Pleasure
Note moyenne
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114 critiques spectateurs

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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2022
« Hardcore » et « 8MM » laissaient entrevoir la misère du milieu pornographique, tandis que « Larry Flynt » et « Boogie Nights » capitalisaient sur les nuances de l’industrie. Et finalement, elle a muté et s’est adaptée à l’arrivée d’Internet, dont on aura déjà pu voir toutes sortes de dérives dans « Don Jon ». Tout passe ainsi dans le regard que l’on porte, malgré un sujet qui peut dérouter, voire rebuter. Ninja Thyberg revient ainsi sur un court du même nom, qu’elle a réalisé huit ans plus tôt, où elle aborde la sexualité avec documentation rigoureuse. Son esprit militant anti-pornographique de sa jeunesse s’est ainsi transformé en une forme plus solennelle, afin qu’elle puisse combattre l’image par l’image. Son approche cinématographique est exemplaire, si bien qu’on ne peut s’armer de jugement au visionnage.

Il s’agit d’ailleurs de la raison pour laquelle elle a longtemps recherché sa Bella Cherry, qu’elle accompagnerait jusqu’au tréfonds du Panthéon. L’angle du message n’est donc pas dans la caractérisation du personnage, avant qu’elle ne quitte sa Suède natale pour une cité de Los Angeles très lumineuse. Pourtant, Linnéa (Sofia Kappel) est loin de rouler sur la fortune au même titre que ses colocataires rivales, qui piétinent sur les mêmes pensées de réussites. Inutiles de nous présenter de quoi il retourne, le tout est d’amener l’authenticité à l’écran tout en gardant un œil sur les coulisses, qui en disent long sur le traitement des femmes, présumées victimes de circonstance dans un milieu patriarcal, raciste et plus encore. La violence morale et physique ne sont que des vecteurs que les producteurs entretiennent sur les ouvrières du sexe. Et c’est une réalité qui ne manque pas d’être soignée. Les motivations de toutes les athlètes que nous rencontrerons passent ainsi par le choix de la conscience, au détour d’un consentement forcé, afin de percer dans un monde qui privilégie les performances et une visibilité impeccable, au détriment de l’humanité.

Oui, Bella est comme une fleur fragile et naïve, mais son destin est de le contester. Cependant, il lui faudra plus qu’un simple miroir, afin qu’elle accepte les conditions des tournages ou les diverses formes de violences, conçues dans une fiction qui peut camoufler des abus. Comme dans toute industrie hollywoodienne ou une branche quelconque, il est possible de s’identifier au sacrifice de Bella, ne serait-ce que pour se donner une chance d’évoluer et de trouver cette zone si confortable, qu’on ne se plaindrait plus de rien. Et la réalisatrice suédoise met alors le doigt sur cette envie de liberté, qui entre parfois en contradiction avec nos valeurs personnelles. C’est ce que l’on ressent et c’est ce qui justifie sa mise en scène, jamais voyeuriste et toujours au service d’un discours méthodique, en distinguant la femme de l’objet de tous les désirs.

C’est donc entre les paillettes et la folie préconçue que « Pleasure » devient un outil pédagogique pertinent. Si Thyberg tente l’expérience empirique pour plaider la cause de son héroïne, elle ne manque pas d’y injecter de la tendresse, même dans une performance des plus délicates ou en usant du silence pour ponctuer la scène d’ouverture d’un ridicule assumé. Le portrait d’un milieu tabou déborde ainsi de sa juridiction pour insister sur l’universalité du cynisme au travail, celui qui blesse, celui qui brutalise et celui qui musèle même les plus habiles dans un système, dont on connaît que trop bien ses articulations. La cinéaste nous invite ainsi à discuter et prendre du recul sur un phénomène culturel malsain et misogyne, chose que de nombreuses Bella sont les premières à ne pas ignorer.
ÉléonoreMadison
ÉléonoreMadison

79 abonnés 163 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2022
Film qui fait voir une partie du décor de l'univers porno. Bella est naïve, rêve de gloire et célébrité pensant que ce milieu est facile, elle va vite déchanter en se rendant compte que tout est malsain dans cette industrie spoiler: (la femme n'est qu'un objet à humilier pour ces hommes) et elle se perdra elle-même en réalisant que le bonheur n'est absolument pas là où elle le pensait.
Guillaume
Guillaume

155 abonnés 1 753 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2022
Jamais outrancier, souvent cynique, parfois brutal : oui, "Pleasure" nous plonge dans cet univers, où la réalité est rarement celle fantasmée.
L'argent et le pouvoir restent rois ; celui ou celle qui ne respecte pas les règles prend ce risque de s'en bannir.
Froid et chirurgical, troublant.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 4 mai 2022
L'ultra gauche a encore frappé dans ce film.
Je croyais que le film dénonçait l'industrie du porno mais en faire non.
Et puis comme par hasard, les méchants acteurs pornos sont blancs et les gentils respectueux sont de la diversité. Un film qui plaira beaucoup aux cheveux bleus et aux hommes soja.
C'est dommage parce que je pensais qu'on se dirigeait plus vers un film à la "The Deuce" qui était une excellente série traitant du sujet, mais en faite non. On est plus dans un délire de bobo neofeministe
Spider cineman
Spider cineman

