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Pascal P
1 abonné
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0,5
Publiée le 22 avril 2021
Mais c'est quoi ce film où les flics sont plus racailles que les racailles. C'est quoi cette image de la Police ? Hyper mal joué et cesarisé. On est tombé bien bas.
Les misérables est un film sur la jeunesse dont les thèmes sont devenus des classiques du cinéma et de la société française depuis la Haine il y a longtemps déjà. C est un beau film, non manichéen et au ton juste. En revanche, il n apporte pas grand chose de neuf si ce n est de réajuster l icônographie cinematographique du genre aux années 2020. Non non rien n a changé, mais qui en doutait ?
Un film qui permet de tester ses capacités d'apnée, le spectateur étant mis sous pression d'entrée pour ne plus rien relâcher jusqu'à un final étouffant. Solide!
Ce film est une petite pépite. L'histoire nous permet de suivre un policier intégrant la BAC dans le 93 au milieu des quartiers où se mêlent différentes bandes souvent opposées. Tout bascule lors d'une bavure de leur part sur une sortie, bavure filmé alors par un drone... Ce film est puissant, très réaliste, à la limite du documentaire sur la vie dans les quartiers si difficile de la banlieue parisienne. Un film pour faire réagir et vite. Bref : un film sur les conditions de vie misérables de nos banlieues... et sur la détresse des jeunes.
Des films sur la banlieue, on en a vu passer des porte-containers entiers : des sérieux, des rigolards, des criminels, des militants mais quand l’idée est d’en parler avec gravité, survient souvent un moment où la mystification apparaît, où le voile se déchire et où on comprend que les Barres de la Courneuve ou de Montfermeil ont été une fois de plus observées à travers les fenêtres d’un bel immeuble de rapport parisien, dans lequel ça discute sociologie des quartiers entre intellectuels de bonne compagnie. Du coup, on ne parvient plus à ignorer le regard souvent complaisant, dans un sens ou dans l’autre, ou carrément à côté de la plaque, dont ces projets, pourtant engagés avec de bonnes intentions, sont généralement affligés. Ce ne sera pas le cas avec ‘Les Misérables’ : le réalisateur, enfant du crû, embarque de force le public dans une expédition furieuse dans ces “territoires perdus de la République”, où on croise des gamins qui zonent en réfléchissant aux conneries qu’ils pourraient faire pour tromper leur ennui, des filles qui survivent en gueulant plus fort que leurs Grands Frères, des flics qui font leur taf en pratiquant une variante moderne de la “décimation”, pour bien imposer l’idée qu’un contrôle musclé et injustifié peut tomber sur n’importe qui, des familles qui ne peuvent pas ou ne veulent pas parler français (ni même parler tout court à ceux qui incarnent l’état d’une façon ou d’une autre) sans oublier les petits truands et les islamistes chargés de “tenir” l’endroit, en échange de quoi la municipalité et la police ferment les yeux sur leurs trafics et leur prosélytisme. On a eu beau jeu, à Droite et aussi un peu plus à Droite, de chercher des poux à Ladj Ly sur son passif judiciaire car sur le fond, ‘Les misérables’ est carrément inattaquable tant il se tient à distance de toute vision manichéenne. Les flics, même ceux dont le comportement est ouvertement répréhensible, sont avant tout des êtres humains, avec leurs emmerdes, leur ressenti, ce qu’ils croient être la bonne méthode pour maintenir un semblant de contrôle dans les cités, et Ladj Ly n’a pas besoin d’appuyer le moindre discours socio-cu pour témoigner de la décomposition de l’autorité et même des bases de la vie en société dans ces zones où les pouvoirs publics ont abdiqué toute volonté d’agir, permettant le retour d’une organisation clanique qui ne profite qu’aux plus forts. Là où il aurait été si facile de se couler dans un point de vue radical et de flatter une frange des spectateurs (“Ordre républicain vs Sauvages”, ou bien “Fascistes en uniforme vs Victimes”), Ladj Ly montre surtout que les relations entre police et population des quartiers ne sont jamais ni claires, ni simples entre méfiance justifiée de part et d’autre, mais aussi respect, voire sympathie occasionnelle, et petits arrangements pour maintenir les lignes de front en l’état. C’est une journée ordinaire pour ces trois flics, qui va pourtant se transformer en piège mortel au sein d’un climat insurrectionnel, parce qu’un tir est parti, parce que craquer sous la pression est humain, parce que ne pas vouloir assumer ses responsabilités est tout aussi tristement humain, et parce que vu de l’autre côté, c’était sans doute l’acte et la réaction de trop, et qu’elle ne peut être reçue que comme une déclaration de guerre. Il y a vingt cinq ans, un autre trio voyait son quotidien virer à la descente aux enfers : le lien ne peut que couler de source, et ‘Les Misérables’, s’imposer comme le regard le plus juste, le plus féroce et le plus honnête posé sur la Banlieue depuis ‘La haine’.
