L'amour n'est plus ! "La poison" est un drame flirtant avec l'humour noir signé Sacha Guitry. Le couple bat de l'aile, le couple ne peut clairement plus s'encadrer, finalement le couple n'en est plus un, et chacun sera prêt à tout, et surtout au pire, pour retrouver le bonheur. Mieux vaut être seul que mal accompagné ! Un remake nommé "Un crime au paradis" verra d'ailleurs le jour en 2001 avec Jacques Villeret et Josiane Balasko.
La ressortie en salles d'une dizaine d'opus de Sacha Guitry permet de revoir " la poison" en conditions optimales.
A travers l'histoire d'un couple qui se hait ( le prétexte sera abordé plus tard par Granier Déferre " le chat" et Pialat " nous ne vieillirons pas ensemble") Guitry reprend ici la réflexion qu'il avait conduite dans " le roman d'un tricheur" : celui de la prospérité du vice et des malheurs de la vertu.
Certaines scènes sont des moments d'anthologie. Michel Simon est une fois encore exceptionnel et son interprétation met en valeur les dialogues caustiques qui prennent la morale à contre-pieds.
C'est parfois très drôle et souvent d'une grande universalité thématique. On notera la présence de Louis de Funès dans un petit rôle. Un classique du cinéma du patrimoine.
Sacha Guitry n'a sans doute jamais affiché autant de cynisme et de pessimisme que dans cette farce noire. Il y a un vrai désenchantement dans la peinture conjugale du couple des Braconnier, comme si l'auteur se plaisait à montrer l'avilissement de l'être humain davantage que la dégradation de la relation amoureuse ou conjugale. L'amertume se mesure derrière les insolences misogynes et les bons mots, dont Guitry a recours moins souvent, me semble-t-il, que par ailleurs, et on sent bien tout le mépris que lui inspire la société, provinciale en particulier, dont il moque la médiocrité populaire, la stupidité collective et l'esprit de clocher.
Le personnage de Michel Simon illustre la dualité du ton, tour à tour fantaisiste et dramatique, par sa nature sympathique et drôle autant que par ses sentiments cruels, féroces qui le conduisent à projeter le meurtre de sa femme. spoiler: Crime dont la réalisation, portée par un humour noir souvent brillant, prend une proportion comique singulière par le fait qu'il est précédé d'une "répétition générale" (Braconnier consultant son avocat par avance).
De toute évidence, "La poison" puise son inspiration dans ce qui apparait un règlement de compte, plus qu'une critique, avec la justice, à laquelle Guitry semble refuser le droit de juger. Il lui oppose, dans la scène du procès, le bon sens, voire la logique scandaleuse, de l'accusé Braconnier; lequel mène lui-même un débat irréaliste. On y décèle comme une odeur de poujadisme bourgeois, relevé par la causticité de l'auteur et par son impertinence provocatrice. Ses problèmes à la Libération n'y sont pas étrangers probablement...
