Un nouveau "La haine", mis au goût du jour. L'humour et la musique en moins. Des passages sont cependant très réussis, très bien filmés. spoiler: (Les scène du guet-apens en particulier)
Le parallèle fait entre le Montfermeil de V. Hugo et celui-ci n'est pas inintéressant. Toutefois les clichés surabondent surtout lors de la mise en place de l'intriguespoiler: (Police/jeunes/gitans/musulmans)
A voir, mais seulement pour se faire sa propre opinion, tant le film a été exposé médiatiquement, voire politiquement.
Exceptionnel ce film de Ladj Ly. D'habitude les films français laissent toujours à désirer mais là vers un véritable chef d'œuvre. Un scénario et des acteurs incroyables, et que dire de la fin sur laquelle on peut imaginer plusieurs scénario possibles.
Si « Les Misérables » essaie de retranscrire une profonde vérité dans un quotidien mené par une violence et une peur constatant entre flics et banlieusards, malheureusement le long métrage de Ladj Ly possède une mise en scène très simpliste qui ne raconte pas vraiment grand chose dans l’absolu, on assiste à des plans qui s’enchaînent sans pour autant délivrer un message clair permettant de donner un fil rouge au film. Et que dire de la fin qui reste inachevée où le goût d’être resté sur notre faim est bien trop grande.
Je dois avouer un sentiment plutôt contrasté après le visionnage de ce film. On sent bien que Ladj Ly a refusé de s'enfermer dans les clichés de la représentation des banlieues mais, ce faisant, les messages qu'il cherche à faire passer dans le film n'en sont que plus troubles. Si le regard porté sur le cadre de vie se veut clinique et pertinent (et il l'est), on a l'impression qu'à ménager la chèvre et le chou dans un perpétuel mouvement de balancier, alternant positif et négatif, le film est toujours sur la corde raide, jusqu'à la sentence finale (au sortir d'une séquence quasi insoutenable) qui renvoie tout le monde dos à dos. Mention spéciale à la mise en scène et aux acteurs, totalement fondus dans leur rôle.
« Les Misérables » a allègrement fait parler de lui à sa sortie. Gros succès critique, au point d’être dans la courses des films étrangers aux Oscars (pas de bol, c’était la même année que « Parasite » !). Joli succès public avec plus de 2 millions d’entrée. Et, tout comme « La Haine » dont il s’inspire, réactions obligatoires de la part des politiques. Au-delà du film de Mathieu Kassovitz, pour réaliser sa plongée dans la banlieue, Ladj Ly convoque (volontairement ou pas) d’autres références du genre, telles que « Training Day » ou « Do the Right Thing ». Mais il s’inspire surtout de son expérience, le bonhomme ayant vécu à Montfermeil où se déroule l’intrigue… et ayant également un casier judiciaire pas vraiment vierge. Pour quel résultat ? « Les Misérables » sent clairement le vécu, et présente la banlieue comme une structure complexe. Passée une introduction montrant une France unie et en liesse lors de la finale de la Coupe du Monde 2018, le naturel revient au galop dans la cité ! Politiciens locaux minables, repentis tournés vers l’islam, policiers exténués et agressifs, gitans racistes et violents, adolescents n’ayant rien de mieux à faire que des actes stupides : tout ce monde individualiste en prend pour son grade, et va s’agiter suite à un incident regrettable, filmé par un drone. A part peut-être les figures religieuses locales, présentées comme nobles et apaisantes, portrait sans doute à prendre avec des pincettes. Tout ceci filmé avec un certain soin, surtout pour un premier long-métrage. Une alternance de caméra à l’épaule pour faire documentaire, avec des plans au drone qui sont légitimes au vu de l’intrigue. Une photographie estivale plutôt jolie. Un montage réussi. Des acteurs peu connus mais excellents. Et un épilogue qui prend aux tripes. Bref, une vision formellement satisfaisante, qui a le mérite d’être personnelle (certaines idées évoquées ne plairont pas à tous).
Visuellement et techniquement c'est un sans-faute. Le récit est passionnant, prenant, immersif. La direction d'acteurs est remarquable. De façon globale toute démagogie et tout manichéisme sont évités. Les flics ne sont pas tous des anges ( de toute façon ils ne sont pas là pour ça), mais les jeunes de la cité non plus. C'est dans quelques scènes parfois très courtes mais très signifiantes que le réalisateur peine à convaincre, semblant se satisfaire spoiler: de l'influence des barbus musulmans, (à remarquer que les seul dialogues ratés sont justement ceux de l'iman qui parle comme dans les romans de Balzac.) Je n'ai pas non plus aimé le dialogue vers la fin entre Stéphane et Gwada, le premier se prenant pour un confesseur sans défaut (ça existe ça ?) et n'admettant pas que l'on puisse tout simplement perdre les pédales quand une situation nous dépasse. Ces critiques étant posées, l'essentiel du film reste excellent et on n'est pas près d'en oublier les scènes fortes comme celle du gosse face au lion, et évidemment ce déchaînement de violence à la fin et cette conclusion ouverte… tragiquement ouverte !
Au vu des critiques, j'étais assez emballé à l'idée de voir ce film. Au final, très déçu. Ce film sent l'amateurisme dans le mauvais sens du terme, tout sonne faux (les dialogues, les comportements), les personnages sont caricaturaux. Bref, vraiment pas un indispensable
C'est en revenant de regarder "Bac Nord" que je me suis rapellé de ce film...Il est tout aussi violent que "Bac Nord", mais montre bien le fossé qu'il y a entre "les forces de l'ordre" et les jeunes de Banlieue. A re-voir ou à louer pour se dire que c'est déjà sans doute trop tard !......
Que dire... Bien...Pas incroyable, cependant on ne sennuye pas une seconde le film nous tient en haleine. Je tiens à signaler quelques lourdeurs parfois mais dans l'ensemble les acteurs jouent bien La 2ème partie est plus Intéressante
Un film qui représente vraiment les misérables, les misérables d'aujourd'hui, les misérables de partout. C'est le premier point fort du film. Son scénario, construit avec brio, ne nomme pas de méchants et de gentils, car en soit il n'y en a pas. Ce sont des parcours, des histoires, des environnements qui mènent les hommes et les femmes à cette situation et ça le film le montre parfaitement. Certes il y'a des personnages qui nous inspire plus de dégout (en même temps le film exagère parfois sur certains points de caractère), mais il est difficile de les détester purement. Les acteurs participent largement à cette nuance. Bravo au réalisateur d'avoir réussi un film ni anti banlieue ni anti flic, mais à l'inverse un film pro. Qui au lieu de les diviser les rassemble sur un point commun. Ils sont des misérables.
Le principal piège avec ce genre de film, ce sont les caricatures. Ladj Ly parvient à les éviter, en parti. La manière dont il décrit l'environnement totalement corrompu de la cité et des différents protagonistes qui veulent imposer un semblant de paix sociale est bluffant de réalisme. Ly n'est pas un grand cinéaste mais il sait de quoi il parle c'est une évidence. On verra par la suite si ce n'est pas un one shot. La cité est bien filmé et les comédiens très convaincants.
Habituellement j'ai un a priori négatif sur les films primés à Cannes (comme sur ceux encensés par Telerama ou les Inrock) car c'est souvent synonyme de cinéma d'auteur qui se regarde filmer, de parisianisme, et d'oeuvres pour bobos en délire, mais là je rejoins à 200% le prix du jury qui a couronné "les misérables". Un film ultra attachant qui prend aux tripes, pas de manicheisme (même si la BAC n'y apparait pas sous son meilleur jour), juste des hommes et des femmes qui essayent de s'adapter à un environnement inhumain et hostile. Chapeau bas. 5 / 5
Film anti police sans nuances. Dommage, ce film aurait pu redorer un peu le blason des cités en mettant en avant ceux qui veulent et réussissent à s'en sortir plutôt que de justifier une violence que rien ne justifie. Je sais que ce n'est qu'une fiction, mais ce n'est malheureusement pas en stigmatisant ni en amalgamant certains comportements de la police que les pauvres jeunes de cités seront bien vus.