Eureka
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Lynebonnaud
Lynebonnaud

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3,0
Publiée le 26 novembre 2025
EUREKA

Eureka démarre par un western en noir et blanc que Sadie regarde à la télévision avant de rejoindre sa tante Alaina, Officier de Police.
La caméra suit les 2 jeunes femmes dans leur quotidien respectif. La plus jeune entraine une équipe féminine de basket et l’autre passe sa nuit à tenter d’apporter un peu de secours et de renvoyer un peu de dignité aux siens. Elles font l’une et l’autre le maximum pour montrer une voie possible, donner un espoir, avant de renoncer. Elles vivent dans la réserve de Pine Ridge.

Le cinéma argentin est impressionnant depuis quelques années dans ses propositions créatives qui viennent interroger les limites du cinéma classique par la durée. La Flor qui approche les 14h de film avec des chapitres pour des genres cinématographiques différents, et plus récemment Trenque Lauquen en 2 parties de plus de 2h chacune du même collectif. Le film Eureka à contrario opère une mise en abime de l’abolition du temps dans le film dont le thème est la perception des indigènes amérindiens à travers différentes époques. Il s’inscrit à la limite du cinéma expérimental, en s’affranchissant de la durée d’une fiction par des procédés narratifs inventifs.
Si j’ai trouvé la première partie réussie, autant visuellement qu’émotionnellement, le film pour moi se suffisait à lui-même avec l’envol de l’oiseau de chez le grand-père. Les parties qui suivent s’enchainent moins bien, on s’y perd sans comprendre où le réalisateur veut en venir. Plusieurs spectateurs ont quitté la salle, ça devient un peu une épreuve que de tenter de se raccrocher à un fil narratif.

A postériori, j’ai été lire des critiques sur le film, celle du journal Le Monde me semble la plus convaincante, bien que je ne partage pas l’enthousiasme qu’a pu susciter le film. « Lisandro Alonso porte ici à son paroxysme la conception d’un cinéma chaman et passe-muraille, où le monde débouche sur le rêve, où la réalité accède à son envers », c’est tout à fait vrai. « Le film se divise en trois parties qu’on pourrait presque baptiser : la « fiction », le « réel » et le « mythe ». C’est exactement cela, mais la dernière sur le mythe que représente les amérindiens est pour moi beaucoup moins réussie, tout comme le lien narratif avec les autres.
Quant aux noms des acteurs affichés par mon cinéma préféré, il eut été préférable d’indiquer « avec la participation de Viggo Mortensen et de Chiara Mastroianni » tant leur présence respective dans le film est ténue. En tant que spectatrice, je me suis sentie un peu roulée dans la farine.

EUREKA (Argentine – 2h27) de Lisandro Alonso avec Rafi Pitts, Viggo Mortensen, Chiara Mastroianni
Hanneke Aalbers
Hanneke Aalbers

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4,0
Publiée le 20 août 2025
Sidération, éblouissement, incompréhension, ces mots me viennent à l’esprit en quittant la salle de cinéma un soir d’août. Le jour après, j’écris ce billet. Là, ce que je ressens à travers les personnages principaux, c’est la perdition, mais aussi la transformation. La perdition de la culture ancestrale des amérindiens. Le sujet est très fort, mais nos repères européens sont culturellement trop éloignés. En plus, nous sommes trop cérébraux.

Cependant, si on sait ouvrir ses sens et son esprit à la nature universelle qui relie tous les êtres vivants et morts, la compréhension cérébrale n’est plus nécessaire. Malgré un schéma pas très facile à saisir au moment de regarder ces images fixes, statiques et souvent très longs, d’une grande beauté souvent, on va se laisser emporter. Oui, il y a des longueurs. Peu de dialogues, pas de musique. La vie des indiens au Dakota, aujourd’hui comme avant, est souvent misérable. Une forme de souffrance profonde mène à l’alcool, la drogue, la perdition et l’abrutissement. Dures, certaines images. Les premières en noir-blanc, en couleur après.