J’avais très envie de découvrir l’œuvre originelle de Sacha Guitry de laquelle s’était inspiré "Un crime au Paradis". Ce qui est frappant, c’est qu’en regardant évoluer Michel Simon, j’ai cru voir le regretté Jacques Villeret qui a pris le rôle bien des années plus tard. D'ailleurs, si vous regardez les deux films dans la chronologie de leur date de sortie il y a fort à parier que vous reverrez Michel Simon en Jacques Villeret. Leur jeu est très proche, c’est stupéfiant ! Il en va de même pour Germaine Reuvier et Josiane Balasko. En regardant "La poison", je me suis aperçu que la trame du film de Sacha Guitry avait été respectée lors du remake, bien que la version 1951 soit moins complète. Parce que Sacha Guitry est allé à l’essentiel, ce qui a le don de rendre son film plus percutant, ou si vous préférez plus incisif. En effet, les spectateurs d’aujourd’hui connaissent sans doute davantage "Un crime au Paradis", réactualisé au goût du jour avec brio, en prenant soin de développer certaines parties. Aussi l’internaute cinéphile Gourmetdefilms a raison : "on a besoin de quelques minutes pour s’habituer à celui-là, avant d’être absorbé dedans !" J’irai un peu plus loin en disant qu’on a besoin d’un peu de temps. Oui l’adaptation au métrage de Guitry demande du temps car on voit le cinéaste en personne présenter les uns après les autres tous ceux qui ont contribué au tournage de ce film, de la production aux acteurs. C’est d’ailleurs assez désarçonnant car j’ai moi-même pensé qu’il y avait un souci d’enregistrement sur le DVD. Il n’en est rien, vous êtes maintenant prévenus. Les dialogues ciselés de Guitry sont là pour nous aider à entrer dans sa comédie grinçante, avec quelques répliques qui font mouche ! « J’en peux plus de ma femme. – Ah ? et qu’est que vous lui reprochez ? – D’être là. – Il ne fallait pas l’y mettre ! » Savoureux. Des dialogues au service d’un scénario novateur, limite insensé (du moins pour l’époque), dans lequel le mariage est assassiné par un grand coup d’opportunisme de la part d’un homme faussement naïf, lequel est marié à une femme dont le côté virago est amplifié par un alcoolisme notoire. Les avocats aveuglés par le sensationnalisme et le renom s’en retrouvent apostrophés, et la justice en prend au passage pour son grade aussi au cours du procès. Un procès qui tourne au pamphlet juridico-judiciaire. L’humour à la fois noir et caustique est donc au rendez-vous, jouant ainsi un vilain tour aux partis pris, aux idées reçues, et rappelle le fait que rien n’est jamais acquis d’avance. "La poison" est donc une œuvre cinglante dans laquelle on prendra un malin plaisir à suivre tous les petits et ô combien savoureux cabotinages de Michel Simon, heureux comme pas permis de parvenir à rebondir avec autant d’aisance et d’intelligence sur les propos émanant tantôt de son avocat, tantôt des autres membres du tribunal. Ça en est presque jouissif, même si on sait pertinemment qu’un procès ne se déroulerait jamais de la sorte. Mais bon, on ne peut pas être vraiment surpris par le ton employé, déjà visible dans les textes de présentation lors du générique du début. A noter également la bonne prestation de Pauline Carton qui, dans les traits de la mercière, ne se prive pas de faire un carton plein (ho !ho ! sans vilain jeu de mots bien sûr !) sur les commérages qu’on a souvent pu constater dans les petits villages de la France profonde. Quant à la présence de Louis de Funès, elle est bien trop anecdotique pour que je m’y attarde plus longtemps, mais au moins, même s’il a multiplié les petits rôles depuis sa première apparition à l’écran, ça nous permet de constater qu’il a commencé au bas de l’échelle avent de devenir l’immense star française de la comédie hexagonale. "La poison" : un film à découvrir et/ou à redécouvrir pour son propos politiquement incorrect. Remarquablement osé, pour l'époque !!
On dit que son emprisonnement après la Libération, pour des faits pas du tout avérés de collaboration avec l'ennemi, avait quelque peu noirci la vision de la Société du grand Sacha Guitry. Et quand on voit ce petit bijou d'humour, c'est très difficile de penser le contraire. Le film est cynique, amer et très caustique. La finesse du scénario et le grand esprit qui se dégage des délicieux dialogues servent en partie à masquer une vision totalement désabusée de l'Homme. C'est la politesse du Maître envers son public. Après un superbe générique dont seul Guitry a le secret, le premier tiers se révèle un peu long mais on aura plaisir à voir Louis de Funès dans un petit rôle, celui du client de pharmacie ayant des problèmes d'ordre totalement contraire à la constipation. Le second avec la visite chez l'avocat (phénoménal Jean Debucourt!) est excellent. Mais le troisième est franchement unique aussi drôle qu'horrible et atteignant pour notre plus grand plaisir un point de non-retour dans l'immoralité. Et Michel Simon est franchement génial dans le rôle principal. Cela a beau être du théâtre comme le dit Guitry dans le générique, il n'empêche du cinéma comme cela on en redemande.
