Last Night in Soho
Note moyenne
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285 critiques spectateurs

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Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2021
Après l’excellent et justement acclamé « Baby Driver », Edgar Wright nous revient avec une proposition de cinéma tout aussi musicale et originale via « Last Night in Soho ». Et on peut lui faire encore une fois confiance pour nous offrir un cinéma de divertissement généreux et différent. C’est le cas ici avec une œuvre à cheval entre plusieurs genres, convoquant aussi bien le fantastique à tendance horrifique, que le thriller, la chronique adolescente ou encore le film d’époque à tendance musical et music-hall. Un long-métrage quelque peu inclassable mais dont les multiples aspirations aboutissent à un résultat homogène et maîtrisé. Sur la plupart des points en tous cas. Car il faut avouer que ce film prometteur déçoit un petit peu et n’est peut-être pas à la hauteur des attentes. En cause, non pas la forme époustouflante qu’il adopte mais plutôt certains aspects du fond qui souffre de quelques scories lui empêchant d’être totalement bon.



En effet, « Last night in Soho” est un peu long à démarrer et ce ne sera pas son seul problème de cadence. Il y a pas mal de longueurs et la fin s’étire également un peu plus que de raison. En gros, ce film de deux heures aurait pu faire presque trente minutes de moins en évitant quelques répétitions et en certains passages dispensables (par exemple, l’héroïne aurait pu directement emménager dans sa chambre de bonne, cela aurait été tout aussi cohérent avec le reste et aurait permis de couper une bonne dizaine de minutes au film). Ensuite, on ne peut s’empêcher d’être déçu d’une fin trop explicative et surtout d’un propos féministe assumé et très en vogue (coucou #metoo!) mais martelé de manière bien trop insistante. A force, tous ces films féministes deviennent une mode; une mode lassante malgré tout le bien que l’on pense de la cause. Enfin, les bascules dans le fantastique puis l’horreur sont un peu brusques et pas toujours bien négociées. Mais Wright ose, essaie et prend des risques avec une histoire tout de même passionnante parce qu’on ne sait jamais où elle va nous emmener. En tout cas durant une bonne partie du film.



Mais le plaisir incontestable que chaque spectateur peut avoir en visionnant ce suspense fantastique entre deux époques, c’est bien sûr avec l’aspect visuel complètement dément mis en place par Wright. Le reconstitution clinquante et opulente du Londres des années 60 est tout bonnement sublime. Les jeux de néons et de lumières, la manière dont son composés (et donc éclairés) les plans qui confine à la perfection ou encore la beauté des costumes et des maquillages enchantent nos pupilles. Un véritable festin visuel! Mais il n’y a pas que la vue qui est sollicitée et flattée avec « Last night in Soho ». La bande originale, comme souvent chez le cinéaste, s’apparente à du caviar pour nos oreilles. Des choix musicaux impeccable et en phase avec le film qui vous donne envie de danser ou de retourner dans ses sixites londoniennes fantasmées. L’intrigue plutôt mystérieuse se suit avec plaisir aussi, entre fausses pistes intelligentes et d’autres moins fines, et on regrette quelques seconds rôles trop archétypaux dont un Matt Smith pas très bon. En somme, un film inattendu qui se pare d’une esthétique flamboyante irréprochable mais qui pêche par certains de ses aspects narratifs pas toujours bien négociés.



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Kiberen
Kiberen

27 abonnés 91 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2021
Approuvé comme un génie sans faille après sa trilogie Cornetto, dont je suis fou d'amour ("Hot Fuzz" incroyable comédie, "The World's End" incroyablement touchant), mon rapport à Edgar Wright est peut-être inutilement complexe, mais j'ai commencé à prendre mes distances avec le bonhomme lorsque à débuté sa période américaine. J'apprécie sans plus "Scott Pilgrim VS The World" que je trouve visuellement fascinant, mais qui, malgré mon amour du jeu vidéo, me touche un peu, mais sans plus. L'objet de la discorde fut "Baby Driver" dans lequel je ne me suis jamais senti investi et où je trouvais qu'il employait son style de la manière la plus forte possible afin de ne pas être dépassé par un genre de films où il faisait ses premières armes.

