La Rivière rouge
Note moyenne
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81 critiques spectateurs

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Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 675 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2022
Ce premier western d'Howard Hawks n'est pas sans rappeler La Prisonnière du Désert (1956) de John Ford. John Wayne y interprète un réactionnaire et phallocrate, d’abord jeune éleveur qui part de rien, puis âgé, qui crée le premier grand troupeau de vaches du Texas, qu'il va devoir convoyer pendant un long périple pour les vendre et nourrir le pays.
Chemin faisant il y aura les Indiens, le convoi de pèlerins avec le love interest (Joanne Dru, qui apparait tard dans le film), la mutinerie, car John Wayne devient obsédé et violent, la débandade des animaux qui prennent peur, la traversée de la rivière. Bref toutes les articulations dramatiques sont là, vues avant et après dans de multiples westerns.
Malgré des éléments qui datent le film (d'horribles intertitres, une voix off inutile, une musique permanente et pénible) mais qui sont communs vu la date du film, le film emporte l'adhésion, grâce à la noirceur du personnage de John Wayne, grâce aussi aux personnages de Montgomery Clift, et aux très bonnes scènes avec Joanne Dru, qui oscillent entre modernité et théâtralité. Ces premières scènes avec Joanne Dru sont d'ailleurs un bréviaire pour apprenti dialoguiste: dans le ping-pong une question répond à une question.
Un personnage féminin fort, des personnages masculins torturés (John Wayne et Montgomery Clift) font de ce western une bonne surprise. L'ensemble du casting est plutôt solide, avec les tronches de Walter Brennan (moins pénible ici que dans Rio Bravo), John Ireland ou Noah Beery Jr.
Le film fait un usage important des décors naturels. Préconditions à beaucoup d'éléments dramatiques. Et ils évitent certains éléments de théâtralité.
Nous n'avions une faible hystérésis sur ce western d'Howard Hawks. Erreur corrigée. Il se situe entre ses meilleurs: The Big Sky (1952) et El Dorado (1966).
gotein
gotein

11 abonnés 340 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2021
Un grand western puissant au souffle épique, ou les scènes grandioses se succèdent. Mais ce qui reste passionnant c'est les rapports entre les personnages. John Wayne tout à la fois courageux puis cruel face à un Walter Brennan fidèle en lui même et une Joan Dru magnifique . Mais la vrai sensation du film c'est Montgomery Clift, 26 ans , qui pour son premier film, tout en retenue et en puissance arrive à faire jeu égal voire même par moments à éclipser le grand John Wayne. Certains regretteront peut être une happy end mais on pourra difficilement s'en plaindre tant la tension a été forte pendant la deuxième partie du film.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 décembre 2021
Il faut être patient dans la première partie du film, un long prologue plutôt pesant qui réunit pas mal de poncifs du western : l’image du « héros » imperturbable, Tom Dunson, le baiser d’au revoir à sa dulcinée, la fidélité du vieux Groot, la menace des indiens, le tout sur une musique grandiloquente…Elle n’a que le mérite de poser les personnages et les bases de la suite.
Le film prend son envol dans sa seconde partie, qui commence quinze ans plus tard, et qui réunit les histoires individuelles et l’histoire collective : l’ouverture d’une piste par un gigantesque transfert de bétail qui représente un pas décisif dans l’histoire et l’économie du pays. Au cours de cette grandiose aventure, les failles et faiblesses des différents personnages se font jour, relativisant ainsi les impressions données dans le prologue. Et le film bascule lorsque Matt choisit d’écouter sa conscience, au détriment de sa fidélité et de son amitié pour son père adoptif. La troisième partie du film prend une dimension dramatique et psychologique entre les différents personnages. Cela donne des scènes remarquables comme les face à face entre Tom et Matt, ou la magnifique discussion entre Tom et Tess, le récent grand amour de Matt. Là, dans son premier western, Hawks dynamite (il faut resituer le film à son époque) le genre, en déconstruisant l’image mythique du héros, et en donnant aux femmes l’intelligence et la lucidité qui manquent aux hommes ; et le dernier duel qui oppose habituellement solennellement les deux héros se transforme en une simple bagarre sans vainqueur, si ce n’est le discours raisonnable que cette femme leur tient.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 décembre 2021
Un western long et lent, qui chemine au rythme du troupeau de bovins (dont on a fait peu de cas pour ce tournage) et qui a l'intérêt d'un affrontement psychologique entre John Wayne et son fils adoptif Monty Clift, même si la fin sacrifie au happy end exagéré et féministe comme Hollywood les aimait.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 août 2021
John Wayne se livre dans la tente avec la femme:
je croyais avoir un fils.
