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    The Father
    note moyenne
    4,3
    2421 notes dont 240 critiques
    répartition des 240 critiques par note
    65 critiques
    107 critiques
    40 critiques
    19 critiques
    6 critiques
    3 critiques
    Votre avis sur The Father ?

    240 critiques spectateurs

    RedArrow
    RedArrow

    Suivre son activité 866 abonnés Lire ses 1 211 critiques

    4,5
    Publiée le 7 avril 2021
    À travers la transmission intergénérationnelle via le prisme de l'épouvante ("Relic") ou son influence sur le destin d'un amour inconditionnel ("Supernova"), le cinéma semble récemment s'emparer à nouveau d'une des peurs les plus primaires chez l'Homme, celle d'être pris au piège des méandres de son propre esprit, de voir ce qu'il pensait immuablement le définir en tant qu'individu emporté par une mémoire défaillante...
    La crainte de se perdre dans la démence souvent inhérente au grand âge est déjà terrible en elle-même, elle s'incarne tôt ou tard sur notre route dans le regard fébrile d'un nos aînés, une détresse trahissant des premiers signes d'un possible Alzheimer, une peur presque enfantine devant l'inconnu, et nous renvoie égoïstement et momentanément à notre propre vulnérabilité. Mais, au bout du compte, personne n'ait vraiment préparé à devenir soi-même cette victime encore consciente, qui tente de se débattre, de tout simplement continuer à exister telle qu'elle a été, face aux affres du temps sur l'esprit prêts à dévorer les fondations d'une identité. Comme une répétition que l'on n'espère pas voir se concrétiser trop tôt dans la réalité de notre propre existence, "The Father" va justement nous inviter à vivre cette expérience du point de vue d'un vieil homme en train de perdre pied dans le pêle-mêle brouillé de ses derniers souvenirs.

    Dramaturge français le plus joué à l'étranger, Florian Zeller fait ici ses premiers pas de réalisateur en adaptant sa pièce "Le Père" avec l'aide du célèbre scénariste Christopher Hampton ("Les Liaisons Dangereuses", "Reviens-moi" entre autres) et conserve judicieusement l'idée d'un huis-clos théâtral dans l'espace d'un appartement, symbole de la prison mentale qui se resserre sur son héros Anthony. Si les premiers instants nous présentent la situation classique d'un homme âgé, apparemment brillant mais de plus en plus distrait, voulant conserver son indépendance face à l'aide que veut lui apporter sa fille, la confusion ressentie prend très vite une tournure bien plus déstabilisante en changeant soudainement le visage de certains protagonistes ou des éléments de leurs vies que l'on vient pourtant nous exposer comme des vérités. À l'instar d'Anthony, le spectateur est perdu, s'interroge, tente de rationaliser les événements pour les percer à jour (une conspiration ?) mais rien n'y fait, la perte de repères est à chaque fois plus importante, malmenant le temps dans des boucles où les certitudes qui entourent le personnage sont sans cesse balayées.
    L'immersion dans cet esprit malade est radicale mais totale, nous plaçant comme Anthony dans une tentative désespérée de donner du sens à la suite des événements qui se jouent devant nous mais il n'y en a plus. Du moins pour Anthony, qui, après avoir essayé de faire preuve de maîtrise, essaie seulement de se raccrocher à quelques lianes dans le but ne pas sombrer complètement, retrouver une montre deviendra ainsi à chaque fois une vaine obsession pour espérer mettre des aiguilles sur un temps qui n'a plus rien de linéaire. Ébranlé comme le personnage, le spectateur va lui avoir ensuite plus de chance devant ce puzzle captivant d'instants volés. En rassembler les fragments sera la clé afin de mieux comprendre Anthony, voir les aspects les plus chaleureux de sa personnalité (celui qu'il était vraiment avant que la démence en fasse ressortir les pires), découvrir ses blessures intimes les plus profondes selon la manière dont il a choisi de les refouler et aussi ce qui a peut-être plus ou moins involontairement accéléré la dégénérescence de son esprit (un insupportable sentiment d'abandon notamment). Le voyage dans la tête "en fuite" de cet homme sera bien sûr éprouvant, l'impuissance que l'on sentira à travers ses yeux devant l'impossibilité d'enrayer le processus sera absolument déchirante tout comme celle ressentie chez ses proches, si démunis pour à la fois appréhender la fatalité de sa condition et poursuivre leurs vies.

