Tout est artificiel et sans grâce, à l'image de la grande poupée du film sensée représenter l'enfant que le couple aurait pu avoir. Des dialogues verbeux, aucune véritable histoire mais des variations prétentieuses sur l'usure des sentiments et les plaisirs de la chair. À oublier et ce sera facile.
Vu en avant première, et donc l'esprit vierge de toutes critiques de presse ou du public, motivé par le seul attrait du synopsis et des récompenses, ce qui influence tout de même, j'en conviens. Du cinéma profond, existentiel, à mon sens orienté vers un public de générations matures Ce film est une réflexion sur l'illusion de la pérennité du couple et part à la recherche des causes de l'échec inéluctable. Il traite du couple sur la durée pour recenser les nombreuses failles qui portent en germe son effondrement. Depuis la création "par erreur" du couple qui, constitué par défaut avec un(e) autre partenaire que le premier et seul véritable grand amour, laisse subsister la frustration douloureuse de la passion non aboutie, jusqu'à la rupture, en passant par les accommodements qui visent à rendre supportable le quotidien mais ne font que reporter l'inévitable rupture. "Chambre212" est une réflexion philosophiques sur le délitement du lien sentimental sous l'usure du temps et du quotidien. Non sans rappeler "Ma Nuit Chez Maud" (Françoise Fabian et Jean-Louis Trintignant) ce film bénéficie d'une mise en scène originale qui évite l'écueil du verbiage tout en permettant une formalisation verbale aboutie de la réflexion sur la gageure du mariage. La richesse de ce film est telle qu'il me semble mériter plusieurs niveaux de lectures et dirais-je même, de méditation. A voir et revoir, selon moi, pour essayer de s'approprier son foisonnement intellectuel. On ne s'ennuie pas et l'on en sort humainement enrichi.
« Chambre 212 » de Christophe Honoré est un petit bijou sur 2 questions qu’un jour ou l’autre tous les couples se posent vers la cinquantaine : avons-nous bien fait de rester ensemble et quid de la fidélité promise par justement l’article 212 du code civil ? L’astuce du scénario est malheureusement révélée par la bande annonce mais le film tient parfaitement la route avec des moments cocasses (cf. le rôle de la volonté), des moments plus graves (cf. le bébé) et un jeu d’acteurs assez vif avec des répliques cinglantes pour cette comédie triste se jouant pratiquement en huis clôt entre l’appartement et la chambre de l’hôtel situé juste en face … Chiara Mastroianni méritait son prix d’interprétation à Cannes mais Vincent Lacoste, Camille Cottin et Benjamin Biolay sont tout à fait remarquables. Les décors nous révèlent quelques surprises sur cette branche méconnue du cinéma, la lumière et la bande son (Merci Mr Aznavour) sont à la hauteur. A noter pour les cinéphiles un petit clin d’œil à Orson Welles tombant parfaitement à propos pour ce film puisque nous ramenant à notre propre passé/jeunesse. Bref j’ai été très agréablement surpris par ce film !
Une nuit de réflexion pour savoir si l'on peut continuer à aimer malgré le temps qui passe. Cest le sujet. Il eut été judicieux que Christophe Honoré se donnât, lui-aussi, ce temps d'analyse pour réaliser que sa mise-en-scène a des relents de déjà-vu. Ca sent le Bertrand Blier d'il y a 30 ans, une originalité qui sent la poussière. Sans compter la vacuité d'un texte qui, sous couvert d'intellectualisation, sonne creux. A se poser des questions inutiles, on obtient des réponses sans intérêt. Forcément. Alors si vous cherchez le chef d'oeuvre, changez d'hôtel.