Me faisant ensuite la même réflexion rétrospectivement sur "Scott Pilgrim", j'ai commencé à me façonner une image imparfaite de ce cher Edgar : il a un style propre à lui, avec son travail minutieux du cadre et du rythme, sublimé par son amour de l'utilisation de la musique préexistante pour composer des instants forts. Avec ce style, il a envie d'explorer des genres cinématographique multiples pour poser sa patte dessus (déjà le cas sur la trilogie Cornetto), mais depuis 2 films et notamment "Baby Driver", je trouve qu'il pousse son style jusqu'à la surcharge, pour cacher certaines faiblesses de scripts et s'assurer que oui, ce sera bien un film d'Edgar Wright, et non pas un film geek ou un film de braqueurs "par Edgar Wright".

Mon amour est ainsi devenu un peu fade, et malgré le retour d'une histoire 100% tournée en Angleterre, je n'avais aucune attente pour "Last Night In Soho", et je n'étais pas plus motivé que ça à voir le film. Mais maintenant on y est, je l'ai vu, et je vais essayer de retranscrire comment j'ai vécu cette expérience d'Edgar Wright s'essayant au genre du thriller horrifique.

Jouant sur notre conflit avec la nostalgie dans notre époque bien triste et abreuvé de technologie, la première partie du film est une grande réussite qui m'a engagé avec passion. Dès la première scène, le style de Wright explose et on comprend tout ce qui traverse la vie d'Eloise, campée par une Thomasin Mckenzie en puissance. Froid et pessimiste face à notre monde actuel, Wright joue sur sa promesse et nous fait attendre le moment où le passé fera son entrée. Une fois transporté dans les années 60, le film devient tout simplement sublime, combinant avec intelligence le travail du mouvement, de la couleur et de la lumière, et des effets spéciaux que j'ai trouvé assez simples mais très impressionnants.

La découverte de Sandy (Anya Taylor-Joy,  toujours aussi incroyable) mettra en place le pont entre les époques, qui nous fera comprendre progressivement qu'aucune époque n'est parfaite, que la nostalgie n'est parfois qu'une illusion construite sur un fantasme soit de ce qu'on a oublié, soit de ce qu'on aurait voulu connaître, et qu'il faut faire le tri entre le pire et le meilleur de chaque époque pour pouvoir se construire et devenir maître de notre temps. Le ping-pong entre le jour et la nuit et comment cela impacte Éloïse est propre, et on la ressent tellement quand elle voit les espoirs de Sandy se mourir doucement (la séquence "Puppet on a String" ne veut pas quitter mon esprit). Wright juge autant le harcèlement scolaire moderne orchestré par des femmes récupérant le langage progressif actuel pour rendre plus subtiles les insultes que la capacité des hommes des sixties à penser la femme comme un objet acquis, trop présente encore aujourd'hui. 

Inutile de développer sur l'aspect visuel, c'est tout simplement sublime : mélangeant les couleurs avec intelligence, plaçant de discrètes références aux Giallos et même à l'enfer de Clouzot le temps de quatre secondes, reconstituant le passé avec brio, le travail des décors et des costumes n'étant pas en reste, Wright est comme toujours présent en force et son style ne lui fait pas défaut. Pour l'instant.

Cette critique, dont le pessimisme s'accentue scène après scène, aurait pu continuer dans cette voie tout en équilibre, mais la deuxième partie du film pointe maintenant le bout de son nez pour nous rappeler qu'on a payé pour un film d'horreur. Vous le voyez peut-être venir, mais c'est là que pour moi le film baisse drastiquement en qualité et que mes griefs envers ce cher Edgar sont revenus en force. Jouant sur un chaos psychologique de plus en plus insistant, les bonnes idées se répètent encore et encore sans proposer du neuf, et il use jusqu'à la décomposition de très bonnes idées installé en première heure. L'apocalypse des couleurs forme une compote de plus en plus indigeste, les effets de style de l'horreur s'empilent, et la musique s'enchaîne dans un bordel constant. Il en va de même pour le propos féministe du film, qui bien que subtil en première partie, pourra finir par en laisser certains perplexes tant il peut devenir maladroit dans son traitement. Le film avance, et ne devient qu'un film d'horreur essayant d'être aussi efficace qu'un "Conjuring" mais avec son style unique, cette critique atteignant son apogée dans le final.