    Ce portrait d'une justesse rare sur la fragilité humaine est évidemment magnifié par la prestation d'un Anthony Hopkins absolument impérial par cette impressionnante palette de nuances qu'il apporte à son homonyme de prénom pour en exprimer toutes les facettes dans le chaos ainsi vécu. Justement nommé aux Oscars 2021, le comédien livre clairement sa plus grande performance de ces dernières années au milieu d'un parterre de prestigieux acteurs idéal pour le seconder : deux des Olivia les plus talentueuses de Grande-Bretagne, Coleman si poignante en fille dépassée et Williams dont le rôle prendra une ampleur émotionnelle terrassante, mais aussi Imogen Poots, Rufus Sewell...
    Et, pour parfaire le tout, Florian Zeller ne renie jamais ses origines théâtrales, il s'en réapproprie simplement certains codes avec un brio épatant pour les fondre à une nouvelle grammaire cinématographique qui brille ici aussi bien en termes de conduite de récit que de mise en scène afin de nous rendre captifs des dédales de la mémoire prédatrice de son hôte.
    Avec un tel premier long-métrage s'inscrivant d'emblée dans les plus bouleversants et saisissants que l'on ait vus sur un sujet aussi difficile, il est désormais clair que le succès théâtral rencontré par Florian Zeller est bien parti pour se prolonger dans les salles de cinéma !
    Cinemadourg
    Cinemadourg

    Suivre son activité 219 abonnés Lire ses 852 critiques

    4,0
    Publiée le 27 mai 2021
    Différentes oeuvres cinématographiques récentes ont déjà abordé le sujet délicat de la maladie d'Alzheimer avec plus ou moins de talent et de succès ("Remember Me" (2020), "Du miel plein la tête" (2019), "La Finale" (2018), "Still Alice" (2015), etc...), mais le coup de génie ici est double !
    Tout d'abord, avoir choisi Anthony Hopkins dans le rôle phare : son Oscar 2021 du meilleur acteur est totalement mérité tant sa prestation est simplement bouleversante.
    Ensuite, ce qui m'a pratiquement plus impressionné que la performance géniale de ce comédien ayant incarné le fameux Docteur Hannibal Lecter, c'est que le réalisateur Florian Zeller ne nous a pas simplement montré un homme atteint de cette maladie neurologique dégénérative, il a également réussi à plonger le spectateur à l'intérieur même de ce qui se passe dans la tête de quelqu'un sombrant dans cette épreuve terrible...
    Et là franchement, au niveau réalisation, il faut reconnaître que c'est vraiment très très fort !
    Un film brillant d'intelligence, de sensibilité, d'humanité et d'émotion.
    Impeccable !
    Site CINEMADOURG.free.fr
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    4,0
    Publiée le 27 mai 2021
    On y passera tous. On a conscience de ça.
    Le déclin, la vieillesse puis l’oubli. Personne n’est dupe.
    On a tous vu un père ou un grand-père s’engager sur ce chemin. Des proches ou des inconnus.
    Les rides qui se creusent sur l’écorce. Les feuilles qui tombent.
    C’est la vie. C’est la mort. Tout ça on sait.

    Ça a d’ailleurs été ma première réaction face à ce film.
    Oui c’est un sujet cardinal. Oui il a l’air remarquablement retranscrit et interprété. Mais ensuite ?
    Ne sait-on pas déjà ? N’avons-nous pas déjà conscience de tout ça ?
    Quel intérêt à ce qu’un film nous illustre ce qu’on tient tous pour acquis depuis bien longtemps ?

    Eh bien ce « The Father » m’a répondu.
    Il m’a rappelé à mon ignorance.
    Et surtout il m’a rappelé ce qui fait toute la force et toute la noblesse d’un art.
    A un moment donné, le savoir ne suffit pas.
    A un moment donné, savoir ce n’est pas vraiment savoir.
    Pour savoir il faut le vivre. Pour savoir il faut y être.
    Et c’est justement toute la force et l’habilité de ce « The Father ». Le temps d’un instant il entrouvre une porte. Il donne à sentir. Il donne à être.
    Alors bien sûr la sensation de l’œuvre ne remplacera jamais la réalité d’un vécu, mais le temps d’un instant, il en donne un aperçu.
    Par un aperçu visuel ou sonore.
    Quelque-chose qui va au-delà ; qui s’ancre dans la chair, dans la moelle, dans le ventre.
    Et si le début peut paraitre simplement studieux, propre voire astucieux, ce n’est qu’à la longue que les habilités de forme deviennent tout le cœur de cette expérience cinématographique.

