Christophe Honoré nous avait enchantés dans son dernier film "Plaire, aimer et courir vite" où il réécrivait sa propre jeunesse, dans la ville de Rennes. Cette fois, il revient à un cinéma proprement parisianiste, où des jeunes héros homosexuels et fantasques de la capitale bretonne, il nous invite chez des bourgeois, installés dans un appartement près de Montparnasse. Bref, Honoré refait ce cinéma bourgeois et bavard dans lequel il est arrivé d'exceller, mais surtout qui donne une nouvelle fois une triste représentation d'un cinéma, parisien, bobo et peu intéressant.
Claire, interprétée par une Chiara Mastroianni certes juste mais absolument pas à la hauteur du prix qui lui a été remis, est une professeur de droit. Elle se dispute avec son époux et décide de passer la nuit dans l'hôtel en face de son appartement pour panser peut-être ses plaies, mais surtout s'adonner à sa vie sexuelle truculente. Quelle déception ! Elle est alors transportée dans un univers parallèle où elle retrouve son mari, mais rajeuni de 20 ans, et une ribambelle d'amants, tous aussi beaux les uns que les autres. Parfois, un homme facétieux et efféminé, se présentant comme la volonté de Maria, surgit et le ridicule semble à son comble. Tout ce petit monde bavarde dans un récit qui semble interminable.
En fait, Honoré a projeté dans cette histoire pathétique d'épuisement du désir dans le couple, une vision du couple gay. La sexualité apparaît comme le sujet central de leurs complexes, mêlée à une sorte de complainte existentielle, dont nombre d'entre nous se réjouirait. Bref, on s'ennuie beaucoup dans ce "Chambre112" abusivement classé en comédie.