Le Lit a colonnes
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

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1,0
Publiée le 9 novembre 2025
Fernand Ledoux incarne un sévère directeur de prison qui se lamente constamment, protestant qu'il a un cœur et qu'il est un incompris. On peut en douter à entendre ses propos si peu empreints d'humanité. Peu importe. L'argument du film -et du roman éponyme de Louise de Vilmorin, qu'on n'imagine pas aussi mauvais que son adaptation par Tual- est l'appropriation par l'indélicat directeur de la musique composée par un prisonnier (Jean Marais, icône romantique dans un cachot et c'est parfaitement grotesque, et encore plus quand on l'entend chanter, doublé par un chanteur lyrique !).
Le titre est mystérieux, dérisoire quand on en apprend le sens. Conduisant un récit dépourvu de réalisme, relativement à l'imposture du fonctionnaire, Roland Tual met en scène avec une lourdeur romanesque à cause de laquelle tous les personnages sont mièvres ou faux ou niais. Les comédiens sont si mal dirigés qu'ils sont tous mauvais. Au premier rang desquels Jean Marais, dans la pire composition de sa carrière (j'ose le dire), incarnant lamentablement l'amour absolu façon Cocteau (qui aurait écrit des dialogues). Odette Joyeux joue encore la jeune fille et répond au prénom malheureux de Marie-Dorée ; Larquey fait du Larquey, bonhomme et complice en gardien de prison. Ledoux est finalement le plus mal servi parce que son personnage est central mais vidé de sa substance ; sa forfaiture et sa conscience produisent des éléments dramatiques simplistes. Il y avait du beau monde dans ce film, c'est bien dommage. A l'évidence, Tual n'est pas un cinéaste.
Dans ces conditions de médiocrité, on ne s'étonne pas que le dénouement soit aussi maladroit que pathétique.
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