Le Genou d’Ahed
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38 critiques spectateurs

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Octavio Gry
Octavio Gry

24 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mai 2026
Cri de rage politique dont les décrochements du récit (un raccord transporte le personnage du désert à une rue dans une grande ville) et les embardées de la caméra (p. ex. va et vient rapides de la caméra pour filmer les champs / contrechamps) donneront la nausée à certains... et forceront l'admiration d'autres.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 avril 2026
Le genou d’Ahed fait référence à Ahed Tamimi, cette adolescente palestinienne qui avait giflé un soldat israélien à un checkpoint, et dont un député de la Knesset avait affirmé qu’il ne serait pas mécontent qu’on lui tire dans la rotule. C’est aussi un prétexte, un film dans le film, un projet expérimental que l’avatar du réalisateur à l’écran, Y, se prépare à projeter en avant-première dans un kibboutz israélien reculé du Néguev, tout comme les conversations téléphoniques de cet avatar avec sa mère mourante constituent une allégorie de son rapport à sa patrie, tout aussi mourante et avant tout des espoirs qu’elle n’a pas pu concrétiser et des rêves qu’elle a regarder disparaître. Tout l’enjeu du scénario est de découvrir si le metteur en scène va accepter de se soumettre à la représentante locale du Ministère de la culture, qui exige de connaître au préalable le contenu du film et les intentions du réalisateur, afin de vérifier qu’ils correspondent à sa liste de thématiques autorisées, méthode qui a fait ses preuves pour pousser les créateurs à l’auto-censure et ficher les plus récalcitrants. Nadav Lapid est un cinéaste en colère, contre son pays qu’il voit sombrer chaque jour un peu plus dans l’autoritarisme : c’est sans doute la raison pour laquelle il alterne, d’une façon qui peut sembler parfois gratuite, des mouvements de caméra chaotiques et de longs travellings contemplatifs sur le désert. Une autre impression qui revient souvent, c’est que ces aspects expérimentaux, tout comme les curieuses saynettes musicales, constituent une manière d’occuper utilement l’espace disponible dans l’attente des points chauds du film, ceux qui permettent à Lapid de vider personnellement son sac à travers les monologues et les dialogues prévus par le scénario. A ce titre, ‘Le genou d’Ahed’ est peut-être plus un manifeste politique qu’un film. Nadav Lapid l’a réalisé bien avant le drame d'octobre 2023 et la destruction consécutive de Gaza : ça m'étonnerait que son humeur se soit arrangée depuis lors.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 septembre 2025
Prix du jury ( Cannes 2021), cet opus du cinéaste israélien Navid Lapid, dont la filmographie questionne la société de son pays, propose dans son " le genou d'Ahed " ( du nom d'une jeune palestinienne qui fut filmée en train de gifler deux militaires de Tsahal ), une sorte de cri désespéré, à l'égard du contexte politique que connait son pays.

Le scénario est minimaliste, proche de l'essai politique. Traduction de l'univers émotionnel du cinéaste, il y a un côté Fellinien mais aux ressorts dramatiques dans l'œuvre de Lapid.

La musique fait office de catharsis dont les effets restent malheureusement limités dans le temps. Le casque audio retiré, le quotidien reprend ses droits.

Cinéma exigeant, à la limite de l'expérimentation, " le genou d'Ahed " part aussi un peu dans tous les sens.

On sent les tourments intérieurs du cinéaste, son mal-être ( Y, c'est vraisemblablement son double ) qui se diffuse à travers ses images.

Son entreprise est courageuse, mais l'on sent l'artiste démuni et peut-être même découragé face à une société dont il n' épouse pas au moins, certaines de ses thèses ; mais dont il semble douter de sa capacité à en faire bouger les lignes.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 septembre 2024
Quatrième long-métrage de Nadav Lapid, Le genou d’Ahed prend la forme d’un pamphlet particulièrement virulent de dénonciation du virage anti-démocratique pris depuis plusieurs années par Israël. Il nous fait suivre Y, alter ego du cinéaste israélien, qui se rend dans un village désertiques proches de la frontière jordanienne pour y présenter sa dernière production. Sur place, l’organisatrice de sa venue – avec qui va s’instaurer un trouble jeu de séduction – lui demandera de signer un papier s’engageant à ne pas aborder de sujet trop sensible lors de sa présentation. Entre documentaire et fiction, ce film qui n’hésite pas à effectuer d’étranges mouvements de caméra prend la forme d’une réflexion intéressante sur le statut de bourreau et celui de victime, assumant par là une charge politique que d’aucuns pourront considérer comme excessive.
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 797 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juin 2023
Le sujet est passionnant et la mise en scène original et passionnante. Mais le récit dans ses accès de folie et d'excès me laisse de côté.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 novembre 2022
Je n’avais pas trop apprécié « Synonymes ».

