3319 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
238 critiques spectateurs
5
68 critiques
4
99 critiques
3
47 critiques
2
17 critiques
1
3 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Edtrail75
23 abonnés
135 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 2 juin 2020
« Papicha » (qui signifie « jolie fille ») est un film débordant d’énergie, joué à merveille par la magnifique Lyna Khoudri. Étudiante à la cité universitaire d’Alger dans les années 1990, passionnée de mode, elle se décide à réaliser un défilé en bravant les interdits dans un pays en proie à la montée de l’obscurantisme. Cette jeune fille, entourée de ses amies, pleine de fraîcheur, naïve , voire inconsciente du danger qui guette est montrée comme le symbole d’une jeunesse pleine d’allant, en quête de liberté et d’indépendance. Au-delà du scénario qui décrit la vie quotidienne algéroise des années 1990, la réalisatrice nous donne à montrer la violence qui monte, avec des scènes de terreur qui arrivent sans coup férir ; entre deux mondes donc, entre la fraîcheur, l’insouciance, et le poids d’une situation politique qui dégénère. C’est un film sans prétentions, avec quelques maladresses (notamment au milieu du film avec des lenteurs inutiles), mais il n’en demeure pas moins que le talent de Lyna Khoudri emporte le tout.
Un film dont l'histoire est divertissante bien que poignante, et qui éveille chez le spectateur un fort sentiment de révolte. Je souligne l'interprétation de l'actrice principale. C'est un film de qualité.
Le début des 90’s à Alger rime avec la prise du pouvoir des islamistes. Dans ce contexte, un groupe de jeunes étudiantes (les « Papichas »), passionnées de mode pour certaines et sous l’impulsion d’une d’entre elles styliste en herbe, décident de monter un défilé de mode de robes. Mais pouvoir user de sa liberté pour ces jeunes femmes va s’avérer difficile dans un pays où le contexte politique n’est pas propice à l’émancipation des femmes. Réalisé par une femme, Mounia Meddour, ce film se concentre sur les désirs de liberté et velléités d’indépendance de ces dernières ; il est construit comme une ode à la liberté. Pour illustrer son propos, le dispositif met un groupe de jeunes filles au centre des débats ; cadrées au plus près, mise en scène jouant sur la proximité physique entre elles ; tout fait penser au fameux « Mustang » devenu une référence. Mais n’y a-t-il pas d’autres moyens de montrer cette même réalité ? Surtout qu’ici tout est beaucoup maladroit et approximatif jusqu’au choix d’un montage tellement rythmé pour garder de la tension que l’on ne cerne que de manière lointaine les enjeux dramatiques et politiques. Même le scénario peine à restituer le climat de l’époque car les maladresses sont pléthores jusqu’au nœud scénaristique alambiqué : ce projet de défilé est tellement anachronique avec le climat de violence et de désagrégation de l’unité nationale du moment. Le message qui se devait être la force du film est complétement étouffé par la médiocrité ambiante qui vient même à éteindre les actrices qui par contre essaient de se donner du mal. Et pourtant l’actrice principale imprime tellement la pellicule que l’on sera tout de même amené à la revoir. Resté à côté du film, on n’a pas le droit à un « Mustang » tous les ans… tout-un-cinema.blogspot.com
Un hymne à la vie et à l’émancipation de la femme algérienne dans les années 90.
Un film bouleversant et touchant sur le droit des femmes et la liberté !
Un petit bijou inspiré de l’histoire de sa réalisatrice Mounia Meddour, porté par de formidables jeunes actrices solaires avec en tête Lyna Khoudri dont on a pas fini d’entendre parler.
La force et l'authenticité, basées sur leur biographies familiales respectives, de Meddour la réalisatrice et de Lyna Khoudri l'actrice principale, ainsi que la réalité des années de plomb à Alger, emportent l'adhésion. La simplicité du scénario, l'absence de nuances, la réalisation encore hésitante entre plusieurs points de vue, deviennent secondaires et devront s'affiner lors d'une prochaine réalisation. Alger n'est pas toute l'Algérie de cette époque, ni hier, ni aujourd'hui, évitons les généralisations simplistes. Mais la confrontation violente entre la jeunesse éprise de liberté et l'obscurantisme importé par les frères musulmans est dramatiquement véridique. Vive la (re)naissance du cinéma algérien. streaming1 -mai 2020
Ce film est un témoignage authentique de femmes qui prônent la liberté d'exister et de vivre comme elles le souhaitent sans subir un intégrisme religieux montant et meurtrier. Papicha mélange de deux cultures trait d'union entre le français et l'arabe nous montre toute la difficulté d'être Femme. La réalisatrice Mounia Meddour a le courage de mettre en avant son regard de femme dans sa première réalisation face à un contexte qui ne souhaite que museler les Femmes. Ce film est une tragédie utile et indispensable avec ses deux actrices qui crèvent l'écran Lyna Khoudri qui incarne Nejma et Shirine Boutella qui interprète Wassila. L'énergie ravageuse de ses femmes qui refusent de se soumettre dans une Algérie écorchée par la violence de groupes extrémistes montre cette résistance féminine employée pour continuer à penser, travailler, étudier et sortir comme elles le veulent. Bravo pour cette performance et pour ce cri rageur de la liberté. A voir absolument.
même si le sujet a souvent été traité, ( ici l'espace temps se situe au début des années 90 lorsque le FIS prend plus de pouvoir et sème la terreur), il s'agit avant tout d'un film sur la femme, sur la condition de la femme dans les pays musulmans. Une société patriarcale cadenassée dans des états souvent religieux. Le dernier film dont je me souviens sur la même thématique , sorti en 2017, s'appelait " l'amour des hommes ". L'héroïne et ses amies rêvent de mode et sont passionnées de couture, à l'heure ou le hijab devient une règle. Le spectateur sait où il va, sans grande surprise. Mais des films comme "Papicha" resteront toujours indispensables pour montrer que l'on peut se battre, que l'on doit se battre, même si la route sera longue.
