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Kiberen
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4,0
Publiée le 15 septembre 2021
Sans évoquer le scénario pour vous laisser le plaisir de la découverte, "Serre Moi Fort" a été une expérience de cinéma assez forte à vivre, en devenant (enfin) le premier film de Mathieu Amalric dont je sors heureux du plaisir cinématographique que je viens de vivre, ce qui a été difficilement été le cas avec ses films passés.
"Serre Moi Fort" brouille constamment les pistes, nous fait rapidement douter de ce qui appartient à la réalité pour mieux nous raconter un parcours, une histoire blessée. Adapté de la pièce "Je reviens de loin" de Claudine Galéa, il faudra un certain temps pour comprendre ce qu'Amalric a tant aimé dans cette histoire.
Vicky Krieps dans le rôle de la femme, d'une femme, de la mère est pour la troisième fois de l'année après "Bergman Island" et "Old" absolument magnifique, toute en force et en justesse, et se révèle définitivement être une actrice à suivre de très très près. Si sa performance porte le film, elle est aidée avec maestra par la réalisation de Mathieu Amalric notamment avec le travail effectué avec son directeur de la photographie Christophe Beaucarne, le film est visuellement sublime, tout simplement.
J'ai vu très peu de films français aussi beau que celui-là cette année, "Gagarine" et "Oss 117" notamment. Travaillant constamment sur des associations de couleurs en justesse, sur une lumière naturelle douce et sur des profondeurs de champ extrêmement réduites afin de créer un flou aussi complexe que magnifique, le film est un plaisir à regarder, à écouter également, et à déconstruire vu qu'il me faudra sûrement un deuxième visionnage pour comprendre toute la complexité de la structure.
Opposant la chaleur et l'amer, l'espoir et le désespoir, "Serre Moi Fort" est un des plus beaux films de cette année, et à mes yeux encore une fois le meilleur film de Mathieu Amalric. Une expérience cinématographique qui colle, qui marque, qui se retient.
Film tres emouvant, montage exceptionnel. Je connaissais l'intrigue grâce à la critique du Monde et je pense qu'on profite mieux du film ainsi. Acteurs formidables et les morceaux de piano sont magnifiques, bravo aux jeunes actrices pianistes !
ça aurait pu être bien si ça avait été compréhensible!!!! suite de scènes sans logiques entre elles. on comprend juste à la fin mais que de temps perdu.
Le meilleur film d'Amalric en tant que réalisateur. Ce qui peut paraître comme un exercice de style un peu vain dans la première demi-heure se transforme en un passionnant portrait de femme, au montage éblouissant. Une réussite.
Ce nouveau film de Mathieu Almaric, après Barbara que j'avais plutôt apprécié, est une assez grosse déception. Après une première demi-heure assez envoûtante, à la lisière de l'abstraction, le film prend une tournure plus conventionnelle, pour raconter une histoire de deuil impossible assez conventionnelle. Entre réitération des mêmes motifs, symbolique appuyée et psychologie sommaire, le film d'Almaric finit par ennuyer et reste un objet arty assez vain fait pour plaire à la critique. Heureusement que Vicky Krieps imprègne le film de sa présence magnétique. Elle confère un peu d'âme à un film à la structure assez artificielle et qui souffre de vrais problèmes d'écriture. En faisant surgir une certaine forme de réalisme au sein d'un film qui semble, dans un premier, temps, plutôt expérimental, Almaric gâche littéralement son film qui croule sous le poids de références pas toujours bien dirigées. Peu original et ennuyeux, serre-moi fort n'est pas le grand mélodrame ésotérique vendu par la presse.
Un film bouleversant, unique dans sa mise en scène et son montage, Vicky Krieps est définitivement l'une des actrices importantes depuis Phantom Thread. Sublime !
Avancer, sans oublier. Avant-première cannoise, on trouvait qu'on était étonnamment bien placé dans la salle Debussy (soit la salle où, si on vous attribue une place médiocre, vous pouvez sortir les jumelles), et pour cause : on s'est retrouvé avec Vicky Krieps et Mathieu Amalric juste devant. On a donc pu profiter des quinze minutes d'ovation finales pendant lesquelles le réalisateur faisait le pitre en se voyant en direct sur le grand écran (avec votre serviteur qui tente de se cacher sous le siège derrière). Sacré Amalric, qui sait être farfelu comme très sérieux et poignant, comme le prouve son Serre moi fort, une plongée vibrante dans l'enfer du deuil impossible, de la reconstruction après une lourde perte, de la difficulté de se sentir capable d'avancer malgré tout. Du fait de son montage complexe (pour ne pas dire carrément en bazar), qui mêle les flashbacks au présent, les rêves à la réalité, on n'est pas bien certain d'avoir tout saisi, ou d'avoir interprété les scènes comme il se devait, mais la force des émotions ne nous a pas échappé. Vicky Krieps est convaincante en mère terrassée par le deuil, et porte le film à elle seule, on sait pourquoi Amalric dit qu'il a écrit le rôle uniquement pour elle, tant elle semble une évidence ici. Le titre est tiré d'une chanson d'Etienne Daho (La Nage Indienne), flirte souvent avec la sensibilité de ses paroles, et dont le réalisateur excuse une orthographe qui nous étonnait jusque-là (où est le tiret de l'impératif entre "Serre" et "moi" ? L'oubli est volontaire : il représente l'impossible rapprochement des êtres, les liens brisés qui ne se refont jamais... Bernard Pivot n'aura plus rien à redire, à présent). On ressort de Serre moi fort avec le cerveau en ébullition d'avoir cogité pour suivre toutes scènes qui semblent se suivre de façon décousues (on pense le revoir, pour être sûr d'avoir tout compris), mais aussi avec le cœur bien certain d'avoir capté toute la puissance des sentiments qu'Amalric et Krieps, ensemble, sont capables de transmettre de chaque côté de la caméra.
Un sommet sensible et impressionniste dans la filmographie de Amalric. Il surpasse les plus beaux films de Resnais sur la mémoire (que j'adore). Son duo avec Beaucarne est toujours fantastique.
Un mélange de Godard raté, avec une prise de vue Lars von trier matinè de parkinson et un mauvais montage. I N S U P P O R T A B L E. Q ue vient faire l'admirable Marta Arguerich avec cette bande son disonante. Je n'aurai pas du venir.
Très mauvais. Un film qui sent très fort l'égo et qui n'a pas été fait pour un public, quel qu'il soit. Evidemment encensé par la critique franchouillarde : on protège d'abord les siens.
J'ai été très déçu par ce film, malgré la belle figure centrale de l'héroïne. La construction en millefeuilles du film nuit à l'émotion sur le sujet, grave, qu'il entend sublimer. Je me suis perdu dans les tours et détours d'un scénario haché et confus qui dessert l'histoire. Déroutant et dispensable à mon sens.