Tout ce qu'on attend d'un bon Guitry y est dans ce film. Avec une bonne dose d'inattendu quand on comprend de quelle façon Michel Simon va exploiter la justice, l'oeuvre retourne comme une chaussette (aussi banalement et aisément en tout cas) l'idée qu'on se fait de la logique des procédures judiciaires et des tribunaux. Dans cet écosystème scénaristique tellement applicable au présent que ça en est épatant, l'auteur propose des théories assez farfelues et pourtant tout à fait crédibilisées par des textes somptueux. Je m'arrête avant de parler des acteurs, sans quoi la liste des superlatifs dépassera largement la limite du supportable. Un mélange finalement explosif d'un étrange géant du théâtre et du choix de ses interprètes.
"C'est pourtant ignoble de tuer !...Oui mais ça fait vivre tant de monde". Je ne ferai que cette citation, puisque tout a déjà été dit. Quatre étoiles pour Michel Simon et pour le scénario et les dialogues qui sont excellents.
Malgré un grand coup de vieux, le scénario demeure et a même été repris en grande partie dans "Un crime au paradis" de Jean Becker en 2000. Je ne suis pas fana de Michel Simon mais ici, il s'en tire bien et le film dispose de bons plaidoyer, surtout durant l'audience finale, certes naïve, mais amusante à entendre. Toujours un bon divertissement.
La Poison est l'histoire d'un couple qui se déteste au point que chacun désire supprimer l'autre. Michel Simon (le mari) entend par hasard un ténor du barreau réputé pour obtenir l'acquittement de ses clients, donner une interview. Il lui vient alors l'idée non pas de commettre le crime parfait, mais le procès parfait. Pour cela il va tromper le célèbre avocat, lui faisant croire qu'il a déjà assassiné sa femme pour obtenir toutes les informations nécessaires pour la réalisation de son crime et ensuite le mettre devant le fait accompli, le menaçant de révéler son rôle dans l'élaboration du meurtre. La scène du procès est absolument hilarante et les réparties de Michel Simon font mouche. L'ensemble des dialogues est très soigné et les répliques souvent drôles, parfois plus sérieuses rythment le film. Michel Simon montre un talent extraordinaire, et joue à la perfection un personnage à la fois cynique et naïf. On remarquera la présence d'un acteur encore méconnu, Louis de Funès dans un petit rôle. Un film hors du commun, un petit chef d’œuvre d'humour noir à voir absolument !
Chef-d'oeuvre absolu de l'humour noir porté par l'immense Michel Simon et dialogué par le maître Sacha Guitry. Un film profondément anti-conformiste qui casse les idéaux du couple et du mariage. Et quand l'immoralité triomphe, c'est encore mieux!
La poison, est un film de son temps, qui a le mérite de traiter d’expériences sociales toujours d'actualité. L'humour noir est parfois pesant et la trame du scenario très prédictible. L'introduction de Guitry est lourde : A passer rapidement. L'ambiance musicale baroque fait mal aux oreilles. Un bon point pour le réalisme des situations conjugales ... Ça sent le vécu
Un pur chef d’œuvre du cinéma signé Sacha Guitry, brillamment porté par un Michel Simon, éblouissant et cerise sur le gâteau, l'apparition de Louis de Funès en second rôle.
Bien qu'original, ce film ne m'a pas emballé plus que ça; pourtant, Michel Simon excelle et la scène au tribunal est excellente. Mais je ne peux m'empêcher de penser que l'inégalité quant à la valeur des scènes explique cette relative réussite à mes yeux.