Derniers Avis : Une histoire d'amour et de désir - Page 6
Une histoire d'amour et de désir
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Domnique T
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3,0
Publiée le 4 septembre 2021
Une extraordinaire ambition de dépeindre plusieurs sujets (trop ?) prégnants dans notre société multiculturelle. Une jeune tunisienne qui possède les codes d’une jeunesse « libérée » voit son amour adolescent pour Ahmed, jeune banlieusard d’origine algérienne, contraint par les codes de la banlieue, de la famille, de la religion. La musique, parfois grinçante, accompagne les frictions sentimentales et érotiques de ces 2 amants qui peinent à s’accorder. L’étude de la littérature érotique arabe des lumières donnent un éclairage troublant sur l’héritage oublié de la culture arabo-musulmane. Le chemin intérieur d’amour et de désir des deux protagonistes (superbement interprétés) n’est, hélas, pas toujours bien suivi, manque souvent de liant et de cohérence. Dommage, le sujet est superbe.
Ahmed, 18 ans, est français d’origine algérienne. Il a grandi en banlieue parisienne. Sur les bancs de la fac, il rencontre Farah, une jeune Tunisienne pleine d’énergie fraîchement débarquée de Tunis.
C’est la seconde réalisation de Leyla Bouzid qui en a aussi écrit le scénario.
Drame Français sortie dans l’ombre d’un Marvel et d’une comédie avec Kad Merad, Une histoire d'amour et de désir a des qualités indéniables mais malheureusement reste seulement pas mal.
Il est clair et net qu’Une histoire d'amour et de désir se démarque des autres films dans le genre par son traitement bien particulier de sa thématique principale. On va parler ici de désir aussi bien d’un point de vue amoureux mais aussi charnel. J’ai apprécié que pour une fois on ne tombe pas tête la première dans le graveleux en se contentant de symboliser cela par des scènes de sexe à gogo sans aucun fond. La réalisatrice a pris l’option de joueur sur le côté poétique et le non-dit afin de symboliser cela. Que ce soit une parole douce, ou un regard perdu, on va beaucoup mieux ressentir l’excitation des personnages que en fonçant dans le tas.
Pour cela, le film va beaucoup tourner autour de littérature arabe du XIIème siècle. Celle-ci est totalement méconnu en France et à ma plus grande surprise, elle contient de l’érotisme. On va donc bousculer les idées reçus. Cette prise à contre pieds va être symbolique du personnage de Ahmed. Ce jeune homme ne connait pas grand-chose à la culture de ses parents, et pensait qu’il allait apprendre des notions aussi prudes que ce dernier est mal à l’aise avec le sexe Au lieu de cela, cet étudiant qui n’a encore jamais connu de relation physique, va être déstabilisé va à ces textes.
C’est ce fameux Ahmed qui va plomber totalement ce drame. En effet, j’ai trouvé ce personnage extrêmement mal écrit. Ce qui est dommage et ressort encore plus quand tout le reste est réussi. Cependant, à lui seul il plombe tout. Alors que la thématique est traitée de manière fine, ce protagoniste va être très caricatural. Il ne fait que les mauvais choix et ça en est parfois presque ridicule et agaçant. On savait que si une situation se présentait à lui, forcément il aurait la mauvaise réaction. Pourtant, on se doute qu’étant étudiant à la Sorbonne, il devrait avoir assez de jugeotte pour prendre quelques bonnes décisions. Que ce soit en amour mais aussi socialement quand va s'opposer son ancienne vie dans son quartier et sa nouvelle sur Paris.
Le plus étonnant est que les autres personnages sont vraiment réussis. Je pense notamment à Farah joué par Zbeida Belhajamor. Celle-ci va envouter Ahmed par sa beauté et sa douceur. Sa construction est intéréssante car même si elle aussi est magrébine, elle ne va pas avoir le même schéma intellectuel que Ahmed. Une bonne manière de montrer la pluralité des pensés. J’ai aussi beaucoup aimé l’apport de Samir Elhakim dans le rôle du père. A première vue on pourrait penser qu’il va être inactif dans le récit, mais finalement il a une grande profondeur. Enfin je tenais à saluer le jeune Diong-Keba Tacu qui met de bien belle manière sa pierre à l’édifice avec de bonnes apparition, à l’image sa prestation dans FRAGILE (2021).
