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Un visiteur
0,5
Publiée le 9 octobre 2020
Ici, l'habit fait le moine parce qu'il est signé Yves Saint Laurent. L'entre-soi cultureux parisien et friqué crie au génie mais Gaspard Noé terrorise en fait le spectateur avec un déluge de femmes à poil, de stroboscopes et d'infrabasses. Beurk.
Lux Æterna est quelque chose de dingue, encore une fois Gaspar Noé m'a surpris énormément. Je suis admiratif devant son travail, j'adore ce qui fait, il fait de vraies scènes très réalistes pour faire réagir le spectateur. Là cette fois ce sont les stroboscope de partie. Même si il est court le film, c'est un chef-d'œuvre jouissif. Un moyen-métrage très rythmé et très coloré avec une touche d'humour et beaucoup d'intensité sur tout le long. J'ai beaucoup aimé cette face cachée des tournages. Gaspar Noé a montré plein de choses à ce propos en passant par la réalisatrice, le chef opérateur, le directeur de la photographie, les maquilleurs, les décorateurs et surtout les producteurs qui donne une vraie caricature de leur métier à mon sens. Avec une technique bien particulière utilisé par Gaspar Noé, bien que la réalisation et le cadrage et les plans qui sont extraordinaires en terme technique. Le réalisateur a utilisé le "Split Screen" (= écran divisé en Français). Gaspar Noé a utilisé cette technique, on suit deux points de vues différents, en suivant les deux actrices Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg. spoiler: Je trouve que c'est un très bon moyen d'utiliser ce genre de cinéma très performant. Après ce qui m'a surpris c'est le bruit de fond (comme pour Irréversible) et d'utiliser des stroboscope et pendant 6 minutes, une scène d'épilepsie très intense et insoutenable c'est ça qui fait tout le charme de ce film. Gaspar Noé a encore fait preuve de beaucoup de souplesse, avec un travail excellent et j'espère qu'il continuera à faire des films qui seront peut-être excellents.
Si les expérimentations du bonhomme ne vous font pas peur, Lux Æterna reste une vraie bonne pioche à découvrir en salle. Sa durée de 52 minutes permet d’aller à l’essentiel et de resserrer considérablement son récit. Le revers est que 20-30 minutes de plus auraient permis d’aller encore plus loin tant narrativement que visuellement. On a un peu le sentiment que le film se finit au moment où il rentre dans le vif du sujet. Pas de quoi se priver néanmoins, Lux Æterna est une vraie plongée immersive dans le chaos. Carrée, soignée, tenue de bout en bout, cette descente méta aux Enfers est une nouvelle belle pierre acidulée à l’édifice de Noé.
Alors *craquement de doigts avant d'écrire … je n'ai pas du tout aimé. Et j'ai remercié tous les Dieux qu'il s'agisse d'un moyen métrage de 51 minutes en quittant la séance. En fait, j'ai trouvé le film long, décevant et incompréhensible. Je veux qu'on m'explique. J'ai pas du tout saisi là où Gaspard Noé, le réalisateur voulait nous emmener. Ça n'empêche qu'il y a des plans-séquence assez incroyables, exercice jamais facile à maitriser. De nombreux split-screen qui renforcent parfaitement l'ambiance pesante du film. Et puis, Charlotte Gainsbourg, Béatrice Dalle ainsi que les autres acteurs sont incroyables. Les 5 dernières minutes, attention : ça envoie (je salue la prise de risque). Au final, il s'agit plus d'une expérience cinématographique qu'autre chose.
Comme souvent chez Noé la mise en scène et la photo sont magnifiques et les acteurs au top mais ça pêche énormément au niveau du scénario, ce qui fait qu'une fois l'étonnement passé il ne reste que le côté très énervé, de l'ennui et un mal de tête ! Bravo à Béatrice Dalle qui elle arrive à tirer son épingle du jeu par son charisme et son talent trop rare sur les écrans d'actrice.
Difficile de noter ce moyen métrage qui se découpe en trois séquences inégales. La première où les deux actrices les plus aventurières du cinéma français improvisent en divaguant sur leur art. La seconde qui est une "Nuit Américaine" sous acide sans grand intérêt, mais non sans humour, ce qui est plutôt rare chez Noé. Et en enfin la dernière, totalement hypnotique, radicale, expérimentale, insoutenable, qui imprime durablement la rétine. Est-ce que 10 minutes magistrales suffisent à transformer une œuvre quelconque en très bon film? Oui.
