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MSM
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4,0
Publiée le 9 janvier 2023
Ce film mérite-t-il quatre étoiles, voire plus ? À l'instant même où j'écris ces mots, je me pose encore la question... Il faut d'abord reconnaître à Jane Campion un certain talent pour capter les lumières et un sens aigu du cadrage. Immanquablement et c'est une référence à mes yeux, cela évoque le style de Terrence Malick. C'est donc du lourd de ce côté là ! Quand au sujet même du film, il est simplement résumé dans le préambule: L'enfant veut faire le bonheur de sa mère et va la protéger. Quoi qu'il en coûte. Dès lors, une lutte d'egos va s'installer entre les deux protagonistes principaux, aux caractères et personnalités diamétralement opposées. L'un rude et l'autre -hyper- sensible. Au passage, il faut souligner la REMARQUABLE prestation de Benedict Cumberbatch mais aussi de Kodi Smit-McPhee (désolé, je n'ai jamais été très fan de Kirsten Dunst...). Tous deux, remplissant le film dès la première confrontation d'une dualité presque oppressante et remarquablement bien mise en valeur par la réalisatrice. On pourrait penser que le film est quel que peu manichéen mais à bien y regarder, n'est-ce pas plutôt le triomphe de la culture, du savoir et de la science sur les valeurs plus rudimentaires de l'adaptation "brute" de l'homme à son environnement ?... Sur ce plan là, le film est méthodique et implacable dans la représentation qu'il nous donne du présupposé "fort" et du présupposé "faible". Quatre étoiles, donc !
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3,0
Publiée le 23 août 2022
Propriétaires d'un gros ranch, Phil et George Burbank sont deux frères différents l'un de l'autre. Phil est un homme qui se fait respecter en inspirant la crainte chez les autres tandis que George est plus discret et attentionné envers ceux qui l'entourent. Jane Campion nous plonge dans un monde « d'hommes » où la moindre faiblesse est exploitée. Lorsque George décide de ramener une femme et son fils chez lui, Phil voit cette union d'un très mauvais œil et se montre très désagréable envers sa nouvelle « famille ». Déjà, Phil n'aime pas que son frère soit « différent ». On dirait qu'il veut que tous les hommes soient comme lui. C'est soit de la jalousie soit il n'aime pas voir son frère s'émanciper. Il faut aussi dire qu'il aime bien contrôler tout le monde que ce soit ses proches, ses employés et ses bêtes. Une emprise psychologique qu'il ne lâche jamais. Pourtant, et malgré ce que l'on pourrait croire, "The Power of the Dog" n'est pas centré sur cette nouvelle cohabitation difficile. Le récit est très fluide et fait de chaque personnage le héros du film à un moment ou un autre. Cela permet de voir Phil, George, Rose et Peter sous un angle différent et de comprendre beaucoup de choses. C'est comme une petite chronique finalement, cependant je suis vraiment resté sur ma faim concernant le développement des personnages. Les problèmes de Rose, l'intrigante personnalité de Peter ou encore les secrets de Phil, il y avait tellement de choses à dire. Au final, il s'agit d'un film très solide en tout point, mais qui n'atteint jamais les sommets, et ce malgré d'excellents acteurs.
Le western ici n'est finalement que le cadre du portrait d'un personnage toxique dans un environnement où la masculinité ne peut être que virile. Benedict Cumberbatch est époustouflant, le film dérangeant et couvant toujours une tension latente, mais c'est aussi un peu long.
À force de visionnages, de lectures et de mises en perspectives, il arrive qu'on oublie le film en tant que tel pour replacer l'objet dans un plan global, la filmographie de son auteur/autrice. On cherche à l'imbriquer comme une pièce dans un vaste puzzle, or l'expérience nous apprend que l'œuvre cinématographique est une matière mouvante, conditionnée par nombre de variables (ajustements, doutes, remises en question). Si en plus le personnage principal rompt totalement avec ceux qui l'ont précédé, où va-t-on ? Hors de la zone de confort, et c'est bien ce que cherchais Jane Campion en adaptant The Power of the Dog.
Pour être honnête, elle y arrive vraiment dans sa deuxième heure. La première moitié ne manque pas d'arguments, surtout grâce à son casting. Mais l'originalité et la subtilité ne seront pas de mise durant cette (trop) longue exposition. On assiste à un curieux jeu de chaises musicales, tel personnage-clé disparait un temps pour revenir tandis qu'un autre occupe l'espace pour être relégué au second-plan. Ce qui importe met longtemps à émerger, alors que l'ennui n'était jamais bien loin. Tout à coup, alors qu'on commence à percevoir l'idée, un zeste de venin infuse et trouble légèrement la vision.
