Le film est une adaptation libre du roman Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, récompensé par le Goncourt du premier roman en 2015. Ce livre est conçu comme un contrepoint direct à L'Étranger d'Albert Camus, redonnant un nom et un visage à l'Arabe tué par Meursault. Le cinéaste Malek Bensmaïl explique : « À la première lecture du roman [...], j'ai ressentis un besoin intense d'images, d'un récit créatif fort et original, jouant des artifices à la fois de la fiction et du réel. »
Acteur majeur du documentaire avec des œuvres emblématiques telles que Aliénations ou La Chine est encore loin, Malek Bensmaïl signe avec L'Arabe son tout premier long-métrage de fiction. Ce virage stylistique s'est imposé à lui comme une nécessité pour approfondir l'exploration de la mémoire et de l'identité de son pays natal : « Issu du documentaire, j'ai toujours puisé dans un réel proche [...]. Aujourd'hui, je ressens le besoin de déplacer ce regard vers la fiction, d'en explorer les possibles tout en demeurant ancré dans cette matière du réel. »
Le film est marqué par la prestation du regretté Ahmed Benaïssa, monument du théâtre et du cinéma algériens, qui incarne le personnage principal d'Haroun âgé. Il s'agit du tout dernier grand rôle du comédien avant sa disparition en 2022. Le personnage d'Haroun plus jeune est quant à lui interprété par Dali Benssalah, révélé notamment dans le clip Territory de The Blaze et le James Bond Mourir peut attendre.
Pour traduire visuellement la mémoire enfouie et la confrontation entre le passé colonial et la décennie noire des années 1990, le film oscille visuellement entre la couleur et le noir et blanc. Ce choix photographique, confié aux directeurs de la photographie Gilles Porte et Jan Kerguistel, accompagne la narration complexe qui navigue à travers les souvenirs effacés et les confessions intimes d'Haroun à Oran.
La bande originale du film a été confiée au compositeur suisse Nicolas Rabæus. Sa musique accompagne la quête identitaire d'Haroun et du jeune journaliste Kamel, tout en soulignant la tension dramatique liée aux silences familiaux et à l'histoire violente qui traverse le récit.