Très émouvant, Papicha raconte l'Algérie des années 90 en proie à l'extrême droite religieuse. Des femmes se battent contre cette société patriarcale et dictatoriale, encore d'actualité aujourd'hui. Ce film raisonne avec la situation française actuelle, et l'atteinte à la laïcité.
Papicha nous replonge dans le Alger de la décennie noire avec beaucoup d'engagement et de conviction. Le film dépeint, à la fois avec candeur et maturité, la montée de l'extrémisme au sein du pays à travers le prisme de cette jeune fille forte et déterminée à ne pas se laisser marcher dessus. Le récit transpire la sensibilité, et contraste habilement entre une certaine forme de légèreté, à image de la caméra souple et vaporeuse, et la gravité des événements relatés. Une belle réussite pour ce premier long de Mounia Medour, assurément une réalisatrice à suivre, de même que son actrice princpale Lyna Khoudri.
Un film qui ne se "voile" pas la face, si je puis m'exprimer ainsi au temps des islamistes d'Algérie dans les années 1990...Sans verser dans le drame, mais au contraire avec un certain bonheur de vivre, le film nous raconte une histoire attachante, celle de jeunes filles d'une cité U en quête d'émancipation;..Hélas la répression est- dure, et elles l'apprennent...Le film est centré sur une jeune fille (femme) ? qui veut exercer dans la haute couture, en restant au pays...Le film a un certain dynamisme, est agréablement filmé et ne manque pas d'émotions diverses, tout s'inscrivant dans une réalité politique qu'on devine oppressante…..En tout cas, il fait passer clairement le message...Je conseille.
Malgré quelques petits défauts inhérents à un premier film (la trajectoire des personnages est par exemple très linéaire), la cinéaste Mounia Meddour réussi son pari : le sujet est très fort, et le message passe avec énergie, sincérité et talent. Une belle interprétation également.
Un très beau film, poignant et émouvant. Merci à la réalisatrice et aux actrices pour l'hommage fait au courage du peuple, et notamment des femmes, pendant ces années noires de l'histoire algérienne. Tahia Bledna.
J’ai trouvé ce drame bouleversant. Avant tout, je tiens à dire que je ne suis pas spécialiste de l’histoire Algérienne. Je ne pourrais donc pas authentifier de la véracité de ce que raconte ce film « inspiré librement de faits réels ». Pour information, cette période était une « guerre civile » opposant le gouvernement algérien à divers groupes islamistes armés. En tout cas ce qui est raconté est vraiment marquant. Même si on ne connaît pas le contexte, on arrive facilement à prendre ses repères. L’histoire qui se déroule devant nos yeux ensuite est extrêmement forte. Il y aura plusieurs séquences très dures, et en parallèle d'autres beaucoup plus joyeuses. Comme pour d’écrire la situation d’un pays qui a le goût de la vie malgré tout ce qui arrive. J’aurai tout de même aimé qu’il y est un peu plus d’analyse. Ici, on se contente de nous retranscrire des faits et les émotions qui vont avec. Il n’y a pas de « pourquoi » on se retrouve dans cette situation, ou de « comment » on peut en sortir. Le casting est remarquable. Lyna Khoudri qui tient l’affiche est brillante. Ses camarades n’ont rien à lui envier car elles apportent toute de la richesse. Le film tournant autour du point de vue de la femme sur ces événements, elles vont toute avoir un rôle crucial. Yasin Houicha, qu’on a déjà pu voir à de nombreuses reprises dans des seconds rôles, ajoute un petit plus.
Un superbe film féminin qui montre une terrible réalité de la condition des femmes en Algérie au moment de l'Islamisation. Plein de vie et pourtant glaçant à la fin, on en ressort bouleversé.
Merci à l’Académie des Césars - tant décriée cette année - d’avoir accordé 2 Césars (Meilleur jeune espoir féminin pour Lyna Khoudriet et Meilleure première œuvre) à « Papicha » de Mounia Meddour … sinon je serai totalement passé à côté de ce superbe film. Au synopsis d’Allociné, il n’y a pas grand-chose à ajouter hormis que les robes créées par Nedjma sont confectionnées à partir de haïks … alors que les mouvements réactionnaires prônent le voile intégral. C’est un manifeste en faveur de la libération de la femmespoiler: avec quelques phrases choc telles que « tu fais Fac de Lettres (français) pour quitter le pays » ou « tu seras Bac 5 option arts ménagers » dans ce pays où les mariages arrangés sont encore la règle et conduisent à la séquestration des jeunes filles dans leur cuisine !
A côté de ses qualités militantes, il convient de souligner que ce film est très bien mené avec des moments très forts spoiler: comme la mort de Linda, l’irruption des femmes voilées dans la cité universitaire … mais aussi des moments de sourire et de gaieté liée à la vitalité de la jeunesse. La photo est extraordinaire avec des gros plans sublimes et la bande son est en rapport. Bref un film à voir absolument et qui montre les difficultés de la libération des jeunes filles dans les sociétés islamiques (comme également dans le superbe film turque « Mustang » de Deniz Gamze Ergüven - 2015) et à vrai dire dans tous les sociétés.