Après avoir vu Amour, palme d'or de 2012, je m'attendais à un film similaire, du moins parallèle dans sa construction, avec une décadence progressive du protagoniste. On y aperçoit des similitudes, peut-être même des références, lorsqu’on suit la famille de ce dernier. Cependant la comparaison s’arrête la. The Father nous plonge dans les quelques moments de lucidité d'un octogénaire atteint par la maladie d’Alzheimer. Du moins c’est ce que l’on croit, puis on comprend que tout est confus, chaque nouvelle scène contredit et conforte à la fois la précédente, une boucle d’incohérence s’installe au point de ne plus pouvoir démêler le vrai du faux, finissant fatalement par oublier qui on est. La réalisation montre l’état de confusion dans lequel se retrouve les personnes atteintes de cette affection, ce court aperçu suffit à nous remplir d’effroi.
Mais quel acteur ! Comme il sait faire passer sa peur, son angoisse d'être trompé, manipulé, il ne reconnaît plus rien, ne comprend plus rien... Il a tout perdu, sauf cette peur et cette angoisse qui le terrassent. J'avais vu la pièce à la Comédie des Champs-Elysées avec le formidable et regretté Robert Hirsch, le film ne dépare pas.
Pour un premier pas dans le long métrage cinématographique, c'est un coup de maître. Florian Zeller a gardé du théâtre les notions de temps, de lieu et un nombre limité de personnages (3) qui en réalité du fait du parti adopté se démultiplient en 6 voir 8 acteurs. "Dans la tête" et au travers des yeux et des interprétations que le personnage central a des lieux (le hall d'entrée, la cuisine, le salon, la chambre) et des évènements (on va manger du poulet ce soir ..., présentation d'une nouvelle aide à domicile), admirablement joué par Anthony Hopkins (pouvait-on s'attendre à moins ?), la glissage entre conscience, maîtrise et autorité qui caractérisent le personnage se fait progressivement sous nos yeux vers une perte de repères dont le sens devient confus, jusqu'à se limiter à quelques objets (un tableau, sa montre) pour devenir une bouillie où l'homme brillant et autoritaire va peu à peu retourner au néant, celui de l'enfant juste né. L'option adoptée par le réalisateur est celle du "Jour de la Marmotte", répétition syncopée de quelques moments et évènements, tout au long desquels les lieux évoluent subrepticement jusqu'à ne plus être reconnaissables par Anthony, les discours perdent de leur sens, la mémoire devient plus floue, de plus en plus inventée ou collée à des fantasmes. La force du film vient aussi du fait que les deux autres personnages, la fille (Anne) et le beau-fils (Paul), rejouent la même scène successivement avec des nuances fondamentales (at différents acteurs) qui font tout changer et lors desquelles, si on ressent et on perçoit les sentiments qu'ils éprouvent dans la situation, n'autorise jamais à décider de laquelle est la vraie version ;.. Probablement aucune .... Toutes pouvant être à un moment ou un autre issues de l'imaginaire branlant du vieil homme. Mais cette interprétation perd malgré tout de son sens, notamment à cause du rôle de la fille (Anne interprétée par Olivia Colman) qui nous montre le désarroi et la souffrance de cette femme devant la disparition progressive de son père, perception qui ne peut pas être celle d'Anthony. On est donc dedans-dehors la tête d'Anthony. Je me demande vraiment comment Zeller s'y est pris pour que le spectateur puisse regarder le film tout du long en sachant l'inéluctable, sans s'effondrer en larmes au bout de 20 mn, peut-être parce qu'il est trop occupé à tenter de décrypter laquelle des versions présentées est la bonne ? Malgré le drame qui se joue, il y a quelque chose de paisible, peut-être justement du fait de l'inéluctable ? Quoi qu'il en soit, je vais lire le livre dont le film est tiré.
Excellent. Anthony Hopkins amène un scénario formidable dans une troisième dimension. Les seconds rôles sont parfaits et avec une sobriété bienvenue on est embarqué dans le monde de l'oubli. Le réalisateur joue, en virtuose, avec notre confusion. Ce bel objet cinématographique nous montre que le cinéma ne se limite pas aux effets spéciaux et qu'une histoire bien menée est le cœur de toute prouesse cinématographique. Ce film magnifique nous démontre que le cinéma ne se résumera jamais à de la technique. C'est la technique qui sert une narration et pas l'inverse. Bravo à Florian Zeller qui nous montre que les écrivains font parfois des réalisateurs formidables, il nous permet de nous écarter des stéréotypes sur le film d'auteur.
Regarder ce film c'est vivre un moment unique. Regarder ce film c'est passer les deux pires heures de sa vie. Regarder ce film c'est découvrir ce que le 7ème art à de mieux à nous offrir.