Gaspar Noé offre à ses spectateurs une nouvelle expérience cinématographique à chacun de ses films. Le fond est assez creux mais l expérience est malgré tout intéressante pour le sentiment d oppression qu offrent l image et le son
ATTENTION, CECI N'EST PAS DU CINÉMA. C'est un trip arty, une mise en abyme d'un tournage qui devient un enfer et qui s'enfonce dans un effet stroboscopique. J'ai eu l'impression de prendre un ecsta dans un squat. C'est donc, étrange.
Quand Noé est prétentieux, il m'énerve profondément. Quand il s'amuse simplement, comme c'est le cas ici, je le trouve rafraîchissant.
La première partie du film consiste en une logorrhée de Béatrice Dalle, qui en arrive à se saoûler elle-même, sous l'oeil perplexe d'une Charlotte Gainsbourg qui se demande ce qu'elle fait là. C'est certes assez peu original, mais délicieux.
La seconde partie est une plongée en apnée sur un plateau de tournage où tout le monde part en vrille. C'est vertigineux, brillamment mis en scène, et bourré d'idées (la parenthèse dadaïste de Charlotte en train d'appeler la baby-sitter de sa fille, d'une salle de dissection !). Noé y manifeste cette confondante facilité à filmer d'une façon fluide les espaces confinés, qui impressionnait déjà dans Climax.
La troisième partie organise un paroxysme sur les bases habituelles de lumières stroboscopiques et d'une bande-son obsédante. On a déjà vu cela chez Noé, mais la scène est ici dépourvue des oripeaux métaphysico-mystiques qui polluent parfois le cinéma du franco-argentin. On ne vit ici la scène que pour ce qu'elle montre, et c'est bluffant.
Gaspar Noé semble donc ici poursuivre dans la voie de son film précédent : une attention extrême aux acteurs, une caméra jouissive, une intrigue modeste, des effets réussis (les splits screens carrés sont de toute beauté).
J'ai profité à fond de cette friandise sans conséquence, qui se déguste sur le pouce.
J'aime assez bien les films de Gaspard Noe en général mais la je n'ai pas compris l'intérêt du film. Film à la durée très courte ce qui est un risque aussi.
Béatrice Dalle joue son propre rôle : celui d’une actrice passablement barrée qui passe derrière la caméra pour diriger dans son premier film « L’Œuvre de Dieu », son amie Charlotte Gainsbourg. L’ambiance sur le plateau n’est pas paisible et le comportement agressif de la réalisatrice n’arrange rien : son producteur ne lui fait plus confiance et veut l’évincer, ses actrices, en roue libre, sont abandonnées à elles mêmes, le personnel technique est au bord de la grève….
"Lux Æterna" est un objet filmique non identifié. Œuvre de commande de la maison Yves Saint Laurent, dans le cadre de « Self », un projet qui invite différents artistes à réinterpréter les collections et l’esprit de la maison de haute couture, il a été présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2019. Carte blanche était laissée à Gaspar Noé dont la seule contrainte était d’utiliser des costumes et des visages de la marque (on reconnaît les "top models" Abbey Lee et Mica Argañaraz).
Il a tourné un moyen métrage d’une durée bâtarde : cinquante et une minutes, trop long pour un simple clip publicitaire, trop court pour un vrai film qui nous aurait laissé le temps de nous familiariser avec ses personnages et de nous raconter une histoire.
On y retrouve la patte du réalisateur franco-argentin, notamment son goût pour les atmosphères confinées, pour les longs plans séquences qui suivent les acteurs dans leurs pérégrinations labyrinthiques dans des décors exigus. De ce double point de vue, "Lux Æterna" rappelle "Climax", son dernier film. On y retrouve aussi ses obsessions pour des thèmes "border line", ici la sorcellerie à laquelle, on le sent, il aurait aimé consacrer un film plus long.
La partie la plus réussie de ce moyen métrage est le dialogue qui l’ouvre d’une douzaine de minutes entre les deux actrices. Laissant la place à l’improvisation, elles y évoquent quelques souvenirs de tournage désopilants. On les découvre égales à elles-mêmes : Béatrice Dalle, complètement chtarbée, Charlotte Gainsbourg plus pudique. Et on regrette presque que ces échanges improvisés ne durent plus longtemps et cèdent la place aux délires stroboscopiques et bruyants de Gaspar Noé.