Je mentirais en disant que je n'ai pas été investi durant la deuxième heure, avec des moments de malaise très réussis, mais une fois l'émotion passée et que je me re-penche dessus, je me retrouve à soupirer quand je me rends compte que le problème se répète encore : cette partie horrifique fonctionne finalement bien peu, tant, encore une fois, Wright gonfle son style pour être sûr que ça passe, tuant à petit feu ce qui a été construit avant. Les hommages perdent en valeur, le propos devient confus, son style est de moins en moins percutant et la subtilité s'écroule jusqu'à atteindre un instant de dialogue ridicule que je ne prendrais même pas la peine d'expliquer, même pas en section spoil.

"Last Night In Soho" relève mon appréciation pour Wright avec sa première heure qui dépasse de loin sa période américaine, mais ma déception grandissante pour la deuxième heure ne me fera pas accorder le pardon. Je resterai donc sur mes opinions concernant ce génie "infaillible" dont j'aimerais apprécier les films sans être parasité par toutes les craquelures qui compose ses dernières œuvres.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 octobre 2021
Je pensais voir un film d'horreur classique, j'y ai vu un excellent thriller avec une partie horreur bien dosé. Trés bonne surprise.
Jérôme C
Jérôme C

11 abonnés 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 octobre 2021
Le film est excellent à tout point de vue : mise en scène, scénario, thématique abordée, interprétation, musique, rythme, photographie... une énorme claque !!!
Muertomega
Muertomega

9 abonnés 182 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2021
Les plans sont bons mais contrairement à ce que l'on dit je ne les trouve pas non plus extraordinaires. L'idée de base est déjà très originale et la bande-annonce vendait du rêve, un trip coloré très mystérieux. Éloïse pourrait paraître classique, mais est travaillée car les scénaristes ont fait un très bon travail sur les personnages. Je trouve que McKenzie joue beaucoup trop simplement ce qui fait que ce n'est pas du tout une révélation, elle joue bien ; sans plus. Anya Taylor-Joy est en fait moins bonne que dans "Split","Emma." ou "The Witch" et je crois même que c'est l'une de ses pires prestations. Michael Ajao force parfois un peu trop son jeu. En bref, le casting est bon et seulement bon, il m'a déçu car je m'attendais à beaucoup mieux. Effets spéciaux très/trop moyennement efficaces. Quand ils sont là, ils sont outranciers et sans intérêt. La colorimétrie est anxiogène (j'en reparlerai après). L'horreur de "Last Night In Soho" est une horreur subtile, qui vient petit à petit, et qui est flippante plus dans l'ambiance que dans le typé "Conjuring", mais l'histoire de Sandie est sûrement l'une des choses les plus inquiétantes du film. En fait, au bout d'un moment même les musiques font peur et montent à la tête, mais j'en parlerai plus tard. Le scénario est très bien écrit, ce n'est pas simpliste et cherche dans la complexité tout en essayant d'être en synchronisation avec le spectateur. Que ce soit le rouge, le bleu ou les autres couleurs, les néons sont symbole d'anxiété dans "Last Night In Soho", c'est un tourbillon viscéral qui prend aux tripes. Vraiment c'est si bien fait, on sent que Wright a bossé sur la colorimétrie qui est l'un des piliers du métrage. La bande-son est bien évidemment dans le TOP 3 des bande-sons films d'horreurs de l'année. La musique apporte un chic ! On pourrait reprocher qu'elles étouffent un peu trop le spectateur, mais j'imagine que dans un film pareil c'est normal, car elles m'ont fait tourner la tête, ont créé quelque chose de si anxiogène que même les plus belles musiques du film deviennent dérangeantes. Les danses sont très plaisantes à regarder étant si bien chorégraphiées. Le twist est juste bon et anodin, mais il a une bonne efficacité.
Simon R
Simon R

