Illusions Perdues est une vraie réussite dans sa représentation de la guerre que se livrent certains médias et puissants de ce monde, à la recherche du pouvoir à travers la corruption et les polémiques. Le réalisateur nous entraîne dans ce tourbillon de cynisme, non sans humour, avec cette œuvre résonnante et divertissante au casting splendide. Critique vidéo : https://youtu.be/r2RX41PJovc
La satire est certes un peu trop surlignée par instants et les images un peu évidentes. 'Illusions perdues' n'en reste pas moins un tour de force, une adaptation de Balzac aussi dynamique qu'ample, d'une ambition rare dans le cinéma français d'aujourd'hui. Et quel casting !
Un très grand film qui va marquer le cinéma français des années 2020 avec Cette parfaite adaptation par Xavier Giannoli du roman génial d'Honoré de Balzac à notre époque. La satire du journalisme vénal, sous influence ou "à scandale" y est tellement actuelle. On est en 1830 à un moment qui correspond au "décollage industriel" français qui fait de notre pays la 2ème puissance mondiale derrière l'Angleterre avec une bourgeoisie qui s'est enrichit et profite en toute insouciance en se divertissant de façon hédoniste, n'hésitant pas à en perdre les notions de la morale. A Paris, l'argent est devenu roi, les vanités s'exposent en public, le cynisme règne, l'égocentrisme saute aux yeux, le journalisme - du moins la nouvelle presse qui prospère grâce aux scandales et aux "canards" (les fake news de l'époque) se vend au plus offrant. les luttes d'influence sur l'information sont permanentes. La perversion par l'argent, les corruptions et les trahisons en chaîne se multiplient et on ne s'ennuie pas une seule seconde tellement le scénario de 200 pages est remarquable. Le choix des acteurs aussi avec Benjamin Voisin et Salomé Dewaels qui sont éblouissants de justesse dans leurs émotions, les autres qui ne sont pas les moindres - Vincent Lacoste, Cécile de France, Xavier Dolan, Depardieu étant à l'unisson. Quant aux décors, aux costumes, à la grosse production impressionnante autant que maîtrisée qui nous plonge dans ces années dans ce milieu du XIXème siècle, on frise le chef d'œuvre. A voir absolument.
Superbe saga pour ce jeune poète qui veut toucher les étoiles ou plutôt se brûler les ailes en espérant intégrer l' aristocratie. Vincent Lacoste est remarquable dans son rôle de journaliste véreux.On sent les premisces de la société actuelle avec l'encre,la plume et les rotatives mais le but est déjà le même...faire de l argent à tout prix! Depardieu est encore une fois au dessus de la mêlée. Tous les acteurs sont très justes et le prometteur benjamin voisin co firme son talent.Une petite longueur sur la fin mais rien de bien gênant, du bon cinéma comme on l'aime
Pour me sentir légitime à dire de ce bon moment de cinéma que c’est une adaptation magistrale , il faudrait que je sois sûr d’avoir vraiment lu le roman ! Comme tout le monde, j’ai sans doute bossé dessus pendant ma scolarité, mais quelques décennies plus tard je ne sais plus trop. En tous cas, Giannoli m’a captivé du début à la fin, et à coup sûr donné envie de m’y (re?)plonger !
Il n’a pas réussi son coup tout seul, Giannoli : la distribution est flamboyante, difficile d’affirmer qu’un/e des acteur/ices est plus convaincant/e qu’un/e autre, c’est brillant et d’emblée immersif. Les dialogues fusent, les saillies caustiques des gratte-papiers et des mondains font mouche, c’est vraiment un régal et les aspects prémonitoires de leur texte percutent régulièrement notre présent mondialisé, rien de nouveau sous le soleil...
Il a aussi réussi avec le concours d’une équipe haut de gamme pour ce qui est de la restitution d’une époque et sa mise en valeur esthétique : costumes, lumière, attelages, décors, là aussi c’est du lourd !
Bref, quand j’aurai (re?)lu "Les illusions perdues", je risque bien de transformer mes 4 étoiles en 5. Sûrement pas de descendre ma note !
Balzac c'est très loin dans ma scolarité et la comédie humaine ne m'a laissé que de rares souvenirs. J'ai passé un excellent moment sans voir le temps passer. Que dire de plus ?
