"Aquaman et le Royaume perdu" est un projet que j'attendais beaucoup, ayant plutôt apprécié le premier volet sorti en 2018. Ce dernier avait été un film très divertissant à regarder pour l'époque, car il proposait notamment des visuels plutôt recherchés. Et bien qu'il développât une histoire assez simple dans son déroulé, elle s'était avérée suffisamment efficace pour nous introduire à cet univers aquatique si particulier. En retrouvant donc James Wan à la réalisation de ce second chapitre, il était peu de dire que j'attendais impatiemment de voir ce que l'un de mes réalisateurs préférés pouvait nous proposer de nouveau. Malheureusement, il est aussi vrai que ce long-métrage n'a pas bénéficié de la meilleure sortie possible, celui-ci étant le dernier film de l'univers étendu DCEU. Alors, avant que le reboot du DCU ne voie le jour, le visionnage de ce dernier chapitre symbolisait, en quelque sorte, une espèce d'adieu à la licence. Et sur le principe, je dois dire que ce constat d'échec pour DC m'attriste un peu. Ayant vraiment aimé le tout début de cet univers, avant que la Warner ne décide de tout saccager par la suite, le fait de déjà assister à sa conclusion ne me remplit forcément pas d'une grande joie. Et comme si cela ne suffisait pas, même si j'ai apprécié ce deuxième volet, il faut dire qu'il est quand même un peu en dessous du niveau du premier épisode. Il reste appréciable dans la globalité, les critiques ayant été beaucoup trop virulentes à son sujet selon moi, mais il n'en est pas moins une déception pour autant. Pourtant, en ce qui concerne ma principale attente, à savoir le travail de James Wan, je dois dire que je n'ai pas été déçu du résultat. Nous faisant replonger dans ce si joli monde aquatique, la direction artistique du long-métrage est globalement de qualité. Servi par des décors assez esthétiques et travaillés, le film est encore vraiment beau à regarder et intrigant dans ses visuels. Pour le coup, certains d'entre eux sont même un peu plus proches de la fantaisie, surtout par rapport à ce que l'on retrouvait au sein du précédent, quelques-uns m'ayant même rappelé des environnements du jeu "World of Warcraft". À ce niveau, les effets spéciaux font également bien leur travail, le résultat étant plus satisfaisant que pour les dernières productions du studio. On voit bien que les équipes ont eu plus de temps pour bosser sur ces derniers, ce qui offre forcément un rendu plus immersif et propre. Maintenant, une fois que l'on a dit tout ça, on peut commencer à voir ce qui cloche un peu plus au sein de ce volet. Et selon moi, le principal défaut de cette suite vient principalement d'un changement de ton assez embêtant par rapport au premier film. Là où ce dernier profitait d'un bon mélange entre une histoire plutôt sérieuse et quelques touches d'humour logique apportées par Arthur, on voit bien que les producteurs ont ici demandé que le tout soit obligatoirement plus cool et décontracté. Et honnêtement, c'est vraiment dès les premières minutes du récit que cette différence se ressent, avec une introduction très explicative et qui va beaucoup trop vite pour réussir à développer la moindre émotion. On ressent ainsi bien le fait que le cahier des charges imposait que le début soit le plus dynamique possible pour tout de suite accrocher le spectateur, mais le résultat a simplement pour effet de rendre le montage complètement chaotique. Entre humour malvenu et scènes d'expositions rajoutées à l'arrache, la narration est alors assez peu précise à ce moment-là, même pour quelqu'un connaissant bien le premier film. Heureusement, je trouve que le rythme réussit à retrouver un certain équilibre par la suite, notamment via une utilisation plutôt équilibrée des scènes d'action. On retrouve d'ailleurs toute la maîtrise visuelle de James Wan à ce niveau, ce réalisateur prouvant encore qu'il est capable d'offrir du divertissement de qualité. Cependant, ne croyez pas que tous les problèmes sont réglés une fois que les premières minutes sont passées. Même si le rythme se veut mieux gérer, cela n'empêchera pas l'écriture de continuer à parsemer l'histoire de quelques moments d'humour qui dénotent encore du ton d'origine, et ce, à mon plus grand regret. Je pense notamment aux séquences entre Arthur et Orm pour illustrer cela, celles-ci nous empêchant de profiter d'un vrai développement travaillé entre eux. Si l'évolution de leur relation pouvait être intéressante, elle est finalement bien trop sujette à des blagues pour que l'on ait la possibilité de s'y attacher. Individuellement, Jason Momoa reste très bon dans son rôle et Aquaman est également toujours fidèle à lui-même, à savoir assez classe et imposant dans l'ensemble. Mais à cause de choix, notre héros s'avère quand même moins bien développé que précédemment. Le scénario essaye pourtant bien de lui apporter une sorte de développement autour de la paternité, mais au vu du peu de temps d'écran attribué à Amber Heard au vu de ses polémiques, il fut difficile de découvrir quoi que ce soit de plus à leur sujet... À la limite, mon seul petit plaisir en ce qui concerne les personnages est venu du retour de Black Manta. Complètement inutile au premier opus, et un peu décevant dans son écriture ici, tout ce qui entoure ce méchant me parle tout de même toujours autant. Cela passe évidemment par son thème musical, mais aussi par sa façon particulière de se battre, son costume m'inspirant toujours autant le même sentiment de prestance. Au global, vous l'avez compris, je trouve que ce second volet est un divertissement satisfaisant et efficace, mais qui n'arrive jamais à retrouver la force émotionnelle du premier à cause d'une abondance de légèreté trop importante. Et honnêtement, comme adieu à la licence, j'aurais finalement aimé un peu plus que cela. Si le film reste bon en soi, et pas forcément trop éloigné des qualités du précédent, mon cœur de fan de cet univers aurait clairement voulu en voir davantage. En ayant vu cette licence sombrer au fur et à mesure des productions, je m'attendais peut-être naïvement à retrouver une dernière fois ce qui me l'avait fait apprécier avant de lui dire au revoir. Et si j'ai clairement passé un bon moment, ce fut finalement plus le cas en me laissant porter par la proposition qu'en attendant impatiemment de retrouver mes attentes. Cette licence n'avait donc définitivement plus rien à m'offrir, ce qui explique ce contraste entre la qualité réelle du projet et mon impression contrastée au visionnage. Pourtant très prometteur à l'origine, les producteurs, à force de vouloir aller trop vite, ont réduit en cendres un projet ambitieux et qui aurait certainement fini par prendre si ces derniers n'avaient pas interféré à ce point dans les décisions créatives. Symbolisant alors probablement l'un des plus gros gâchis du début du 21ème siècle pour le cinéma populaire américain, c'est de cette façon que se conclut le DCEU. Et s'il faut évidemment garder de l'espoir en ce qui concerne le prochain univers étendu, j'avoue d'ores et déjà ne pas réussir à en avoir. Pour conclure, un dernier au revoir plutôt plaisant, mais bien trop amère.