    Troubler les repaires de temps et de lieu.
    Interchanger les visages. Redistribuer les informations.
    Suggérer. Interroger. Nier. Contredire. Confirmer.
    Plus que vivre la perdition, on vit son ancrage.
    L’ancrage dans l’entourage qui cherche à s’adapter.
    L’ancrage de celui qui vit son propre déclin, qui commence à le conscientiser, et puis qui finit par le masquer.
    Le masquer pour protéger les siens ; pour protéger les apparences.
    Masquer car il n’y a plus rien y faire.
    Les feuilles tombent inexorablement. Le bois se creuse et se vermoule.
    Le tronc flanche face au vent, se courbant davantage vers ces souches qui l’avoisinent…
    …Des souches qui ont toujours été là mais qu’il n’avait jamais vues d’aussi près.

    Là se trouve tout le talent de ce « The Father ».
    Rendre palpable. Rendre sensible. Nous sortir de nos corps pour mieux nous saisir à la racine.
    Et si les prestations des acteurs mobilisés concourent avec évidence (et talent) à cette magnifique peinture de vie, il serait inconvenant que d’ôter tout le mérite qui revient en parallèle à la réalisation de Florian Zeller.
    Car plus le film avance et plus cette intrigue parvient habilement à s’enrouler sur elle-même, faisant que lieu et temps finissent par se contracter sur eux-mêmes tel un grand Big Crunch.
    Ainsi la vie d’un homme se retrouve-t-elle contenu en un lieu et une journée en dehors de tout ; un espace-temps somme où tout est contenu : la fin comme le début, la joie comme la tristesse, les temps prestigieux comme les blessures qui ne disparaissent jamais vraiment, même quand tout le reste s’efface pourtant.
    Et c’est ce qui fait que l’air de rien, grâce à cet habile art de la contraction, « The Father » ne s’en réduit pas qu’au seul film sur le déclin et sur la fin.
    Il est aussi un film sur tout le reste. Sur l’essentiel. Sur ce qu’il reste quand tout le superflu tombe.
    « The Father » est le tronc nu qui se dévoile quand toutes les feuilles se retrouvent brusquement emportées par le vent.

    Quand j’étais étudiant je me souviens encore de ma première rencontre avec cet art qui aspire à formaliser l’essentiel.
    C’était au Centre Georges Pompidou à Paris, face à « La femme nue de fauteuil rouge » de Picasso et à « L’oiseau » de Brancusi.
    Je me souviens qu’à l’époque j’avais été saisi d’avoir vu cette femme alors qu’elle n’était matériellement et formellement pas là ; de la même manière que j’avais vu l’oiseau qui pourtant – figurativement parlant – n’était pas là non plus.
    Je me souviens qu’à ce moment précis je m’étais senti particulièrement reconnaissant.
    Reconnaissant à l’égard d’une œuvre pour m’avoir offert un regard sur l’essence des choses grâce à un art de l’épure.
    Eh bien étonnamment c’est ce que j’ai ressenti à nouveau face à ce « The Father ».
    Car quand bien même ce film n’aspire à rien d’abstrait, il a su malgré tout aller au-delà de son simple sujet. Du déclin il a su tirer du dépouillement.
    Et au-delà d’un triste instant, il a su tirer une essence.

    Alors certes, désormais en ayant vu « The Father » je n’en sais pas forcément plus sur la fin. Le déclin. Et la contemplation de notre propre dépérissement.
    Néanmoins, je suis désormais plus riche d’un regard nouveau, d’une sensibilité nouvelle.
    Et si je n’en sais pas plus, au moins je vois davantage à présent.
    Mon regard s’est forgé. Mon corps s’est marqué.
    C’est le meilleur qu’on puisse espérer d’une œuvre au fond…

    … Qu’elle nous fasse de l’art. Tout simplement.
    Catherine V.
    Catherine V.