Voici un petit délire que Gaspar Noé nous offre sur un plateau en argent. Une expérience à vivre au cinéma, on en ressort le regard pleins de couleurs. J'ai très rarement ressentis des émotions aussi intense et forte au cinéma. Béatrice Dalle nous fait du Béatrice Dalle et elle le fait parfaitement bien, et Charlotte Gainsbourg est aussi très bonne dans son propre rôle. Gaspar Noé nous offre une leçon de cinéma pendant 50 minutes et nous offre de nouvelles propositions visuel.
Depuis Seul contre tous les films de Gaspar Noé sont très attendus. Par moi y compris. Il ne m'a jamais déçu sauf pour Love (mais il faudrait que je le revois). Très curieux de voir celui-ci. L'affiche était alléchante, Dalle et Gainsbourg dans un moyen métrage traitant de sorcières sur un bucher. Il n'en fallait pas moins. On retrouve ici tout ce que l'on aime chez Noé. Sa mise en scène, son univers, ses couleurs, sa frénésie, sa direction d'acteurs. Deux choses bloquent un peu par contre. Le scénario d'abord, beaucoup plus soft que pour ses autres films. Même s'il nous réserve quelques belles scènes et surtout le dialogue d'ouverture entre les deux actrices (enfin plus un monologue de Béatrice Dalle). Un must. On ne sait plus trop si on est devant une fiction ou devant une vraie interview croisée (il les a laissées en fait improviser pendant vingt minutes à la fin du tournage). Si par la suite cela monte un peu dans l'hystérie collective, je trouve que cela reste bien sage par rapport à ses longs métrages. Est-ce parce que c'est une commande de St Laurent ? Second défaut, la durée (51 minutes). Pour le coup on reste sur notre faim. On se plait à imaginer ce que cela aurait donné s'il s'était lâché dans un délire de 1h30 ou plus. Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg sont magnifiques, même si cette dernière est plus en retrait. Comme dans la vie sans doute. Au final tout de même un très bon moment. Lux Æterna a été tourné dans l'urgence et reste une belle expérience. Mais toutefois moins extrême que ses précédentes réalisations. Gaspar Noé en a toujours malgré toujours sous le pied et on attend une prochaine mouture plus personnel cette fois...
Nouvel ovni cinématographique au format inhabituel de 50 minutes environ, "Lux Aeterna" est en fait une commande faite par Saint-Laurent, une carte blanche où devait figurer égéries et pièces vestimentaires de la célèbre maison de couture. En deux mois seulement, Gaspar Noé a du revoir l'un de ses scénarios laissé dans un tiroir pour l'adapter à ce drôle d'exercice. D'un côté, on sent que le réalisateur a suivi ses instincts en s'adonnant à divers expérimentations formelles, en se foutant des conventions, ce qui en fait une oeuvre unique en son genre. Mais de l'autre, ce qui devrait être un condensé explosif se révèle étrangement long sans jamais atteindre de point d'acmé à la hauteur de nos attentes. Au vu du démarrage lent et improvisé entre les deux actrices, Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle, je m'attendais à une montée progressive et délirante vers un final qui prend au cou. Au lieu de ça, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir un soufflé rempli d'air, qui retombe aussitôt. C'est étrange d'avoir un film si court et de trouver le temps de s'ennuyer non ? Pourtant, sa réflexion sur les sorcières est intéressante, notamment le début avec des images de vieux films et des intertitres cyniques et explicatifs. S'ensuit un tournage de cinéma qui peine à démarrer, avec une scène de bûcher, où la représentation de la sorcière fait plus figure de prétexte esthétique... Cependant, ce que j'aime chez ce réalisateur, c'est sa manière de déstructurer le groupe ou le formel, pour mettre progressivement en exergue le chaos... Là, le tournage part en cacahuète, déjà par la tension qui s'en émane puis par l'écran coupé en deux multipliant ainsi cette sensation de perte de contrôle, pour enfin s'achever sur une pluie stroboscopique insupportable... bon. Le numérique submerge les spectateurs et étouffe le jeu des actrices, ce qui m'a encore moins permis de cerner son propos... Le mix entre sorcière brûlée au bûcher en lunettes de soleil, pagaille sur un plateau de tournage, hystérie des actrices et effets visuels aveuglant me font dire que Noé a su cocher les cases de son cahier des charges avec succès mais qu'il n'a pas vraiment tout connecté. Ceux qui parlent de chef-d'oeuvre ont été hypnotisé par les stroboscopes, c'est pas possible autrement... Pour moi, "Lux Aeterna" est une esquisse prometteuse mais imprécise de ce que pourrait être un long-métrage.