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Quentin Germain
10 critiques
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4,0
Publiée le 17 août 2025
À première vue, Les Grandes Familles pourrait sembler être un vestige d’un autre temps. Et pourtant, dès les premières minutes, une tension s’installe, tapie derrière les dialogues élégants et les salons feutrés. Le film nous plonge dans les arcanes d’un pouvoir familial impitoyable, où un simple mot lors d'un repas de famille peut bouleverser des vies. La curiosité monte subtilement, portée par un récit structuré qui dévoile une tragédie sous couvert d’affaires. La fin inattendue, marque durablement. Jean Gabin, impressionnant de maîtrise, incarne un patriarche autoritaire et glaçant, concentrant à lui seul la puissance dramatique du film. Malgré quelques personnages secondaires peu développés et une distribution inégale, Les Grandes Familles séduit par son élégance et sa modernité intacte. Un classique à (re)découvrir, toujours pertinent, entre pouvoir, orgueil et drame humain.
Un drame familial qui aurait sûrement donné aujourd hui une saga sous forme de série. On oscille entre le thriller politico financier, la tragédie familiale mais aussi la comédie acerbe via les dialogues de Michel Audiard et l œil pas très tendre qui est posé sur ces personnages qui vivent dans un entre sois qui les nécrosent. Dommage que la mise en scène ne soit un peu figé et qu il manque à Jean Gabin un côté « aristocrate » qui aurait bien convenu à ce rôle. Mais le portrait de groupe reste très intéressant et prenant, même s il aurait sûrement mérité d être un peu plus développé, l heure et demie s avérant courte pour le sujet.
Ce film de Denys de La Patellière met en scène J. Gabin dans un de ses rôles fétiches si j'ose dire, celui du patriarche. Ici le chef d'une grande famille d'industriels et propriétaires de presse. Encore fringuant mais déjà grisonnant, Gabin campe ce personnage haut en couleurs avec entrain, et plaisir. Il est entouré d'une ribambelle d'acteurs connus, Blier, Brasseur, Desailly et plein d'autres. Toute l'intrigue se déroule au sein du cercle familial, la rivalité des deux frères, le conflit de génération avec son fils, et les autres incidents, pour culminer avec le drame final. A aucun moment, on ne voit d'étrangers, d'ouvriers de l'usine ou des employés du journal. Tout est calfeutré et rien ne sort. Les seules images un peu extérieures sont celles de la Bourse où se déroule le piège, si on peut dire, imaginer par le patriarche contre son fils (Desailly) qui va finalement lui revenir en pleine figure.
Brillamment construit et mis en scène, ce long métrage jouit d'un super casting et de dialogues de qualité (Audiard prouvant son aisance à écrire des dialogues autant dans le milieu populaire que dans les strates aisées visiblement). Beau film.
Les grandes familles - ou les désaccords rencontrés selon la personnalité de chaque membre d’une famille suite au décèsdu patriarche. Il y a quelques longueurs mais c’est sympa de voir comme les mentalités ont changé....ou pas ! Les valeurs comme les accumulations de légions d’honneurs qui n’ont de valeur que pour ceux les portant. Le reste de la population n’etant pas duppe. Gabin bien dans ce rôle. 3/5
Noël Schoudler est le patriarche d'une véritable dynastie, qui a infiltré presque tous les centres névralgiques du pouvoir français. Il est capitaine d'industrie et patron de presse et de banque, fréquente les hautes sphères politiques. Quand ses proches sont dans l'armée ou la médecine. Mais cet homme est surtout autoritaire, dur, et adepte du micro-management. De par son étroitesse d'esprit et son orgueil, il va se heurter à son fils. Un homme plus naïf à bon fond, qui veut moderniser l'empire. Et il affrontera un cousin des plus odieux. "Les Grandes Familles" est un drame de famille, qui se rapproche du thriller politico-financier. Et qui s'avère très moderne dans sa représentation des familles de nantis ultra-connectés aux pouvoirs. C'est bien simple, des ressorts scénaristiques seront réutilisés par des téléfilms & sagas de l'été des décennies plus tard. Tandis que la partie financière ou médiatique pourrait presque être reprise telle quelle aujourd'hui. On regretterait presque que l'ensemble ne dure que 1h30, tant il pourrait s'étirer sur une véritable fresque. En tout cas c'est un plaisir de voir tout ce beau monde interagir, souvent avec férocité : les dialogues piquants de Michel Audiard aidant largement. Impossible de citer tous les comédiens, je me restreindrai à Jean Gabin, impérial en patriarche à la peau dure. Et Pierre Brasseur, délicieusement salace en richissime et vulgaire cousin oisif, haï de sa famille.
