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Charaimon
58 critiques
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3,0
Publiée le 4 février 2026
Belle mise en scène, et beau casting. Le roman de Balzac est surement beaucoup mieux, et les allusions "modernes" que voient certains tombent dans l'eau (liberté de la presse, cabales, armée de claqueurs...). La voix off omniprésente est pénible et semble venir au secours du récit. Enfin l'illustration musicale est indigente, et flanque Rameau, Vivaldi et Schubert au petit bonheur, comme au temps des journaux de l'ORTF.
D’après le roman de Balzac, ou plus exactement de sa deuxième partie, les pérégrinations parisiennes d’un jeune arriviste sans scrupule, ainsi qu’un portrait assez dévastateur de la presse corrompue et du capitalisme naissant sous la Restauration, prétexte à une violente critique sociale.
Film vu sur le tard et quel regret de ne pas avoir pu le regarder au cinéma. Un film comme seul le cinéma français sait nous faire, une prestation globale des acteurs au sommet, même si je mettrais un petit bémol à la prestation de Cécile de France que je trouve légèrement en retrait par rapport aux autres acteurs. L’œuvre de Balzac est assez respectée, ce qui n’était pas un support facile. La reconstitution du Paris de l’époque est fabuleuse tant sur le plan des décors que des costumes. Il nous ramène aussi à notre période où l’on se demande si tout ce qui est dénoncé n’est pas les pratiques encore d’actualité. Une magnifique adaptation qui mériterait d’être aussi connue que d’autres ! Je recommande fortement !
Adapter Balzac au cinéma est un pari risqué, souvent synonyme de drame académique et poussiéreux. Xavier Giannoli prend le contre-pied total et livre avec "Illusions perdues" une œuvre d'une énergie folle, un film ample et captivant qui, malgré une petite baisse de régime sur la fin, s'impose comme une réussite majeure.
La première chose qui frappe est la mise en scène virtuose de Giannoli. Sa caméra virevoltante nous plonge dans un tourbillon, transformant le Paris du XIXe siècle en une métropole électrique. Cette énergie sert une reconstitution historique somptueuse, où chaque costume, chaque décor est un plaisir pour les yeux. L'immersion est totale, loin de l'imagerie figée des films d'époque.
Mais cette forme éblouissante est au service d'un fond d'une intelligence redoutable. Le film est une adaptation étonnamment moderne, qui fait de ce récit vieux de presque 200 ans un miroir de notre propre époque. La puissance satirique du propos est jubilatoire : la presse à scandale, les critiques achetées, les influenceurs avant l'heure, la marchandisation de l'art... Giannoli démontre avec une lucidité féroce que, finalement, peu de choses ont changé.
Toutefois, cette fresque ambitieuse et généreuse n'est pas sans défaut. Si le rythme est globalement effréné, la longueur du film (près de 2h30) finit par se faire sentir. Après un enchaînement trépidant d'ascension et de chute, le dernier acte peine à maintenir la même frénésie et tire un peu en longueur, laissant une légère impression de lassitude.
Au final, "Illusions perdues" est une œuvre impressionnante, visuellement splendide et d'une modernité insolente. Un film qui emporte par son souffle et sa pertinence, mais qui souffre un peu de sa propre générosité.
Superbe adaptation des Illusions perdues de Balzac- sans l'ennui des longues descriptions du célèbre écrivain- Les clins d’œil à notre époque, ses faussaires, ses faux semblants, ses critiques littéraires incultes voire analphabètes payés à la ligne,ses langues de vipère, ses "canards" qui font et défont une réputation sont savoureux. Bravo! Je retiens l'anecdote de Jésus marchant sur l'eau sur le lac de Tibériade en Galilée...
Elles sont celles d’un brillant écrivain, ces illusions. Les illusions qu’il s’est faites d’avoir une vie, une carrière et un nom aussi inspirant que ce qu’il animait. Ce désir de vengeance qui l’amènera dans les tréfonds de l’âme humaine. Il est un récit charmant et élégant d’une société parisienne, datant d’une toute autre époque, et à la fois le récit de celui dont le destin profondément pathétique n’était qu’illusoire. Il fait chavirer notre cœur et notre esprit en nous faisant ressentir toutes les émotions, vraiment toutes. Il en va de la passion, du ressentiment, de la compassion, de la haine, du désespoir, de la frustration, de l’amour, du regret, de l’appréhension et de l’incompréhension qui nourrissent cette funeste illusion.
J’étais assez sceptique en découvrant l’affiche de ce film, qui promettait à la fois un contexte historique respecté et une approche très intimiste du personnage principal. Lucien Chardon, incarné par Benjamin Voisin, est d’ailleurs un personnage profondément troublant, presque dérangeant par moments. Le principal bémol, à mon sens, réside dans la place excessive accordée aux scènes sexuelles. Elles sont trop nombreuses et présentées de manière très brute. J’aurais préféré une approche plus poétique, plus suggérée, surtout pour un film qui raconte la naissance d’un poète. Le parallèle aurait gagné en finesse et en cohérence. Un choix artistique assumé, sans doute, mais qui m’a empêché d’adhérer pleinement au film.
