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Un visiteur
3,0
Publiée le 24 novembre 2019
Même s'il était certain qu'en adaptant l'oeuvre de Varoufakis, Costa-Gavras prendrait le parti de l’extrême-gauche, celui qui colle à ses convictions, on pourra reprocher une genèse beaucoup trop favorable à la Grèce: comme si la dette que devait supporter le pays était entièrement imputable est l'Union européenne. Les deux parties ont certainement des torts dans cette affaire, et il est difficilement crédible de voir la Grèce être exonérée de tout reproche, même par un réalisateur hellène. Du reste, c'est quand même très clair et agréable à suivre: les acteurs ressemblent aux personnalités politiques qu'ils incarnent et nous livrent tous une prestation sans faille, avec une mention spéciale à Christos Loulis. Petit bémol pour la fin, mais je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le suspense.
Pedagogique et bien fichu , seul Mario Draghi n' est vraiment pas ressemblant ! Aucun n'est ressemblant mais tout de meme approchant .. la grande Christine est grande a cheveux blanc et c'est tout mais ça suffit .. Idem pour le ministre du budget Allemand . Mais ca passe Mario n'apparait pratiquement pas mais là il ne passe pas.!! A cote dd cela c'est brillant comme reparties , comme tension , comme mise en scene , la camera virevolte intelligemment . Costa Gavras est vraiment bon , plein dd talent , un maitre de 86 ans ! Quelle pêche . Il n'y a pas Photo avec Ken Loach .. pour un discours tout aussi percutant et meme plus , sans pathos .. un film a voir . Et a revoir Michel Sapin en prend pour son grade et c'est jubilatoire ..
Très bon film! Belle présentation de l’envers du décor derrière la crise ! A voir absolument même si peu de notion en économie le film est présenté de façon accessible et dans un ton tragi-comique.
En 2015, la Grèce est enfoncée dans la pire crise économique de son histoire. Son surendettement a obligé le gouvernement à accepter un programme qui l’asphyxie. Les élections portent au pouvoir la coalition antisystème Syriza avec une promesse : en finir avec l’austérité. Un jeune et charismatique ministre des finances, l’économiste Yanis Varoufakis, est chargé de la mettre en œuvre. Mais la négociation avec les institutions européennes s’annonce délicate. Alexis Tsipras aura beau organiser un référendum au terme duquel le peuple grec refusera le MoU exigé par l’Europe, il devra aller à Canossa et se résoudre à le signer. Après cinq mois seulement au gouvernement, s’estimant désavoué par cette signature contre laquelle il avait bataillé sans relâche, Varoufakis démissionnera.
"Adults in the room" est l’adaptation fidèle des mémoires de Yanis Varoufakis. Le ministre des finances s’y donne le beau rôle. Le doute ne l’effleure pas. Il est sûr de ses choix : la charge de la dette grecque, héritée de ses prédécesseurs, asphyxie l’économie, le programme d’austérité imposé par la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) anémie le malade qu’il est censé soigner, seule une restructuration de la dette permettra de restaurer les marges de manœuvre budgétaires qui permettront à la Grèce de renouer avec la croissance.
Ce programme typiquement keynésien se heurte à la logique bornée et de courte vue des créanciers internationaux : une dette doit être remboursée, sauf à trahir la parole donnée et à s’exclure de l’Euro.
"Adults in the room" raconte en détail la succession des réunions qui se tiendront pendant le premier semestre 2015 à Bruxelles, à Athènes, à Paris ou à Berlin pour tenter de résoudre cette crise. Rien n’est moins dramaturgique que ces interminables réunions. Costa-Gavras fait le maximum pour leur donner du nerf, au risque parfois d’en caricaturer les personnages. Face à sa caméra les dirigeants européens forment une galerie de politiques veules et arrogants : le président de l’Eurogroupe, le président de la BCE, les ministres européens des finances. Tous sont costumés de gris, tous portent la cravate. Tous sauf Varoufakis dont le look bohême (chemise ouverte, sac à dos, casque de moto) est censé à lui seul caractériser son approche disruptive de l’économie internationale. Seule femme dans ce panel exclusivement masculin, la présidente du FMI, Christine Lagarde, qui, épuisée par les enfantillages de ses collègues, aurait lâché : « Y a-t-il un adulte dans cette salle ? ».
Les eurosceptiques de tous poils qui estiment que « Bruxelles » impose son diktat et ignore la volonté des peuples, les anticapitalistes de tous bords qui suspectent derrière chaque réunion de banquiers internationaux un complot pour enrichir les riches et appauvrir les pauvres, seront aux anges. Les autres, qui aspirent à un peu moins de simplisme et de parti-pris, iront voir ou revoir "Inside Job" sur la crise financière de 2008 et ses mécanismes.