64 abonnés 66 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 octobre 2021
Assez déçu de ce film qui flirte plus avec le nanar qu'avec le cinéma de genre.
Grand casting, mais inexploité...
Dommage car le pitch était aguicheur !
Bill le Bottier
Bill le Bottier

5 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 octobre 2021
Ce film est certainement le plus frustrant que j'ai eu l'occasion de voir depuis bien longtemps. J'avais tellement envie d'aimer ce film mais il y'a de gros points négatifs qui font qu'Edgar Wright échoue à bien des égards.

D'un point de vue mise en scène c'est une leçon de cinéma. Les transitions, la gestion de la lumière, le rythme.... C'est excellent. Sans aucun doute une magnifique proposition artistique, avec des images et des scènes impressionnantes de maîtrise et qui persistent. Très certainement une référence pour tout cinéaste débutant.

Au-delà de ça les acteurs se donnent à fond notamment les deux rôles féminins principaux.

L'horreur marche pas mal à certains moments même si certains jump scares faciles sont en trop.

Alors pourquoi n'ai-je au final pas aimé ce film ?

L'écriture est vraiment très inégale. Et cela se ressent d'autant plus dans le dernier quart avec la "révélation finale" qui est amenée avec un tel ridicule. Littéralement un final à la Scooby-Doo, qui désamorce tout ce qui a été fait avant. Un auto-sabotage, clairement.

Puis malheureusement, je ne sais pas si je suis le seul, mais j'avais deviné une grande partie des "twists" finaux ce qui fait qu'à aucun moment je n'ai été surpris. C'était quand même assez évident sur bien des aspects. C'est d'une facilité déconcertante.

Comme pour Baby Driver, j'ai eu un gros problème avec l'utilisation de la musique dans le film. Un effet Jukebox qui va bien quelques minutes mais qui empêche beaucoup dans l'immersion et dans le ressenti final. Au lieu d'être envouté ou sous tension, on a des incursions musicales tout le temps, donnant l'impression d'un magnifique clip musical de 1h50.
Et très étonné de la BO, au-delà de l'absence de thème ou sonorité marquante, je l'ai trouvé complètement à l'ouest par rapport à l'ambiance du film.

Et enfin on regrettera des CGI qui cassent à bien des reprises la beauté du film, peut-être est-ce fait exprès pour donner une impression de cauchemar ou de déconnexion avec la réalité, mais ce n'était selon moi pas travaillé avec autant de maîtrise que le reste.

En conclusion : une œuvre d'une beauté sidérante sur la forme, mais qui coule sur son dernier tiers avec une écriture facile, prévisible et peu inspirée. Un magnifique emballage pour un film beaucoup trop inégal et un échec dans l'immersion sensorielle gâchée pour la volonté de faire un film cool.
2,5/5
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2021
Edgar Wright revient en Angleterre avec cette histoire de miroirs, de regards et de manipulations, où le passé résonne avec le présent.

Mélange d'époques, un nouveau film à l'esthétique soignée (à travers une reconstitution fantasmée des 60's) et à la mise en scène toujours rythmée et inventive.

Un film pop basculant peu-à-peu dans l'horreur, et dans lequel la femme est dépeinte comme l'objet du désir des hommes.
Un film immersif et parfois oppressant, malgré une résolution un peu décevante (et attendue) et quelques invraisemblances narratives.

