Autant Your Name explorait les failles du temps avec un certain charme, autant le temps dans Les Enfants du Temps n'apparaît que comme un alibi fumeux pour compromettre une histoire d'amour gnangnan à se tirer une balle.
Je reconnais toutefois que placer la météo au centre avait sa petite touche d'originalité. Car, en général, il fait beau quand les persos sont contents, il pleut lors des enterrements et basta; la météo reste un élément très secondaire qu'on adapte en fonction des événements principaux. Du coup, je me suis dit "waw, un film d'animation va propulser cet élément sur le devant de la scène et me vendre du rêve avec des événements climatiques extraordinaires !!". Au départ j'étais vraiment émerveillée de voir une gamine faire cesser la pluie pour faire apparaître le soleil. C'est tout bête, mais c'est tellement beau et enchantant !! Même si, je l'avoue, la magie ne prend rapidement plus.
L'aspect graphique de ce long métrage est vraiment, pour moi, son seul atout et la seule raison pour laquelle je lui mets la moyenne. Le travail effectué est vraiment ouffissime tant dans le détail des gouttes d'eau, que dans les décors (il surpasse presque A Ghost in the Shell dans mon coeur), ou encore les couleurs chatoyantes (le ciel bleu donne des frissons). L'animation des personnages aussi est au petits oignons. Même si les visages restent un peu plats, les gestuelles et mouvements sont fluides et toujours très propres. Seul bémol, les personnages secondaires ont vraiment tous la même tronche :| . Je ne ferai pas de commentaire sur la banane atroce du flic, ce serait trop gratuit.
Tout simplement puisque niveau scénario, je me suis vite calmée et j'ai fait une croix sur l'explication des "poissons" tombés du ciel ou sur l'exploration du ciel. On reste sur le plancher des vaches à suivre trois gamins en fuite (très réaliste tout ça). Soit. Donc on suit leur petite vie et leurs péripéties qui oscillent entre le choupi la praline et le larmoyant. Sentimentalisme à deux balles accentué par des chansonnettes qui poppent tout le long du film. Même si je reconnais qu'elles ont leur petit charme. Mais bon, je déteste tout de même.
Il me faut en effet reconnaître que j'ai simplement une aversion envers la romance à l'eau de rose, ce n'est pas vraiment un manque de consistance de ce film. M'enfin, on peut tout de même souligner que ce n'est pas lui non plus qui m'aura fait apprécier quelque chose que je n'aime pas à l'origine.
Les personnages sont tous gentils, attachants et ont leur propre petite personnalité. Mais que c'est ennuyeux quoi. C'est trop gentillet et irréaliste : j'imagine très mal de vrais ados de 16 ans vivre ce genre de choses et se rouler autant dans le gnangnan. À la limite, rabaisser leur âge à 12 ans, ce sera déjà plus plausible. C'est trop plat, j'ai un réel besoin de personnages plus ambivalants, ou même de réels méchants pour manifester un certain intérêt pour ce que je regarde.
Ce long métrage est par ailleurs frappé par une inégalité de rythme effrayante. Les présentations se font relativement planplan, elles prennent leur temps ,mais ne s'éternisent pas pour autant. Puis, ça se roule dans le gnangnan pour une durée qui m'a parue infiniment longue. Avant de se rebooster un peu dans son dernier tiers (miracle, je ne m'étais ni endormie ni avais rage quit). Pour, au final, un passage éclair dans les nuages... je la voulais tellement, cette séquence tout la-haut ! J'ai été vraiment déçue qu'elle soit si brève... C'était si onirique et merveilleux...
Je savais que ce type de films ne me plaisait pas, mais la dimension météorologique m'attirait vraiment. Je voulais être émerveillée par le maniement des éléments de la nature sublimé par une réalisation graphique magnifique. Je me suis fait platement avoir par ces belles promesses et me suis retrouvée avec de l'eau de rose classique saupoudrée de pluie. Tant pis, j'aurais au moins essayé.