Soixante ans après la guerre d'Algérie, il paraît toujours difficile d'évoquer sereinement cette période, et le cinéma, avec une poignée de films, n'a toujours pas digéré les horreurs et les erreurs de ce triste épisode de notre histoire. Lucas Belvaux, en prenant le point de vue d'anciens combattants français, ne fait qu'ajouter de la confusion et peut-être un peu d'émotion. La faute aussi à un manque de moyens techniques, à la faiblesse des effets spéciaux et à la trop grande proximité au texte de Laurent Mauvignier. Les acteurs - mention spéciale à Depardieu - font le maximum pour donner de la crédibilité à un scénario décousu mais se heurtent à tant d'approximations qu'on a pitié d'eux. Au hasard, les coupes de cheveux anachroniques, le laisser-aller des troupes de conscrits, l'absence d'encadrement de la troupe,...
Un film au récit efficace , où certaines scènes ont parfois été éprouvantes, les acteurs étant impeccables et très engagés, mais la mise en scène m'a semblé peut-être trop sage en rapport au scénario. Un film prenant et passionnant mais manquant de rythme.
Une déception à la hauteur de mes espérances : immense. Voir un Depardieu est toujours un moment privilégié. Et les premières minutes ne mentent pas. Mais par la suite, le rythme s'essouffle graduellement, l'ennui fond sur vous comme une lame, et il paraît difficile de se raccrocher à cette histoire pourtant d'un intérêt inouï. Simplement une mauvaise mise en forme, le fond n'étant dépeignant une terrible réalité et un pan méconnu de notre Histoire commune.
Un beau film du Belge Lucas Delvaux qui revient avec pudeur et humanité sur l'affaire bien française de la Guerre d'Algérie, non pardon, des « évènements » d'Algérie, toujours un tabou et bien peu représentée au cinéma. Un film qui montre le traumatisme de ces jeunes dans une guerre non patriotique et qui ne se remettent que très mal des horreurs vécues ou même perpétrées par eux. Murés dans le silence, ils vieillissent mais leurs douleurs, bien tapies, restent vivaces et promptes à se réveiller. L'interprétation est réussie avec un trio de prestige mais aussi de jeunes acteurs pleins de talent, même si Yoann Zimmer (Depardieu jeune) n'est pas totalement convaincant. Le redoutable danger des flash backs permanents est évité et le film se déroule sans cassure de rythme. En revanche j'ai ressenti un manque de profondeur dû au traitement très littéraire du film, adaptation d'un roman de Laurent Mauvignier. Un film qui reste puissant et marquant sur une « sale guerre » qui a marqué une génération et au-delà.
De Lucas Belvaux (2021) Un film puissant sur les ravages de la conscience par la guerre , sur sa déshumanisation et la difficulté voire l'impossibilité de se reconstruire ! C'est puissant, plutôt bien documenté voire un peu trop démonstratif. Très bien joué et porté par le grand acteur qu'est Gérard Depardieu. Autant un plaidoyer sur l'absurdité de la guerre et la négation au travers elle de toute humanité. plus encore que la plaie encore ouverte d'une page de l'histoire de France. Catherine Frot en femme brisée et pudique tout comme Jean-Pierre Darroussin sont aussi formidables.
Un film interessant sur la guerre d'Algérie, sur le traumatisme qu'ont subi ceux qui ont vécu ces "événements", sur les cauchemars inavoués, sur les non-dits, sur le passé
Énormément de bavardages qui font malheureusement que ce film est un supplice à suivre. D'innombrables descriptions orales des scènes en fixant la caméra sur le regard perdu des narrateurs/acteurs. Est ce de la radio ou du cinéma ? C'est la grosse faille de ce film, ne pas avoir su montrer donc le spectateur peut décrocher. 2,4/5
Les désastres physiologiques de la guerre d'Algérie est le fil rouge de ce film. "Des hommes" s'appuie sur une banale histoire de village qui perd en vrille, pour évoquer des impacts d'une sale guerre qui fut dévastatrice... tant au niveau humain que psychologique. Pesant et parfois difficile à suivre, le film ressort la tête de l'eau sur son final
Un drame qui nous replonge dans le conflit algérien et dans les traumatismes qui l'ont suivi. Pas mal fait mais une impression de déjà vu tout de même.