C’est le récit détaillé de l’assassinat économique et culturel de la Grèce par l’Europe de l’ultra-capitalisme libéré de toute régulation. On y voit toutes les vedettes connues, sans les masques qu’ils exhibent habituellement. Faux « travaillistes« , comme le président de l’Euro-Groupe (Jeroen Dijsselbloem), faux « socialistes » (comme Sapin et Macron, etc.). Si faux-jetons, si insensibles au bien commun, donc au vivant, voire mal-comprenants, que Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, en paraît plus humain ! Une bande de prédateurs à la curée.
A voir absolument pour mieux déchiffrer le récit fleuri que l’on nous raconte et deviner le sens des « réformes » indispensables faites pour notre bien.
Film marquant, qui retrace avec intelligence et émotion, le combat de Yanis Varoufakis, ministre des finances grec tenant tête au mastodonte européen. On y découvre le brio, l'humanisme, et l'intégrité de Yanis Varoufakis face aux manipulations des puissances financières européennes et de la presse.
Ce film est bien réalisé du début à la fin, j'aurais juste souhaité plus de ressemblances physiques dans le choix des acteurs et actrices incarnant les personnalités.
C'est un film exceptionnel dont le retentissement sera accablant pour les dirigeants de l'Europe et du Monde,... dans quelques années ? La population ne se rend pas compte de l'impasse où nous mène la politique financière de d'Europe totalement contrôlée par les allemands, et des futures restrictions que les banques et instances financières mondiales nous imposeront pour maintenir les élites en place et continuer leurs magouilles sans vergogne. On se souviendra du film quand il sera trop tard. Bon courage à la jeunesse. Guy
Je reste impressionnée par la danse des acteurs européens autour de Tsipras vers la fin du film. Une danse comme une rengaine qui ne peut quitter la mémoire. Je reste impressionnée par l'ensemble du film, même si 3 spectateurs ont quitté la salle en cours de projection..., il est vrai qu'il fallait se concentrer, ce qui est plutôt un bon point, pas de superficialité ni de trop grands effets. A voir pour comprendre. Mais pas pour rêver, hélas.
Magistral. On découvre comment les dirigeants européens procèdent pour ruiner un pays et spolier leurs richesses pour se les partager avec leurs amis les banquiers, au détriment des peuples (la vente de tous les aéroports grecs en est un exemple).
une réalisation satisfaisante à partir d'un scénario plutôt basique qui ne nuit pas à la qualité du film. Le film dure deux heures mais on ne s'ennuie nullement. Loulis incarne à merveille la personnalité de Varoufakis. Par contre je ne sais pas si K. Gavras arrive à faire passer le message politique au citoyen lamda...Le film ne traite pas les vrais causes de la faillite de l'état dont l'origine provient de la faillite organisée par les banques privée. Les 110 milliards de dettes ont été déplacées sur celle de l'état grec; et comme la restructuration de la dette n'a pas été acceptée par l EE...c'est le peuple qui a payé les pots cassés. J'admets qu'il s'agit d'un sujet très complexe qu'aucun film ne pourrait illustrer vraiment. En tout cas ça vaut la peine d'être vu...
Intéresser des spectateurs lambda avec des questions d'économie n'était pas forcément chose facile. Et le pari est réussi. Costa Gavras restitue parfaitement l'antagonisme de fond entre les Grecs, un peuple méditerranéen qui n'a en gros jamais payé d'impôt et un peuple discipliné et rigide que sont les Allemands. Il montre aussi ce que sont les instances européennes et notamment l'Eurogroup ce club de ministres des finances qui décide de tout en dehors de tout cadre légal. Christine Lagarde est très épargnée par le film ? Pourquoi ? Mystère. En tous cas voir au cinéma des faits qui montrent aussi clairement le cynisme et la responsabilité des dirigeants des Etats de l'UE est oeuvre de salut public. Même si hélas cette vision réaliste ne peut qu'aller dans le sens des souverainistes.
Une mise en scène impressionnante de réalisme qui donne envie de crier devant tant d'injustice et tant d'ignominie de la part de nos politiques européens. Sapin est le plus véreux de tous.
Un film intéressant avec une part de dramatisation qui nous plonge dans la réalité (?) des instance européennes et des discussions entre responsables économiques et politiques. Mais tout ça semble quand même assez éloigné des raisons et des conséquences de ces discussions et manque quand même de profondeur. La conclusion de l'auteur semble être que les technocrates sont sans cœur. C'est peut-être un peu simpliste et pas très étayé.
Un film très agréable à regarder tout d'abord : pas une seconde d'ennui . On ne peut , sur un sujet consacré pour l'essentiel à des débats , qu'admirer le savoir faire de Costa Gavras , son efficacité pour créer du rythme et même du suspense. Oui, du suspense alors que l'histoire et sa fin est connue. La subjectivité est évidente : Varoufakis a le beu rôle , j'ai envie de dire "se donne le beau rôle " puisque c'est son livre qui a servi de base au scénario . Son défaut principal , ce côté "donneur de leçons " peu favorable aux négociations est gommé. Mais cela nuit il à la qualité du film ? Après tout rien n'empêche le négociateur allemand d'écrire sa propre version et peut être un cinéaste en fera un autre film