Misanthrope, le dernier opus du réalisateur argentin Damián Szifron, débute en trombe, plongeant le spectateur dans un tourbillon d'angoisse et de paranoïa. Dans une ambiance festive, la tension monte rapidement avec une scène d'ouverture sanglante, rappelant les meilleurs thrillers du genre. La ville en ébullition, la police et le FBI sous pression, le film promet un suspens palpitant. Shailene Woodley incarne une enquêtrice troublante, riche en failles, mais c'est Ben Mendelsohn qui vole la vedette avec son interprétation remarquable d'un supérieur charismatique et sobre, dépeignant toute la complexité de son rôle entre ambition politique et influence des collègues.
Cependant, malgré un début prometteur, des maladresses et petites incohérences se font sentir à mi-chemin. La révélation du tueur, dont les talents de tueur froid étaient tant vantés, se révèle décevante, ne correspondant pas à l'attente créée autour de son passé mystérieux. De même, les indices semés autour du passé de l'enquêtrice restent sans suite, ce qui s'avère gênant puisque c'est précisément ce lien potentiel avec le tueur qui aurait pu donner de la profondeur à l'intrigue. La dernière partie du film, quant à elle, déçoit avec des rebondissements en trop, du blabla superflu et un manque d'originalité. Cependant, malgré ces défauts, Misanthrope offre tout de même un bon moment cinématographique.
Eleanor, l'enquêtrice au lourd passé, intervient sur les lieux d'un crime de masse perpétré par un tueur en série méthodique. Le réalisateur argentin Damián Szifron signe un thriller magistral, rappelant des références comme Le Silence des agneaux et Zodiac. Pendant 120 minutes, le spectateur est captivé par un scénario riche en rebondissements et une mise en scène minutieuse. Dès la scène d'ouverture, une fusillade époustouflante dans un centre commercial, la tension est palpable grâce à une mise en scène immersive.
Le point fort du film réside non seulement dans sa mise en scène, mais également dans son scénario qui établit un parallèle fascinant entre l'héroïne et le tueur en série. La jeune enquêtrice, marquée par un passé douloureux, parvient à comprendre les agissements du tueur et à apporter des informations précieuses au FBI. Les scénaristes en profitent pour critiquer ouvertement les problèmes sociétaux des États-Unis, tels que la prolifération des armes à feu, les tueries de masse, l'influence des médias et les fake news véhiculées par les extrémistes de droite. De plus, l'excellente performance de Shailene Woodley et Ben Mendelsohn renforce l'impact du film.
Cependant, Misanthrope souffre du manque d'originalité qui caractérise certains clichés du genre. Malgré une réalisation visuellement léchée et un casting solide, le film laisse un goût de déjà-vu avec des éléments récurrents et des personnages prévisibles. De plus, le discours nihiliste du film semble artificiel, ajouté pour donner une illusion de personnalité et un côté sulfureux.
Malgré ses imperfections, Misanthrope réussit à captiver grâce à son exploration intéressante de la pression politique entourant une affaire de cette ampleur. C'est là que le film trouve sa force, en dépassant les aspects personnels des personnages pour se concentrer sur les enjeux politiques. C'est dommage que les rebondissements prévisibles et déjà vus viennent ternir l'ensemble.
En conclusion, Misanthrope est un thriller visuellement attrayant, porté par un casting convaincant et une analyse intéressante de la pression politique. Cependant, son manque d'originalité et ses clichés du genre limitent son potentiel. Malgré tout, le film offre un moment cinématographique solide, mais aurait pu être bien meilleur s'il avait embrassé pleinement le nihilisme de son héroïne dans son écriture, plutôt que de le présenter comme un simple ornement.