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Documentaire. Quatre anciens cinéastes essayent de refaire vivre un cinéma en plein air, qui avait été fermé sous Omar el Bechir.
Ce rêve de cinéma relève de la nostalgie facétieuse de quatre cinéastes au moins septuagénaires mais aussi de l'attente impatiente et enthousiaste des futurs spectateurs. Il apparaît aussi dans le plaisir que les quatre compères prennent à se montrer faisant du cinéma. On a du reste l'impression qu'ils réalisent eux-mêmes le documentaire qui les montre, avec de nombreux "clin d’œil caméra" et des scènes en fait assez peu réalistes où, par exemple, ils gardent des tenues presque "endimanchées" pour réaliser des gros travaux de lavage et de peinture...
Quelques moments marquants :
- la scène magique du chameau visitant littéralement, avec presque de la curiosité, la future salle,
- le débat amusant sur la compatibilité des futurs horaires de projection en plein air avec les appels à la prières des mosquées proches,
- les réticences de l'administration vis-à-vis du projet, révélant que le départ d'Omar el Bechir en avril 2019 n'a pas tout changé...
Le film rappelle bien sûr "Buena Vista Social Club" de Wim Wenders -des "anciens facétieux" heureux de partager- mais surtout "Kabulliwood1" de Louis Meunier sorti en 2019. qui, lui aussi, rappelle que le cinéma est un bien essentiel.
Visions d'Afrique 2020
Ce rêve de cinéma relève de la nostalgie facétieuse de quatre cinéastes au moins septuagénaires mais aussi de l'attente impatiente et enthousiaste des futurs spectateurs. Il apparaît aussi dans le plaisir que les quatre compères prennent à se montrer faisant du cinéma. On a du reste l'impression qu'ils réalisent eux-mêmes le documentaire qui les montre, avec de nombreux "clin d’œil caméra" et des scènes en fait assez peu réalistes où, par exemple, ils gardent des tenues presque "endimanchées" pour réaliser des gros travaux de lavage et de peinture...
Quelques moments marquants :
- la scène magique du chameau visitant littéralement, avec presque de la curiosité, la future salle,
- le débat amusant sur la compatibilité des futurs horaires de projection en plein air avec les appels à la prières des mosquées proches,
- les réticences de l'administration vis-à-vis du projet, révélant que le départ d'Omar el Bechir en avril 2019 n'a pas tout changé...
Le film rappelle bien sûr "Buena Vista Social Club" de Wim Wenders -des "anciens facétieux" heureux de partager- mais surtout "Kabulliwood1" de Louis Meunier sorti en 2019. qui, lui aussi, rappelle que le cinéma est un bien essentiel.
Visions d'Afrique 2020
Il souffle un vent de fraîcheur sur ce film soudanais où 4 cinéastes décident d'organiser une projection en plein air dans le cinéma "La Révolution". L'amour du 7ème art est au cœur de ce projet tant la situation du pays est instable et les obstacles administratifs nombreux. Mais de cela, ces amis gardent toujours un flegme et une bonne dose de dérision tels de vieux sages. Un hymne au cinéma et à la culture pour tous.
Le cinéma soudanais, vous connaissez ? Sans doute pas, et pour cause. Le coup d’état de 1989 l’a interdit. Dans « Talking about trees », quatre cinéastes des années 70 et 80, formés à Moscou au 7ème art par ceux qui ont connu Eisenstein (autre époque, autre idéologie), imaginent de réouvrir un vieux cinéma à Khartoum, d’inviter la population gratuitement, et de projeter « Django Unchained » de Quentin Tarantino. Seulement, le cinéma en plein air tombe un peu en ruines, l’écran géant est poussiéreux, on n’a pas de projecteur digne de ce nom, ni de hauts parleurs. Qu’a cela ne tienne, on essaie d’obtenir l’accord des autorités, lesquelles retournent leur demande de commission en commission, jusqu’à plus soif.
Suhaib Gasmelbari nous offre une petite pépite cinématographique. Cela commence dans un village où l’électricité a été coupée. Alors, pour filmer sans caméra, sans électricité, sans prise de son, une lampe torche fera l’affaire, les mains à hauteur de visage servent de caméra, on crie « action, coupez » comme ailleurs dans le monde, et on est heureux. Les 4 sillonnent les villages et projettent tantôt leurs vieux films, tantôt Charlot dans « les Lumières de la ville », devant une poignée de villageois.