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    2,5
    Publiée le 17 avril 2021
    Pourquoi n’attribuer que 2,5/5, qui pourrait apparaitre comme une note plutôt faible, à un film que j’ai trouvé bon et à l’interprétation parfaite ?

    Parce que le point fort du film est, surtout, l’ingéniosité de la mise en scène, basée sur sa pièce, du réalisateur Florian Zeller. Toutefois si je n'attendais pas de l'inconvenance ou du cynisme, j'aurais voulu quand même plus d'audace. Le huis clos est certainement voulu pour appuyer la notion d’enfermement psychologique mais j’aurais quand même aussi préféré qu’il y ait plusieurs autres plans que l'intérieur d'un appartement bourgeois.

    C’est certainement ce qui m’a le plus désappointée. L’histoire en elle-même ne revêtira pas vraisemblablement un grand intérêt à ceux, comme moi, qui ont vécu avec l’un de leurs proches une situation analogue.

    La particularité de la mise en scène est qu’on nous montre non pas ce que donnent, observées (et vécues) de l’extérieur, les séquelles entrainées par l’affection mais ce que la personne, qui en est atteinte, peu à peu (et de plus en plus) vit , avec ses confusions de temps et de lieux, ses souvenirs qui s’entrechoquent, se mélangent, se confondent, se contredisent, même les décors dont les couleurs singulièrement changent ont leur importance.

    L’autre point fort du film est bien entendu le jeu d’Anthony Hopkins. Naturellement qu’il est superbe. D’ailleurs, il suffit de lire les commentaires dithyrambiques sur sa prestation : époustouflante, extraordinaire, bluffante, phénoménale, fantastique, magistrale.

    Je ne vais pas prendre le contre pied de tels commentaires mais quand même, il me semble qu’il ne fallait pas attendre que ce comédien ait plus de 80 ans (et qu’il ait interprété depuis 50 ans une kyrielle de rôles différents) pour trouver qu’il est un acteur magistral !

    Anthony Hopkins a tout interprété, allant de l’aristocrate guindé au psychopathe (Hannibal Lecter bien entendu mais il y a eu Magic auparavant aussi), du fantasque au militaire, de l’ecclésiastique à l’avocat, sans oublier tous ses rôles historiques ! Je me dispense d’en établir la liste qui serait interminable. Il en serait de même pour la liste des récompenses qu’il a obtenues ! Je suis même presque sûre que pour lui, interpréter cet homme vieillissant qui n’a plus de repères n’a pas été un exercice des plus difficiles.

    La seule surprise que j’ai eue à son sujet fut d’apprendre qu’il était un pianiste accompli, qu’il était compositeur et se produisait même en concert.

    Olivia Colman, dont je connais bien moins le parcours, offre un jeu qui m’a séduite , entre larmes et sourires, écartelée entre l’affection qu’elle porte à son père et sa propre vie (privée) On devine toute sa souffrance et elle n’en fait pas des tonnes.
    AM11
    AM11

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    4,5
    Publiée le 4 avril 2021
    "The Father" est le premier film en tant que réalisateur du dramaturge français Florian Zeller. Si ce n'est pas la première fois que l'une de ses pièces de théâtre est adaptée à la télévision ou au cinéma, il assure cette fois-ci lui-même la mise en scène. "Le Père", qui est l'une de ses pièces phares, n'en est pas à sa première adaptation puisque le film "Floride" était librement adapté de l'œuvre. Librement, car Philippe Le Guay avait pris pas mal de libertés au niveau de l'histoire. Dans cette nouvelle adaptation, Florian Zeller reste fidèle à son œuvre avec une histoire qui se déroule totalement en huis clos. Dans cet appartement, on découvre Anthony, un vieil homme qui habite avec sa fille Anne qui essaie de s'occuper du mieux qu'elle peut de lui même si c'est difficile, car la maladie prend de plus en plus le dessus. Le réalisateur raconte cette histoire au niveau d'Anthony, ce qui la rend particulièrement troublante. Est-ce qu'Anthony est chez lui ou chez sa fille ? Est-ce qu'elle va partir à Paris ? Pourquoi l'homme présent dans la maison n'est pas toujours le même ? Anthony est confus, perturbé, perdu... Et nous aussi. C'est difficile de savoir quand la maladie le laisse un peu tranquille et lui offre quelques instants de lucidité. Cet état de confusion, que l'on partage entièrement, rend l'expérience vraiment prenante et immersive. Pour le reste, c'est juste bouleversant. C'est un film extrêmement émouvant, car il montre une terrible réalité qui fait peur et que l'on ne voudrait jamais vivre... À l'image d'un Anthony Hopkins aussi exceptionnel que touchant, "The Father" est un excellent film qui m'a beaucoup touché.
    Béatrice L
    Béatrice L