On voit deux mondes ou plutôt deux ères s'affronter, l'une au crépuscule, l'autre à l'aurore. Le Far-West a asséché tous ses charmes, ce qu'il reste du mythe serait répugnant s'il n'y avait une zone furtive où la flamme brûle encore. Alors que son temps est compté, que pourrait-il léguer par delà les traditions et la sauvagerie ? Les personnages évoluent en se confondant avec leur environnement, dans leur simplicité ou leur impassibilité, une énigme coriace qu'on s'échine à solutionner. Campion extirpe de ses interprètes juste ce qu'il faut pour parasiter nos certitudes. Rien n'est compliqué, tout est là sous nos yeux, derrière les très bonnes prestations de Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst, à qui la détresse va si bien.
Une fois qu'on a la réponse, il s'avère que The Power of the Dog est autant le fruit d'une union entre moult talents que le dernier-né énigmatique mais harmonieux dans la carrière de Jane Campion. S'il y avait bien une motivation derrière le film, c'était bien de prendre une direction, parallèle et/ou contraire. Dans les deux cas, les routes croisent immanquablement des thèmes déjà forts dans les précédentes excursions de la réalisatrice.
Jane Campion sait composer un plan et montre tout son sens du cadre dans ce western très stylisé. "The power of the dog" est un très beau film malgré quelques flous dans une narration qui oublie quelques personnages en cours de route.
les films de Jane Campion sont plutôt rares. Et quand la réalisatrice en livre un, il ne ressemble à aucun autre. Ici, nous sommes en 1925 dans le Montana. Deux frères que tout oppose vont faire connaissance avec une veuve et son fils efféminé. Ce quatuor va donner lieu à des rapports dignes d'une tragédie grecque moderne où tout est déjà écrit, où le destin n'a place. Magnifié par une image superbe filmée en Nouvelle Zélande, les perspectives de montagnes que l'on croirait recouvertes de velours, dans l'immensité sauvage au ciel flamboyant, le drame va se mettre en place, s'écrire de façon inexorable. Un film fort qui malgré sa longueur ne suscite jamais l'ennui. Jane Campion signe un film formidable, subtil, puissant...
Jane Campion au pays des cowboys : voilà un pari risqué ! La cinéaste, qui s'est toujours distinguée par son approche féministe, se retrouve ici dans l'univers testostéroné des éleveurs de bœufs du Montana. Certes, cela lui offre l'occasion de filmer de superbes paysages de montagnes et de collines. Certes, cela lui offre l'occasion de construire un savant récit, dynamisé par un twist final. Mais cela la prive totalement de la subtilité des personnages qu'on voyait dans Bright Star. La vie et la mort du poète John Keats étaient traversées par une histoire d'amour socialement entravée, couplée à l'espièglerie de deux enfants (les frère et sœur de la femme aimée) et surtout à inénarrable M. Brown (personnage éminemment complexe). Rien de tel chez les cowboys... Un frère autoritaire hyper-viril qui cache mal son homosexualité latente, un frère bête et sensible qui se fait malmener par son aîné, une épouse tourmentée qui sombre dans l'alcoolisme, et le fils de celle-ci harcelé à cause de son attitude efféminée... Hormis le twist final, tout est donc très attendu... Et encore : je suis nul pour voir les twists, donc peut-être que 80 % des spectateurs l'avaient identifié... Bref, espérons que Jane Campion se libère vite de l'emprise mortifère de l'Amérique des cowboys et de Netflix et propose à nouveau, en salles, un cinéma sensible et subtil.
Film où il faut se laisser porter par l'ambiance et ne pas être rebuté par une lenteur affirmée. Le personnage interprété à merveille par Benedict Cumberbatch est passionnant et constitue l'élément majeur du film, tout comme sa fin totalement imprévisible. Mais c'est ce final justement qui me pose quand même quelques problèmes tant il ressemble à une construction de scénariste, en plusspoiler: l'anthrax cutané n'est mortel que dans vingt pour cent des cas, c'est donc une méthode très aléatoire pour assassiner quelqu'un . Hormis ça c'est bien, mais je m'attendais à mieux quand même.
spoiler: C'est l'histoire d'un film où celui qui tient amoureusement la corde n'est pas celui qu'on croit et dans lequel on caresse une selle pour exciter sexuellement celui qu'on vient de condamner à mort.
