Il revient encore et il n'est toujours pas content ! Parabellum était l'opus le plus fou de cette saga, une folie que je pensais insurpassable. Et pourtant, ce chapitre 4 va encore plus loin, peut-être même trop loin tant la baston est présente quasiment non-stop, ce qui peut finir par lasser, surtout avec trois heures au compteur. Mais l'inventivité de la mise en scène et les personnages hauts en couleur, font que l'ennui ne pointe pas et quand le film daigne ralentir pour se poser un peu, c'est pour mieux poser ses enjeux et caractériser ses protagonistes. Autant John Wick reste fidèle à lui-même, en faisant parler ses poings plutôt que ses lèvres, autant Winston et, surtout, l'adversaire joué par Donnie Yen, sont consistants et touchants en plus d'être terriblement charismatiques, comme la plupart du casting. John Wick 4 nous présente de nombreuses séquences d'action démentielle dont chaque plan est millimétré en plus d'être immortalisé par une photographie sublime qui vient nous rappeler que le cinéma n'est pas appelé le septième art pour rien. Le film est parsemé de clins d'œil aux précédents films, que ce soit par des lieux spécifiques, des situations de combat ou les armes choisies, tout comme des musiques que l'on retrouve. On peut y voir de la fainéantise ou l'éternel recommencement d'un John Wick condamné à errer en tuant tout ce qui bouge jusqu'à trouver la paix. Dans son grand final, éblouissant, le film d'action débridé se mue en western contemporain à l'issue incertaine, sauf pour ceux qui auront pris note des avertissements disséminés tout au long du parcours de Baba Yaga à travers Osaka, Berlin et Paris. On ressort éprouvé de ces trois heures totalement dingues, tout en souhaitant avoir la même résistance à la douleur que John Wick qui se relève tranquille d'une énième chute d'un immeuble ou de la TOTALITÉ des escaliers de la Butte-Montmartre. Mais on ressort aussi satisfait d'avoir assisté à un grand film d'action fait avec amour et soin où tout le monde s'est appliqué à livrer ce monument de noblesse au genre porté par un immense Keanu Reeves qui incarne un homme, un mythe, une légende, le croque-mitaine... Moralité : Surtout, ne l'énervez pas !