Oui mais... je veux bien croire à la sincérité de la démarche de Giannoli par rapport au livre, dans la mesure où les descriptions scrupuleuses du petit monde journalistique et de ses arrière-cours, données par Balzac, sont filmées avec un soin obsessionnel et une rigueur admirable, donnant au film une esthétique et une atmosphère en plein accord avec son sujet. Au-delà, ayant lu le livre il n'y a pas si longtemps, je ne peux que constater que 50% de l'ouvrage est passé à la trappe, avec des personnages et des relations qui donnaient une autre envergure au personnage de Rubempré, qu'on a plutôt envie de plaindre ici alors que sa vanité et son irresponsabilité (version balzacienne du fils prodigue) transpiraient dans tout le livre et le rendaient bien moins sympathique. Certes, la concentration de l'intrigue était quelque peu inévitable, mais il y a pour moi un goût d'inachevé, même si le film joue efficacement de ses atouts (le casting masculin est tout de même un peu plus à la noce) et parvient à intéresser jusqu'au bout, avec des idées adroitement glissées pour rendre la modernité et, en somme, l'universalisme de cette œuvre.
Fresque réussie avec casting réussi. Ça m'a fait penser à Gatsby le magnifique et au loup de Wall Street ! Beaucoup trop de scènes de sexe explicites pour en faire un film familial, ça c'est dommage (à réserver aux plus de 16 ans). La réalisation est bonne, les dialogues et lectures de la voix off superbes. 3,9/5
Illusions Perdues est un film réalisé par Xavier Giannoli et sorti en 2021. Cette adaptation de Balzac donne un excellent film. Porté par un casting principal très en verve (Benjamin Voisin, Vincent Lacoste, Cécile de France etc.), ce long métrage est très équilibré entre scènes de dialogues passionnantes et moments plus tendus. Le réalisateur, via des plans bien construits (proches de tableaux parfois), donne à son film une allure élégante, un rythme soutenu permettant de ne pas sentir passer les 2h30 du film. L'écriture est également assez fine, permettant de glisser une critique des médias contemporains plutôt subtile. La déchéance du personnage principal est fort bien amenée et les morceaux classiques choisis illustrent les différents sentiments traversés par Lucien (Benjamin Voisin) avec force. En plus des acteurs principaux, le réalisateur s'entoure de seconds rôles de choix (Gérard Depardieu, Jean-François Stévenin) qui viennent enrichir l'ensemble. Illusions Perdues permet d'avoir une première approche intéressante de l'œuvre de Balzac. C'est un grand film à voir et à revoir.
Film qui à la mérite de nous montrer que jadis aussi la presse faisait la pluie et le beau temps. Sinon l'intrigue n'est pas terrible et le jeu des acteurs plutôt trop caricatural.
Je regrette amèrement de ne pas avoir découvert ce film en salle parce que c'est sans conteste un des meilleurs films français de ces dernières années. 2h30 d'un rythme effréné, d'interprétations brillantes (principalement Voisin, Lacoste, De France et Dewels), de décors somptueux, d'une mise en scène assez classique mais terriblement efficace et riches en symboliques facilement compréhensibles, de dialogues très réussis et de messages forts sur le monde de l'info. L'œuvre de Balzac n'est pourtant pas simple à adapter. Xavier Giannoli et son équipe l'ont fait, en plus d'adapter son propos pour qu'il raisonne encore davantage avec notre époque. C'est un sans faute pour moi !
Ce film, inspiré d'un roman de Balzac, malgré une mise en scène fouillée, m'a plutôt ennuyé, notamment par la part, à mon avis, trop prépondérante, prise par la voix du narrateur, qui est là soit pour raccourcir le film, soit pour expliquer au spectateur le contexte ou ce qu'il faut comprendre. Une histoire de poète d'ambitieux qui sacrifie son idéal à la célébrité, se joue des principes et manque de clairvoyance. Le jeune héros se fera broyé par ceux qui l'ont porté au pinacle (les journalistes satiriques) et méprisé par ceux qu'il voulait rejoindre (l'aristocratie restaurée). Magouilles, tricherie, influence, corruption semblent être les vrai moteurs de la vie mondaine parisienne sous la restauration. Il reste quand même la pureté de l'amour inconditionnel de l'actrice Coralie, impossible et sincère de marquise Louise. Super rôle, une fois de plus pour Gérard Depardieu en éditeur illettré mais futé
Adaptation (à une vague introduction près) de la seule partie centrale du gigantesque "Illusions perdues", savoir les vicissitudes du jeune Lucien Chardon, dans l'ambition de relever un matronyme du nobiliaire, Rubempré, qui tente de se faire une place dans le marigot journalistique du Paris de Charles X - tremplin, pense-t-il, pour la carrière dans le monde littéraire à laquelle l'Angoumoisin aspire depuis toujours. Las... Xavier Giannoli rend-il justice à Honoré de Balzac, avec ce 8e "long" (également co-écrit) : un grand film pour un grand roman ? Voyons, à cet égard, les César 2022 ... Si les deux récompenses "techniques" de cette réalisation "en costumes" ne souffrent pas discussion ("Meilleurs costumes", justement, et "Meilleurs décors"), voire celle de la "Meilleure photo" (éclairage flatteur, façon "Barry Lyndon"), on ne peut qu'être réservé(e) quant au César de la "Meilleure adaptation". Le puissant souffle romanesque, le style et l'écriture de la "Comédie humaine"... ? RIEN de probant, assurément ! 149 minutes bien, bien longues, au résultat. Le casting n'aide pas, par ailleurs : ratage complet (à l'exception, bien sûr, de Depardieu, dans un rôle très court) - citons en particulier Benjamin Voisin (qui, ne réussissant jamais à donner crédibilité et épaisseur au rôle principal, ne mérite en rien son César de "Meilleur Espoir") ou Cécile de France, qui livre une Bargeton amidonnée, ou encore l'inénarrable Vincent Lacoste (lui aussi récompensé !), qui n'a toujours pas évolué depuis ses habituelles figures "têtes-à-claque". Tout ça, évidemment, ne fait pas un "Meilleur film" - même par temps cinématographique chahuté par le covidisme...
Porter à l'écran ce texte incisif de Balzac demandait du courage et des compétences. Le résultat est une réussite. Le personnage de Lucien de Rubempré apparaît dans toute son évolution à partir du moment où il arrive à Paris. La critique acerbe du journalisme, des pratiques de fake news appelés canards à l'époque sont admirablement bien décrites.
Truculent, et avec des dialogues savoureux, ce film s'habille d'une distribution d'acteur irréprochable. En somme, il s'agit bien d'un film à voir absolument.
C'est une réussite, c'est à la fois passionnant sur une époque assez peu connue, la restauration, et sur les petites boutiqueries humaines. L'arrivée a Paris est particulièrement bien restituée.
Noir, terrible, il porte bien son nom ! Très belles interprétations, tous les acteurs sont habités par leur rôle. Quelle adaptation remarquable du roman de Balzac, un véritable chef d'œuvre !
Excellent film français tiré d'une ouvrage d'honoré de Balzac avec de très bonnes interprétations de la part des acteurs (excellente distribution avec des acteurs connus ou reconnus). Une agréable surprise.