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    4,0
    Publiée le 27 mai 2021
    Ce film, oscar du meilleur scénario, et ce n'est pas pour rien, est un premier en son genre. La démarche est à la fois innovante et déroutante . On se retrouve plongé dans la vie d'une personne atteinte d'Alzheimer avec ses troubles cognitifs, On a l'impression de sombrer dans la folie avec lui car on vit ses dernières expériences à travers ses yeux et on ressent son incompréhension de ce qui se passe autour de lui : perte de la notion du temps, confusion dans les souvenirs et dans les visages ( il ne reconnait plus sa fille qui soudain lui apparait avec un visage inconnu, de même que toutes les personnes en contact avec lui) , flashs de lucidité, et sauts dans le temps, obsessions et impression d'un jour sans fin. On reconstitue l'histoire récente et le quotidien de cet homme sous forme de puzzle incomplet constitué par ses bribes de souvenirs et ses hallucinations. C'est criant de vérité et très touchant. Mention spéciale à Anthony Hopkins peut-être dans son meilleur rôle, récompensé par un Oscar bien mérité.
    selenie
    selenie

    Suivre son activité 2573 abonnés Lire ses 5 192 critiques

    4,0
    Publiée le 23 avril 2021
    Rappelons que cette pièce a déjà été adaptée de façon plus "légère" avec le très réussi "Floride" (2014) avec Jean Rochefort. Zeller revient à l'essence première de son oeuvre. La vraie force du film réside dans la "matérialisation" des pertes de mémoires et/ou de la confusion qui se fait dans la tête de Anthony. L'atmosphère est lourde (complètement à l'inverse de "Floride") et pesante, anxiogène même, ce qui pourrait parfaitement correspondre à un thriller psychologique mais Zeller ne perd jamais le fil de son récit et reste ancré dans un drame social aussi effrayant qu'émouvant. Les acteurs forment une partition impressionnante de justesse, tous sont vraiment très très bons, des hommes inquiétants ou maladroits aux femmes empathiques et serviables. Florian Zeller signe une adaptation idéale, dans un drame tragique et déchirant auquel il manque pourtant un peu de chaleur (lien père-fille très distant notamment). Néanmoins, le film reste une expérience forte à voir et à conseiller.
    Site : Selenie
    Christoblog
    Christoblog

    Suivre son activité 482 abonnés Lire ses 1 317 critiques

    2,0
    Publiée le 31 mai 2021
    Difficile pour moi de comprendre l'engouement que suscite ce film, que je trouve compassé, trop long et peu original.

    Son principe tient en une phrase : ce que l'on voit à l'écran n'est pas la réalité, mais le fruit de l'imagination d'Anthony, qui souffre de la maladie d'Alzheimer.

    Une fois ce postulat découvert, quelques minutes après le début du film, The father va tourner en boucle autour de quelques objets et thèmes : la fille disparue, la montre, l'appartement, le poulet.

    C'est beaucoup trop peu pour maintenir l'attention du spectateur pendant 1h et 38 minutes, d'autant plus que cette proprette imagerie de chaos mental ne possède pas d'unité stylistique marquante (ou alors on la résumera au travelling arrière) ni de puissance évocatrice. La réalisation, qui manque absolument d'idées de cinéma, est d'une neutralité aseptisée qui n'entraîne pas le vertige que la situation devrait générer. Florian Zeller, dont je ne connais pas le travail d'écrivain, s'avère ici être un bien piètre cinéaste, assez pataud dans ses intentions (le dernier plan sur les arbres !) et dans sa pratique.

    The father est tout juste sauvé par l'interprétation d'Anthony Hopkins, qui sort le grand jeu, alors qu'Olivia Coleman use un peu trop de son air d'ahurie résolument optimiste.