Entre rêve et cauchemar, une œuvre étincelante et prenante, mais aussi un peu boitillante.
Shawn777

805 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2021
Ce film, réalisé par Edgar Wright et sorti tout récemment, m'a finalement un peu déçu ! J'en ai effectivement tellement entendu de bonnes critiques et en espérais tant grâce à une bande annonce très alléchante que je m'attendais à un film excellent, surtout au vu de la filmographie du réalisateur ! Ce dernier s'était par ailleurs déjà attaqué au genre horrifique au travers de la parodie et de l'humour avec "Shaun of the Dead" notamment et, même si nous ne sommes pas tout à fait ici dans un film d'horreur mais bel et bien dans un thriller fantastique, il en reprend certains codes pour réaliser ici une œuvre beaucoup plus sérieuse, voire la plus sérieuse de sa filmographie ! Bref, c'est donc l'histoire d'Eloise qui, une fois arrivée à Londres pour ses études dans la mode, se met à vivre la vie de Sandy qui rêve de gloire, dans les années 60. Mais, par la force des choses, elle va être poussée à enquêter sur un meurtre. Enfin bref, le concept est vraiment fou ! J'adore l'idée de croiser les époques (surtout que, pour une fois, ce n'est pas la nostalgie des années 80 mais celle des années 60 qui est également très esthétique) surtout que le scénario utilise vraiment à fond ce thème ; ce n'est donc pas juste histoire de surfer sur une nostalgie des années 60. Mais malheureusement, le film peine à démarrer ! On a du mal à comprendre les intentions de chaque personnage et puis nous avons quelques longueurs. Ensuite, plus le film avance, plus il développe des idées qui sortent un peu du chapeau, ce qui donne un rendu plutôt bordélique, enfin du moins de mon point de vue. Et enfin, si le scénario est très alléchant et l'enquête très attrayante, la fin est plutôt décevante et, quelque part, prévisible, en plus d'être un peu tirée par les cheveux. Je ne sais pas si c'est parce-que j'attendais énormément de ce film mais à la fin, je me suis dit en gros : "ah tout ça pour ça". Bon, le film s'inscrit également dans son contexte, à savoir le féminisme et tout ce qui tourne autour du mouvement #MeToo et il le fait de manière très habile, sans trop appuyer son propos en ne prenant pas ses spectateurs pour des débiles mais en étant tout de même assez explicite, efficace et direct. Et puis c'est vrai que le rendu des années 60 est extraordinaire, la mise en scène l'est tout autant, à la fois dans des mouvements de caméra quelques fois surprenants, dans le jeu avec les couleurs mais également dans le mise en scène de la dualité entre Sandy et Eloise, notamment lorsque cette dernière "part" dans les années 60 (et tout le jeu autour des miroirs). Concernant les acteurs, nous avons Anya Taylor-Joy, Thomasin McKenzie et Matt Smith qui joue bien mais nous retiendrons également deux monuments du cinéma et du petit écran, à savoir Terence Stamp et Diana Rigg. "Last Night in Soho" est donc loin d'être un mauvais film mais m'a personnellement un peu laissé de marbre, du moins pour un premier visionnage.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2021
Le film s'est arrêté. Les pieds franchissent la porte de sortie. Lentement, on fait son retour sur terre. Seulement l'esprit est encore accroché à Last Night in Soho. Ce n'est pas nouveau d'avoir du mal à lâcher un Edgar Wright. Le réalisateur s'est toujours assuré d'offrir moults expériences revigorantes à son public. Scott Pilgrim abolissait les frontières stylistiques entre cinéma, bande dessinée et musique pour délivrer une lettre d'amour à la culture geek. Baby Driver visait la fusion parfaite entre les images et la bande-sonore pour vous coller au fond de votre fauteuil pendant 120 minutes. Par bien des aspects, ce nouvel opus est une suite logique. Mais aussi une cassure.

La musique joue un rôle fondamental chez Wright. Plus qu'un outil, c'est elle qui donne le tempo sur laquelle se plaque l'intrigue. Pas pour rien que l'univers de Scott Pilgrim basculait lors d'un concert. Quant à Baby, c'est bien simple, il n'était plus le Driver d'exception ni rien du tout sans sa playlist sur les oreilles. Dans Last Night in Soho, Ellie (l'héroïne) se sent plus en phase avec les standards des années 60 que ceux de son temps. Comme bon nombre d'entre nous, en somme. Les mélodies sont des points de départs auxquels se greffent des récits légendaires puis l'imaginaire prend le relais. À partir de là, deux passés cohabitent : le réel et l'idéalisé. Comme la plupart des personnages de Wright, Ellie est une outsider hantée par le manque, une marginale dont la santé mentale ne tient qu'à quelques notes. Aussi quand elle se retrouve projetée dans les sixties qu'elle chérit, on est en droit de se poser des questions. La suite ne va pas nous donner tort.

