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Jacotre
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3,5
Publiée le 15 décembre 2019
Dénoncer les dégâts commis par le néo-libéralisme en général et ses exactions en Grèce en particulier doit être régulièrement renouvelé : cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Le réalisme de ce film est d'autant plus frappant qu'il met en scène un épisode de l'actualité récente. Proche du documentaire, la patte de Costas Gavras apporte néanmoins une magie sans égale. L'art et la manière de décrire comment on met un peuple à genoux fait froid dans le dos. Dire que cette inhumanité et ce cynisme ont été imposés au nom de l'idéal européen qui a préservé pour l'essentiel la paix sur notre continent depuis 1945. Comment une si noble idée se réduit depuis lors à une affaire entre banquier et technocrates ? Il suffit d'aller voir ce film pour en être convaincu. On peut le déplorer et en être déçu. A tout malheur quelque chose est bon : ce film montre exactement ce qu'il ne faut pas faire. Il met aussi en scène les ploutocrates de Bruxelles et les gouvernements des 27 aux ordres des grandes banques qui ne sont pas près de céder sur une seule et même revendication : faire payer les petits pour permettre aux gros de continuer à s'empiffrer. Pauvre monde !
J'ai trouvé ce film très ennuyeux. Il ne passe pas le test de Bechdel. Les hommes sont les seuls protagonistes de l'histoire. Ils discutent entre eux deux heures durant, et décident de l'avenir de la Grèce. Yanis Varoufakis, ministre des finances, est présenté comme un héros, haï par les instances européennes, pendant que sa femme lui prépare des bons plats et le réconforte quand il est triste.
Les échanges sont très techniques, politiques, et j'ai trouvé le tout indigeste. Mais point positif : j'ai appris des choses sur la fameuse "crise grecque" de 2015.
Je n'avais pas été prévenu que c'était un film d'horreur ! Et pourtant, on y est. Costa Gravas nous livre un portrait sans concession des coulisses de l'Europe. L'unique pouvoir, celui de l'argent y trône en maitre. On manipule et remanipule, qu'importe le peuple, qu'importe la conscience. Le film est austère mais Christos Loulis est plus vrai que nature. Est-ce si caricatural que cela ? Hélas, je ne crois pas.
Ce thriller politique est globalement bien construit, mais la fin est trop vite expédiée et le flot de paroles stériles déversées par moments ralentit le film. Reste un long-métrage instructif.
Film très intéressant sur le fonctionnement de la troïka composée des experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.
On ne va pas – a priori – voir ce film par hasard soit on aime Costa-Gavras soit on voudrait savoir ce qu’il s’est « vraiment » passé entre les grecs et la Troïka, soit les deux même si l’on connait déjà la fin… de l’histoire et donc du film. C’est bien tourné (c’est pour cela que l’on aime Costa-Gavras même si on se demande qu’elle mouche l’a piqué pour nous imposer vers la fin une scène de danse qui se veut onirique ou allégorique ou les deux mais qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Et si l’on est « militant » on repart en colère en se sentant impuissant devant les puissants… Et puis… on se dit que si le film avait duré 1h30 au lieu de 2h04 cela aurait pu largement suffire…
Je suis allé voir ce film car j'aime les films politiques et j'aimes les films de Costa Gavras. Il n'était pas à la hauteur de mes attentes. Loin de Z ou d'Etat de siège. Mais Gavras a toujours le mérite de pouvoir rendre intéressant les histoire politiques grecques pour le reste du monde. C'est la force d'un grand cinéaste. Je n'ai pas trouvé le film extra sur le coup, cependant il faut croire qu'il est efficace car même après plusieurs jours, il reste dans ma tête! Les acteurs jouent très bien et les ressemblances avec les vrais politiciens sont souvent impressionnants. Le film se termine de manière un peu bizarre à mon sens mais je conseille de le voir quand même.
dire que je me suis lancé dans le visionage du film sans reelle conviction ( ayant peur de m ennuyer ) mais costa gavras et le sujet me titillait et franchement c est excellent un superbe film de real fiction politique avec un regard d une limpidité absolu, le regard d un homme qui a de la bouteille et connait parfaitement l etiquette et les enjeux des puissants A VOIR ABSOLUMENT pour tout ceux qui ne sont pas des analphabete politique au sens brechtien
Après l'inauguration de son exposition photo "Le parcours d'une vie" en 2014 à la Maison de la photographie, Costa-Gavras est revenu sur Lille pour présenter son film à l’UGC Cité ciné et en a débattu avec fierté devant les lillois.