Parvenus dans la capitale, les difficultés s’amoncellent. Il faut même songer à ne pas projeter durant les appels à la prière des muezzins, tous munis de hauts parleurs, pas moins de 6 mosquées entourant le cinéma. Imaginez, nous dit-on, l’appel à la prière surgissant durant une scène de baiser torride ! Suhaib Gasmelbari traite la chose avec un humour certain, corrosif, c’est parfois quasi désopilant, mais aussi avec une ironie particulièrement acérée pour dénoncer le système aux mains des islamistes.
Le film, dont le titre est tiré d’un poème de Brecht (1), souffre sans doute dans sa première moitié, de moments quelque peu ennuyeux, mais les quatre vieux cinéastes sont en tous points adorables, tant ils rient de la bêtise des autorités et de celle des imams, lorsque les sous-titres nous traduisent les paroles des muezzins. Le film se conclut sur une séquence où un pseudo journaliste annonce à la télé la réélection triomphale de Béchir (2) en 2015, avec plus de 95 % des voix, en vantant les mérites de la démocratie soudanaise. Mais aujourd’hui, Trump ne fait pas mieux en matière de mensonges. Le film-documentaire présenté à la Berlinale en février 2019, est reparti avec le Prix du Public et celui du meilleur docu. Gloire au cinéma soudanais, s’il pouvait renaître, d’où les intégristes l’ont enfoui !
(1) Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c’est faire silence sur tant de forfaits !
(2) Béchir est arrêté par l’armée en mars 2019 et depuis emprisonné, à la suite de plusieurs mois de manifestations populaires. Il est accusé par la Cour Pénale Internationale de crimes de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, mais n’est toujours pas extradé, et ne le sera sans doute pas.
Suhaib Gasmelbari nous offre une petite pépite cinématographique. Cela commence dans un village où l’électricité a été coupée. Alors, pour filmer sans caméra, sans électricité, sans prise de son, une lampe torche fera l’affaire, les mains à hauteur de visage servent de caméra, on crie « action, coupez » comme ailleurs dans le monde, et on est heureux. Les 4 sillonnent les villages et projettent tantôt leurs vieux films, tantôt Charlot dans « les Lumières de la ville », devant une poignée de villageois.
Parvenus dans la capitale, les difficultés s’amoncellent. Il faut même songer à ne pas projeter durant les appels à la prière des muezzins, tous munis de hauts parleurs, pas moins de 6 mosquées entourant le cinéma. Imaginez, nous dit-on, l’appel à la prière surgissant durant une scène de baiser torride ! Suhaib Gasmelbari traite la chose avec un humour certain, corrosif, c’est parfois quasi désopilant, mais aussi avec une ironie particulièrement acérée pour dénoncer le système aux mains des islamistes.
Le film, dont le titre est tiré d’un poème de Brecht (1), souffre sans doute dans sa première moitié, de moments quelque peu ennuyeux, mais les quatre vieux cinéastes sont en tous points adorables, tant ils rient de la bêtise des autorités et de celle des imams, lorsque les sous-titres nous traduisent les paroles des muezzins. Le film se conclut sur une séquence où un pseudo journaliste annonce à la télé la réélection triomphale de Béchir (2) en 2015, avec plus de 95 % des voix, en vantant les mérites de la démocratie soudanaise. Mais aujourd’hui, Trump ne fait pas mieux en matière de mensonges. Le film-documentaire présenté à la Berlinale en février 2019, est reparti avec le Prix du Public et celui du meilleur docu. Gloire au cinéma soudanais, s’il pouvait renaître, d’où les intégristes l’ont enfoui !
(1) Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c’est faire silence sur tant de forfaits !
(2) Béchir est arrêté par l’armée en mars 2019 et depuis emprisonné, à la suite de plusieurs mois de manifestations populaires. Il est accusé par la Cour Pénale Internationale de crimes de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, mais n’est toujours pas extradé, et ne le sera sans doute pas.
