2857 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
261 critiques spectateurs
5
36 critiques
4
113 critiques
3
76 critiques
2
25 critiques
1
8 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Stn
11 abonnés
73 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 8 janvier 2020
Un thriller passionnant. Avec un casting varié et intéressant, ce thriller tiré du Roman du même nom est une réussite. Le scénario est très bon, complexe et simple, un film qui nous fait réfléchir quand à notre attention durant le film. C'est un très bon thriller française, a voir !
Sans savoir réellement ce que j'allais voir, ce superbe film m'a intensément surpris du début à la fin. Pleins d'inattendus et de rebondissements, ce film nous tient en haleine. De superbes paysages, un très bon casting, des personnages taiseux parfaits dans leur rôle. Du grand cinéma qui sort de l'ordinaire avec plein de surprises!
Un polar bien tordu, bien cousu et bien foutu signé par le metteur en scène inspiré Dominik Moll !! On se croirait comme dans un film d'Alejandro Gonzales Inarrittu pour citer le premier metteur en scène qui me vient l'esprit mais ici à la sauce Française. Raconter l'histoire serait très compliqué mais ce long métrage est comme un puzzle a recoller les morceaux. Il n'y a pas de personnages principaux dans "Seules les bètes" mais plusieurs personnes, on va dire un peu pommés, qui se succèdent passant de l'hiver des montagnes rugueux Françaises au soleil de Cote d'Ivoire. Meurtres, mensonges, déchirures amoureuses, adultères, tout y est. J'ai été transporté par cette oeuvre grace au scénario tortueux écrit par Gilles Marchand et Dominik Moll, par une très bonne mise en scène de ce dernier puis un superbe casting comprenant quelques comédiens célèbres comme Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni-Tedeschi, Damien Bonnard plus les autres moins connus excellents. Une très bonne surprise pour ma part, il y a du bon dans le cinéma Français ces derniers temps.
Voilà un thriller choral qui utilise un procédé narratif connu : celui de voir rejouer les mêmes scènes selon le point de vue des différents personnages, un procédé initié il y a plus d’un demi-siècle par le précurseur Kurosawa avec « Rashomon » et relayé par les plus grands depuis, de Tarantino à De Palma. Mais aussi dans bon nombre de séries B, tel qu’on a récemment pu le voir avec « Sale temps à l’hôtel El Royale ». Un type de structure que l’on voit donc apparaître épisodiquement au cinéma, emprunté par certains cinéastes mais pas forcément à bon escient, ce qui peut dans certains cas révéler un simple gimmick de style plutôt qu’une véritable nécessité narrative. Dominik Moll, qui représente l’un de nos meilleurs auteurs hexagonaux en termes de polar depuis son magistral « Harry, un ami qui vous veut du bien » il y a vingt ans, ne s’y trompe pas : il utilise la même trame éclatée que celle du roman dont le film est adapté. Et, à l’écran, cet artifice est utilisé de la meilleure des manières ce qui a pour effet d’embarquer le spectateur dans sa toile d’araignée. Durant les deux premiers tiers tout du moins…
Car dans cette découpe en chapitres selon cinq personnages, le résultat est indéniablement maîtrisé et réussi. Chaque nouveau segment rebat les cartes de l’histoire et donc les suppositions du spectateur quant à la résolution du mystère. « Seules les bêtes » s’avère donc puissamment intrigant et on a vraiment envie de connaître le fin mot de cette disparition. Les tenants et les aboutissants de ce polar, qui se déroule dans un coin perdu du Massif central mais a des ramifications jusqu’à Abidjan, attise la curiosité. Le contexte de ce plateau de Causse enneigé joue également pour beaucoup dans le côté ténébreux du long-métrage. Moll sait instaurer une atmosphère inquiétante et provoquer la tension chez le spectateur. La troupe d’acteurs réunis pour l’occasion et qui joue pour la plupart une partition en solo ou en duo n’empêche pas une homogénéité du casting incontestable.
Les rebondissements s’égrènent de manière régulière pour que jamais le rythme ne se relâche. Et petit à petit, on réussit à dénouer les fils de l’intrigue. Une intrigue qui s’est bâtie sur la solitude affective ordinaire à l’heure des réseaux sociaux et sur les hasards de la vie qui peuvent aboutir à de sacrés concours de circonstances. Il faut donc parfois laisser sa logique au placard car certains aspects du scénario peuvent sembler hautement improbables, notamment une conclusion surprenante mais quelque peu invraisemblable si l’on n’est pas versé dans le domaine des coïncidences heureuses. Cependant, on est un peu déçu que lors de la dernière partie tout le suspense soit éventé car on a déjà assemblé les pièces du puzzle. On a l’impression d’avoir un coup d’avance sur le protagoniste principal du dernier chapitre et que le scénario tourne à vide et radote. Pas que l’on s’ennuie, car on admire les fondations d’un script retors et dont les morceaux sont parfaitement imbriqués, mais on aurait aimé être tout aussi stimulé qu’au début. « Seules les bêtes » reste pour autant un film noir de haute tenue, prenant comme il faut et à l’atmosphère singulière et réussie.