On oublie les invraisemblances, comme la peine très dissimulée de Gabin après le suicide de son fils, et les personnages caricaturaux, et on ne retiendra que l’hypnotisme créé par une formidable troupe d’ acteurs , tout le long du film et c’est bien ce qu’on attend du cinéma…Une évasion. Nb: il faudra que l’on m’explique comment les ordres de bourse étaient comptabilisés dans le vacarme ambiants de la corbeille.
Qualité des plans noirs et blancs, voix de grands acteurs audibles, du bon cinéma français agréable à voir. Description noire du capitalisme familial, coup en bourse, ubris patriarcal, drame familial. Situation dans le contexte de l’époque, mais thèmes intemporels qui n’ont pas pris une ride. Pierre Brasseur remarquable dans un rôle d’oisif méchant que l’on croirait emprunté au boboisme actuel. Conventions sociales rigides qui dissimulent l’égoïsme, le cynisme et l’agressivité sociale. Échanges édifiants à propos d’un recours optionnel à l’IVG dont une bourgeoise bigote se fait l’avocate pour l’honneur et l’intérêt de la famille ! Instrumentalisation de la presse et manipulation des journalistes. Tout cela n’est pas obsolète car ces préoccupations de privilégiés ont désormais infusé dans toute la société. Visionnaire.
Une approche idéologique de la grande bourgeoisie et du clergé catholique. Ce drame est très bien joué et les dialogues sont savoureux. Cependant, difficile d'adhérer à la philosophie sous jacente.
Une fresque familiale cruelle et sans états d'âmes de la part des protagonistes d'où dominent Gabin et Pierre Brasseur et qui dépeint bien ses grandes familles bourgeoises de l'industrie prêtent à tout pour sauvegarder leurs intérêts. Bon film dramatique que même le noir&blanc et les années passées ne gâchent en rien!
Toujours autant de plaisir à revoir Jean Gabin et Pierre Brasseur face a face dans cet affrontement entre le diable et le bon dieu ou malgré quelques clichés les dialogues de Michel Audiard nous font jubiler en s'accordant parfaitement sur la puissance et le rythme des acteurs qui semblent s'en donnent à cœur joie. Et cela reste surprenant mais on rit avec ce film, et c'est presque dérangeant tant la brutalité du dénouement reste un peu paradoxale avec ce fond de comédie qui domine le film entre ses dialogues percutants et ses réparties à la Beaumarchais.
Le roman de Maurice Druon, qu'on imagine plus subtil et nuancé, offre à Denys de la Patellière et à Michel Audiard une matière satirique qu'ils tirent vers la caricature, de façon drôle, grâce aux formules d'Audiard qui peut étancher sa soif anti-bourgeoise, mais aussi sur un mode simpliste. Les grandes familles aristocratiques et capitalistes incarnent la France d'en haut, celle des états-majors et de l'Académie, des conseils d'administration et des fils à papa. Le réalisateur et son co-scénariste offrent à la France d'en bas le spectacle des turpitudes d'une classe dépeinte dans sa vanité et son arrogance, sa sénilité, parfois, et sa férocité en affaires. Dans cette alliance qui aussi celle du sabre et du goupillon, dans cette dynastie des Schoudler-de la Monnerie, Noël Schoudler, influent et omnipotent, fait figure de chef. Jean Gabin l'incarne et, peut-être parce que son personnage de capitaine d'industrie est issu de la roture et que ses discours, ses manières, se rapprochent d'un certain populisme, il échappe en partie aux railleries d'Audiard. Certes, la dureté de Schoudler lui vaudra, lorsque que le drame s'immiscera dans la satire, une cruelle leçon et un remords éternel, mais le jeu uniforme de Gabin autant que son statut de vedette le détournent du personnage authentique et, par conséquent, intéressant qu'on aurait souhaité et qu'aurait du être ce potentat de la finance, détestable à beaucoup d'égards. Gabin et son personnage stigmatisent les limites du film: une vugarisation de la "haute", éloquente mais pleine de poncifs.
Sur des dialogues tranchants d’Audiard, une fresque familiale cruelle et cynique dans laquelle un Gabin magistral en chef de clan spécule sur les siens jusqu'à solder les comptes face à un immense Pierre Brasseur. 3,75
Une réussite en tous points : mise en scène, décors, interprètes, dialogues. Un film à voir et revoir tant Gabin s'affirme comme l'un des meilleurs acteurs de cette époque.
un grand film ,des années 50, un grand jean Gabin, avec une pléiade de grands acteurs et actrices, des dialogues de Michel Audiard, du grand cinéma en déplaise aux réalisateurs de la soi-disante nouvelle vague.