Bien sûr, c’est écrit et réalisé avec soin et Brody est relativement convaincant dans ce rôle, habituel pour lui, de génie (!?) humilié et martyrisé. Mais une fois que l’on a concédé cela, il reste le reste…
C’est beaucoup trop long, terne, traînant, pesant tant le pessimisme est de rigueur et la photographie grise et sombre (je sais, c’est un parti pris du metteur en scène mais que c’est moche !). Pas une seule fois on ne rit ni ne sourit car tous les moments qui pourraient être joyeux (retrouvailles, liberté recouvrée, scènes d’amour) sont gâchées par des étreintes tristes et des gueules d’enterrement, le tout surjoué. Même la séquence «italienne» qui commence bien, se termine de façon sordide et répugnante. Et que dire de
l’hommage final dont l’architecte, au savoir-faire enfin reconnu, ne profite pas vraiment car devenu handicapé et gâteux ? En guise de «happy end» à l’américaine,
on a vu plus gai !
A l’issue de la projection, j’étais soulagé que ce fût fini car ce film met particulièrement mal à l’aise en exacerbant les mauvais côtés de l’humanité. Seule l’épouse de Toth est épargnée dans la noirceur générale, tant elle fait preuve de courage, dignité, intelligence, adaptabilité, sensibilité, amour et compréhension. Les autres protagonistes, y compris le héros (ainsi que ses créations plutôt mastoc et laides, «brutalist» quoi !), ne sont pas montrés sous un jour très valorisant, c’est le moins que l’on puisse écrire à leur sujet.
Pour ce qui est mentionné en tout début de critique, j’irai jusqu’à donner la moyenne mais pas plus pour un film dont j’avais hâte de voir apparaître le mot fin à l’écran (à noter le générique de conclusion accompagné d’une musique festive, plutôt ringarde et surtout totalement inadaptée à l’ambiance du film. C’était sans doute la pointe d’humour ou de second degré qui manquait !?)