Ce film semble traversé de part en part par un souffle haletant, un rythme tout en tension qui constitue sa plus grande force. Le montage et les mouvements (numériques) de caméra sont extrêmement bien ficelés, et marquent bien le contraste entre la tranquillité et le confort de la vie "au sol'; et l'instabilité, le défi de la grimpe. La composition en témoigne : des plans larges et fluides révèlent souvent un décor somptueux tout en longueur, ou tout en verticalité; et au contraire des inserts rapprochés nous surprennent dans l'urgence des dangers. La musique originale d'Amine Bouhafa, en phase avec la narration, est exceptionnelle. Je regrette tout de même un manque de crédibilité quand au personnage de Fukamachi : alors que rien dans le film ne laisse supposer qu'il ai un jour fait une ascension, cela n'est pas gênant pour qu'il fasse un bon bout du chemin vers l'Everest, sans grande difficulté technique !
Le réalisme est cependant poussé à l'extrême dans ce film d'animation : les visages sont fidèles aux caractéristiques ethniques des népalais, japonais, etc et on s'éloigne de la représentation formatée du manga original. Les décors, au contraire des personnages, ne sont pas cernés d'un contour noir, et prennent l'allure de fresques colorées rappelant celles dont Rémi Chayé a le secret (Calamity, Tout en Haut du Monde) : ça fait respirer l'image . La nature est magistrale, dans ce camaïeu de blanc et de bleu : face à l'immensité des montagnes de roche et de glace, l'homme devient minuscule. La ville, elle, se veut aux antipodes : bruyante, multicolore, géométrique. Des montagnes de fer et de béton le dominent ici également.
Ainsi l'ascension de la montagne devient la révolte de l'alpiniste contre sa propre insignifiance. C'est l'anihilation du "moi", pour tendre vers l’absolu des sommets de la nature. Le film en rend compte avec finesse : peu de mot sont nécessaires, et l'image parle d'elle-même. Les grimpeurs sont souvent des solitaires de toute manière : pas de grand déballage d'émotions ici, seulement l'obsession d'y arriver. Là réside une poésie qui ne dit pas son nom. spoiler: Comme l'écrira Habu, c'est pour se sentir vivre qu'il flirte avec le vide.
Ainsi le film dresse le portrait de passionnés en quête d’un exploit sportif, qui devient par la force du film, un prétexte à la philosophie : pourquoi vouloir dépasser ses limites ? quelle est la logique à tout cela ? La soif des sommets, toujours inassouvie, est ainsi assez justement évoquée dans le film : "le sommet, une étape". Une fois arrivé en haut, il ne reste plus qu’à viser la prochaine cime...
N ayant pas lu l œuvre littéraire, ou le réalisateur aurait voulu en faire une production crédible au possible vis à vis de celle ci et en respectant ce qu'elle pouvait narrer. De la part du public, connaissant le mandat de base, le pari serait réussi. Je dois donc dire que je pense que je vais pas t attarder a m y atteler...lol. Une expérience familiale a voit en immersion si possible, avec une beauté et scènes sublimes. Le tout, passé par une introduction nécessaire pour présenter les enjeux générales qui malgré tout se clos avec une belle morale tant soit peu philosophique. Car, «Le Sommet des Dieux» devient l'expérience sensible que l on ne pense pas trouver surtout venant d un manga. Le travail sur le son, la mise en scène qui pousse à toujours plus d'abstraction donnent aux scènes d'alpinisme une sensation de vertige et d'ivresse (superbement ressentie lors de la séance en immersion). Bien sûr, pour le cinéma, et ayant cru comprendre une oeuvre de base assez longue, il a fallu sans doute rentrer dans le vif des choses... Mais qui permet a la lecture d avoir de nouvelles choses sans doute absente sur grand écran. Une authentique réussite, pour une production française, qui se base sur un manga d un grand "maître" dans ce domaine. Bref, je ne m attendais absolument pas a cela et finalement, fut vite happer par le film, l histoire et la beauté générale du visuel et des scènes. Très bonne surprise en tout point.
Un film d'animation français tiré d'un Manga japonais est risqué. On craint la caricature, la faute de goût. En réalité, "Le sommet des Dieux" est à l'inverse de cela. Il s'agit d'abord d'une aventure initiatique profonde et envoutante. On suit le parcours de reconstruction d'un héros de l'alpinisme disparu quelque part au Népal, à travers l'enquête d'un journaliste qui cherche autant à réécrire sa propre histoire qu'à percer le mystère de Habu. En ce sens, "Le sommet des dieux" est un récit passionnant. Il y a en plus un soin magnifique apporté aux images, aux sons et à la lumière. On tremble en même temps que les héros dans ces crêtes escarpés, ou ces vides incommensurables entre deux pics.