Pour réaliser un chef d'œuvre du cinéma français, prenez un scénario original traitant d'une triste réalité en France,ajoutez d'excellents acteurs taillés pour leur rôles, laissez mijoter tout ça dans un réalisme absolu sans clichés, etc . Saupoudrez de très bons dialogues avec une BO plutôt satisfaisante. Et vous obtiendrez la recette parfaite de Ladj Ly, film très réussi, qui reflète plutôt bien ce qu'il peut se passer en France de plus sans prendre forcément parti , c'est très fort ..
Un film qui illustre la vie des quartiers difficiles. Avec des Policiers habitués à jouer les cowboys jusqu'à ce qu'un nouveau collègue tente une nouvelle approche avec les jeunes de la cité. Un film très bien réalisé.
25 ans après La Haine, accrochez pour un nouveau départ qui va vous scotcher au canapé dans l’univers impitoyable du film de banlieue. Plongée hypnotique et sous tension dans la vie quotidienne de la jeunesse sans future de Montfermeil, visuellement c’est parfait, presque un bon documentaire de TMC. Récompensé par 4 Césars 2020 amplement mérités.
Un film qui séduit autant qu'il divise. Les Misérables intègre ainsi la longue liste des oeuvres à message. Ladj Ly nous plonge dans la morosité des banlieues, où la caméra donne de l'authenticité et de la sincérité. On suit le quotidien de 3 policiers, aux méthodes limites douteuses, où ils n'ont que faire de la déontologie de la police. On pourrait presque croire que celle-ci est aussi pourrie que la racaille. Quelques scènes sont frappantes par leur violence et leur propos, dégageant un réalisme dérangeant. Ladj Ly sait mettre en place des situations qui montent en tension, et renforce son histoire. Le petit problème c'est qu'à force de trop en faire, cela donne parfois place à des scènes quasi risibles, notamment celle du Kebab, qui selon moi, casse une certaine crédibilité. Je dois saluer le travail fournit par l'équipe de production, et les acteurs qui jouent tous très bien leur rôle, mais je reste dubitatif sur le réel message que le film doit transmettre. La Haine se montrait plus explicite. En revanche Les Misérables se termine sur un final qui laisse sans voix et reflète bien parfois une triste réalité. Pour moi ni bon ni mauvais, mais à voir au moins une fois, car ça reste un film intéressant à analyser.
On entre doucement dans le film, le temps de s’imprégner de l’atmosphère, des protagonistes, des liens qu’ils ont entre eux. Stéphane (Damien Bonnard) vient d’intégrer la BAC de Montfermeil. Son équipe se compose de Chris (Alexis Manenti, parfait en brute détestable et antipathique) et Gwada (Djebril Didier Zonga, très crédible aussi, plus sur la réserve). Un jour, une de leurs missions tourne mal. Le film est un choc car très crédible, très vrai malheureusement. La situation semble inextricable de tous les côtés. Il n’y a pas de vrai jugement sur les protagonistes, plus sur la société en général, les gouvernements successifs en particulier. La scène finale, accompagnée de la phrase de Victor Hugo donnent à réfléchir et sont marquantes.
Ladj Ly, pour son premier long-métrage de fiction, livre un film cru et réaliste mais qui pourtant ne renie pas les règles de la narration (sauf pour son final, quelque peu perturbant et frustrant). Nuancé, il parvient à dépeindre la banlieue sans sombrer dans la caricature.
Après le succès rencontré par le court métrage éponyme, Ladj Ly passe au grand format avec succès. Nous suivons le premier jour de Stéphane au sein de la BAC de jour à Montfermeil, il rejoint l'équipe de Chris et Gwada mais une intervention va déraper et entraîner une réaction en chaîne destructrice. Qui de mieux placé qu'un jeune issu des quartiers pour raconter le quotidien , la galère et les rapports tendus avec les représentants de l'Etat ? Ladj Ly réalise un film coup de poing et ne sombre pas dans la critique partisane anti-police, tous ses personnages sont tour à tour attachants et détestables. La mise en scène sobre et puissante distille une tension qui ne cesse de monter jusqu'à l'explosion finale.
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Bon film, certaines scènes sont inutiles et rendent le film moins accrocheur au début mais l'enjeux du film rends tout de suite le scénario intéressant. Au niveau de la performance mise à part les policiers, certains acteurs(ices) jouait mal ce qui fait un peu perdre de crédibilité au film. Mise à part ça j'ai vraiment bien aimé la façon dont le réalisateur a abordé les problèmes entre la police et les quartiers de banlieues.
Même si l'on peut débattre du droit du cinéma à l'amoralité, la justification et surtout la légitimation de la violence me paraissent blâmables, surtout quand les critiques bobos prétendent percevoir dans un amas de stéréotypes une présentation fine et nuancée d'une situation contemporaine... Certes la mise en scène de ce pamphlet est maîtrisée, dynamique, mais le monolithisme des personnages incarnés par des acteurs bien peu convaincants se joint à un scénario ténu jonché d'absurdités voire d'incorrections pour prôner la révolte sanglante, comme si le dialogue, le travail et l'implication parentale n'étaient pas envisageables. Même si certaines séquences fonctionnent voire procurent quelque émotion, il est fort difficile d'être concerné ou même en empathie avec des personnalités si perdues ou viles. Comment ose-t-on voir là l'héritier de la Haine!?