Le renoncement ; de la policière, quasiment vidée de sa substance humaine (Alaina Clifford), de sa cousine entraîneuse de basket (Sadie Lapointe, une actrice touchante) qui dit à son grand-père « Je n’ai plus rien ici » et va mourir. Ces personnes disparaissent, s’évaporent, de l’écran, de la vie, on ne sait pas ni où ni comment.

Là, ce film va nous faire voyager, un grand oiseau symbolisant le voyage de l’âme vers un ailleurs, le retour, le futur. Onirique, poétique, le "conte" va se transformer en dure réalité pour un jeune indien en Amérique du sud, devenu chercheur d'or.

"Eureka" a ses défauts, demande une grande attention au spectateur. Mais il est sublime.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 janvier 2025
Eureka le bien nommé !
Heureusement que je n’écoute jamais la radio ! Dans Les Midis de Culture, France Culture a spoilé Eureka, film stupéfiant de Lisandro Alonso, ouf, je n’ai écouté ce podcast qu’après avoir vu le film. Les critiques du Monde (qui, elles, ne spoilaient rien) m’avaient donné envie de me rendre dans la salle L’Archipel à l’heure où personne ne va au cinéma : j’étais seul dans la salle. Ce film est miraculeux. Il m’a parlé des Amérindiens, du chamanisme et de la misère de la vie dans les réserves du Dakota du Sud comme aucune autre œuvre, pas même les romans tant aimés de Louise Erdrich (LaRose en particulier). « Le temps est une invention de l’homme, seul compte l’espace », sermonne le grand-père de l’héroïne. Et cet espace est magnifiquement filmé comme le sont les habitations chaotiques des Premières Nations (comme on les appelle de l’autre côté de la frontière, au Canada). Quant au double rôle de Clara Mastroianni, il révèle une actrice capable de choix magnifiques et iconoclastes d’interprétation! Dans la mouvance d’Isabelle Huppert ?
#eureka #lisandroalonso #louiseerdrich #larose #claramastroianni
Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Valerie Videau Bourdois
Valerie Videau Bourdois

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5,0
Publiée le 6 avril 2024
Sublime !
Sensoriel et puissant !
La lenteur, les silences, les décallages, les ruptures dans le temps aiguisent les perceptions. Une ouverture vers une autre lecture qui echappe au mental.
Magnifique !
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mars 2024
Drôle d’oiseau !

Alaina est accablée par son travail d’officier de police dans la Réserve de Pine Ridge. Elle décide de ne plus répondre à sa radio. Sa nièce, Sadie, attend son retour pendant une longue nuit, en vain. Sadie, triste, décide d’entamer son voyage avec l’aide de son grand-père. Elle s’envole dans le temps et l’espace vers l’Amérique du Sud. Elle ne regardera plus de western en noir et blanc, qui ne la représentent pas. Tout lui semble différent quand elle commence à percevoir les rêves d’autres indiens qui habitent dans la forêt. Ses conclusions sont incertaines… Les oiseaux ne parlent pas aux humains, mais si seulement nous pouvions les comprendre, ils auraient sans doute quelques vérités à nous transmettre... Si vous avez compris quelque chose au pitch du film de l’argentin Lisandro Alonso, faites-moi signe. En tout cas, ces 147 minutes ne font pas l’unanimité, le bouche à oreille semble faire son œuvre, car après un mois d’exploitation moins de 10 000 personnes – pigeons ? – ont payé un ticket pour voir ce machin. Certains parlent de chef d’œuvre hypnotique, moi je préfère parler d’ennui abyssal. Animisme et métempsychose n’y font rien.
Apparemment, 3 films bien différents en un seul. 3 films reliés plus qu’artificiellement et ça ne marche pas. Un western en noir et blanc style années 50 / 60, une nuit en compagnie d’une fliquette du Dakota et de sa fille, une ado trop mûre pour son âge et, pour couronner le tout, une très… trop longue séquence dans le petit monde des orpailleurs au fin fond de la forêt amazonienne. Dans le pitch cité plus haut on nous parle de conclusions incertaines… C’est le moins qu’on puisse en dire. Le réalisateur prétend explorer l'imaginaire rattaché aux personnages indiens. Noble ambition, mais cible ratée. Il nous dit attendre du spectateur une participation active qui doit compléter le film dans sa tête, à partir de sa propre expérience et des liens qu’il voudra bien faire. Ah bon ! J’en déduis avec amertume que je ne suis pas assez intelligent pour le cinéma d’el señor Alonso. Des questions cruciales et existentielles sont posées : Où nous mène le progrès ? À quoi la notion de progrès a-t-elle mené les natifs étatsuniens ? Est-il préférable de vivre sous un arbre, à regarder comment la lumière change au fil de la journée, ou inséré dans une certaine idée de la civilisation occidentale ? Mais pourquoi tout ce fatras à la limite du compréhensible pour tenter de répondre à ces interrogations ? C’est la question que j’ajoute à celles de ce film. Et moi non plus, je n’apporte aucune réponse qui vaille.
Côté casting, il y a une grosse arnaque. Quand on voit, inscrits en gros en haut de l’affiche, les noms de Viggo Mortensen et Chiara Mastroianni, on se frotte les mains… avant de se frotter les yeux car on les aperçoit à peine, Viggo dans les scènes de western qui ouvrent ces très longues 2h et demi. Et Chiara dans deux scènes dont l’importance m’a échappé. Ajoutons Alaina Clifford, Sadie Lapointe ou Marcio Marante. Je n’avais pas vu les films précédents de ce cinéaste argentin… et je ne le regrette pas. Cette fuite vers l’au-delà, l’onirique et l’immatériel m’a prodigieusement ennuyé. Ce voyage temporel ou dimensionnel à travers les Amériques – dans le sillage d’un grand oiseau – âme (sic) mystérieux, ne m’a pas – vous l’avez sans doute compris -, pas totalement séduit ou convaincu. Amoureux de la litote, salut !
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 mars 2024
Le nouveau film du très intellectuel Lisandro Alonso se compose de trois parties fort distinctes.

