Noël Schoudler est le patriarche d'une véritable dynastie, qui a infiltré presque tous les centres névralgiques du pouvoir français. Il est capitaine d'industrie et patron de presse et de banque, fréquente les hautes sphères politiques. Quand ses proches sont dans l'armée ou la médecine. Mais cet homme est surtout autoritaire, dur, et adepte du micro-management. De par son étroitesse d'esprit et son orgueil, il va se heurter à son fils. Un homme plus naïf à bon fond, qui veut moderniser l'empire. Et il affrontera un cousin des plus odieux. "Les Grandes Familles" est un drame de famille, qui se rapproche du thriller politico-financier. Et qui s'avère très moderne dans sa représentation des familles de nantis ultra-connectés aux pouvoirs. C'est bien simple, des ressorts scénaristiques seront réutilisés par des téléfilms & sagas de l'été des décennies plus tard. Tandis que la partie financière ou médiatique pourrait presque être reprise telle quelle aujourd'hui. On regretterait presque que l'ensemble ne dure que 1h30, tant il pourrait s'étirer sur une véritable fresque. En tout cas c'est un plaisir de voir tout ce beau monde interagir, souvent avec férocité : les dialogues piquants de Michel Audiard aidant largement. Impossible de citer tous les comédiens, je me restreindrai à Jean Gabin, impérial en patriarche à la peau dure. Et Pierre Brasseur, délicieusement salace en richissime et vulgaire cousin oisif, haï de sa famille.
Un film ultra classique, presque académique, le cinéma tant critiqué par la nouvelle vague qui arrivait en parallèle. Et pourtant un sujet pas si souvent traité en frontal, que celui des grandes familles, des dynasties héréditaires qui domine la grande industrie et la grande bourgeoisie française. Très bonne description du fonctionnement et des mécanismes du pouvoir et du monde des affaires : jalousie, mesquineries, rivalités, ce qui reste d’ailleurs totalement contemporain. Bon scénario bien construit, solide. Jean Gabin est bien sûr exceptionnel pour un rôle fait sur mesure pour lui, de patriarche, malin, rusé et dominateur, avec beaucoup de prestance. De très bons second rôles , Pierre Brasseur excellent , Jean Desailly, Bernard Blier, Louis Seigner , tous très bons .
Brillamment construit et mis en scène, ce long métrage jouit d'un super casting et de dialogues de qualité (Audiard prouvant son aisance à écrire des dialogues autant dans le milieu populaire que dans les strates aisées visiblement). Beau film.
Les dialogues de Michel Audiard dans la bouche de Jean Gabin : du caviar à mes oreilles ! Le charisme des acteurs, l'absence d'artifices faciles de mise en scène, le jeu calme et serein, la qualité du texte, invitent à être attentif, sans être distrait, et le plaisir n'en est que meilleur. À titre d'illustration, cette réplique de Noël Schoudler : "Je ne suis pas contre des excuses, je suis même prêt à en recevoir." C'est subtil, c'est fin, ça interpelle la raison. D'autant que sur le fond, les manœuvres entre Noël Schoulder et Lucien Maublanc (Pierre Brasseur), via la bourse de Paris, relèvent du grand art. Le duel entre les deux acteurs est d'ailleurs splendide. On se demande qui en 2025 pourrait endosser ces personnages avec autant de charisme. J'ai juste été surpris de prendre conscience que Jean Gabin, qui paraît bien âgé dans ce film, avec ses cheveux blancs et son physique ventripotent, avait cinquante-quatre ans lors du tournage, soit l'âge que j'ai aujourd'hui. Je me rassure en me disant que l'espérance de vie a gagné quelques années depuis 1958... Voilà un film qui mérite toute l'attention du spectateur.
Une fresque familiale cruelle et sans états d'âmes de la part des protagonistes d'où dominent Gabin et Pierre Brasseur et qui dépeint bien ses grandes familles bourgeoises de l'industrie prêtent à tout pour sauvegarder leurs intérêts. Bon film dramatique que même le noir&blanc et les années passées ne gâchent en rien!
Les grandes familles - ou les désaccords rencontrés selon la personnalité de chaque membre d’une famille suite au décèsdu patriarche. Il y a quelques longueurs mais c’est sympa de voir comme les mentalités ont changé....ou pas ! Les valeurs comme les accumulations de légions d’honneurs qui n’ont de valeur que pour ceux les portant. Le reste de la population n’etant pas duppe. Gabin bien dans ce rôle. 3/5
Toute la richesse d'une entreprise, celle de Jean Gabin qui se rend compte que son fils est pas apte à reprendre le flambeau. Gabin fidèle à lui-même, excellente prestation et le grand Pierre Brasseur suit aussi comme à son habitude à merveille. Le dénouement final vaut son petit moment d'intrigue. Une comédie dramatique légère qui remplit son quota scénaristique.
Une affaire de succession dans une famille qui comprend comme partout ses valeurs sûres et ses bras cassés. Pierre Brasseur est excellent et Gabin parfait en patriarche. Cependant il faut aimer le milieu des affaires avec ses intrigues et ses coups bas.
Une réussite en tous points : mise en scène, décors, interprètes, dialogues. Un film à voir et revoir tant Gabin s'affirme comme l'un des meilleurs acteurs de cette époque.
