Même si je l'ai vu le jour de sa sortie, j'ai mis du temps avant de poser mon avis sur ce film. La raison est simple, car "The Brutalist" est un projet extrêmement dense. Du haut de ses 3h35, le long-métrage avait énormément de choses à proposer, cela explique donc le recul qu'il vaut avoir sur ce dernier. Et pour le coup, après une bonne semaine de réflexion, je pense m'être remis de mon visionnage. Par conséquent, je peux affirmer que j'ai beaucoup apprécié le projet. Ce qui m'a fait douter venait simplement d'une question assez bête, mais qui m'embêtait beaucoup : qu'est-ce que j'avais réellement apprécié durant ma séance ? Est-ce le dispositif unique dont disposait le film, ou le film en lui-même, que j'ai le plus aimé ? Sur le papier, j'ai vraiment adoré vivre cette expérience à l'ancienne, via cette histoire divisée en plusieurs parties, avec une ouverture, un épilogue et un entracte. Le moment était assez particulier à vivre, et je trouve que tout est fait pour que cela fonctionne. Déjà, car le film fait tout pour nous replacer dans un contexte d'époque, notamment dans son choix du VistaVision. L'image est très particulière, mais elle permet de parfaitement s'immerger dans le récit. Porté par des décors et des costumes de qualité, le long-métrage est donc assez immersif. On se sent plongé dans cette période d'après-guerre, sans que le film aille trop loin pour autant. Au vu du faible budget, le projet ne va jamais chercher à nous impressionner, on reste dans des environnements de campagne par exemple. Mais cela aura au moins le mérite de renforcer l'atmosphère globale, ce qui est plutôt positif. Mais, par conséquent, j'ai donc eu du mal à vraiment trouver ce qui m'avait le plus marqué, car je pensais réellement que l'expérience avait été plus forte que le film. Mais finalement, après avoir bien réfléchi, je pense que le film est tout aussi fort que l'expérience. Pourtant, sur le papier, ce n'est clairement pas le genre de long-métrage que j'apprécie. Nous sommes face à une œuvre extrêmement dure, qui ne cherche jamais à aller dans l'émotion ou dans le développement poussé de ses personnages. Et personnellement, ce genre de projet très froid, je n'en suis pas le plus grand fan. Cependant, je pense que la longue durée du récit aide énormément à renforcer la force de cette idée. Pendant plus de trois heures, nous allons décortiquer cette histoire au peigne fin, et apprendre à découvrir la vie complexe de notre personnage principal. Alors, même si Brady Corbet ne le montre jamais sous un jour très intime, on apprend à partager la souffrance de ce héros. Adrien Brody l'interprète parfaitement d'ailleurs, et László Tóth apporte donc énormément de force à cette histoire. Toute la trajectoire de cet homme amène le relief à cette narration, ce qui offre des thématiques assez glaçantes, mais pourtant bien réelles. Ce jeune homme, arrivé aux États-Unis avec énormément de rêves, s'est vu confronté à une vision américaine bien loin de ce qu'il imaginait. Là où ce dernier a vécu la guerre de près, les Américains l'ont suivie de très loin, et ils sont même très intrigués par ce que l'on pourrait leur raconter de celle-ci. À l'inverse, notre héros arrive donc avec une envie de lendemain, de tourner la page de tous ses traumatismes. La relation qu'il entretiendra avec Harrison Lee Van Buren sera donc très intéressante à suivre, car elle développe énormément ses idées. Pour le coup, je ne pourrais pas mentir, et il est clair que ces 3h35 sont parfois très longues à suivre. Le rythme prend tout son temps, et on décroche parfois de l'image, surtout dans la deuxième partie ! Mais globalement, cela n'empêche pas le film de faire ce qu'il a à faire, notamment dans sa conclusion. Si la fin laisse un goût amer, l'épilogue vient parfaitement clôturer cet ensemble, au travers d'une scène qui va vraiment se montrer intrigante. Dans l'ensemble, le projet est donc une énorme réussite. Si le dispositif et l'ambition de ce projet resteront probablement plus que le reste, le film qui se cache derrière est également à prendre en considération. C'était un grand moment de cinéma, qu'il ne fallait pas louper. Pour conclure, une expérience très intéressante.