« Le genou d’Ahed » est une claque à laquelle je ne m’attendais pas à recevoir en pleine poire. Sans doute comme Yalahom (Nur Fibak) victime de la rage orale de Y sous les traits d’Avshalom Polak, lequel doit être le portrait de Nadav Lapid. Entendez son double.
Ne parle-t-il pas de sa mère pour commencer ? Scénariste comme la mère du réalisateur.
Dans le film, Nadav Lapid la fantasme vivante même si elle se bat contre un cancer, alors que dans sa réalité, elle a disparu depuis « Synonymes ».
Une mère constamment présente dans son esprit.

« Le genou d’Ahed » est celui d’une jeune fille palestinienne Ahed Tamimi ; un député israélien voulait lui loger une balle dans un de ses genoux pour la calmer et l’assigner à l’immobilisme pour la vie. Elle sera emprisonnée pour avoir giflé un militaire venu forcer sa maison.

A travers ce fait divers, Nadav Lapid dénonce sans aucun doute la politique impitoyablement injuste des colons sur les terres palestiniennes en particulier, et une politique intérieure détestable dans son ensemble. Un pays dans lequel il ne se reconnaît plus depuis quelques temps.

Il ne dénonce pas, il vomit son pays !
Nadav Lapid rêvait d’un pays complètement différent des autres nations, un pays, qui, sans doute, aurait été un modèle d’humanité dans la mesure où ses habitants sont tous d’origine de pogroms, de camps de concentration, d’exodes.
Que la souffrance des anciens, le peuple juif, malmenés, martyrisés, menacés à travers des siècles n’accouchent pas de monstres reproduisant les mêmes horreurs qu’ils avaient subies.

Nadav Lapid (ou Y) vomit son pays fait de mots d’amour et de haine, mais aussi avec une caméra endiablée qui se pose là où on ne l’attend pas vraiment. Une caméra prise à partie durant le long monologue terrifiant d’Y dans le désert d’Arabah ; celui-ci conclut sa diatribe, parfois obscène, en plaquant son visage contre la caméra comme pour signifier que le cadre est trop étroit, trop étouffant.
Ce cadre est son pays, sa prison. Il l’attrape fermement comme il aurait attrapé les barreaux de sa prison pour crier sa haine de l’Etat qui salit son autre mère : la mère patrie d’Israel.
Patrie qu’il a servie en tant que citoyen et militaire.
Complice inconscient ou victime contrainte, il vomit aussi sur lui-même pour avoir été un des bâtisseurs de son pays qu’il rejette.

Le tout est illustré par une mise en scène tourbillonnante pour ne pas dire hystérique à travers des séquences musicales survoltées. Il y a des plans lents qui s’inscrivent parfaitement avec un autre personnage, le désert, puis ça explose sans s’y attendre.

« Le genou d’Ahed » est un film coup de poing, pas facile à encaisser, il suffit d’être patient et accepter la démarche artistique torturée de l’auteur. Il peut paraît aride comme le désert de l'Arabah.

En tout cas, le film a été diffusé sur les écrans israéliens.
Nadav Lapid, a-t-il été rassuré sur la soi-disant censure de son pays ?
A moins que le ministère de la culture voulait éviter d’en faire un martyr !
Troublant et troublé, je suis.
didbail
didbail

40 abonnés 539 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2022
Un film sans concession qui dénonce avec force le régime dictatorial d'Israël dans lequel les artistes ne peuvent plus exprimer d'opinion contraire à la doxa gouvernementale et n'ont plus qu'une solution : l'exil.
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 juin 2022
S'il ne fait pas de suite, Nadav Lapid établit systématiquement un lien entre ses films qui sont engagés et critiques envers son propre pays. Le réalisateur rêve d'une Israël plus humaine et respectueuse et le fait comprendre au cours de certaines tirades aussi engagées qu'enragées de son personnage principal. Cette histoire est directement inspirée de sa propre expérience lorsqu'il a été invité à donner une conférence pour "L’Institutrice", avant qu'on lui impose les sujets sur lesquels il devait parler. On retrouve ces scènes dans le film qui se déroule dans un cadre assez étrange pour ce genre de représentation... L'autre partie de l'histoire qui est inspirée d'un fait réel concerne Ahed Tamimi, dont l'histoire va être portée à l'écran par Y. On peut clairement y voir une mise en abime avec ce réalisateur qui met en scène son alter ego. Que l'on adhère ou pas, le cinéaste se veut sincère dans son discours plus ou moins marquant contre la censure et la politique israélienne. Pour ma part, à part l'intense dernière partie portée par un très bon Avshalom Pollak, je n'ai pas plus accroché que ça à ce film qui se laisse tout de même regarder.
Guillaume
Guillaume

155 abonnés 1 753 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2022
Trop inégal dans sa construction pour marquer l'Histoire du cinéma, "Le Genou d'Ahed" ébahi cependant le spectateur lors de ses fulgurances, des morceaux de vérité de son réalisateur.
En érodant toute subjectivité sur cette thématique ô combien clivante, force est de reconnaître une maîtrise des mots et de la mise en scène.
Robt 25
Robt 25

