Oblivion, Horizon, quel que soit son nom, tout ça est fort laborieux. Joseph Kosinski n’ayant pas connu le succès escompté en donnant vie à la suite du célèbre geek projet des années 80, Tron, ce dernier tente sa chance au travers d’un projet nettement plus personnel, un récit de science-fiction écrit de sa main. De là débarque un film avant-gardiste relativement lourd, maladroit parfois, qui coure derrière quelques réussites majeurs telles qu’Inception, Looper ou encore Prometheus. Oui, si Oblivion se démarque, c’est bien de par sa tentative d’amener un scénario hyper travaillé sur grand écran, sans la réussite probante de Nolan, Scott ou Johnson. Pour être un aficionado de scénarios originaux, à l’heure de la ressasse perpétuelle, c’était avec un certain espoir d’un nouveau coup d’éclat que j’ai rejoint la salle la plus proche pour juger sur pièce d’un film de SF annoncé comme habile et habilement divertissent. C’était sans compter sur le fait que le cinéaste à la barre, plein d’idées, s’emmêlerait les pattes en cours de route.
Joseph Kosinski bénéficie d’emblée d’un appui majeur, la présence du médiatique Tom Cruise dans le costume de son premier rôle. L’acteur, apprécier ou non, aura certainement donné un coup de boost à la promotion d’un film, qui il est vrai attire de par l’esthétisme de sa bande-annonce, mais qui aurait aussi bien pu passer aussi inaperçu que le Moon de Duncan Jones, quand bien même ce dernier étant nettement meilleur. Comme mentionné plus haut, le brave réalisateur et scénariste du projet n’aura su assumer sa tâche et transcrivant ses écrits, ses illuminations, ses idées à l’écran, perdant un bon pourcentage du public en route, certains avant d’autres, à force de retournements, de révélations qui tuent dans l’œuf toutes les prétentions scénaristique du bonhomme. Dommage, dirons-nous, alors que certains beaux discours, de-ci de-là, quelques belles prises de vue, parviendraient presque à redonner envie de découvrir la suite de l’histoire, alors que l’on n’était à l’instant en cours de consulter sa montre.
Inégal, donc, dans tous les domaines. Au niveau du scénario d’abord, intéressant mais brouillon, captivant mais lassant. Cela vaut aussi pour la photographie, les effets visuels. Si l’on apprécie certaines séquences d’action, principalement lorsque les véhicules funs, drones et j’en passe sont de la partie, l’on n’est parfois consterné devant des passages bruyants sans intérêts qui démontrent que Tom Cruise était parfois bien embarrassé devant les grands fonds verts. Esthétiquement, si l’on apprécie tous les véhicules, les tours, les paysages, l’on n’est fort étonné de constater que la combinaison de notre héros, ses boots, son bien en deçà d’un bon nombre d’inspirations dans les décors. L’on notera aussi qu’hormis quelques belles réparties, les dialogues sont pompeux, techniques et saoulant, numéro par ci, drones par-là, le tout n’aidant pas à captiver le public.
Drôle de film que ce Oblivion, apparemment captivant mais finalement presque indigeste. Une star hollywoodienne qui se caractérise par un choix de rôle admirable s’enlise, des décors réjouissant qui se perdent dans la mélasse scénaristique pour ne plus captiver, des bonnes idées momentanées tuées la séquence suivante par un retournement étrange, une scène d’action peu spectaculaire ou encore des dialogues creux. L’on se demande souvent si l’on aime ou non, cela démontre l’incapacité du public type à s’immerger dans l’histoire que tente, je dis bien tenter, de nous raconter l’ami Kosinski, un mec qui aurait la carrure de devenir une pointure de la SF mais qui s’auto flagelle en voulant plus que ce qu’il est capable d’offrir. Oui, tous les jeunes cinéastes ne s’appellent pas Duncan Jones, cinéaste éminemment intelligent qui éblouit tout en restant les deux pieds sur terre. Etrange. 08/20