    Une déception.
    2985
    2985

    Suivre son activité 53 abonnés Lire ses 462 critiques

    4,0
    Publiée le 30 mars 2021
    Le concept du film est vraiment intéressant, la détérioration de l'esprit du point de vue du malade, même si alzheimer ou la démence sénile n'es jamais mentionné, celà donne un bonne aperçue de ce que peut être la maladie. Anthony Hopkins est une fois de plus très juste, perdu dans ses souvenirs et ses pensées ou ceux -ci s'entremêlent à un point où il serai facile de perdre la raison, face à des gens qu'il ne le comprenne plus, mais il n'a de cesse d'essayer d'être rationnel. Un très bon film teinté de mélancolie sur les ravages que le temps peut imposer à l'esprit.
    CinÉmotion
    CinÉmotion

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    4,5
    Publiée le 29 mai 2021
    Grosse attente pour ce film, d'autant plus que ma famille est touchée de près par la maladie d'Alzheimer, je n'ai clairement pas été déçu. L'Oscar du meilleur scenario adapté n'est pas volé, car le brio du film tient en son concept et idée géniale qui, sauf erreur de ma part, n'a jamais été vu jusque là au cinéma. Celui d’emprunter le point de vue du malade d’Alzheimer. À la façon d'un puzzle, d'un labyrinthe semé d'embûche et de contradictions, extrêmement bien maîtrisé de bout en bout, on peut enfin se mettre un instant à la place d'un malade atteint de démence et trouble de la mémoire. On comprends ce qu’il vit, on touche du doigt son mal être, on compatit, on n’est pas dans le jugement, tout prend sens dans le non-sens. MAGISTRAL.
    Tout comme la prestation d'Anthony Hopkins, quel talent, c'est fou. Il nous livre ici une de ses meilleurs compositions, en arrivant parfaitement à transmettre la confusion, la frustration, le mal être, l'obsession, les troubles de l'humeur, les phases d'euphories et de colères. Toute la panoplie des symptômes de la maladie est brillamment interprétée, toujours juste sans aucun surjeu, avec un réalisme implacable et une émotion déversée avec mesure et intelligence.
    C'est aussi surprenant que le personnage emprunte son vrai prénom, Anthony, qui lui a sans doute permis de rentrer davantage dans la peau du personnage.
    Mais si Anthony Hopkins est parfait, Olivia Colman l'est tout autant, incroyablement touchante dans son rôle, essayant tant bien que mal de gérer l'amour qui lie la fille à son père, malade.
    J'ai apprécié que le film ne tombe pas dans le larmoyant facile, en poussant le scénario à la dernière étape de la maladie. On suit ici l'évolution de la maladie avant les dernières étapes les plus difficiles à vivre. La perte de faculté mentale est priorisée sur la perte de faculté physique (correspondant vraiment à la dernière phase de la maladie, la plus difficile à vivre pour le malade et son entourage). Et la conclusion dans le film est vraiment très belle, avec cette métaphore des feuilles qui tombent et du vent qui se soulève. Pfiouuuu.
    C'est vraiment incroyable de se dire que ce film est un premier film pour Florian Zeller... C'est dingue et très prometteur pour la suite. La réalisation est vraiment impeccable, sans fioritures et le montage partie intégrante du récit et de son concept. J'ai bien aimé la façon dont Anne jouée par Olivia Colman, était filmé à mesure que le film avançait, notamment à travers l'encadrement des portes, qui petit à petit se resserrait un peu plus sur elle pour symboliser son isolement au fil de l'avancée de la maladie de son père.
    On peut aussi évoquer la musique émouvante de Ludovico Einaudi, on reconnait bien le talent et la patte. La musique va de paire avec le film et renforce les scènes fortes tout en étant extrêmement discrète. Elle sert vraiment d'accompagnement, sans sortir les gros violons pour accentuer telle ou telle brutalité dans certaines scènes. J'ai adoré.
    Bref, un film qui constituera une référence sur la thématique de la maladie d'Alzheimer, et sans doute une référence dans certaines écoles d'acting, pour certaines scènes d'Anthony Hopkins, comme par exemple la scène finale, qui vient littéralement achever son chef d’œuvre de prestation. BRAVO !
    Joyeux
    Joyeux