213 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 avril 2022
Ascension d une actrice qui plonge dans le film porno. Donne pour +18, on va dire que ça reste en dehors de quelques scènes un film qui ne film pas les scènes mais ce qui les entourent, le contexte, tous ceux qui profitent. L actrice est assez crédible, ce qui constitue une performance. Le scénario est assez convenu tout, le film repose beaucoup sur l actrice principale particulièrement performante et crédible dans un rôle pas simple.
Alasky

454 abonnés 4 547 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2022
Film quasi documentaire, tant il est bien joué. Un film cru, authentique dans son récit. Les scènes de sexe choc s'enchaînent, laissant voir le décor côté coulisses du cinéma porno actuel, les dessous peu reluisants, machistes et bien souvent très dénigrants de cette industrie. Un film à ne pas mettre entre toutes les mains, perso j'ai beaucoup aimé cette immersion où s'entremêlent habilement male gaze et female gaze.
Nicolas N.
Nicolas N.

54 abonnés 960 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 avril 2022
J'ai vraiment trouvé ce film pas terrible du tout... Aucune vraies histoires que du sexe sexe sexe , on est limite dégoûté du monde du sexe et du porno après ça. L'image de la femme n'en parlons même pas, je comprends pas son libre accès sur plateforme.
Seb M
Seb M

1 abonné 31 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2022
Pour ce qui est de la véracité de l'ambiance dans le monde du porno, il faudrait en faire partie.

Par contre, pour ce qui est de l'expérience du spectateur, le film est à la fois intriguant, fascinant et repoussant.

Le vulgaire y côtoie le sordide créant un monde évoluant dans un univers où l'argent est là mais l'humanité disparait.
Il est difficile d'apprécier ce film repoussoir et choquant mais l'aliénation volontaire de la starlette est fascinante.
eldarkstone

305 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2022
Une immersion humaine, d'un monde que trop peu connaissent vraiment de l'intérieur, ce film est assez réussi et nous montre le Porno du côté de celle qui le vive vraiment aux USA ! Assez poignant, intéressant et virulent !
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 avril 2022
Il est très difficile de bien représenter l’industrie pornographique au cinéma tant sont facilement actionnables les deux leviers de l’indécence, à savoir d’une part la morale manichéenne et d’autre part la complaisance dans les dégradations faites aux acteurs et surtout aux actrices. Paul Thomas Anderson y parvenait avec brio dans son Boogie Nights parce qu’il conjurait ces deux tentations au profit d’un point de vue doublé d’un soin porté à la peinture d’une époque, c’est-à-dire d’une réflexion sur l’Histoire.

Il n’en est rien ici, et Pleasure alterne les dialogues pompeux sur la libération de la femme et le contrôle du désir masculin permis par le porno avec une réalisation volontiers trash qui se repaît de la plastique de ses actrices et de verges en érection, suivant l’idée selon laquelle nous assisterions aux coulisses d’un spectacle au demeurant peu attractif dont l’unique intérêt serait réaliste. Il faut faire vrai, donner l’impression que la réalité est dévoilée dans sa crudité fondamentale, alors que tout est « mise en scène » et que de mise en scène il n’est question que par échanges interposés entre deux gifles ou autres plaisirs contractuels, scènes pertinentes.

Nous aurions aimé un questionnement plus grand sur l’image et sa construction, sur le consentement et la transformation d’une personne en personnage ; en lieu et place, nous suivons la pauvre Suédoise dans une prise de pouvoir qui n’atteste, en somme, que le triomphe d’un microcosme masculin sur des femmes réduites à des corps-objets. Qu’elle est loin la transgression esthétique d’un The Neon Demon (Nicolas Winding Refn, 2016) qui infuse mal ici par l’héroïne prête à tout et son récit d’apprentissage sur fond de rivalité entre femmes. Reste une immersion éprouvante dans une industrie qui attire à elle des individus soucieux de devenir et qui assistent à la conversion de leur rêve de gloire en cauchemar.
Objectivons