C'est un beau documentaire sur le SOUDAN. On y découvre l'histoire de ce pays confronté aux différentes dictatures et tentatives de démocratie qui ont émaillés ce pays ces dernières années. A travers l'histoire de ces quatre vieux passionnés de cinéma, on assiste à leurs vaines mais tenaces tentatives de créer un cinéma pour leur village. Le film est bien réalisé et est interprété pour ces fous de cinéma très attachants et j'y ai apprécié leur foi et leur optimisme teinté d'humour qui les anime.
Un très jolie documentaire qui nous montre la difficulté de faire vivre la culture sous une dictature. C’est drôle et touchant.
Sur le principe, ok c'est vraiment bien. Des Soudanais qui veulent faire vivre le cinéma malgré la censure. On sent d'ailleurs chez ces hommes une vraie joie de vivre et un amour du cinéma. Mais le documentaire est trop léger, trop mou, trop lent et vraiment trop inintéressant. On passe vite à autre chose, luttant contre le film. Ca manque cruellement de consistance, d'impact. Là, c'est trop juste. C'est un film qui est très bien sur le papier, mais qui l'est certainement moins en réel.
Un si bel hommage au cinéma et à ses acteurs . Un film drôle et si triste en même temps . Une obstination calme à poursuivre malgré tout pour le bonheur de voir petits et grands rire de bon cœur devant notre charlot universel . De bien belles personnes ces vieux messieurs qui ne lâchent rien.
un film qu'il est difficile de descendre, car porteur d'un message humaniste. Mais je ne parviendrai pas à dire que ce documentaire fastidieux est intéressant, en étant pris en otage par les bons sentiments..
Le parallèle entre ces vieux militants luttant pour la simple restauration d'un cinéma populaire, révèle l'oppression kafkaïenne, et totalement stupide du régime soudanais .Cela. ramène au comique que Chaplin développa dans " le dictateur" renvoyé en clin d'œil appuyé par un court plan sur l'écran de ce cinéma en plein air, et son décor vétuste. . Mais Chaplin avait un vrai talent de mise en scène, et son film alternait suspense et rebondissement. Une qualité qu'avait aussi " Tombouctou" ce très bon film dénonçant lui aussi l'islamisation de la société africaine, bien plus percutant que cette réalisation soporifique, où le cinéaste a bien du mal à tenir la distance, faisant durer des plans dont l'utilité ne semble pas évidente, voir apparait totalement superflue.
Le parallèle entre ces vieux militants luttant pour la simple restauration d'un cinéma populaire, révèle l'oppression kafkaïenne, et totalement stupide du régime soudanais .Cela. ramène au comique que Chaplin développa dans " le dictateur" renvoyé en clin d'œil appuyé par un court plan sur l'écran de ce cinéma en plein air, et son décor vétuste. . Mais Chaplin avait un vrai talent de mise en scène, et son film alternait suspense et rebondissement. Une qualité qu'avait aussi " Tombouctou" ce très bon film dénonçant lui aussi l'islamisation de la société africaine, bien plus percutant que cette réalisation soporifique, où le cinéaste a bien du mal à tenir la distance, faisant durer des plans dont l'utilité ne semble pas évidente, voir apparait totalement superflue.
Un peu déroutant au début le film finit par captiver le spectateur par le message qu'il transmet sur le rôle du cinéma face à une dictature et sur la façon de résister des cinéastes locaux qui expliquent avec une grande pudeur leurs difficultés et mêmes les mauvais traitements qu'ils ont subis ( tortures …) . L'absurdité du système d'oppression en place est habilement montré et le courage des résistants est admirable.
Un très beau film évoquant la situation du cinéma au Soudan. Les personnages sont attachants et plein d'énergie. J'ai beaucoup aimé.
Quatre passionnés de cinéma attachants et pleins d'humour, une situation difficile abordée avec délicatesse, un régal. Attention, il ne faut pas être pressé mais si on se laisse le temps, on passe un très bon moment.
D'une grande poésie ! Ce film fait réfléchir à la chance que nous avons dans notre accès à la culture.
Le film est magnifique, j'ai passé mon meilleur moment de cinema de 2019. Ces 4 vieux monsieur sont formidables !
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