La première est un vrai-faux western mettant en scène Viggo Mortensen et Chiara Mastroianni, tourné en noir et blanc. Le propos n'a quasiment aucun intérêt, et j'ai supposé que le but de cette ouverture était de montrer comment les Indiens étaient relégués au second plan dans la vision que le cinéma a longtemps proposé.

La seconde partie passe sans transition à l'errance nocturne d'une policière autochtone au Dakota, et du portrait de sa jeune nièce. Cette partie est très belle, distillant une atmosphère oitée (une tempête de neige fait rage) et un sentiment très prenant de contempler ce que la vie peut proposer de plus brut. Il y a dans les images d'Alonso un petit peu de la façon de filmer de Weerasethakul, la magie semblant pouvoir affleurer à tout moment d'images parfois sordides.

La troisième partie nous téléporte en Amérique du Sud, dans la forêt amazonienne, où nous suivons un groupe d'Indiens qui se racontent leur rêve, puis un des protagoniste en particulier, qui s'enfuit pour devenir l'employé d'un chercheur d'or sans scrupule. Cette troisième partie m'a quant à elle fait penser au cinéma de Kelly Reichardt, façon Old joy ou First cow. Je me suis ennuyé ferme, ne percevant que formalisme compassé là où je ressentais, dans la partie précédente, une exaltation sensorielle. Je n'ai pas compris grand-chose à ce que je voyais, jusqu'à un dernier plan aussi beau qu'abscons.

Le tout est très lent, long et conceptuel. Si la démarche est un peu moins prétentieuse que celle d'un Albert Serra ou d'un Bela Tar, elle reste tout de même très exigeante.