404 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 avril 2022
Ce qui m'a plus dérangé que de voir de la nudité (j'en vois chaque matin avant de m'habiller, chaque soir en me déshabillant, idem pour ma compagne), c'est ce qu'endure le personnage principal : il est très facile d'imaginer que c'est ce que beaucoup d'actrices et d'acteurs porno vivent. C'est cette réalité qui est choquante et qui fait de cette réalisation presque un documentaire.
Même si ce n'est pas le genre de film que je suis habitué à voir, je lui accorde 3/5 car c'est plutôt bien joué et parce qu'il s'agit d'un sujet difficile à traiter.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 422 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 avril 2022
Glauque et malsain, le film veut révéler la toxicité de l'industrie pornographique. Mais attendu qu'il ne révèle pas les motivations psychologiques profondes de Bella, il ne dépasse pas le simple documentaire. On voit de vrais hardeurs jouer les beaux rôles de "professionnels". Rien ne nous est épargné : lavements, risques de mycoses, masturbations, BDSM, viols simulés, fellations sur sextoys, La contradiction de Bella la Suédoise qui veut être la meilleure est incompréhensible : traumatisée par une scène, elle en redemande et nous laisse perplexe. La fin nous fera peut-être croire qu'elle arrêtera de louvoyer?
Immoral! Non plutôt écervelée sans conscience!
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2022
Renfermée et sûre d’elle, Linnéa est une Suédoise de 19 ans qui débarque à Los Angeles avec l’espoir de devenir une star du X. Mais en voulant se diriger vers des pratiques de plus en plus difficiles pour se faire repérer, elle va être confrontées aux tenants de ses choix… S’il s’agit du remake d’un court métrage de 2013 de la même réalisatrice, on sent que celle-ci s’est entre-temps énormément documentée sur l’industrie pornographique américaine. Car son film montre l’envers des tournages, détails pratiques à l’appui. Mais aussi la participation d’un grand nombre d’artisans de l’industrie (acteurs, réalisateurs, agents…) dont plusieurs incarnent leur propre rôle, ou de références explicites à des acteurs ou studios réels. A tel point qu’entre ceci et le côté assez froid de sa protagoniste, « Pleasure » fait parfois figure de documentaire sur le milieu ! Le film ne se résume toutefois pas à un enfilement de détails, et affiche une vraie proposition cinématographique. Dans le fond d’abord. Il y a beaucoup de facette par lesquelles on peut analyser l’industrie du X, et Ninja Thyberg a choisi celle du consentement des actrices, qui est une réelle épreuve psychologique et physique. Si le film évite le manichéisme grâce à son aspect documentaire, la réalisatrice critique pour le coup la manière dont le consentement est géré (ou pas). Allant du porno « éthique » où l’actrice est mise dans une sécurité relative, aux productions à la truelle où le réalisateur fait mine d’être à l’écoute tout en rappelant la pression financière et logistique, en passant par le porno « élégant », tout le monde en prend plus ou moins pour son grade. Avec des séquences parfois violentes, ou un brin d’humour absurde cocasse. Sur la forme, « Pleasure » est plutôt audacieux dans sa gestion des scènes de sexe. Jamais complaisant ni voyeur, il n’est pas non plus hypocrite, montrant ce qui n’a pas de raison d’être caché. Ainsi, Ninja Thyberg ne laisse apparaître aucune pénétration, mais cadre au plus large pour que notre œil fasse le raccourci sans aucun effort. Les verges dressées de ces messieurs ne sont pas non plus masquées, loin de là, chose rare au cinéma. Vous l’aurez compris, « Pleasure » n’est pas le genre d’œuvre à regarder en famille (mais en doutait-on au vu du sujet ?). Sachant que tout ceci n’a rien de gratuit, permettant de renforcer le choc psychologique pour la protagoniste (et le spectateur prude ?). Celle-ci est incarnée par Sofia Kappel, débutante dans le cinéma qui semble se donner corps et âme dans ce rôle âpre. Tandis que la mise en scène évolue souvent en milieu fermé, avec très peu de plans larges. Et l’éclairage et les filtres exacerbent les couleurs fluo et pastel, donnant un aspect « pop » à l’image. Eléments qui traduisent le fait que notre héroïne voit l’industrie comme glamour, sans se rendre compte qu’il s’agit d’artifices ? Si certains seront rebutés par son aspect froid ou ses scènes de sexe ultra-explicites, « Pleasure » demeure donc néanmoins un parti pris intéressant et recherché sur une industrie souvent grossièrement pointée de doigt ou moquée.
titigad
titigad

28 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juin 2023
Film retranscrivant assez bien le parcours débutant d’une aspirante actrice porno.
La jeune comédienne crève l’écran.
Film parfois dérangeant.
emma emma
emma emma

47 abonnés 58 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2021
Je ne m'attendais pas à un film aussi trash, je ne savais pas qu'hormis la comédienne principale, tous les autres étaient des acteurs X, et qu'il y aurait autant d'échanges de fluides... Bref, j'y suis allée un matin à 9h, et ce fut un peu rude juste après le petit déj... Passé ces petits désagréments, le film est super bien foutu. J'ai ressenti tout du long un mélange de compassion, de tristesse et d'empathie avec cette pauvre gamine perdue qui appelle sa maman, restée en Suède, quand la vie et le boulot deviennent trop dégueulasses. La réalisatrice arrive sacrément bien à nous mettre du côté de son personnage, et c'est sidérant de constater à quel point j'ai eu envie qu'elle réussisse, qu'elle écrase toutes les autres (ses copines comme ses rivales), alors qu'à priori, on a juste envie de lui crier : "Mais pourquoi tu t'infliges ça???? Rentre chez toi en Suède!!!" Il est intéressant de noter que le tournage le plus sécurisé de cette débutante dans le X, est justement le tournage censé être le plus gore (bondage sado-maso) et qu'il est justement tourné par une femme, avec une équipe féminine. Au final, un bon film, très cru (on est très très loin de Boogie Nights) et une actrice qu'on aimerait revoir dans un registre plus classique.
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