Tout est dit. La transmission. Et la trahison donc.
Un superbe western qui mêle les sentiments , la bravoure , le courage et l’amitié.
Une aventure et une épopée grandiose avec toutes ces bêtes.
De très beaux personnages.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 juin 2021
La rèflexion profonde et humaine sur la solitude d'un homme, le meilleur sujet de "Red River", admirable western de Howard Hawks avec les inoubliables John Wayne et Monty Clift! L'histoire de quelques hommes courageux qui remontent le cours d'un fleuve! En jeu, un immense troupeau de boeufs pour un parcours de plusieurs centaines de miles à contre-courant, avec des Indiens et des vautours à l'affût! Une piste longue et extènuante à travers le Texas, Abilene et Dodge City! Aventures, obstacles, dangers, attaques, embuscades...rien ne manque dans cette expèdition ô combien difficile, mais toujours maîtrisèe sur le plan de l'èpure, de la narration et de l'èmotion! Wayne & Clift, mais aussi la piquante Joanne Dru et surtout le vieux Groot qui raconte l'histoire à la première personne, interprètè par le malicieux Walter Brennan! Vous l'aurez compris, "Red River" est un grand western, une très grande oeuvre de Hawks qui maintient son spectateur de la première à la dernière image, avec la magnifique partition musicale de Tiomkin...
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 juillet 2020
Premier western du réalisateur Howard Hawks, déjà connu du public pour avoir offert un hommage aux pionniers de l’aéropostale à travers Seuls les anges ont des ailes, blockbuster de l’année 1939, La Rivière rouge s’inscrit dans la lignée des films du genre où le bétail est au cœur de toutes les intrigues (pensons notamment aux Conquérants de Michael Curtiz, près de 10 ans plus tôt).
Bien que La Rivière rouge ne soit pas la première incursion d’Hawks dans le registre western, ce long-métrage est tout de même considéré comme étant le premier du genre dans sa filmographie. Certes, Howard Hawks a déjà participé à la coréalisation du Banni, avec Howard Hughes, mais la tournure qu’était en train de prendre l’intrigue et le montage lui ont tant déplu que le cinéaste a quitté le projet avant la fin, ce qui a contribué à brouiller définitivement les deux hommes. Mais Hawks eut raison, puisque Le Banni reçu un accueil désastreux et fut descendu par les critiques, notamment par Jean-Louis Rieupeyrout, qui qualifie le long-métrage de « faux western intelligent » dans son ouvrage de référence La grande aventure du western : du Far West à Hollywood, 1894-1963. Cette rancune persista si bien que la sortie en salles de La Rivière rouge fut ralentie par Hughes, qui accusa Hawks d’avoir plagié Le Banni, en vain, puisqu’il suffit de l’intervention de John Wayne en personne pour calmer les ardeurs du premier.
Après le succès du film noir Le Grand Sommeil (1946), réunissant le couple de légendes formé par Humphrey Bogart et Lauren Bacall, Howard Hawks, qui a d’ailleurs permis de faire connaître cette dernière, cherche à profiter de l’intégralité des bénéfices et revenus de son triomphe en s’émancipant des studios pour lesquels il est engagé. C’est ainsi que voit le jour, l’année suivante, en 1947, son propre studio de production, Monterey Productions. Sorti en 1948 mais tourné en 1946, La Rivière rouge est donc le premier long-métrage produit par cette nouvelle entité. Mais les tumultes financiers et environnementaux auxquels le réalisateur doit faire face lors du tournage (explosion du budget et intempéries) le désintéressent de cette expérience individuelle, si bien que ses futures productions naissent, pour la plupart, avec l’appui des grands studios hollywoodiens (la Warner et Paramount notamment).