The power of the Dog c'est d'abord une sensation de malaise, de pourriture et de pression sourde sous laquelle on ploie deux heures durant. Un positionnement artistique courageux, ou pas car repousser son spectateur, être difficile d'accès, c'est le moyen qu'on les élites pour prouver qu'ils font de l'art. Vu hier, les thèmes de The power of the Dog continuent de me trotter en tête. D'abord la difficulté d'intégrer des groupes sociaux différents : tous les personnages l'expérimentent : D'abord George interdit devant la masculinité "triomphante" de Phil et ses boys (à Rose "I just want to say, how nice it is not to be alone"), Peter et sa mère au sein d'une nouvelle famille qui la rejette, Phil et Rose seront eux incapables de s'intégrer au monde bourgeois le temps d'un dîner. On voit aussi Rose s'inviter à la cuisine partager du temps auprès de ses domestiques. On parle aussi de la vulnérabilité des femmes : physiquement (cette tension lorsque Phil retourne au restaurant avec Rose restée seule) et mentalement avec l'emprise terrible qu'il exercera sur elle. D'autant que la situation est légitimement trouble: on ne voit guère de scène dans laquelle Rose semble transis d'amour pour Georges, les soupçons de Phil ne sont donc potentiellement pas complètement infondés. Le film excelle dans sa capacité à nous transmettre la peur qu'étreint une Kirsten Dunst dont on a connu le jeu plus subtile. Phil va conduire à ce qu'il prédisait : la rendre folle. Le rythme est parfaitement maîtrisé, on est complètement pris dans cette ambiance poisseuse où les gros plans sur les visages sont autant de non-dits. La haine de Phil, la terreur de Rose. La réalisatrice brille dans sa capacité à nous amener sur des pistes qui sont autant de leurres. On pense d'abord à un piège devant l'amabilité de Phil envers Peter... avant de sentir qu'il prend vraiment en affection le gamin... avant de comprendre enfin la phrase de Peter à sa mère "Mother, you don't have to do this. I'll see you don't have to do it." Ma femme a compris ce dénouement et son origine à la mort de Phil. Nous n'avons été fixé sur son intentionnalité qu'au plan final. Une scène : la clope du condamné à mort. A ce moment je n'avais pas compris ce qui se jouait mais la réalisation subtilement rend Peter dominant pour la première fois du film.
D'un style Western-dramatique, ce film a comme atout la qualité de sa réalisation et le jeu de ses acteurs. La photographie est belle, les images des grandes plaines à perte de vue sont magnifique, le spectateur est vite immergé même si c'est plutôt lent à démarrer. La trame de l'histoire est molle, lente, il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'action, juste suivre cette histoire de jalousie sur fond de fraternité. Un beau film à l'immersion réussie grâce à ses acteurs principaux charismatiques à l’écran.
Un sentiment partagé, entre œuvre magistrale et entourloupe cinématique. Faux western mais vrai thriller, "The Power Of The Dog" dégage des séquences captivantes, hypnotiques, mais accumule dans un même temps des effets de mise en scène lourds, voir pompeux. Sur quel pied danse-t-on ? C'est désarçonnant, à tout le moins.
"The Power of the Dog" est un western de Jane Campion, dans lequel on retrouve notamment Benedict Cumberbatch dans le rôle principal. Le film prend son temps pour installer ses personnages et aborder la question de la virilité dans l'univers le plus masculin imaginable : celui des cow-boys. Malheureusement, l'intrigue peine à nous faire comprendre où elle veut en venir et c'est finalement au rythme de quelques révélations sur les personnages qui nous laissent franchement un peu de marbre qu'elle parvient à avancer. Les personnages secondaires comme celui de Kirsten Dunst sont probablement trop sous-exploités. "The Power of the Dog" ne parvient pas vraiment à nous captiver même si l'ambition était assez intéressante, dommage que le résultat ne soit pas à la hauteur.
C’est un peu comme un beau livre de photos qu’on feuillette lentement en espérant qu’il se passe quelque chose. La lumière est magnifique, les acteurs murmurent avec intensité, et tout semble chargé de sens… sauf qu’on attend toujours que le film démarre. Campion nous offre un western en apesanteur, où le suspense avance à dos de tortue philosophique. C’est raffiné, c’est subtil, c’est lent – tellement lent qu’on se demande si on n’a pas rêvé l’intrigue. Bref, un très bel exercice de style qui fait surtout briller… les yeux qui s'endorment...
Un film surprenant, particulièrement beau, qui peut éventuellement sembler tirer un petit peu en longueur à certains moments. Heureusement, son style et sa réalisation parfaite suffit à nous offrir de quoi contempler l'image qui nous est proposée. L'histoire est particulière. Elle nous emplit de tension tant les personnages ont des caractères que tout oppose. Centré sur un quatuor pour qui on ne peut rester indifférent. On peut sentir la tension qui règne entre tous et elle nous absorbe aussi. Pourtant, il arrive un moment où on ne sait pas trop où le film veut nous mener. Il peut arriver beaucoup de choses différentes et c'est là que j'ai trouvé le film intéressant : il nous mène sur différentes pistes et on attend avec anxiété celle qui sera la bonne. On pouvait aussi craindre une fin ouverte, pleine de philosophie et de morale pompeuses. Il n'en est rien, les dernières minutes offrent une clé surprenante et plutôt brillante. Je ne pense toutefois pas que ce soit un film qu'on puisse facilement revoir plusieurs fois. 3,8/5