Plus encore que par le passé, le metteur en scène joue sur les perceptions qu'il va amener à faire évoluer. La première heure est un déferlement de séquences proprement renversantes, d'une vélocité remarquable alliée à une précision d'orfèvre. Comme Ellie (excellente
Thomasin McKenzie), on sort de nous-mêmes, on swingue, on lévite au milieu d'un festival de mouvements et de couleurs. Retour vers le passé ? Oui et non. Le film avance, l'effervescence créative aussi, sauf que le trip nostalgique devient motif d'inquiétude.
Edgar Wright n'est pas là pour glorifier les fantasmes associés à une ère révolue, plutôt pour en discuter la soi-disant grandeur. Le puzzle se remet en place, l'image qu'on en retire fait froid dans le dos. On frayera dans les recoins les plus désagréables au bras de spectres monstrueux tirés à quatre épingles. Last Night in Soho se transforme alors en train fantôme qui erre au milieu d'espoirs noyés dans le sang. Si le message n'était pas assez clair à l'issue de cette première moitié, le flamboyant grand final enfonce le clou.
La fête battait son plein ? La gueule de bois sera sévère.

Entre-deux, le long-métrage retombe quelque peu. La construction devient répétitive et pour peu qu'on soit attentif aux petits détails, on désamorcera plusieurs rebondissements bien avant que l'intrigue se décide à les dénouer. Dans l'intervalle, plusieurs éléments sont laissés sur place (la mère, l'investigation). C'est embêtant car tout cela aurait pu prêter le flanc à une attitude plus suspicieuse quant au fin mot de l'histoire. Il y a bien une résolution qui survient mais aussi touchante soit-elle, son épilogue un brin facile vient tempérer la réussite. Mais juste un peu, car Wright nous en donne largement pour notre argent, nos yeux et nos oreilles.
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2021
C'est le grand jour pour Ellie ! La jeune provinciale élevée dans le cocon protecteur et intemporel de sa grand-mère part s'installer dans la capitale londonienne pour poursuivre ses rêves de stylisme. Mais, à peine arrivée sur place, l'idéalisme naïf de la jeune fille se heurte déjà au regard libidineux d'un chauffeur de taxi posé sur elle, comme un premier avertissement aux cauchemars qui peuvent se dissimuler derrière les lumières enivrantes de la ville. Puis, il y a les paroles cruelles de ses camarades citadines, le bruit, les fêtes sans fin... Ellie choisit de fuir à la recherche d'un nouveau cocon où elle pourra trouver refuge dans les fantasmes de perfection 60's qu'elle entretient grâce aux disques de sa grand-mère. Avec la tranquillité figée d'une chambre de bonne louée à une vieille dame, elle parvient à combler ses envies d'évasion d'un monde urbain trop dur pour elle... mais à point qu'elle n'aurait jamais soupçonné lorsque, chaque nuit, elle bascule dans le Londres des années 60 en partageant littéralement l'existence d'une jeune femme de l'époque, Sandie, qui espère entamer une carrière de chanteuse...

