne savons pas s’il s’agit spoiler: de la cale d’un bateau ou d’une chambre à gaz , superposition de deux imaginaires de la déportation qui filent la métaphore de la lutte pour une destination sûre qui compte davantage que le voyage, renversant l’adage bourgeois ; sa mise en scène emprunte à l’esthétique de László Nemes, cinéaste hongrois comme l’est notre protagoniste, notamment à celle de Saul Fia (2015). The Brutalist se pense peut-être également en suite offerte à The Pianist (2002) de Roman Polanski, reprenant là où ce dernier s’arrêtait ; si bien que le mouvement brutaliste, style d’abord vomi par le riche industriel Harrison Lee Van Buren et sa famille avant d’être adopté comme tendance publicitaire et mondaine, prend la bonne société protestante conservatrice américaine au piège de l’Histoire, celle que personne ne veut connaître, celle qu’on évacue par des questions d’ordre anecdotique. Il rappelle surtout que ce grand pays s’est fondé grâce aux vagues migratoires et autres mouvements de populations. Les masques tombent progressivement, trois heures durant, sans facilités ni simplification des enjeux humains. Comment se fait-il que les enfants Van Buren répètent ad nauseam que leur père est un immense lecteur, et qu’à aucun moment nous ne le voyons un livre à la main ?