Ce chef d'œuvre nous plonge dans les méandres d'une maladie que l'on ne comprend que trop peu. Avec une performance d'Anthony Hopkins proche de la perfection absolue, nous vivons 2 heures de souffrance infligés sciemment par le réalisateur. Il réussit à exploiter le temps et l'espace pour nous permettre d'entrevoir la misère que vivent les personnes touchées d'Alzheimer.
Un hommage plein de dignité et de classe rendue à ces milliers de victimes ignorées dans leur souffrance.
Une histoire évidemment triste mais pas pathétique, d'excellents acteurs et un scénario très habile qui nous place dans le même état de confusion que The Father. Le degré élevé de réalisme permet de porter un regard bienveillant sur cette terrible maladie. A voir absolument.
Ça y est ! Ma première séance depuis bientôt sept mois ! ! Et là je me prend une claque monumentale ! Cette histoire sur le début de la démence chez les personnes âgées est joué avec brio par un Anthony Hopkins toujours aussi juste dans son jeu d'acteur . C'est un film à dialogue tout le long , mais qui prend aux tripes , l'ambiance est parfois sombre sans jamais tomber dans le surnaturel et l'émotion est au rendez-vous. Beaucoup de plans fixes également, mais maîtrisés de bout en bout . Bref merci Mr Hopkins ! Et Mr Zeller !
Je n'ai pas compris quel est l'intérêt de ce film, son message / son objectif. Dire qu'il est possible d'avoir des troubles cognitifs qui font que l'on mélange les temps, les personnes, les situations. Qu'il est possible de le mal vivre. Possible mais ça ne m'a pas intéressé. Je ne vois pas quel apport propose ce film, quelle est sa patte.
Alors oui, parfois il se souvient de lucy et parfois pas, parfois il la confond avec laura, parfois non, etc. Parfois il sait dans quel appartement il est, parfois non, il reconnait plus ou moins bien anne sa fille. Anthony Hopkins est très bien, touchant, mais en même temps, il ne peut pas rattraper à lui seul les faiblesses du scénario. Je trouve cela un peu facile de proposer des scènes sans cohérences entre elles pour montrer que anthony se perd.
Alors oui, si l'on est bienveillant avec le film, on peut réussir à deviner quelle est la situation réelle, reconstruire le scenario.Peut-être est-ce ce que le réalisateur croit être l'intérêt de son film : réussir à reconstruire l'histoire et trouver la place (relation à anne) de chaque intervenant, dans quelle temporalité,
Prodigieux et pourtant on sait à chaque instant qu'elle sera la fin. Jeux d'acteurs fabuleux. Courez voir ce film au cinéma, mais pas à la télévision..
La gloire de mon père, ce héros Ce père, c'est celui que certains ont peut-être connu, c'est celui que d'autres redoutent de connaître, surtout s'ils doivent ne plus être reconnus... Florian Zeller, à qui revient la paternité du film, s'attarde sur une troublante vision des troubles de la mémoire, à travers un personnage atteint de la maladie d'Alzheimer. A certains moments, il rend fou son entourage, à d'autres il le devient lui-même. Le comédien, pourtant, est bien loin d'être sénile. Anthony Hopkins, qui se surpasse encore une fois, est en effet tout simplement remarquable, pour ne pas dire bouleversant, dans ce rôle dur à jouer et parfois même à regarder. Pris dans la spirale incessante d'instants d'absence et de lucidité, son esprit divague mais soit il en est l'unique témoin, soit il est le seul à ne se rendre compte de rien... Malgré cette dualité, un duo se sera fait remarquer avec The Father. L'auteur et l'acteur formant la paire, espérons que leur union passera à la postérité et se verra encore attribuer de nombreuses distinctions franco-américaines que l'on n'oubliera pas. A la mémoire de ceux qui nous enfantés, qu'ils se souviennent ou non de nous.
C'est du théâtre filmé mais très bien filmé en dépit de la sensation d'étouffement qu'on peut en ressentir; c'est aussi la sensation que peut ressentir une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer qui voit son monde se rétrécir comme une peau de chagrin.C'est là le sujet du film qui essaie avec succès de voir les choses du côté de la personne atteinte en nous perdant avec elle et là c'est une réussite complète.On s'attache aussi à la difficulté que connaît l'entourage d'une personne atteinte par cette maladie et là le film sonne particulièrement juste.Anthony Hopkins a reçu pour se film un autre oscar pour son interprétation, oscar amplement mérité.
Très déçue par ce film...ennuyeux . C'est une pièce de théâtre transposée, tout se déroule dans le même appartement ,ces aller/retour incessants entre le passé et le présent ,entre ce que vit le personnage et ce qu'il imagine créent un imbroglio indigeste !