Plus de critiques sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Superbe direction d'acteurs, et jolie mise en scène qui respire au coeur de l'inquiétante étrangeté du quotidien. Un film complexe sur l'amour et ses impossibilités, décliné en plusieurs chapitres. Qu'on vive dans le souvenir, pour sauver un être perdu, ou dans le fantasme, ou juste capable d'offrir son corps l'amour semble avoir déserté et la vision sombre mais grandiose d'être qui appellent au secours dominent ces paysages enneigés. Le souci du "vrai" fascine Moll jusqu'à l'hypnose. C'est assez puissant et vertigineux. Léger bémol pour le dernier chapitre en Côte d'Ivoire qui semble moins ancré dans la compréhension d'un territoire. Mais on retiendra le regard du cinéaste, son énergie à filmer la tragédie moderne et sa petite musique entêtante à construire un univers cohérent dans le chaos apparent du monde.
Sur un scénario à tiroir, avec des acteurs plutôt bons, on plonge rapidement dans ce polar très noir qui pourtant n évite pas les invraisemblables. Et puis la narration s étire et perd de sa force avant de nous ennuyer par ses longueurs dans la seconde moitié du film. Donc ensemble inégal et moyen.
Si le pari du réalisme est réussi (que ce soit dans le rude univers rural des Causses ou dans les quartiers animés d’Abidjan), l’intrigue devient progressivement trop alambiquée et perd beaucoup en crédibilité. Autre bémol, le film trébuche sur l’exercice risqué du mélange des genres, qui, s’il peut faire mouche dans quelques films (Parasite, Gone Girl), laisse une impression bizarre d’incohérence dans Seule les bêtes.
J'ai beaucoup aimé Seules les bêtes a ma plus grande surprise, j'y suis allé par pur hasard et je trouve déjà remarquable la prestation de Denis Menochet! Et surtout ça fait longtemps que je voulais que l'on parle de ce thème dans un film alors je suis heureux qu'il le fasse en plus avec brio! L'histoire parle d'une disparition et l'on voit le point de vue de plusieurs protagonistes lors du jour de sa disparition et le tout est parfaitement lié !
C'est un film policier adapté d'un roman, mais qui n'est pas sans rappeler des affaires retentissantes qui ont défrayé les chroniques criminelles ; on pense bien sûr à toutes ces escroqueries venues d'ailleurs et à ce qui sous-tend tout cela : la misère matérielle des uns qui est efficacement relayée par la misère affective des autres, entre deux mondes que tout sépare qui n'ont presque rien à voir l'un avec l'autre mais qui se trouvent liés par une langue commune héritée d'un ancien passé colonial : les uns croient se rendre justice tandis que les autres deviennent leurs victimes consentantes. Le film se voit comme une kaléidoscope ou un puzzle dans lequel on est tout d'abord égaré, puis on finit par recoller les morceaux dans le bon ordre et dans le bon sens avec un final qui laisse peu d'espoir d'échappatoire, tant il est vrai que l'amour rend aveugle celui qui y croit et y consent, pour le meilleur mais aussi assurément pour le pire lorsque celui-ci n'est plus qu'une illusion... Une petite citation extraite du film : "la différence entre aimer et faire la fête est là : faire la fête c'est donner ce que l'on a, mais aimer, c'est donner ce que l'on n'a pas" ; dans cette affaire, les uns font la fêtes en se promettant d'aimer, en se servant d'autres, qui on fini de faire la fête et d'aimer mais qui se prennent au jeu du rêve d'un nouvel amour, sans cesse renouvelé...
Un polar noir, original ( ça devient rare!) et déroutant construit comme un puzzle, qui vous questionne et vous remue au plus profond de votre être, et en même temps terriblement d'actualité... Tout contribue a l'ambiance inquiétante, le décor sauvage du Causse, les personnages glauques, enfin pour au moins deux d'entre eux. Il y a du Chabrol chez Dominik Moll. Les passages en " doublon" qui servent à relier les morceaux du puzzle sont peu être un peu trop appuyés, mais bon.J'ai bien aimé le clin d’œil final entre le " pigeon" joué par Denis Ménochet et son escroc qui surprend et laisse libre cours à l'imagination du spectateur. Le casting est quasi parfait, et le jeu d'acteur est globalement à la hauteur du scénario. Bref, je n'ai pas regretté mes deux heures passées à l'abri de la pluie !
Ce puzzle cinématographique est jubilatoire. Chaque personnage fait évoluer l'intrigue d'une façon surprenante et Kurt Moll crée d'étranges liens entre chaque protagoniste, entre le Causse et Abidjan. Le rythme est bien tenu, la photographie magnifique, on regrettera seulement quelques longueurs dans la correspondance numériques transfrontalière et ce final trop simple. Un film cependant très réussi.
Ce film est un véritable chef d'oeuvre, quelque part entre du Hitchcock moderne et du Cassavetes contemporain ou je ne sais quoi encore. En tout cas un film parfait, parfaitement joué, parfaitement ciselé, parfaitement oppressant, et délectable. Niveau scénario c'est tout simplement prodigieux. Il me semble que le film est l'adaptation d'un livre. Je ne sais si le film reprend étape par étape le découpage du livre mais ce scénario est tout bonnement extraordinaire. Ce film est plus qu'une réussite, c'est une perle.
Dans le genre polard psychologique à intrigues astucieusement entrelacés "Seules les bêtes" est très très bon, je me suis régalé. Denis Ménochet retrouve un rôle de personnage fruste et inquiétant qui lui va à ravir...