Film qui commence bien mais qui s'embourbe dans des flash-backs incessant entre les protagonistes ce qui devient fatiguant à la longue car on ne Sait plus la réalité du rêve des protagonistes....donc moyen...le trip d'un réal sur les pbs de couples...
me suis rarement autant ennuyée devant un écran !!! histoire insipide d'un couple qui n'émeut personne !!!! même si la distribution mérite un bravo, les personnages n'arrivent jamais à nous intéresser à leurs dialogues bcp trop nombreux et obscurs !!!
un Honoré qui ne chante pas et c'est pour le meilleur ! D'autant que les musiques sont top dedans (mension spéciale pour Aznavour). On rit, on s'émeut, on se retourne sur son propre vécu et y a même une actrice surprise au milieu du film qui fait du bien. Top !
Très décevant, histoire de tromperie bien banale... les acteurs ne vont pas terriblement bien ensemble. Un peu surjoué. La mayonnaise ne prend pas du tout avec ces personnages du passé.. très déçue
Il y a des fabricants de bandes-annonces qui font bien leur travail : ils font quelque chose de gai sexy rythmé en un mot ils donnent envie de voir le film. Et puis au bout d’une demi-heure de film on se demande ce qu’on fait dans ce plagiat de Resnais dans ce vaudeville plat. On voit des gens qui sortent de la salle on reste parce qu’on ne sort jamais avant la fin du film mais à la fin on se dit qu’on a vu un petit machin sans intérêt.
Une étoile pour l’originalité Du scénario... Sinon je me suis ennuyée dans ce film qui nous emmène dans les réflexions d’une femme sur sa vie , sa relation avec son mari, ses amants de passage.... Malgré une distribution de choix , je ne comprenais pas vraiment toutes les arcades du film .....une fois passée la bonne surprise du scénario....le soufflé retombe vite....
Maria (Chiara Mastroianni) a beau aimer profondément son mari Richard (Benjamin Biolay), cela ne lui interdit de multiplier les aventures. Lorsque Richard découvre la dernière en date, en interceptant un sms sur le téléphone de son épouse, vingt années de félicité maritale s'écroulent. Maria quitte le domicile conjugal, traverse la rue et prend une chambre d'hôtel. C'est là, dans la chambre 212, que ses fantômes s'invitent.
Christophe Honoré est sans doute un des réalisateurs français contemporains les plus importants. Il avait commencé sa carrière à la fin des années quatre-vingt-dix comme critique de cinéma et s'était fait connaître avec une critique au bazooka publiée aux Cahiers contre le cinéma "moralisateur" de Robert Guédiguian et d'Anne Fontaine. Il avait commencé à tourner des longs métrages au début des années 2000. Je dois avouer que ses films ne m'avaient jamais réellement conquis. J'éprouvais à leur égard ce que le collégien boutonneux ressent pour l'élève le plus talentueux de la classe : un mélange de jalousie et d'admiration. "Ma mère", "Les Chansons d'amour", "Les Biens-aimés" étaient pour moi trop parisiens, trop branchés, trop arty, trop déprimants pour emporter mon enthousiasme. Les brassées d'éloges qui ont accueilli son dernier film, "Plaire, aimer et courir vite" m'avaient laissé au mieux perplexe.
Mon contentieux avec Christophe Honoré est en passe d'être soldé avec ce "Chambre 212" qui m'a enthousiasmé. Son sujet était pourtant bien rebattu (l'adultère) et son traitement casse-gueule qui emprunte à la fois à la poésie de Resnais au réalisme magique de Blier et au vaudeville de Guitry.
Miracle ! Ça marche. Ça marche grâce aux acteurs remarquablement dirigés. Chiara Mastroianni n'a jamais été aussi belle ni aussi juste. Elle a amplement mérité le prix de l'interprétation féminine à la section "Un certain regard" et sera certainement en lice aux Césars. Vincent Lacoste, dont la bouche molle m'horripile, n'en est pas moins charmant (je laisse à ma voisine, moins pudique que moi, le soin de commenter son postérieur) . Benjamin Biolay accepte sans mégoter de s'enlaidir en homme au foyer en pilou-pilou. Le diamant du film, c'est Camille Cotin en fantasmatique professeure de piano d'une folle sensualité. Le César du meilleur second rôle féminin lui est promis.
