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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Superbe peinture du milieu de la finance ! Jean Gabin en P.D.G. que plus rien n'étonne, le fils à papa mis à l'écart, les requins de la bourse qui ricanent en attendant la chute. Tout cela serait très amusant si la Mort n'était pas là, elle aussi, à attendre. Le plan fixe d'une minute sur Jean Gabin, au 2/3 du film, se souvenant brutalement de l'existence de la Faucheuse, suffirait à faire de ce film une oeuvre inoubliable.
A revoir ce film, il est plutôt mineur par rapport au livre de Druon. Le personnage de Gabin est moins complexe qu'il ne le faudrait, tout est amoindri. Pas un mauvais film, mais pas un des meilleurs.
A force de jouer boursiers, on y laisse des plumes ! Une affaire presque rudement menée par Jean Gabin. Je ne suis pas du tout surpris par l'attitude de la famille dans les 15 dernières minutes. Le plan boursier avait tout de même de l'idée mais certaines paroles lâchées dans les pires moments de l'existence laissent des traces indélébiles. J'apprécie beaucoup le rôle, l'honnêteté et la fidélité du personnage interprété par Blier. Un bon film.
Une fois n'est pas coutume mais ce film me rend schizophrène. D'un côté, Gabin et les autres sont excellents et les dialogues très bons nous emmènent au bout du film s'en que l'on ne s'en rende compte. De l'autre, le scénario nous raconte l'ignominie de la bourse, des boursicoteurs en un mot du capitalisme échevelé, sans limites. Sans limite, au point qu'on pousse au suicide celui qui tel le papillon s'approchant de la lampe incandescente et se brule les ailes. Mais malgré le suicide de l'un, les autres continuent comme si de rien n'était. Même le père dont le fils s'est suicidé alors que c'est lui qui l'a poussé au suicide. Et en plus, ce père rejette la faute sur un autre! Ignominieux! Indécent! obscène! Le capitalisme dans toute sa splendeur et surtout ses ignobles bassesses! A ne pas voir ou alors en étant capitaliste convaincu.
Un drame familial qui aurait sûrement donné aujourd hui une saga sous forme de série. On oscille entre le thriller politico financier, la tragédie familiale mais aussi la comédie acerbe via les dialogues de Michel Audiard et l œil pas très tendre qui est posé sur ces personnages qui vivent dans un entre sois qui les nécrosent. Dommage que la mise en scène ne soit un peu figé et qu il manque à Jean Gabin un côté « aristocrate » qui aurait bien convenu à ce rôle. Mais le portrait de groupe reste très intéressant et prenant, même s il aurait sûrement mérité d être un peu plus développé, l heure et demie s avérant courte pour le sujet.
Sur des dialogues tranchants d’Audiard, une fresque familiale cruelle et cynique dans laquelle un Gabin magistral en chef de clan spécule sur les siens jusqu'à solder les comptes face à un immense Pierre Brasseur. 3,75
Très bien écrit et avec un grand Gabin, Les grandes familles, se regardent avec plaisir. Dommage cependant qu'une fois encore la jeunesse (ici Jean Dessailly) soit montrée sous un jour si négatif.
Qualité des plans noirs et blancs, voix de grands acteurs audibles, du bon cinéma français agréable à voir. Description noire du capitalisme familial, coup en bourse, ubris patriarcal, drame familial. Situation dans le contexte de l’époque, mais thèmes intemporels qui n’ont pas pris une ride. Pierre Brasseur remarquable dans un rôle d’oisif méchant que l’on croirait emprunté au boboisme actuel. Conventions sociales rigides qui dissimulent l’égoïsme, le cynisme et l’agressivité sociale. Échanges édifiants à propos d’un recours optionnel à l’IVG dont une bourgeoise bigote se fait l’avocate pour l’honneur et l’intérêt de la famille ! Instrumentalisation de la presse et manipulation des journalistes. Tout cela n’est pas obsolète car ces préoccupations de privilégiés ont désormais infusé dans toute la société. Visionnaire.
D’après Maurice Druon, les haines et rancunes tenaces des grandes familles d’industriels/banquiers/ général/ académicien où on n’avorte pas, où on ne se suicide pas, mais où on n’hésite pas à s’entretuer via le monde implacable de la haute finance. C’est bien sûr manichéen, avec un Gabin impérial dans un rôle fait pour lui, une distribution haut de gamme, une très bonne photo noir et blanc, un montage huilé, des super scènes (l’aveu de Lachaume, la Bourse) et des dialogues signés Audiard - gage de qualité - dans un registre pourtant inhabituel.
Cette plongée dans la marre aux requins ne tient que sur les prestations magistrales de ses acteurs, tout le cynisme du film reposant que sur le jeu très froid de Jean Gabin s’opposant à l’interprétation outrancière de Pierre Brasseur. Bernard Blier est, comme à son habitude, très bon mais son personnage est terriblement sous-exploité. Le scénario est une image satirique des élites et des institutions, dont l’immoralité frôle un niveau caricatural somme toute assez simpliste où s’entremêlent les querelles familiales et les manipulations financières. Les dialogues, pourtant concoctés par Michel Audiard, ne sont pas percutants et l’humour noir reste superficiel, en fait seule l’intensité dramatique de la conclusion donne sa force à cette peinture au vitriol du capitalisme sauvage. La construction académique et le rythme très lent ont également contribué au fait que le film ait si mal vieilli.
un grand film ,des années 50, un grand jean Gabin, avec une pléiade de grands acteurs et actrices, des dialogues de Michel Audiard, du grand cinéma en déplaise aux réalisateurs de la soi-disante nouvelle vague.
Le roman de Maurice Druon, qu'on imagine plus subtil et nuancé, offre à Denys de la Patellière et à Michel Audiard une matière satirique qu'ils tirent vers la caricature, de façon drôle, grâce aux formules d'Audiard qui peut étancher sa soif anti-bourgeoise, mais aussi sur un mode simpliste. Les grandes familles aristocratiques et capitalistes incarnent la France d'en haut, celle des états-majors et de l'Académie, des conseils d'administration et des fils à papa. Le réalisateur et son co-scénariste offrent à la France d'en bas le spectacle des turpitudes d'une classe dépeinte dans sa vanité et son arrogance, sa sénilité, parfois, et sa férocité en affaires. Dans cette alliance qui aussi celle du sabre et du goupillon, dans cette dynastie des Schoudler-de la Monnerie, Noël Schoudler, influent et omnipotent, fait figure de chef. Jean Gabin l'incarne et, peut-être parce que son personnage de capitaine d'industrie est issu de la roture et que ses discours, ses manières, se rapprochent d'un certain populisme, il échappe en partie aux railleries d'Audiard. Certes, la dureté de Schoudler lui vaudra, lorsque que le drame s'immiscera dans la satire, une cruelle leçon et un remords éternel, mais le jeu uniforme de Gabin autant que son statut de vedette le détournent du personnage authentique et, par conséquent, intéressant qu'on aurait souhaité et qu'aurait du être ce potentat de la finance, détestable à beaucoup d'égards. Gabin et son personnage stigmatisent les limites du film: une vugarisation de la "haute", éloquente mais pleine de poncifs.
Malgré un casting des plus alléchants (Gabin, Blier, Audiard) le film s'ouvre d'un cruel manque du rythme, de scènes percutantes et surtout d'un manque de qualité des dialogues d'Audiard, peu percutants ici. Dommage...