Une petite tranche d'histoire de France au travers des heurs et malheurs d'un jeune provincial ambitieux qui espère la gloire littéraire à Paris à une époque où royalistes et républicains s'affrontent encore pour le pouvoir. Le film est très bien mis en scène, les décors et costumes sont parfaits, tout comme le jeu des acteurs. Il pêche tout de même par sa durée qui fait que l'on s'ennuie parfois. Une demi-heure de moins l'aurait rendu plus rythmé et digeste.
Film éblouissant et jouissif à la musique qui emporte tout dans son tourbillon. Le héros, Lucien, poète, tente sa chance en ville, grimpe vite, mais la ville le dévore. Petit problème : Xavier Giannoli, le réalisateur, dit une chose. Balzac en dit une autre. Giannoli, peut-être en bon rousseauiste, nous explique que Lucien est une victime de la société, qui corrompt. Lucien, en revenant piteux dans son village, commence par se laver dans un étang. Symbole des impuretés de la ville qu'il abandonne avant de revenir à la pureté villageoise. Mais Balzac est très clair. Si Lucien échoue, c'est à cause de lui-même, de ses défauts, qui sont énumérés dans le roman, et de ses choix, à commencer par le choix de ses amis. Il aurait pu choisir d'autres amis, un autre style de vie, plus laborieux et moins rémunérateur, mais il choisit la facilité et l'argent facile en écrivant de mauvais articles. Lucien est la victime de lui-même. Et alors, qu'est-ce que ça fait ? Ça fait que Giannoli, même s'il a réalisé un beau film, trahit Balzac en s'en revendiquant. Le film m'a donné envie de lire le roman, ce qui n'est pas rien mais je suis un peu vénère devant la sorte de mystification qui consiste à faire dire à une œuvre le contraire de l'intention de son auteur. Si tu veux faire une fable rousseauiste, mec, tu es libre, mais ne l'appelle pas Illusions perdues !
ce film n'a aucun sens de la morale et de la critique, ces acteurs sont médiocres et parlent trop vite. Enfin, le scénario est mal ficelé et n'a pas vraiment de sens.
Grandiose et à la fois tres intimiste. Puissant et à la fois fragile. C’est une belle interpretation de l’oeuvre litteraire qui restera dans nos memoires.
Un très grand film, servi par des acteurs tous excellents. Mention spéciale à Benjamin Voisin, qui crève l’écran. Une réalisation impeccable, maîtrisée de bout en bout.
Commençons par le défaut. spoiler: Procédé facile, et souvent rédhibitoire (pas ici néanmoins) : l’utilisation de la voix off pour expliquer ce que l’image raconte pourtant. On peut tâcher de comprendre ce qu’a souhaité faire Xavier Giannoli, le récit d’Honoré de Balzac étant riche, si riche qu’un film de 2 heures 30 ne saurait le traiter décemment. On nous conte donc ce que Giannoli ne savait exprimer autrement pour la bonne compréhension du récit.
Maintenant, les qualités, évidentes et nombreuses : d’abord la mise en scène. Giannoli, auteur des jolis Quand j’étais chanteur et Marguerite, entre autres, n’est pas prêt de décevoir à cet égard. Autre qualité de ce grand film, sûrement la plus naturelle de toutes : le talent de ses acteurs. D’abord Benjamin Voisin, vraiment, parce qu’il est de tous les plans, et que c’est un bijou. Ma sensibilité lui prédisait un grand avenir dès cette sortie d'Illusions perdues dans les salles obscures. Ensuite Vincent Lacoste, vraiment meilleur, film après film. Et puis Cécile de France, spoiler: talentueuse en intrigante paumée crédible dans ses robes de bourgeoise régionale mal intégrée à la faune parisienne . Aussi Jeanne Balibar, capable du meilleur, qui peut-être n’a jamais autant interloqué (c’est une bonne chose). Enfin Gérard Depardieu. Parce qu'à l’exception notable des derniers films de Guillaume Nicloux, cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu aussi investi dans un rôle
Avec cette adaptation du roman éponyme d’Honoré de Balzac, le réalisateur Xavier Giannoli signe le meilleur film de sa carrière tant sa mise en scène brillante met en exergue une prose vibrante et vivante grâce à une distribution de qualité dont les joutes verbales acerbes donne du piment à un récit un poil trop long faisant craqueler le vernis de l’aristocratie parisienne du 19ème siècle ainsi que l’hypocrisie d’une société de privilège.
n'etant pas fan de litterature francaise classique mais fan de cinema "intelligent" et historique, je me suis dit pourquoi pas, d'autant que les notes etaient excellentes mais je me suis profondement ennuyé. le film est lent, ultradescriptif avec cette voux off qui reexplique la scene qu'on vient de voir au cas on ait pas bien compris, des personnages au jeu theatral, j'ai vécu ce film comme on lit un Balzac. ce film plaira à un certain public qui aime cette époque et ce style lent, théâtral et un peu pompeux, perso je me suis ennuyé profondément.