Basé sur le best-settler de Yánis Varoufákis, Adult in the room illustre brillamment les coulisses des négociations sur la crise grecque, moment douloureux au cœur d’une Europe sous tension.
De drame en drame, la vision d'un film percutant
25 janvier 2015, la coalition de la gauche radicale Syriza arrive au pouvoir en remportant largement l’élection législative avec plus de 36% des voix grâce à une campagne mené en grande partie sur l'opposition à la politique de rigueur imposée par l'U.E qui affecte fortement la Grèce, une lutte s’engage entre les dirigeants du pays et l’Europe. Alexis Tsípras, premier ministre grec et Yánis Varoufákis, ministre des Finances vont ainsi vite se rendre compte des portes fermés pour la négociation à chacun de leurs déplacements. Ils se sont ainsi heurtés à l'insistance de l'UE à maintenir le protocole d'accord existant, un accord qui engageait la Grèce à poursuivre l'austérité.
Costa Gavras, le plus français des cinéastes grecs, avait suivi avec émoi la crise grecque dès ses prémisses et avait instinctivement l’envie de retranscrire cet événement sur le grand écran. Avec de nombreux rebondissements dans le feuilleton grecque et l'espoir nouveau que suscite Syriza, Costa-Gavras commence à trouver son sujet. Mais c'est réellement lorsque Michèle Ray-Gavras (sa femme et sa productrice) tombe sur un article de Yánis Varoufákis qu'il comprit de quoi parlerai principalement son film. C’est grâce à un lien d’amitié entre lui et Varoufakis qu’il va pouvoir bâtir son scénario. En effet, l’ancien ministre des Finances grec lui enverra chaque nouveau chapitre de son livre sur ces quelques mois au pouvoir, Conversations entre adultes. De plus, Varoufakis enregistrait la plupart de ces entretiens avec les dirigeants européens, permettant aussi au réalisateur grec d’avoir des dialogues à la parole près et purement véridique.
Adults in the Room navigue dans ces eaux politiques traîtresses avec une grande habileté, condensant une situation politique et économique labyrinthique en un feuilleton passionnant. Nous sommes littéralement plongé dans un milieu méconnu des instances directrices et des bureaux des leaders européens, l’intensité des dialogues va parfois faire douter les spectateurs sur leurs véracités tant les mots sont dures voire surréaliste à l’encontre de Yanis Varoufakis, notamment de la part du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble ou encore Jeroen Dijsselbloem, l’ancien président de l’Eurogroupe (N.B. : réunion mensuelle et informelle des ministres des Finances des États membres de la zone euro). Durant le débat, Gavras va revenir sur ce dernier : « je porte peu d’estime pour lui, car un jour en conférence de presse, il déclara que : « on ne peut pas aider un peuple dépensant tout son argent en femmes et en alcool.» » Preuve de la condescendance que faisait preuve les Allemands à l'égard des Grecs. Cependant, il ne voulait pas le mettre dans le film pour ne pas encore plus « ternir » l’image de Schäuble.
Une tragédie moderne ?
Bien qu'il y ait des exceptions notables, la plupart des thrillers politiques basés sur des événements réels ont tellement à cœur d'être fidèles à l'exactitude historique que la tension dramatique s'envole et commence plutôt à ressembler à un documentaire tiède et dilué. Ce n'est certainement pas le cas avec Adults in the Room. La tension est réelle. Costas-Gavras a pris ce drame politique majeur et l'a réduit à ses éléments dramatiques essentiels. Il l'a présenté dans un contexte compréhensible : un différend financier complexe entre de nombreux pays et un choc des personnalités et des ego, étant palpable, entre la Grèce, l'Allemagne, la France et les différentes institutions financières et politiques européennes.