La Rivière rouge est une libre adaptation du roman Blazing Guns on the Chisholm Trail, de Borden Chase. Hawks, convaincu par les connaissances de l’auteur sur le Grand Ouest américain, décide d’ailleurs de l’engager pour l’écriture de son film, ce que le romancier accepte. C’est le début d’une prestigieuse contribution scénaristique dans le western, puisque Borden Chase est plus tard connu pour l’écriture de fameux films du genre : Winchester 73 (1950), Les Affameurs (1952), Vera Cruz (1954) et Je suis un aventurier (1954). Mais son association avec Hawks se passe mal, l’auteur n’acceptant aucune modification de son texte. Les désaccords entre Hawks et Chase furent si vifs qu’à la sortie du film, le second n’hésite pas à s’attaquer à la conclusion en happy end du premier, bien différente de celle qui figure dans son texte original. En effet, là où Borden Chase fait mourir Dunson, Hawks refuse de voir succomber l’un de ses héros afin que les spectateurs sortent heureux de la salle. Face à ce clivage, le réalisateur décide donc de faire appel à un scénariste débutant, Charles Schnee, dont la suite de la carrière, au même titre que Borden Chase, offrira quelques pépites cinématographiques, dont Convoi de femmes (1951).
Le roman de départ est sur des faits historiques. Pendant la guerre de Sécession, la majorité des cow-boys texans s’étant enrôlée, le bétail négligé et livré à lui-même s’était accru plus que d’ordinaire et était estimé à plus de 5 millions de têtes à la fin du conflit. Les « carpetbaggers » ayant ruiné le pays et s’étant tout approprié, les Sudistes n’avaient plus les moyens de se payer de la viande de bœuf. En revanche, dans le Nord, où les immigrants s’étaient multipliés, on en manquait cruellement. Vers la fin de 1865, un homme nommé Jesse Chilsom partit avec un chariot du Kansas pour se rendre à Fort Worth au Texas, marquant sa route par des monticules de terre, la fameuse « Chilsom trail » du roman de Borden Chase. C’est lui qui apporta dans le même temps aux Texans la nouvelle que le bétail atteignait jusqu’à 50 dollars la tête dans le Nord. La solution était toute trouvée et le récit narrait le destin de deux hommes dont l’importance fut immense pour l’économie et l’histoire de leur pays, ayant ouvert officiellement cette piste pour le bétail après avoir fait franchir la Rivière Rouge à 250 000 têtes en 1866. Pour pouvoir coller le plus étroitement possible à ce récit, il semble évident que Hawks doive sortir des studios pour aller tourner en extérieurs.
Au départ, c’est Gary Cooper qui est pressenti pour incarner le patriarche Dunson, mais la personnalité mégalomane et antipathique du personnage finit par repousser l’acteur soucieux de conserver son image de « bon américain ». John Wayne, alors tenté par la possibilité de diversifier ses rôles et de prouver sa palette de talents, exprime son intérêt et, soutenu par John Ford, obtient le rôle malgré sa crainte de jouer un homme plus âgé que lui. Un défi pourtant réussi, Wayne étant à la hauteur dans la peau de cet éleveur despotique et paranoïaque. La preuve en est : en voyant La Rivière rouge, John Ford, mentor de Wayne, aurait dit à Hawks que jamais il n’avait pensé que le Duke était capable d’autant de complexité dans son jeu.
Le reste de l’équipe est composé de plusieurs seconds rôles que les amateurs de westerns peuvent aisément reconnaitre, dont Walter Brennan, l’éternelle recrue comique de la troupe fordienne qui est ici le pendant humoristique au personnage très dur de John Wayne. L’occasion pour Howard Hawks ne jouer sur le comique de situation qu’il apprécié tant grâce à un gag répétitif tout au long du film. En effet, Brennan se voit obligé de partager son dentier avec un indien tout au long du trajet, celui-ci en ayant gagné la moitié au poker.
En revanche, pour jouer le fils héritier de John Wayne, Hawks recrute un débutant de 25 ans repéré sur la scène de Broadway : Montgomery Clift. En voyant débarquer aux essais cette nouvelle recrue avec sa gueule d'amour, le solide John Wayne ne voyait pas comment le duel entre leur personnage allait être crédible et déclara au réalisateur : « Howard, jamais ça ne va marcher. Jamais ce môme ne pourra se mesurer à moi ! ». Néanmoins, malgré sa retenue dans son tout premier jeu, l’acteur se révèle aux yeux du grand public et lance sa carrière. Dans sa biographie d’Hawks, Todd McCarthy raconte comment le réalisateur, ravi du sérieux avec lequel Clift apprit son métier de cow-boy, lui offrit un vieux chapeau ayant appartenu à Gary Cooper.
On peut d’ailleurs penser que la tension entre John Wayne et Montgomery Clift a probablement servi le film car, comme dans l’intrigue, tout les oppose dans la vraie vie, que ce soit sur le plan politique ou personnel. Il faut dire John Wayne n’appréciait guère l’homosexualité de Montgomery Clift et aurait même tenté de le faire renvoyer. La meilleure scène qui échoit au jeune homme reste un concours de tir entre Matt et Cherry Valance, un pistolero incarné par John Ireland : leurs propos sur la taille et la beauté des armes à feu ont valu à cette séquence de se retrouver en bonne place dans The Celluloid Closet (1995), le documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman sur l’homosexualité à Hollywood.
