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Sébastien T
19 abonnés
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3,5
Publiée le 25 juin 2021
L'épopée des gens cassés, de ceux que la planète monde éjecte sur les bords des routes quand ça tourne trop vite. Nomadsland donne à voir sur ce qu'on croit être l'échouage, qui a les atours d'un recommencement enfanté dans la douleur, et c'est parfois beau, parfois triste, parfois froid et même clinique, c'est notre époque, sans fard. Et ce truc qui fait qu'on ne peut plus, après, redormir dans une maison. Le tout servi par la musique d'Einaudi, pour donner encore plus de relief aux choses.
On pourra difficilement suivre ici les éloges quasi unanimes tressés par la presse, à la suite des jurys internationaux. Certes, le personnage campé de nomade par l'actrice, voire ses compagnons de route, est très crédible et bien interprété, sans misérabilisme ni pathos inutile. La communion avec la nature dans ces confins fantomatiques bien choisis du Nevada permet même presque de l'accompagner dans ce ressourcement aux origines des pionniers, entre feux mystiques, bains ou labyrinthes de pierre...sans donner lieu pour autant à des contemplations bluffantes. A force de vouloir suivre une certaine errance, le scénario est particulièrement haché, et les scènes s'arrêtent sans prendre la peine de rentrer dans la profondeur des choses, accompagnées d'une mélodie tirsenienne assez répétitive. Bien que la réalisatrice s'invite à plusieurs reprises au coeur de la chaîne amazonienne, la dénonciation du capitalisme reste cependant très en-deça des hippies et du cinéma contestataire, malgré la précarisation de l'emploi depuis les années 60. Ni contemplatif, ni humoristique, ni critique, le film laisse sur sa fin.
C'est un film très bien documenté et pensé. La photo est très belle, le rythme lent permet de s'imprégner des émotions. Je suis parti avec eux, les nomades. A la dérive, tantôt dans la tristesse, tantôt dans la réflexion par rapport à notre époque. Mon bémol : ce film ressemble plus à un documentaire qu'à une époque œuvre de fiction. cela manque d'histoire, d'intrigue...
Film social mais Je n'ai pas accroché. Rythme lent et peu passionnant . On a du mal à rentrer dans le film il ne se passe pas grand chores ...Bref bien ennuyeux !
Je n'ai pas compris le message de ce film, mais j'ai bien senti son arrière plan ressentimiste. Le portrait de cette femme dure ne m'a pas enchanté. Le destin qu'elle se "choisit" comme échappatoire à la société conventionnelle américaine ne donne vraiment pas envie. On est dans le pure cauchemard. Si aller travailler chez Amazon, cumuler les petits jobs, vivre dans un van crade, côtoyer des paumés est l'indépendance, non merci. Le personnage incarnée par l'actrice principale est une bosseuse, une dure à cuire. On la sent très seule, abandonnée, amer, incapable d'aimer. Il n'y a chez elle plus aucun désir de monde. Elle rejette l'aide de toutes les mains se tendant vers elle. Elle s'enferme dans un schéma mentale dont la seule issue paraît être une solitude désespérante.
Une réalisation qui se veut des plus réalistes possibles, sous poudré d'un scénario simple en apparence mais qui, sans la moindre des prétentions, nous montre une aventure humaine dans toutes ces coutures qui est mise en valeur par l'excellente, Frances McDormand. Qui avait d'ailleurs eut un rôle similaire dans le film "Three Billboards Outside Ebbing, Missouri" mais qui n'arrive pas à la chevie du chef d'œuvre humaniste qu'est Nomadland.
l'Amérique a été magnifiques paysages, ce film le confirme une fois de plus ... après, je suis comme beaucoup ici, du mal à comprendre cette raffle d'oscars. McDormand est une très bonne comédienne comme toujours ... mais ce film manque incroyablement de profondeur ... en dépit du synopsis laissant croire à un film à la très forte dimension sociale, au final peu de choses (si ce n'est ce que l'on lit entre les lignes mais je crains que ce ne soit pas volontaire de la part des réalisateurs et scénaristes). Ce film ne fait que me convaincre davantage de l'horreur qu'est ce pays qui sacrifie sa population qui paraît totalement paumée. un road trip assez creux au final avec la mélopée de bons sentiments si caricaturalement américaine ... on sent peu de révolte chez ces gens, de l'entraide oui mais une acceptation de leur condition , et un semblant de volonté de retour à la nature dans leurs vans et sur les routes ... une sorte de mystique du pauvre s'installe ... les pierres prennent une place prépondérante dans cette mystique ... mais rien n'y fait, c'est creux comme cette pierre utilisée. Ce film me donne juste la conviction que l'Amérique s'écroulera sur elle même et que nous serions bien inspirés de nous éloigner de ce pays.
Je m'attendais à une épopée beaucoup plus remplie en rebondissements et réflexions, le film est beau mais bien trop lent et contemplatif pour moi. J'adore le contemplatif mais là, on nous donne trop peu de matière derrière les belles images. Je ne regrette pas de l'avoir vu cependant, ça reste plutôt inspirant.