C'est l'un de ces rares cas où l'histoire est racontée par les vaincus, et non par le vainqueur. Varoufakis, le négociateur brutal quelque peu provocateur et franc, est brillamment représentée par Christos Loulis. Il n'est peut-être pas le seul adulte dans la salle, mais c'est sans doute le plus humain, ramenant chaque argument aux victimes de l'austérité grecque et à la façon dont elles peuvent être sauvées. Son jeu est profond, sans jamais réellement parler de la situation qui s’empire de jour en jour, nous comprenons toute le ressenti de Varoufakis : sa déception et son échec. Ce ressenti se voit aussi dans la direction photographique : les images sont ternes, sombres et froides, renforçant le caractère dramatique du film. Il en résulte un sentiment permanent de claustrophobie.
Gavras déclare avoir voulu donner à ce film une certaine "dimension de tragédie grecque". Une tragédie au sens ancien du terme : "les personnages ne sont ni bons ni mauvais, mais sont guidés par leur propre idée personnelle de ce qu'il convient de faire". Une tragédie de notre époque moderne. Costa-Gavras dépeint aussi la bureaucratie, avec quelques chorégraphies malicieuses pendant des conversations grinçante. Une salle d'assistants qui fermant leurs ordinateurs portables en rythme, ou un groupe de ministres se levant tous en rythme: il est clair qu'il considère le côté humain de ce conflit comme celui qui est régi par la tradition et le protocole. Pour Costa-Gavras, ce film était aussi un moyen de "montrer l'Europe qui ne marche pas du tout", il rappelle que l'Europe à ses fondations se voulait être en premier plan "une Europe culturelle" et non "économique".
Le film doit être regardé pour ses mérites et pour ce qu'il est - un thriller politique qui retiendra votre attention sur les machinations que l'on trouve dans la politique internationale.
Costa-Gavras propose un regard engagé sur la crise grecque et les coulisses de l’Union européenne. Si le sujet est passionnant et la mise en scène rigoureuse, le film souffre d’un ton parfois didactique et d’un manque d’émotion. Une œuvre stimulante mais un peu aride, qui s’adresse surtout aux spectateurs familiers des enjeux politiques.
Costa Gavras réussit le tour de force de transformer le sujet aride des négociations Varoufakis/Eurogroupe en thriller alletant. Mise en scène nerveuse, jeu tendu des acteurs, immersion dans les rouages de la technocratie Bruxelloise : Gavras se transforme en horloger suisse pour alimenter l'intrigue, la faire avancer. On a beau connaître l'histoire, on est en apnée, on partage les émotions du personnage central (magnifique interprétation de Christos Loulis). Ses doutes, ses espoirs, ses convictions. On s'identifie à lui ! Nous aussi, on veut sauver le peuple grec des griffes de la troïka ! Une véritable partie d'échecs ! Les 2 heures passent à toute vitesse et on sort groggy de ce film coup de poing...
Très bon film! Belle présentation de l’envers du décor derrière la crise ! A voir absolument même si peu de notion en économie le film est présenté de façon accessible et dans un ton tragi-comique.
Un film très agréable à regarder tout d'abord : pas une seconde d'ennui . On ne peut , sur un sujet consacré pour l'essentiel à des débats , qu'admirer le savoir faire de Costa Gavras , son efficacité pour créer du rythme et même du suspense. Oui, du suspense alors que l'histoire et sa fin est connue. La subjectivité est évidente : Varoufakis a le beu rôle , j'ai envie de dire "se donne le beau rôle " puisque c'est son livre qui a servi de base au scénario . Son défaut principal , ce côté "donneur de leçons " peu favorable aux négociations est gommé. Mais cela nuit il à la qualité du film ? Après tout rien n'empêche le négociateur allemand d'écrire sa propre version et peut être un cinéaste en fera un autre film
Je m'attendais au pire mais j'aime bien juger par moi-même et je n'ai pas été déçue. Ce film est tellement outrancier et manichéen qu'il en est risible. Les gentils grecs humiliés et maltraités par les méchants européens. C'est oublier qu'ils ont falsifiés leurs comptes pour entrer dans l'UE, vécu complètement au dessus de leurs moyens etc. La potion infligée aux grecs a été sévère mais il faut bien constater car elle a porté ses fruits d'un point de vue économique.
Malgré un manque de nuance, ce film porté à gauche a le mérite de replacer ces événements et notamment le comportement et convictions de chacun des acteurs politiques.