Ça marche grâce à une BOF épatante qui mélange Scarlatti, Vivaldi (revisité par Max Richter), Charles Aznavour et Barry Manilow.
Mais ça marche surtout par un scénario qui renverse les stéréotypes du couple adultère. C'est la femme qui travaille à l'extérieur tandis que son époux - dont on ne saura jamais la profession - l'attend au foyer, fait la lessive et prépare le repas. C'est la femme qui enchaîne les adultères tandis que son époux ne l'a jamais trompée. Quand la crise éclate, c'est la femme qui part et le mari qui reste. Ce renversement n'est pas d'une audace folle en ces temps féministes, mais suffisamment original pour être salué.
"Chambre 212" est léger sans être frivole, grave sans peser des tonnes. "Chambre 212" est délicat et intelligent. Sans verser dans le moralisme ni dans le cynisme, "Chambre 212" s'amuse de l'usure du couple et de l'adultère. "Chambre 212" parle avec justesse du désir qui passe et de l'amour qui reste. À voir, surtout si on a passé la quarantaine et fêté ses noces de porcelaine (ce qui me place en cœur de cible), en couple, avec son mari ou sa femme, son amant ou sa maîtresse… mais pas les quatre ensemble.
Attention, cet avis comporte ce genre de spoiler: On en parle du gosse torse nu attouché par sa prof ou pas du tout?
La chambre 212, c'est un peu comme si Tarantino réalisait une comédie de boulevard écrite par Woody Allen sur une idée de David Lynch mais...en version très française et intellectualisée. Ça nous donne un...vaudeville de théâtre augmenté, introspectif et sophistiqué sans malentendus ni cachotterie où les questions sur le temps qui passe trouvent leurs réponses dans le silence de cadrages purement cinématographiques. Étonnant, non? Bref, cette délicieuse comédie mélancolique fait passer avec une légèreté toute surréaliste la désolation des sentiments. En bonus : ce serait possible d'avoir le tome 2? Histoire de comprendre le cheminement dans spoiler: la tête de l'autre
J'ignorais le coté fantastisque du film, j'ai été surprise, puis intéressée et finalement amusée par ce conte qui dit beaucoup de vérités. La performance de Vincent Lacoste excellente, la musique réussie, la bande des amants très drole, le scénario original . Je crois que ce film me laissera plus de souvenirs que bien d'autres
S'il y avait eu un peu plus de lâcher prise de la part de Christophe Honoré, Chambre 212 aurait pu davantage convaincre sur le registre de la comédie légère, voire vaudevillesque, autour du thème de l'usure du couple, en général, et de l'adultère, en particulier. Oui, mais voilà, le cinéaste a beau chasser son naturel, il revient au galop car il est avant tout un cérébral qui ne laissera jamais l'émotion infuser plus que de raison, dans ses films. Même remarque pour l'humour, qui devrait baigner Chambre 212, et qui n'est pas ou peu, au rendez-vous. A part cela, le film est assez réussi dans sa narration, superbement écrit, notamment ses dialogues, dans une langue châtiée qui nous venge de bien des films d'auteurs français dont les échanges verbaux ne sont pas loin d'être consternants, quand ils sont audibles, évidemment. La mise en scène est raffinée, la lumière magnifique mettant en valeur les visages des acteurs principaux. Chiara Mastroianni, Camille Cottin et Vincent Lacoste sont remarquables alors que Benjamin Biolay semble surtout s'ennuyer, guère servi, il faut le dire par un accoutrement vestimentaire peu seyant (un bermuda en hiver ?). Au petit jeu des références, on trouvera un peu de Resnais et de Blier dans le côté ludique et absurde et de Guitry pour les répliques. Il manque peu pour que l'éternel sujet du mariage en panne et de la tromperie conjugal ne soit ravivé dans Chambre 212. Ce n'est pas tant l'aspect théâtral de la chose qui gêne mais, encore une fois, le côté sérieux et intellectuel de Honoré qui empêche ces feux de l'amour enfui de devenir brasier.