Au final, je ne conseille que la seconde partie du film, soit moins de la moitié.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 739 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2024
Très particulier, très inhabituel... Très difficile d'accès. Pour ma part, j'ai accroché ! Il est assez difficile de résumer ce dilm tellement il est si spéciale par sa mise en scène. Le film est très lent mais pas derangeant malgré des sentiments de longueur durant le film. C est un film où on dévoile 3 histoires qui semblent se rapprocher, avec une interprétation où l'on doit comprendre ce que le réalisateur a voulu nous transmettre : il nous trace 3 récits en rapport aux "conditions" de la vie des amérindiens. C est bien amené même mystèrieux ! C est un cinéma pas donné à tout le monde. Une belle expérience
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 054 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2024
Un bon film argent assez meta, avec une bonne idée et description du chamanisme, ce long métrage est de la même lignée que ceux weerasethakul ou bien du film vietnamien l arbre aux papillons d or.
Contemplatif exigeant mais tellement intéressant sur la spiritualité.
Il se découpe en 3 histoires avec des temps différents ainsi que des décors ( on passe du désert, à la jungle amazonienne et l l'amérique profonde en plein hiver).
Toutes les histoires décrit et dénonce l exploitation éhontée des classes minoritaires et principalement des indiens.
En regardant ce film on embarque dans une aventure spirituelle où le temps et l espace sont liés.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mars 2024
Film dont le début est prometteur, les différents protagonistes dont la vie en Dakota du sud est fort bien décrite, mais comme les parties suivantes se termine sans la moindre conclusion. Et encore pire par la suite où l'on reste totalement ignorant de ce que deviennent les personnages dont l'évolution devient alors incompréhensible
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mars 2024
Lisandro Alonso, après "jauja" (2015) ( rappelons que le titre signifie ce que les conquistadors désigneront par " Eldorado" , dans le langage Inca, le cinéaste Argentin poursuit avec "eureka" sa réflexion sur les natifs du continent américain.

Relevant du slow cinéma ( suite de longs plans séquences, sans beaucoup de dialogues, hypnotiques) à l'instar du hongrois Béla Tarr ou du Philippin Lav Diaz , " Eurêka" est divisé en trois parties qui se renvoient l'une à l'autre et qui tentent de rendre compte de l'univers mental, des indiens d'Amérique, bercé par leur culture ancestrale.

Destiné uniquement à l'amateur de cinéma d'auteur, il suffit de se laisser porter par les images envoutantes, entourées de mystère, ou la rationalité côtoie la métaphysique chamanique.

Avec "Eurêka" Lisandro Alonso trouve (selon moi) des points de convergence thématique avec le cinéaste Thaïlandais Apitchatpong Weerasetakul.
maevatd
maevatd

2 abonnés 16 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 mars 2024
j'ai fait l'effort de rester jusqu'au bout... rien compris désolée
Belles images MAIS discours est très confus
Jean N.

327 abonnés 735 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 mars 2024
Scéance aprés midi pour aller voir de quoi il retournait au vues de ce bon casting.
Sur la digestion, après 20 mn de ce chef d'oeuvre du " NadaWalou " , je dormait à 200km/h et quand je me suis réveillé au bout de 45 mn , il m'a fallu regarder ma montre pour savoir combien de temps j'avais dormi , parce qu'à l'écran c'était toujours la même chose !!!! Film ou il faut ressentir et pas chercher à comprendre et moi....j'ai rien ressenti si ce n'est lassitude et ennui !!!
Antoine
Antoine

46 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2024
À voir, sans a priori et sans attente. Du cinéma dans sa plus pure expression, qu’on pourrait qualifier de naturaliste-réaliste. Un autre cinéma.
Essence d'Etre 14
Essence d'Etre 14

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 mars 2024
tout simplement fuyez ! trop lent! trop nul ! il n'y a aucun lien ! c'est creux ! c'est plat ! franchement déçu, je devrais être remboursée.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2024
Eureka rentre dans la catégorie des films d’Art et d’Essai qui supposent au cinéphile une certaine ouverture d’esprit. Il dure près de 2h30 et est découpé en 3 parties qui sont liés par une réflexion sur les indiens.
Dans la première partie c’est un western classique en noir et blanc qui montre le rôle donné aux indiens dans la représentation du réel d’Hollywood
La seconde partie tournée de nos jours nous met au contact des problèmes des communautés restreints à leurs réserves.
La troisième partie nous plonge dans la jungle amazonienne avec une tribu qui survit aux côtés des orpailleurs
Il existe des liens invisibles entre chaque partie et une réflexion profonde sur l’asservissement de ces tribus et indiens par « l homme blanc » …pour résumer.
Pour cette raison et parce que le film est réalisé par un réalisateur sud américain militant de son sujet j’ai été satisfait pas le film
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