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 avril 2022
Excellent film, bien réalisé et décapant. Nadav Lapid s'en prend à la mort de l'expression artistique et des libertés dans son pays, Israël. Qui plus est, il a le courage de dire ses 4 vérités au régime israélien et sa politique d'oppression du Peuple palestinien, que ce régime maintient sous occupation militaire cruelle, poursuivant la colonisation illégale de la Palestine et la répression qui va avec.
Le cas de l'adolescente palestinienne qui a giflé un soldat s'introduisant dans sa maison est pris en exemple. La video de cette gifle était devenue virale et avait fait le tour du monde, lui valant une peine de prison ferme de 6 mois. Smotritch, un député israélien avait alors osé affirmer "qu'il fallait lui briser le genou" ; d'où le titre du film...
Un film qui raconte crument et avec brio une vérité dramatique de persécution de tout un peuple sans défense, qu'une conférence sur le sujet ne saurait pas aussi bien dire...
A voir absolument !
Edgar B
Edgar B

87 abonnés 102 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 mars 2022
Pénible à regarder !
Les mouvements de caméra font mal à la tête, les personnages sont inintéressants, c'est bavard, prétentieux et franchement on s'en fou de l'histoire.
Comment ce film a pu avoir un prix à Cannes ? Absolument nullissime.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2022
Un spectateur des films de Y. le héros de l’histoire dit que ses films sont « imprévisibles et innovants ». A l’image du dernier long métrage de Nadav Lapid qui plus autobiographique que jamais raconte l’histoire d’Israël à travers un regard très critique et militant. En venant présenter son travail dans un coin très reculé du pays, Y. se confronte à la censure gouvernementale inscrite sur la liste des sujets qu’il envisage d’ aborder. Yahalom, la fonctionnaire a du charme et dit tout le bien qu’elle pense de ses films. Y.est séduit, un instant seulement. La charge dictatoriale des préceptes gouvernementaux le fait sortir de ses gongs. Yahalom en guise de puching ball va devoir affronter toute la réserve antipathique d’un opposant à sa doctrine. Nadav Lapid a confié le personnage à Avshalom Pollak, premier grand rôle au cinéma de ce metteur en scène et chorégraphe. L’interprétation magistrale est à la hauteur de la visée autobiographique d’un film dans lequel Nadav Lapid hurle et crache , sa haine et son désespoir. L’autoportrait est peu flatteur . Son cinéma veut rester libre. AVIS BONUS Un court-métrage, une analyse de la filmographie de l’auteur et ses propres commentaires, l’univers de Nadav Lapid s’ouvre ainsi un peu plus au cinéphile qui parfois a effectivement bien besoin d’y trouver ses repères.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 225 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 janvier 2022
On a paeu l'occasion de voir des films israéliens, celui ci se distingue apr son originalité sur la forme : une façon de filmer hors norme des gros plans décadrés, des accélérations, des moments parfois magiques mais qui finissent par lasser tant ces effets paraissent totalement gratuits;
De même, sur le fond, le film ne manque pas d'intérêt quoique parfois on perd le fil de l'histoire et surtout le personnage principal n'appelle pas vraiment à l'empathie.
Nul doute que le cinéaste ne manque ni de talent ni d'idées, ce qui lui a valu un Prix du Jury à Cannes, mais pour l'adhésion totale avec le cinéaste, on repassera.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 janvier 2022
Un partis pris de filmer comme un documentaire, caméra à l’épaule et qui pourtant suit les mouvements du regard des personnages, parfois des séquences haut-bas, comme le pays qui marche sur la tête ? Des séquences qui donnent le tournis, envie de vomir.
Des personnages qui se retrouvent soudain couchés (par terre ou pas).
Comme le dit si bien le personnage principal à propos de son film : seul compte le style.
Parce que le propos politique du film est donné au spectateur à la truelle : un dialogue anti-système à sens unique un peu lourd.
Un film plein de symboles narratifs mais qui pêche par son propos grossier en complet décalage.
Je suis restée indifférente à la maladie de la mère que l’on ne voit jamais.
Une fin qui montre que la violence n’engendre que la violence.
Vassili A.
Vassili A.

33 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 décembre 2021
Le film de Nadav Lapid est l'œuvre de quelqu'un qui ne cesse de se mettre en colère. Mais contre quoi? La société israélienne, l'esprit militariste, les mentalités de ce pays en état de guerre perpétuel ?
Comme si on ne pouvait plus traiter des sujets, autres que les valeurs militaires ou la fraternité au combat, pour avoir droit à une maigre subvention du ministère de la culture.
On ne doit rien à personne. On se doit juste de rester soi-même, un être libre jusqu'au bout Et peut importe les avis unanimes des habitants de ce village dans le désert d'Arava ou le réalisateur présente un de ses films passés...
Et cette question lancinante qui revient: que sommes nous devenus ?
Tout est dans le formulaire qu'on doit remplir, faut- il cocher la case "je renonce à ce que je suis" ?
Cher Nadav, on ne renoncera jamais, on cherchera à l'infini des synonymes pour décrire le monde, comme vous le voyez et comme nous le voyons...
En révolte permanente contre la médiocrité consensuelle. L'heure est venue de régler les comptes...
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