Enfin, le principal personnage féminin, campé par Joanne Dru, qui arrive tardivement au cours de la seconde moitié du film, ne bénéficie pas d’un long temps de présence à l’écran. On retrouvera toutefois l’actrice dans deux futures réalisations de John Ford : La charge héroïque (1949) et Le convoi des braves (1950).
Rarement le protagoniste principal d’un western, qui plus est interprété par John Wayne réputé pour sa droiture et symbole des valeurs traditionnelles américaines, n’aura été aussi impitoyable, cruel, et dangereux. Déjà, dans la première partie du film, Dunson n’hésite pas une seconde à se séparer de sa compagne, il ne se précipite pas au secours du convoi estimant qu’il est déjà trop tard. Cette décision clairement indigne d’un héros, qui plus est westernien, pose d’emblée le portrait de l’homme qu’on découvrira par la suite, celui d’un cow-boy qui ne fait jamais demi-tour. En effet, le personnage de Tom Dunson, à l’exception de quatorze années toutes entières contenues dans une ellipse au cours de laquelle l’homme bâtit son ranch, est animé par un mouvement qui n’accepte ni l’arrêt, le détour ou le retour en arrière. Souverain et implacable, ce mouvement devient même l’emblème marqué sur le bétail de Dunson, un « D » accompagné de deux vagues symbolisant la « Rivière rouge » que le personnage traverse au début du récit.
Devenu gros propriétaire, son entêtement s’est accentué ("change d’avis une fois dans ta vie" lui demandera Groot). Encore plus amer et résolu, il se croit libre d’établir ses propres règles ("La loi c’est moi") et estime que ses décisions doivent être suivies à la lettre. En bref, il ne doit pas montrer de faiblesse quitte à faire fausse route. Sa mégalomanie le fait presque s’ériger en juge divin : à chaque mort entravant son périple, il demande à se charger personnellement de lire les prières. Plus le temps passe, plus il se renferme et se durcit : il refuse même d’avoir le moindre scrupule et s’arroge les pleins pouvoirs de vie et de mort sur ses hommes. Après des journées harassantes, il n’a même pas un mot de félicitation ou de remerciement pour ses hommes, estimant qu’ils ont simplement fait leur boulot.
Divisé en deux temps, le film montre même, dans sa structuration narrative, l’influence de ce mouvement inarrêtable opéré par Dunson : une partie où le convoi avance grâce à la force de sa détermination, et une autre où le groupe, usé et fatigué de l’intransigeance de son maître, s’en débarrasse et continue son chemin avec la peur que le chef déchu ne les rattrape. De fait, même mis sur la touche, le personnage principal n’en demeure pas moins le moteur de l’avancée du récit.
Mais face à ce portrait peu reluisant, on peut aussi se demander si cette force de caractère n’a pas justement permis aux hommes du convoi d’avancer coûte que coûte, et de réaliser un exploit qui n’aurait peut-être pas pu avoir lieu avec un leader faible et hésitant.
Mais si La Rivière rouge est devenu un modèle du western aux yeux de nombreux afficionados, force est de souligner certaines fautes techniques et scénaristiques qui sapent sérieusement l’intention de réalisme presque documentaire.
D’abord, le caractère risible de certains plans montre à quel point nous sommes quand même loin de la maitrise fordienne. Pensons par exemple à la scène d’attaque des Indiens, où la contre-offensive menée par Matthew, successeur de Dunson, ne cache pas un étonnant contraste par rapport aux scènes tournées en extérieur. En effet, la chevauchée des cow-boys pour aller aider le convoi attaqué par les Indiens est, de toute évidence, tournée en studio, comme le montrent quatre plans successifs filmés de biais faisant voir les héros visiblement perchés sur de vulgaires chevaux de bois et se trémoussant pour faire croire à une quelconque cavalcade. Il en va de même pour le départ du convoi donné par des cris d’allégresse poussés par tous les membres de l’expédition, ces cris ayant visiblement été enregistrés dans un studio de quelques mètres carrés, l’écho étant épouvantable et anti-réaliste au possible. Ne parlons même pas des plans serrés sur les visages exaltés des cow-boys qui rappelleraient presque le cinéma soviétique.
Enfin, la plus grosse absurdité scénaristique du film reste sa conclusion, d’ailleurs peu appréciée par l’équipe du film et par l’auteur du roman original, mais voulue par Hawks. L’essentiel de l’intrigue est centré sur les rapports difficiles entre le père et son fils, qui se transforment en un putsch venant du second et une traque sans répit de la part du premier. Leurs relations au départ basées sur l’admiration et la fascination tournent finalement à l’agressivité, à la rébellion, et même au désir de meurtre. Dans cette perspective, l’épilogue en happy end où le père et le fils tombent presque dans les bras l’un de l’autre est très décevante. Cerise sur le gâteau : Tess Millay, jouée par Joanne Dru, qui arrive par quelques mots à apaiser cette tension destructrice en prenant le ton d’une mère qui sermonne ses enfants. Pathétique. A propos de l’actrice, bien qu’elle apparaisse tardivement, son jeu est loin d’être convaincant, en témoigne cette scène où elle se prend une flèche dans l’épaule avec un calme déconcertant. On serait presque tenté de penser que la douleur d’une flèche plantée dans le corps est la même que celle d’une piqure de moustique.
Entreprise démesurée (dans la fiction, plusieurs milliers de bovins font la route, sur le tournage, il y en avait plus de 1 000), comme le sera celle du second western d’Hawks, La Captive aux yeux clairs (1952), cette production de grande ampleur aura finalement coûté 3 millions de dollars, finalement rentabilisé par des recettes encore plus importantes (4,5 millions de dollars).
Histoire d’un conflit de générations, La Rivière rouge (que l’on compare souvent pour son thème aux Révoltés du Bounty) est aussi un western magnifiquement élégiaque qui prend son temps à accompagner la progression de l’énorme troupeau à travers des territoires encore presque vierges. Pour autant, ce long-métrage est loin d’être empreint d’idéalisme, ses moteurs étant l’appât du gain, la vengeance et le désir.
La Rivière Rouge est l’un des premiers westerns qui introduit une bonne dose de psychologie dans une odyssée personnelle pleine de dangers et de tensions. Plus tard, Howard Hawks réalisera deux grands westerns, La Captive aux yeux clairs et Rio Bravo, qui reprend en partie le conflit générationnel au cœur de La Rivière rouge, réussissant ainsi à entrer dans le cercle fermé des cinéastes les plus emblématiques du genre, lui qui a tant admiré John Ford. Mais pour l’instant, l’année 1948 ne voit pas encore en Howard Hawks ce statut prestigieux. Malgré un bon départ, La Rivière rouge manque de rythme et de réalisme, pour se conclure dans un épilogue consternant et absurde. Dommage, car les performances du principal trio d’acteurs sont à la hauteur.
Cyril G
Cyril G

3 abonnés 36 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2020
un classique du genre... peut etre un peu trop classique justement... la rivalité grandissante de john Wayne et de montgomery clift porte le film qui demeure marqué néanmoins par trop de longueurs.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2018
Un très gros Howard Hawks, à la fois rand western épopée lyrique sur le transport d'un troupeau de bétail, très réaliste, très cow boy, mais aussi une belle fable humaniste sur l'opposition d'un père et de son fils. Il y a du fonds , de la force , John Wayne est excellent, on y croit .Un film fort .
BigDino
BigDino

9 abonnés 473 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2018
Howard Hawks signe ici un western grand spectacle de qualité. Pour l'époque on a ainsi droit à des scènes très impressionnantes de chevauchées et de convoyage du bétail. Si on peut regretter une fin aseptisée, c'est la vision de Hawks qui est de divertir avant tout et donc la fin se devait de ne pas être sombre, cependant on appréciera néanmoins ce héros campé par John Wayne qui devient peu à peu tyrannique dans l'exercice du pouvoir, créant ainsi une analyse de la mécanique du groupe particulièrement réussie donnant la part belle au débutant Montgomery Clift.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2018
Dans les années 1850, le cowboy Tom Dunson franchit la rivière rouge pour aller au Texas élever du bétail et y faire fortune. Il recueille un orphelin.
Quatorze années ont passé. Dunson a constitué un immense cheptel. Mais la Guerre de Sécession a désorganisé le marché. Pour vendre ses bêtes un bon prix, Dunson doit emmener son cheptel dans le Missouri à près de deux mille kilomètres. Mais son caractère autoritaire suscite l'hostilité croissante de ses hommes.