Cette quête spirituelle est passionnante. On apprend à décoder ce qui pousse certains d'entre nous à engager des voyages aux confins de l'univers et d'eux-mêmes. Le film fait oublier très rapidement qu'il s'agit d'un long-métrage d'animation. On rentre dans ces perspectives montagneuses avec une facilité déconcertante, comme si soi-même on avait été invité à suivre le parcours aventureux de ces grimpeurs du vide.
Voilà donc un film qui nous donnera l'occasion de sonder en nous ce qui nous pousse parfois à déplacer des montagnes, ou au contraire, à rester en bas de la colline.
Adapté d'un manga lui-même tiré du roman d'un auteur japonais, un film qui retranscrit à la perfection de la fascination qu'ont les hommes pour les plus hauts sommets du monde et de la perpétuelle quête pour les conquérir. Une technique plutôt classique mais qui offre une palette de couleurs et de textures absolument grandioses pour un rendu à la fois marquant et très réaliste. Des personnages bien dessinés psychologiquement, un ensemble au rythme posé, parfois un peu lent peut-être surtout dans sa première partie mais toujours accrocheur. Un questionnement philosophique qui ne m'a jamais laissé indifférent et qui m'apporte ici une résolution satisfaisante même si elle demeure inaboutie et qu'on se demandera toujours le but d'un tel désir. Un très beau film d'une grande puissance narrative. Impressionnant.
Cette adaptation du manga du même nom faut franchement de détour. Les paysages sont bluffants de réalisme, l’histoire est captivante et se montre supérieure à la majorité des films "live" sur l’alpinisme.
Un journaliste suit les traces d’un alpiniste dont la trace avait été perdue : Habu. C’est l’occasion de retracer son parcours. Le sujet est intéressant et bien traité. On ne s’attache pas vraiment au personnage d’autant plus qu’on le voit d’un point de vue externe, mais malgré tout le dessin animé est assez prenant. Le sujet fait que plusieurs scènes présentent une certaine tension et du suspens. Le dessin est beau mais pas très original. C’est un film intéressant mais peut-être pas mémorable.
Ce film rend de manière juste la passion pour l'extrême et la quête de l'impossible en alpinisme, discours qui pourrait se retrouver pour d'autres sports extrêmes. Une belle imagerie d'animation et une narration très intéressante à suivre !
Un film formidable. Aucun temps mort grâce à un scénario excellent, une musique qui colle aux images, de beaux dessins, des scènes très prenantes. Un chef d'œuvre du fil d'animation. Remarquable.
A Katmandou, le reporter japonais Fukamachi croit reconnaître Habu Jôji, cet alpiniste que l'on pensait disparu depuis des années. Il semble tenir entre ses mains un appareil photo qui pourrait changer l’histoire de l’alpinisme. Et si George Mallory et Andrew Irvine étaient les premiers hommes à avoir atteint le sommet de l’Everest, le 8 juin 1924 ?
C’est Patrick Imbert qui a adapté le manga de Jirô Taniguchi, lui-même inspiré du roman de l’écrivain japonais Baku Yumemakura. Le Français a écrit le scénario avec Magali Pouzol et Jean-Charles Ostorero.
Même si je ne suis pas enthousiaste que beaucoup de critiques, je trouve tout de même que c’est un très bon film d’animation
Premièrement, c’est d’un point de vue esthétique que Le Sommet des Dieux impressionne. Il y a une finesse mais surtout une élégance du trait. Ce film d’animation est un véritable spectacle pour les yeux. On y retrouve l’identité visuelle du manga avec un peu moins de détails. Cependant, c’est largement compensé par une animation impeccable. Il est appréciable que la réalisation Française ait réussi à mixer en quelque sorte le style occidental et nippon en prenant des éléments complémentaires chez chacun.
Les parties les plus excitantes vont être celles de l’alpinisme. On est là sur le cœur du sujet. Il est donc appréciable que ça en soit aussi le point fort. La retranscription des sensations de la grimpe est parfaite. On vit ces conditions difficiles et les prises de risque de ces hommes défiant le montage. J’ai adoré cette intensité sur ces passages. Surtout qu’elle est sublimée par une belle bande originale.
Cependant, malheureusement j’ai été moins captivé par le développement de l’histoire. Entre deux grimpettes, la baisse de tension est notable. Le problème va venir de la construction. On aura l'histoire du journaliste cherchant l’alpiniste, et celle-ci nous renverra régulièrement sur le parcours de ce dernier. Un changement récurrent que je n’ai pas apprécié. En effet, cela va avoir tendance à casser le rythme. De plus, je n’ai pas trouvé l’enquête journalistique très intéressante. L’histoire de Habu Joji l’est largement plus.
C’est un peu à l’image des protagonistes. Fukamachi va paraître fade à côté du tonus et de la rage de vaincre d'Habu Joji. Dans la globalité, les personnages ne sont pas forcément explorés psychologiquement, le choix ayant été fait de se consacrer sur la quête aux airs épiques. On a tout de même un beau volet philosophique sur la beauté que sont l’alpinisme et son âme spirituelle.