    Suivre son activité 41 abonnés Lire ses 73 critiques

    5,0
    Publiée le 26 mai 2021
    C'est un grand OUI pour du grand cinéma. "The Father" est sûrement le seul film à nous procurer la sensation étrange que tout est absolument logique et cohérent pour les autres mais pas pour nous, qu'on nous ment, qu'on nous vole en permanence, qu'on nous fait du mal et qu'on tente de nous tromper. Au fond, c'est le seul film à nous mettre à la place d'une personne avec des troubles de mémoire, à nous faire pleinement comprendre sa perception biaisée du monde et la peine qu'elle fait vivre aux autres sans le vouloir. Anthony Hopkins et Olivia Colman jouent divinement bien, et on pleure, on pleure. Sur la première demi-heure, je trouvais que c'était un très bon film, sur la suite, j'ai eu la conviction qu'il s'agissait d'un film vraiment hors du commun. Et quel plaisir étrange cela fait d'être étonné par du cinéma (matière dont on pensait connaître les codes) quand on vit une période aussi incertaine que la nôtre.
    nokidoki
    nokidoki

    Suivre son activité 20 abonnés Lire ses 434 critiques

    2,5
    Publiée le 1 avril 2021
    En prenant comme prétexte la maladie d'Alzheimer, Florian Zeller nous dépeint le quotidien d'un vieil homme qui perd la tête ainsi que de celui de sa fille qui subit ce drame.
    Malheureusement, Zeller se perd dans son scénario en nous perdant nous aussi en cours de route.
    Ceux qui ont accompagné des victimes de cette maladie (comme moi, et à deux reprises) ne s'y retrouveront pas dans cette histoire.
    Sans le talent de Sir Anthony Hopkins et d'Olivia Coleman, ce film n'aurait pas eu le succès qu'il connaît aujourd'hui.
    garnierix
    garnierix

    Suivre son activité 67 abonnés Lire ses 205 critiques

    4,0
    Publiée le 29 mai 2021
    On passe sa vie à faire confiance à son cerveau. A aucun moment on ne croit qu’il puisse être victime d’illusions d’optique. Chez certains, le cerveau est même devenu la source de toute vérité (philosophique, religieuse, scientifique, morale). Alors comment ne pas trébucher quand le cerveau se met à dérailler? C’est cela que veut nous montrer le film The Father. Il y réussit, en partie, avec un stratagème : la caméra se met à la place du cerveau qui déraille (sans que le spectateur le sache), mais aussi quand il ne déraille pas (par exemple à la fin quand le père pose la terrible question "qui suis-je exactement?"). Le film méritait l’oscar de la réalisation, plutôt que celui du scénario (simpliste). Pour autant, le film est-il bon pour tout le monde ? Le spectateur va de trouble en trouble ; il ne sait plus trop où il en est, souvent, partagé entre les larmes, la peur et le rire. Il y a aussi la relation père-fille qui est traitée… Certains sortiront angoissés de ce film, ayant pensé à des proches, à eux-mêmes. En tout cas, il n’est pas à mettre sous tous les yeux, quitte à se priver de la prestation du père joué par Anthony Hopkins (capable de se glisser dans tous les rôles), et surtout de la prestation de sa fille, jouée par l’excellente Olivia Colman (la sergent Miller de la série Broadchurch). Cette dernière aurait mérité un oscar, tellement on ressent physiquement sa tristesse et son impuissance devant l’inéluctable (plutôt qu’Antony Hopkins qui est toujours génial, ce qu’on sait depuis son premier oscar d’il y a trente ans). A.G.
    Gentilbordelais
    Gentilbordelais

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    1,5
    Publiée le 30 mars 2021
    Adapté de la pièce du même titre, une évocation du vieillissement, de la dégénérescence de l'esprit et du rapport père-fille dans de telles circonstances. Le spectateur est parfois troublé en vivant également les phases de délires du père. Mais l'ensemble en huit clos est répétitif, jusqu'aux dialogues et trop statique.
    Vador Mir
    Vador Mir

    Suivre son activité 41 abonnés Lire ses 312 critiques

    2,0
    Publiée le 4 avril 2021
    Bon, la performance d'Anthony Hopkins est exceptionnelle Il faut l'avouer. Mais ce film est déchirant et donne carrément le cafard. Je ne vois pas l'intérêt de s'infliger ça.
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