Ce film de Denys de La Patellière met en scène J. Gabin dans un de ses rôles fétiches si j'ose dire, celui du patriarche. Ici le chef d'une grande famille d'industriels et propriétaires de presse. Encore fringuant mais déjà grisonnant, Gabin campe ce personnage haut en couleurs avec entrain, et plaisir. Il est entouré d'une ribambelle d'acteurs connus, Blier, Brasseur, Desailly et plein d'autres. Toute l'intrigue se déroule au sein du cercle familial, la rivalité des deux frères, le conflit de génération avec son fils, et les autres incidents, pour culminer avec le drame final. A aucun moment, on ne voit d'étrangers, d'ouvriers de l'usine ou des employés du journal. Tout est calfeutré et rien ne sort. Les seules images un peu extérieures sont celles de la Bourse où se déroule le piège, si on peut dire, imaginer par le patriarche contre son fils (Desailly) qui va finalement lui revenir en pleine figure.
Denys de La Patellière signe, en 1958, une excellente satire de la bourgeoisie industrielle et financière. Même si la réalisation est très académique, la présence de grands acteurs de l’époque rend le film captivant. On retrouve Jean Gabin très sobre dans son rôle de patriarche autoritaire et Pierre Brasseur qui joue le vilain petit canard de la famille complètement excentrique et débauché. Mais les seconds rôles sont également parfaits (Jean Desailly, Bernard Blier, etc.). Ajoutez à tout cela les dialogues de Michel Audiard, une intrigue dramatique plus une critique sans faille du capitalisme exacerbé, et on obtient une œuvre de qualité. Bref, un vrai classique.
Terrifiant.Ce film est la démonstration éblouissante du pouvoir que peut détenir le cinéma de propagande qui a heureusement disparu de nos jours. Ici ,bien sur ce n'est pas de la propagande mais du démonstratif caricatural qui ne souffre aucune contestation. C'est comme cela que ça ce passe ,point final. Aucun moyen n'est négligé pour nous faire penser que la vraie vie est toute autre. Les acteurs sont les meilleurs de l'époque,le dialoguiste est éblouissant et le climat tragique bien en place...Mais,bizarre ou est l'émotion ? On ressort bluffé mais les yeux secs et l'indignation au fond du coeur...C'était le point de vue majoritaire des 5 millions de spectateurs de 1958. Il était temps que la nouvelle vague arrive ...J'aimerais bien connaître l'opinion de Jean-Luc Godard sur ce film. La mienne en tous cas est déplorable et je suis certain que les nombreux metteurs en scènes qu j’admire auraient refusé le scénario et les propos tenus. A la place de la grandeur ,il n'y a que médiocrité et bassesse .Pourtant nous savons tous que la richesse actuelle de la France provient des valeurs bourgeoises et industrielles qui ont dynamisé notre pays. Il y a forcement eu des brebis galeuses mais pas à ce point et pas toutes ensemble. Pourquoi brocarder ainsi nos belles institutions ? Les académies,la légion d'honneur entre autres et l'église catholique évidemment tournée en ridicule par la voix d'un prêtre sans honneur et sans morale chrétienne. Ce n'est pas avec de tels films que,quelque soit l’ époque, on élève l'âme et on rend le public intelligent ou sensible. Toutes les limites de la décence sont dépassées quand le coup de feu est entendu juste après le mot ''caviar'' ou que Françoise Christophe ordonne à son beau père en pleine douleur de lâcher son petit fils qu'il tenait dans ses bras
Adapté d’un roman de Maurice Druon, “Les grandes familles” voit Jean Gabin interpréter avec classe un père de famille qui a de l’expérience de la vie et souhaite donner une leçon à tous les membres de sa famille, incarnant chacun des archétypes des membres d’une grande famille prestigieuse. Le film commence donc comme une comédie avant de changer subitement de ton peu avant la fin, tournant à la chute morbide. Les dialogues de Michel Audiard sont plein de trouvailles et la mise en scène alliant la scène de fin à celle de début procure au film son étrange ton noir.
À première vue, Les Grandes Familles pourrait sembler être un vestige d’un autre temps. Et pourtant, dès les premières minutes, une tension s’installe, tapie derrière les dialogues élégants et les salons feutrés. Le film nous plonge dans les arcanes d’un pouvoir familial impitoyable, où un simple mot lors d'un repas de famille peut bouleverser des vies. La curiosité monte subtilement, portée par un récit structuré qui dévoile une tragédie sous couvert d’affaires. La fin inattendue, marque durablement. Jean Gabin, impressionnant de maîtrise, incarne un patriarche autoritaire et glaçant, concentrant à lui seul la puissance dramatique du film. Malgré quelques personnages secondaires peu développés et une distribution inégale, Les Grandes Familles séduit par son élégance et sa modernité intacte. Un classique à (re)découvrir, toujours pertinent, entre pouvoir, orgueil et drame humain.
Une peinture cinglante des milieux privilégiés industriaux-financiers-médiatiques. On en voit apparaître les moeurs, toute la ferocité dans les affaires mais aussi quelques codes moraux. Le scénario est parfaitement huilé, bien aidé par les dialogues et le sens de la formule de Michel Audiard, et les rebondissements ont gardé quelque choses de tres actuel. Par contre le final aurait pu dégager plus d'emotion et est un peu expéditif. Jean Gabin est un peu raide dans le role du magnat Schoudler, cela lui permet d'offrir quelques valeurs a son personnage mais ne l'amène pas dans les abîmés de la conscience. Les seconds rôles sont remarquables, Jean Desailly et Pierre Brasseur en tête