" Une histoire d'amour et de désir" présenté cette année au Festival de Cannes(semaine de la critique) plébiscité par la critique est une romance qui se regarde. En effet même si il manque quelque chose à ce film pour en faire un bon film, le point fort de celui-ci est l'interprétation de Sami Outalbali et Zbeida Belhajamor qui forme un beau duo, dans un récit qui évoque le désir de deux êtres l'un pour l'autre partagé entre tradition culturelle et religieuse et émancipation.
Un second long métrage très subtil sur les thèmes croisés de la littérature, du désir et de l'intégration de la jeunesse musulmane. Beaucoup de sensibilité et des dialogues au diapason. Le jeune acteur est formidable.
Après « A peine j’ouvre les yeux » dont j’avais fait les louanges il y a quelques années ( ), voici le deuxième film de Leyla Bouzid qui après avoir remporté un grand succès lors de sa présentation au festival de Cannes, remporte ce week-end, au festival de film francophone d’Angoulême le prix du meilleur film et le prix du meilleur comédien pour Sami Outalbali. Avec une délicatesse propre à sa mise en scène et le traitement subtile de ses personnages, Leyla Bouzid réussit à nous immiscer dans une histoire d’amour entre deux jeunes étudiants en lettres à la Sorbonne. Pour Farah ( formidable Zbeida Belhajamor ), les sentiments amoureux ne sont pas problématiques, elle les provoque même, et semble bien plus émancipée. Pour Ahmed, cette situation amoureuse n’a rien d’évidente, rattrapé par ses pulsions sexuels, son éducation, sa religion, la peur de sa « première fois » et la littérature érotique arabe qu’ils étudient et dont lui ne soupçonnait pas l’existence. De quoi effectivement douter, se remettre en question. C’est bien là l’originalité et la force du film, ce regard posé par une jeune réalisatrice sur un jeune personnage masculin, qu’elle rend terriblement fragile et attachant, un regard d’amour trop rare au cinéma, aussi beau que l’était celui de Maurice Pialat sur Sandrine Bonnaire dans « A nos amours », et oui, rien que ça. Le film de la semaine, voire de la rentrée.
Un film merveilleux, vrai et délicat. Une rencontre amoureuse qui contribue à parfaire l'identité d'Ahmed , au delà des clichés. Une émancipation par l'amour. On en redemande !
Magnifique film sur l'éveil à l'amour et au désir d'un jeune homme, sujet rarement vu au cinéma et traité ici de manière très subtile et délicate. Le film est rempli de sensualité, celle des corps et des mots. Les acteurs principaux et secondaires sont superbes.
Quel plaisir de retrouver Leyla Bouzid pour son 2ème long métrage ! Un film beau et vrai, d'une grande délicatesse et qui sait faire taire les clichés. Un vrai chef d'œuvre cinématographique, et sans aucun doute le meilleur film de cette année 2021. Foncez !
Une merveille ! Tout en subtilité et en douceur, ce film parle de beaucoup de sujets actuels (immigration, intolérance, place de la femme,...). C'est très réussi, bravo.
Un film délicat, sensuel et romantique mais aussi social et politique. Le film se découvre sur différentes couches, toutes plus riches les unes que les autres. Ce n’est pas juste une histoire d’amour, c’est le portrait d’un jeune français d’aujourd’hui, à cheval entre plusieurs mondes, tiraillé entre ce qu’il pense que sa culture lui impose et ce qu’il est profondément, et aussi ce qu’il ressent. C’est beau, c’est profond et subtilement incarné par ces deux comédiens absolument formidables.
Ce film raconte l’histoire complexe de cette relation amoureuse entre deux étudiants magrébins en littérature à la Sorbonne. La réalisatrice tunisienne dont c’est le premier long métrage a très bien filmé cette relation avec souvent beaucoup de subtilités dans le traitement du scénario. Les interprètes sont très naturels dans leur rôle respectif et le film est intéressant à découvrir. Ce film porte également un regard intéressant sur les conditions de vie en France de ces jeunes issus de l’immigration.
(...) Alors que ceux sur les jeunes filles sont pléthore, les films sur l’éveil amoureux des garçons restent assez rares pour qu’on n’applaudisse pas l’essai gracile de Leyla Bouzid, qui ose ainsi parler de l’autre sexe et le fait avec cœur, de très délicate façon, aidée par l’engagement de très expressifs acteurs. En assumant ainsi un regard féminin sur un ressenti masculin, elle fait de son film un appel à tous les garçons de maîtriser leurs peurs et leurs autocensures, de transgresser leurs inhibitions pour s’ouvrir à l’amour sans tomber dans les travers du machisme ambiant. (lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures)