Belle surprise que ce premier film de Mounia Meddour. Aussi solaire que sombre, Papicha porte un regard désespéré et à la fois plein d'espoir sur la condition des femmes et l'obscurantisme religieux qui, on le dit encore trop souvent, n'en finissent pas de pourrir ce monde (et cela ne va pas s'arrêter de si tôt). L'écriture (inspiré de faits réels) et la mise en scène ont une énergie folle. Même si c'est un peu chaotique par moments. De scènes en scènes, drôles, émouvantes ou terribles, on est en permanence sous tension, se demandant quand le pire va-t-il survenir. On pense évidemment beaucoup à Mustang dans le destin brisé de ces jeunes filles. Et notamment celui de Nedjma, merveilleusement interprété par Lyna Khoudri. Toutes les autres actrices sont par ailleurs aussi formidables. On ressort de la salle assez ébranlé. Oppression, insoumission, émancipation, voilà un film, vibrant hommage au combat des femmes, qui marque. Mais à qui il manque peut-etre un petit quelque chose pour qu'il soit inoubliable. Alors que le tournage a bénéficié de l'aide du ministère de la culturel algérien, Papicha est, sans surprise, interdit en Algérie mais représentera le pays aux futurs Oscar, on est plus à un paradoxe près. Voilà donc un film nécessaire, fort et tragique. A voir.
Grosse claque !! Ma famille est partie d'Alger dans les années 60 et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi proche des personnages, une leçon de vie.. Bouleversant drôle intense, triste que le film soit critiqué par certains ( pro islamistes je suppose ;) ) au delà de la spiritualité il y a aussi le savoir l'art la culture la vie tout simplement le film tient en haleine jusqu'à la fin et quel fin… Je suis sortie le cœur lourd mais aussi rempli d'espoir , cela mérite bien un Oscar :) Magnifique interprétation et superbe travail de la part de la réalisatrice. VIVE LA LIBERTE!
Vu en avant première, un voyage dans une Algérie paradoxale où il ne fait pas bon vivre car la liberté est synonyme de transgression. Les actrices joues juste et elles nous emportes de surprise en surprise.
Le premier film de Mounia Meddour dégage une impression de prévisibilité. Peut-être parce que sa raison d'être tient dans la tension dramatique qu'il maintient constamment entre la montée inexorable de l'intégrisme dans l'Algérie des années 90 et l'insouciante énergie de ses jeunes protagonistes. On sait forcément dès le début du film que cela ne finira pas bien.
Malgré ce sentiment de fatum qui surplombe le film, on prend tout de même plaisir à suivre l'évolution des désirs et des espoirs de ces quatre jeunes filles, en particulier parce que le scénario est assez riche pour éviter une linéarité trop évidente.
La caméra est toujours très proche des visages et des corps, créant un sentiment qui mêle claustrophobie, intimité, douceur et séduction. La mise en scène reflète une vraie personnalité et le film parvient sans difficulté à charmer et émouvoir, par la grâce d'une interprétation parfaite (les jeunes filles bien sûr, mais aussi les personnages secondaires comme la maman). Lyna Khoudri, qui interprète Nedjma, alias Papicha, est rayonnante et porte le film sur ses épaules.
On ne peut que conseiller d'aller voir ce beau film, qui outre ses qualités intrinsèques, donne aussi à voir avec brio la vie quotidienne algéroise.
La réalisation gêne un peu le spectateur pour un spectacle de grande tenue. La prise de vue à l'épaule trouble l'image ainsi que le prise de vue très proche du sujet.
Pour un premier film quel maîtrise tant pour le scénario que pour la direction d'actrices sans oublier la réalisation . La façon de filmer les visages est d'une efficacité incroyable pour nous faire comprendre ce que toutes ces jeunes femmes ressentent. Manifestement la réalisatrice a voulu faire un clin d'œil au film turque " Mustang " avec la scène de baignade. Ce film mérite l'oscar du meilleur film étranger
Papicha m'a crevé le cœur. L'actrice principale a un talent fou. La rage qu'elle dégage dans le regard porte à lui seul le film. Le plus touchant, c'est de voir que malgré la souffrance de ce peuple, l'actrice principale et bien d'autres ne veulent pas se résigner, ils restent debout et tentent de mener une vie "normale" à leur propre péril. Et c'est cette obstination qui m'a le plus marqué. Bravo à l'équipe.
Un film qui retrace la fameuse décennie noire, avec les problèmes de la jeunesse. Un film qui montre la vie algeroise, un humour au top et qui représente bien notre culture, et nos traditions Jai beaucoup aimé je le conseille vivement. Les actrices très émouvantes. Pour ceux qui ont connu cette période vous allez adorer ❤
Film qui raconte la montée de l'extrémisme dans les années 90 en Algérie. Émouvant, ce film raconte une vérité pour ceux qui ont vécu ou non cet épisode douloureux.
C'est un film dramatique très intéressant et pertinent. Il est très bien joué, l'actrice principale est remarquable. Aussi, c'est une histoire très dure et émouvante.
Il faut bien sûr courir voir ce film sur des femmes courageuses qui ne se résignent pas au conformisme mortifère de ce qu'il y a de pire dans l'obscurantisme religieux et politique. Il faut encourager cette voix rare dans une Algérie qui coule, qui hésite actuellement entre deux voies étroites, celle de la modernité et du développement d'un côté et celle de l'enfermement de l'autre. Il faut lutter contre le bâillonnement de ces révoltées. Basé sur la période trouble de la montée en force de l'islamisme en Algérie dans les années 90, épisode sanglant de l'histoire récente de ce pays si proche de la France, ce film montre très bien la lente progression de la censure, de la mise sous l'éteignoir des libertés fondamentales. Il montre aussi les façons astucieuses de contourner ces empêcheurs de tourner en rond, ces empêcheurs de vivre. Voilà pour le sujet, très bien porté au demeurant par de jeunes actrices enthousiastes, voire exaltées. Concernant l'aspect proprement cinématographique, on regrettera un jeu souvent un peu faux, les envolées lyriques déplacées ou les scènes téléphonées. Un peu de "regardez-moi filmer ", un peu trop de youyous si l'on peut dire de la part de la réalisatrice. La force du film prend le risque de se diluer dans ces afféteries et c'est dommage...