Que reprocher à la première heure de "Last Night in Soho" ? Pas grand chose tant, à l'instar d'Ellie, Edgar Wright nous plonge dans ce tourbillon pas si onirique des nuits des 60's grâce à une maestria formelle insolente, jouant avec l'émerveillement innocent de son héroïne (parfaite Thomasin McKenzie) au moyen des regards qu'elle pose à travers les miroirs des décors sur l'ambiance fort bien restituée de ce monde et, surtout, sur Sandie, ce modèle auquel elle s'identifie jusqu'à la confusion la plus totale pour s'approprier l'inspiration d'une force de caractère qu'il lui manquait si désespérément dans le présent (comment pourrait-il en être autrement devant le charisme si évident d'Anya Taylor-Joy que Wright sait si bien mettre en valeur ?).
Mais l'obscurité qu'Ellie n'avait fait qu'entrevoir au sein de sa réalité était déjà là, caché dans les bas-fonds de Londres sous la forme de déviances encore plus désinhibées, ne voyant en Sandie que l'utilité d'un morceau de chair susceptible d'assouvir ses désirs les plus primitifs. Lorsque "Last Night in Soho" révèle le cauchemar derrière l'insouciance, le choc ressenti par Ellie devant le traitement de l'icône féminine de ses nuits est une de fois plus le nôtre, le long-métrage bascule dans la révélation de l'horreur la plus glauque, un climat de malaise qu'Ellie ramène d'ailleurs avec elle dans le présent où il va la harceler sous forme de visions dans un premier temps véritablement sordides.

Cependant, passé ce gros climax terriblement anxiogène, point d'orgue de la première moitié du long-métrage, "Last Night in Soho" semble bizarrement stagner, la force des premières apparitions s'estompe peu à peu face à leur redondance bien trop exagérée, les ficelles se font de plus en plus grosses, certains trompe-l'oeil scénaristiques ne font que trop durer alors qu'on les décèle à des miles à la ronde, le comportement d'Ellie perd complètement en crédibilité (de même que celui de ses proches) en penchant du mauvais côté de la balance des actes les plus irrationnels... Bref, alors qu'Edgar Wright avait commencé par nous rappeler les sommets du genre où les plus belles ombres référentielles rôdaient, voilà qu'il se met à se rapprocher des moins glorieuses et des plus faciles lors de cette deuxième heure de film.

Heureusement, ce moment de flottement qui nous aura tout de même fait sérieusement douter sur le chemin pris par l'ensemble -il faut le reconnaître- se retrouve sauver par le dernier acte. Certes, celui-ci peut se laisser partiellement deviner par l'utilisation de mécanismes finalement assez communs pour amorcer un tel final au sein de ce type de thriller psychologique (et au vu d'autres similaires en amont du film d'ailleurs) mais l'envergure insoupçonnée de ses contours les plus sombres ramène "Last Night in Soho" à la pleine puissance de ses débuts. Le fracas de la réalité des faits nous prend à nouveau à revers comme Ellie dans une espèce de symphonie féministe désespérée où la noirceur d'une époque en a engendré une bien pire pour lui tenir tête, et ce sans aucune pitié pour qui se mettrait en travers de sa route.
Encore une fois magnifiquement mis en scène pour célébrer l'union dans la douleur des deux deux visages féminins principaux, ces derniers instants exaltent le meilleur de "Last Night in Soho" qui, malgré un long moment d'égarement nous empêchant hélas de crier à la réussite totale, est une nouvelle étape tout aussi passionnante qu'envoûtante dans le parcours cinématographique d'Edgar Wright.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2021
Un très bon film bien joué et original ou une jeune femme revois les Fantômes d'un passé (les sixties) violent qui la conduiront du cauchemar à l'enquête policière
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 octobre 2021
Last Night In Soho est le film le plus dark de son auteur. Edgar Wright signe un thriller horrifique sous tension, qui doit beaucoup à ses deux interprètes principales. Même s'il tombe parfois dans la caricature, il propose un tour visuel à la hauteur de son talent.

https://www.justfocus.fr/cinema/last-night-in-soho-quand-edgar-wright-se-lance-dans-le-cinema-horrifique.html
Liam Debruel
Liam Debruel

27 abonnés 104 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2021
Last Night In Soho se révèle une perpétuation passionnante des réflexions d'Edgar Wright, notamment par son jeu de miroirs avec une nostalgie dépersonnalissante et son esthétique léchée appuyant la violence de son fond,riche et triste à la fois par son propos.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 septembre 2021
Encore une fois un tres bon film de Edgar Wright.
Pour ma part c'est un sans faute sur la réalisation et la photographie. l'histoire est prenante et et le défilement très agréable pour un film psychologique.
Malgré que pour les adepte la fin sera très vite lisible, le film et un bonheur a regarder au cinéma !
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