"La Rivière rouge ressort" aux Écoles 21 (le nouveau nom du Desperado). C'est un western mythique, le premier tourné par Howard Hawkes - qui réalisa ensuite "La Captive aux yeux clairs", "Rio Bravo" et "El Dorado". C'est son premier film tourné avec John Wayne et la première apparition de Montgomery Clift, une jeune révélation promise à un brillant avenir.

Mais, si l'on fait abstraction de la place qu'il occupe dans l'histoire du genre, "La Rivière rouge" ne mérite guère qu'on s'y arrête. Sans doute pour l'époque, son tournage en décors naturels a-t-il frappé les esprits - même si son noir et blanc en limite la majesté. On voit, dans des scènes quasi-documentaires, le troupeau franchir à gué une rivière tumultueuse ou se débander sous l'effet de la panique.

Autre scène qui a retenu l'attention des scénaristes de "The Celluloid Closet" (1995), un documentaire exceptionnel qui faisait l'histoire de l'homosexualité vue par le cinéma hollywoodien : celle où deux cow-boys comparent amoureusement la longueur de leur pistolet et la précision de leurs tirs.

Hélas, le film s'étire interminablement durant cent vingt-deux trop longues minutes. À l'issue de ce périple interminable, la caravane atteint enfin sa destination. On attend un dénouement épique, un duel au soleil façon "Le Train sifflera trois fois". Bernique ! Le combat final se conclut en eau de boudin, trahissant le roman de Borden Chase dont "La Rivière rouge" est l'adaptation.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2018
La Rivière Rouge est le premier western d’Howard Hawks. C’est dans des conditions difficiles de tournage en Arizona et au Mexique liées aux intempéries, que les troupeaux de deux hommes vont devoir s’unir pour former un empire du bétail suite à une attaque indienne. Conflits de générations proches du père-fils, c’est John Wayne la légende des années quarante qui va donner la réplique à Montgomery Clift star montante d’Hollywood. Howard Hawks filme les hommes et les bêtes avec passion, négligeant cependant parfois les arrières plans.
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823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2017
1er western de H. Hawks qui souhaitait offrir au genre un film adulte (affirmation un brin fausse puisque le genre comptait déjà une poignée de films denses, complexes et riches). Il offre donc à J. Wayne un rôle radicalement différent de ses habitudes, son scénario lorgne ouvertement du côté de la révolte du Bounty et il révèle surtout un M. Clift déjà impressionnant, charismatique et intense. Le film en lui-même, bien que très long, est plaisant à suivre, toujours bien découpé et éclairé, avec quelques fulgurances dans les scènes d'action (comme la fameuse scène de stampede ou bien l'attaque des Indiens). Les acteurs sont excellents, le scénario est bien écrit, regorgeant de répliques qui claquent et de personnages assez riches, les péripéties sont bien vu et quêtent un certain réalisme presque documentaire, c'est un vrai classique du genre par un de ses futurs maître. Du bon cinéma. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2017
Première incursion d'Howard Hawks dans le western et probablement un de ses plus grands films. John Wayne trouve là un rôle plus profond que ce qu'il avait joué par le passé pour un personnage sévère mais aimant. Hawks laisse un double point de vue à son spectateur qui assiste à son malheur en introduction comprenant de suite son endurcissement mais présente son assurance de façon à ce qu'on reconnaisse en lui une figure patriarche. Misant son intrigue sur un groupe de vachers lors de l'expansion du Far-West, toutes les relations du film sont basées sur la confiance et l'expertise, les personnages rencontrés sont variés, viennent de tous les milieux et le groupe n'en est que plus intéressant quand il doit affronter les difficultés sur son chemin pour amener le bétail à destination. Braquant sa caméra sur les vastes plaines du Texas, Hawks signe une retranscription bluffante du passage du troupeau sur le territoire américain mais se concentre avant toute chose sur l'amitié conflictuelle de son duo de tête dont fait partie la révélation Montgomery Clift prouvant déjà l'époque son talent indéniable. Tout cela se boucle sur une dernière scène inattendue et changeant la manière traditionnelle de finir les western du genre. Une traversée passionnante.
peter W.
peter W.

56 abonnés 1 137 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2017
Le road movie du vrai cow boy avec un John Wayne à la marche ou crève et un Montgomery Clift à bon école. Ce dernier se paye même le luxe pour un de ces premiers films un peu de cabotinage. Certainement un grand film mais avec des longueurs et un scénario pas tout à fait abouti.
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