Ce film est vraiment incroyable, on est immédiatement pris par cette histoire pleine d'émotions, d'amour, de sensualité, d'humour également. Benjamin voisin est vraiment excellent, il porte le film de façon incroyable, son jeu est beau, sa nudité est belle, Gérard Depardieu comme à son habitude est exceptionnel, irréprochable, un vrai monstre sacré. La réalisation de Xavier Giannoli est rythmée, danse, intense. J'ai adoré et je recommande
A peine plus d'un mois après "Eugénie Grandet", voici qu'est sorti "Illusions perdues", une autre adaptation d'un roman d'Honoré de Balzac ou, plutôt, l'adaptation de "Un grand homme de province à Paris", la deuxième partie des "Illusions perdues", parue en 1839. Deux films qui, visuellement, sont aux antipodes l'un de l'autre : grande économie de moyen chez Marc Dugain, grand étalage de moyens chez Xavier Giannoli, le cadre dans lequel se déroulent ces 2 histoires étant à l'origine de cette grande différence. Un point commun, par ailleurs : le désir des deux réalisateurs d'appuyer sur les facettes de ces romans dont l'action se déroule dans la première moitié du 19ème siècle, l'un en province, l'autre à Paris, qui font penser à ce que nous vivons en 2021. Ce désir est peut-être encore plus fort chez Giannoli qui se délecte à nous parler des fausses nouvelles, des "fake news", appelées des "canards" à l'époque de Balzac, et qui charge avec allégresse le monde de la critique, un monde présenté comme étant corrompu et versatile. Dans ce film trop long et baignant beaucoup trop dans un accompagnement musical, certes de grande qualité, mais souvent inutile quand il n'est pas nuisible, le rôle de Lucien de Rubempré, rôle principal du film, est tenu par Benjamin Voisin, un jeune comédien qu'on avait découvert en 2020 dans "La dernière vie de Simon" de Léo Karmann et dans "Été 85" de François Ozon. Auprès de lui, Cécile de France est l'interprète pleine de sensibilité de Louise, madame de Bargeton, Vincent Lacoste n'est pas très crédible dans le rôle du journaliste Étienne Lousteau, Xavier Dolan, interprète de Nathan, écrivain ami/ennemi de Lucien, confirme qu'il est meilleur comme acteur que comme réalisateur, Jeanne Balibar prend manifestement beaucoup de plaisir à interpréter la perfidie de la marquise d'Espard, Salomé Dewaels campe parfaitement une frémissante Camille, Gérard Depardieu est très sobre dans le rôle de Dauriat, un éditeur qui ne sait ni lire ni écrire, André Marcon, au jeu toujours très sûr, interprète le baron de Chatelet, Louis-Do de Lencquesaing est un très bon Finot, le patron de presse, et le très regretté Jean-François Stévenin, dans un de ses derniers rôles, pétille dans le rôle de Singali, celui qui fait les succès ou les bides dans les spectacles parisiens en se "donnant au plus offrant pour faire applaudir à tout rompre ou pour faire huer et jeter des tomates par la petite "troupe" qu'il a réunie autour de lui. Dans ce film foisonnant et inégal, notre préférence va aux scènes sobres et émouvantes qui ne réunissent que Lucien (Benjamin Voisin) et Louise (Cécile de France).
Ce n est vraiment pas un film marquant... Assez vulgaire au final. Les acteurs sont bons (G. Depardieu et J. Balibar sont bien au dessus d ailleurs) mais le traitement est déplaisant, ces focus et floutés permanents autours des personnages, tres, trop maniéré... pénible. Plus de simplicité m aurait moins déçue. Dommage.
Xavier Gianolli explore subtilement les méandres de la société du 19ème siècle ! Jeune homme rêveur et mélancolique dompter par un élan de romantisme, le protagoniste s’élance à la conquête de sa destinée. Son parcours s'avère semé d’embuches, construire et idéaliser ses rêves semblent plus faciles à fantasmer qu’à réaliser. Le jeu des mondanités berce le fil de l’intrigue, et par ricochet la corruption qui cadre l’ascension du personnage. La force de cette oeuvre est un écho saisissable à la société du XXIème siècle, elle intègre des problématiques encore présentes de nos jours.