Chez Arthur Rimbaud : …il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir. Il y a une horloge qui ne sonne pas. Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches. Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte…
Au cinéma, il y a
La moustache de Clark Gable et celle de Charlot. Il y a en Bretagne, du côté de Pont Aven, Jean Pierre Marielle qui aime les fesses rondes comme des galettes. Il y a Jean Gabin qui conduit une locomotive en noir et blanc dans un film de Jean Renoir de 1938. Il y a Bérenice Bejo elle aussi en noir et Blanc et Leila Bekhti en couleurs. Il y a Les yeux pétillants de Gérard Philippe sur la poitrine de Gina Lollobrigida. Les frasques et les cascades de Bébel, la voix de Charles Denner dans un film de François Truffaut.
Et puis il y a la petite Manon des Sources , Emmnuelle Béart et son père acharné, tendre et Bossu incarné par Gérard Depardieu.
Dans la peau de l’amant de Miou Miou dans « les valseuses », dans la peau de l’amant de Catherine Deneuve quand est passé « le dernier métro », dans la peau de l’amant de Fanny Ardant, « la femme d’à côté », dans la peau de l’amant de Sophie Marceau en 1911 du côté de Fort Saganne en plein désert… Et puis, délaissant Carole Bouquet, sa femme trop belle pour lui, dans la peau de l’amant de Josiane Balasko, Il y a Gérard Depardieu
Sur une scène, dans le costume de Tartuffe ou dans celui de Boudu. Attablé chez le pâtissier Ragueneau spécialiste des tartelettes amandines et plus tard sous le balcon de Roxane avec Christian ou bien tombant de la lune devant De Guiche, Il y a Gérard Depardieu
Parmi « les hommes », il y a le frère de Solange, il y a le frère de Reine, il y a Gérard Depardieu, et sous les étincelles, les braises d’un « feu-de-bois ».
Bien sûr, je reste attentif et passionné par ce qui concerne la guerre d’Algérie et ceux qui comme moi, ont vécu cette époque vieillissent…je suis parmi les plus jeunes et…………………… C’est un film sur le «lourd silence » qui accompagne la vie de ces appelés d’Algérie et les séquelles secrètes et profondes au fond de chaque être……… J’ai trouvé ce film inégal, plutôt juste sur ce qui retrace, la vie des jeunes soldats en Algérie…. mais franchement « lourd et caricatural » sur les 60 ans plus tard!!! Ne pas oublier que chacun a vécu « sa » guerre d'Algérie
un bon film de L.Belvaux. la narration en aller retour présent/ guerre d Algérie.. donne du rythme au film .la première scène donne le ton de l'atmosphère . haineuse voir violente. ..les voix off de lecture des lettres dont un peu trop nombreuses...
Quand le passé vous poursuit pour la vie et tout ces secrets de famille , cette guerre qui a tellement laissé de traces. Voilà un beau film réalisé par Lucas Belveaux .
Le souvenir de la guerre d'Algérie est redevenu un sujet politique d'actualité entre travail de "mémoire objective" ou repentance d'un coté de la Méditerranée , et instrumentalisation victimaire et apologie sans nuance du Front de Libération qui, malgré une histoire mouvementée de près de 70 ans, reste encore aujourd'hui le pilier du statu quo politique en Algérie.
On s'attendait donc à un récit intelligent et nuancé... Au lieu de quoi, L. Belvaux nous livre une description à la serpe des traumatismes qu'ont pu connaître une génération de conscrits, honteux de leurs actions innommables. Le film passe sans doute à coté de sa cible d'abord en adoptant comme personnage principal un garçon déjà "atteint" avant même de partir en Algérie, ensuite en confiant ce rôle à Monsieur Depardieu qui, mis à part quelques gueulantes, nous livre des contemplations introspectives boursoufflées de suffisance...
Certains des anciens conscrits du film parviennent à "faire avec" leurs souvenirs tus ; ce n'est pas le cas du personnage incarné par Depardieu, mais on ignore presque tout de ce qui lui est advenu entre le milieu des années 1960 et l'âge -autour de 70 ans- où on le trouve au cours du film. Dommage, car ça aurait peut-être aidé à comprendre ce personnage, clé du film...