Superbe film très sensible. Aucun misérabilisme, aucun voyeurisme. L'héroïne est parfaite de retenue, tout se passe dans l'esquisse d'un sourire ou dans des yeux qui s'éclairent. Les personnages secondaires sont tous excellents, rien n'est caricaturé. La vie nomade n'est pas présentée pour nous faire pitié. Comme le dit Fern, elle n'est pas "homeless" mais "houseless". elle n'a pas choisi cette situation, comme chacun elle y a été amenée par une blessure de la vie, mais elle se l'est appropriée. A voir sans hésiter
Après l’effondrement économique de la cité ouvrière d’Empire au Nevada et le décès de son époux, Fern décide de tout plaquer et prendre la route au volant de son van aménagé en camping-car. Elle devient alors une « nomade de l’emploi » en sillonnant les routes US à la recherche du moindre job.
A l’image de la crise de 2008 (la crise des subprimes) où des milliers d’américains se sont retrouvés sans boulot, voir sans domicile, obligés de vivre dans leur propre voiture ou camping-car, Fern incarne parfaitement toute cette frange de la population de l’Amérique profonde et de laissés pour compte, dont on ne parle pas. Devenant ainsi des nomades économiques, qui se battent jour après jour pour tenter de survivre à une époque où le nomadisme devient pour certains une raison de vivre, non pas par choix mais par obligation.
La cinéaste Chloé Zhao (The Rider - 2018) adapte ici avec brio le roman éponyme de Jessica Bruder et en retranscrit un très beau drame sociétal. Nomadland (2020) n’est pas simplement un road-trip, mais aussi et surtout, une quête vers la liberté sous la forme d’une transhumance où des milliers de chômeurs se retrouvent en plein désert à bord de leurs vans, jonglant d’un job à l’autre, d’une mission chez Amazon (le "Picking", les petites mains qui préparent les commandes) en passant par divers petits boulots trouvés ici et là (chez l’épicier du coin ou le resto-routier).
Une très belle immersion, avec un côté docu-vérité qui transparait à chaque instant et pour cause, bon nombre des figurants dans le film sont de véritables nomades ayant dû faire face à la crise économique. Il en résulte un très beau drame, tout en sobriété, touchant et sincère (couronné par un Oscar du Meilleur film & de la Meilleure actrice), brillamment interprété par Frances McDormand.
un très beau film avec d'excellents acteurs, néanmoins avec beaucoup de longueurs, qui nous laissent perplexe parce que certaines parties sont très ennuyantes
Oui, vraiment Nomadland mérite plus qu'un détour et Frances Mcdormand vaut le voyage! L'air de rien, ce vrai-faux documentaire dévoile une face cachée de l'Amérique. Oui, le point de rupture de ces vies de travailleurs âgés est la crise de 2008, mais le sujet est ailleurs, car nous ne sommes pas en Europe, et encore moins en France. On voit brièvement les entrepôts Amazon, mais le propos ne vire pas au politique, et s'intéresse plutôt à la vie itinérante de ces marginaux de l'américan way of life. Un choix qui s'est imposé malgré eux, par nécessité économique, puis qui devient un mode de vie volontaire, une sorte de retour à l'esprit pionner américain. Pour survivre en dessous des radars, la solidarité, la débrouille, une vision positive de la vie sont de mise, et Fern les incarne avec pudeur et détermination. Les tentations existent pourtant de revenir dans le droit chemin, par exemplespoiler: habiter chez sa sœur, ou de répondre à l'invitation de l'ex routard Dave, mais non le souvenir de la vie passée avec Bo, le mari trépassé, l'horizon désertique, sont les plus forts et attirent ces lonesome people comme une lumière attire les insectes. Ce scénario de qualité s'accompagne d'une photographie grandiose, mais sans trop en rajouter, d'une bande son apaisée, et des acteurs non-professionnels criant d'humanité (Swankie et Linda May). Qu'une actrice non maquillée, non liftée de soixante ans peut être belle, parce qu'elle assume pleinement son physique, et ne perd rien de son sourire espiègle. Vous nous l'aviez expliqué à Lyon lors du Festival Lumière en 2019, Frances, vous tenez votre parole, quel plaisir pour nous. Cinéma - juin 2021
Film très France Inter (voire très Télérama), excellente prestation de la géniale Frances McDormand qui malheureusement n’arrive pas à nous tirer de son rythme très lent de film d’atmosphère.
Il a été difficile pour moi de ne pas pleurer trois ou quatre fois durant la séance. Les plans sont magnifiques, l'histoire est singulière et touchante. les personnages que croise Fern dans sa route son simple, ils ont chacun beaucoup d'importance par la puissance des dialogues qu'ils ont avec elle. Je succombe au airs un peu country de la soundtrack ! J'ai tellement de chose à dire, mais je finirai par dire simplement que la vie de nomade vu par Chloé Zaho fait étrangement rêver, malgré la difficulté de ce mode de vie.
Très beau film, dont l'intérêt ne réside pas seulement sur l'interprétation de l'excellente (une fois de plus) Frances McDormand. Il y a, certes, la vision sociale d'une Amérique des pauvres gens (et notamment les retraités des classes populaires) qui survivent comme les victimes de la crise des années 30. Mais le film joue également sur ces destins de personnes qui prennent "la route" comme forme de vie sociale alternative au cadre du sédentarisme classique. Et, surtout, il y a une réflexion plus profonde, grave et souvent poétique, sur la fin de la vie, qui donne toute sa munificence à ce film, par ailleurs fort bien réalisé. A voir en ces temps de sortie du Grand confinement des peuples...