"Un crime au paradis" est le remake du film "La poison" de Sacha Guitry sorti en 1951. Et en tant que remake, il faut bien avouer que celui s'en sortira extrêmement bien, allant même jusqu'à pousser un peu plus loin l'écriture pour étoffer ses personnages et ainsi leur témoigner davantage d'attaches. Le duo Villeret/Balasko est plus vrai que nature, et cette comédie dramatique ou règne l'humour noir restera un agréable moment de divertissement.
Franchement, ce film démarrait très bien! Un humoir d'une noirceur et un certain cynisme étaient déployés aussi sec, pour notre plus grand plaisir. Et puis, après la moitié du film (pour éviter de spoiler), Un crime au Paradis chute bizarrement dans le burlesque. Etrange d'autant plus que le cynisme disparait totalement, laissant ainsi la place à un humour des plus grotesques qui ne fait que rarement sourire. Dans un sens, il est quand même heureux de voir tout ce beau monde faire partie de la distribution (Villeret, Balasko, Dussolier, Magdane, Mairesse, Prévost...), arrivant à faire passer légèrement la pillule. Mais franchement, il y a de quoi rester sur sa faim...
Jean Becker aime les histoires de la campagne. Mais la campagne le lui rend bien mal. Adaptant (et la transposant en 1980) la mordante et fameuse comédie de Sacha Guitry, "La Poison", non dépourvue de cynisme parce que fondée sur la mysoginie et le ressentiment de l'auteur à l'endroit de l'institution judiciaire, Becker se détourne de la noirceur de l'original et réalise une comédie aseptisée, sans caractère, un insignifiant fait divers de village. Et c'est à peine si l'on devine encore l'esprit corrosif et le sens de la formule de Guitry. Jacques Villeret et Josiane Balasko,spoiler: avant qu'elle ne disparaisse à mi-film, composent un couple de paysans frustes, entre figures "à la Deschiens" et "gros degueulasses" (quand Villeret n'apparait pas tout simplement comme l'idiot du village). Leur existence conjugale est un enfer, rythmée par les insultes et les coups bas, et chacun des deux envisage d'éliminer l'autre. Jojo, entre candeur et stupidité, et Lulu, méchante et ivrogne, sont deux personnages mal dégrossis et par conséquent parfois manifestement faux. La peinture rustique qui constitue un des arguments comiques -pseudo comiques- du film est à leur image, se nourrissant des clichés de la ruralité. Le principal problème est que Becker n'a aucun point de vue. Sa mise en scène, sa direction d'acteurs sont d'une grande pauvreté. On ne s'etonnera donc pas que l'humour soit si pesant. Becker rate même la scène éminente du film, la plus incongrue,spoiler: celle où Jojo rencontre un avocat, avant même d'avoir trucider sa moitié, "pour se renseigner". Dans cette scène,Villeret fait le benêt comme on l'a trop vu faire et en face de lui, Dussolier surjoue. Leur dialogue, caustique chez Guitry, est vulgaire ici. spoiler: Les scènes de procès constituant le troisième acte sont du même niveau et ne forment qu'un vain rappel des faits dans la mesure où les débats n'ont aucune portée satirique. D'autant que la décision judiciaire concernant Jojo, qu'on sait devoir être clémente, n'est pas un enjeu et importe peu. La scène censément cocasse où l'accusé et le président du tribunal entament une digressive discussion sur la philatélie est tellement maladroite, tellement puérile, qu'on en est gêné...Becker réussit aussi l'exploit de rendre Daniel Prévost, dans le rôle du procureur, totalement transparent. C'est dire.
La réalisation banale et le scénario anecdotique de ce petit film sont du niveau d'une quelconque série TV française. Les vacheries que se font Jacques Villeret et Josiane Balasko (spoiler: pneus crevés, seaux percés, précieuse collection de timbres réduite en cendres , etc.) peinent à retenir notre attention. Finalement, tout cela est pitoyable. Il y a du mieux à partir de l'entrée en scène d'André Dussollier en spoiler: avocat roi de l'acquittement . La fin du film est d'une finesse et d'un cynisme inattendus (spoiler: mode d'emploi d'un "crime parfait" ).
J'ai beaucoup aimé ce film, entre drame et humour, entre tendresse et vicieux. J'ai trouvé le réalisateur Jean Becker très juste et parfait. Les rôles sont tenu à merveille par d'excellent acteurs Villeret -Balasko-Dussellier-Flon vraiment un beau casting. J'ai mis une excellente note 4 sur 5 car je l'ai déjà vu plusieurs fois et toujours aussi touchant
J'ai toujours eu un faible pour les films de Becker. Celui-ci ne déroge pas à la règle : un excellent Villeret jouant admirablement le paysan à la fois déterminé mais dépassé. L'idée est originale, et culmine, à mon avis, lors du face à face entre Villeret et Dussolier dans son cabinet d'avocat : rien que pour voir l'extase de ce dernier lorsqu'il décortique la scène de crime, qui n'a toujours pas eu lieu, il faut voir Un crime au paradis !
Jouissif, pervers, glauque, noir,... mais ô combien captivant à suivre. On se prend rapidement au jeu de la surenchère diabolique et on choisit un camp pour finalement rester B.A. devenant le finish surprenant.
Jean Becker signe une comédie de genre particulièrement acerbe et interprété avec conviction. On se régale de la petite guerre mené sur un rythme agréable, par le duo de protagoniste.
Film à la fois drôle, émouvant et triste servit par de très bons acteurs. Le principal intérêt du film est sans nul doute l’interprétation de J.Villeret, J.Balassko et A.Dussolier, ils sont vraiment parfaits bien aidé par des dialogues bien écrit et une réalisation classique mais sans faille. On a le droit à quelques situations bien trouvées qui sont à mourir de rire et tout ça en restant dans la subtilité. Comédie française honnête et très bonne, à voir !
Avec Jacques Villeret on ne peut s'attendre qu'a un film drôle, et il est pour le moins étonnant Le Duo Josiane Balasko et Villeret marche du tonerre pour ce couple aux envies meurtrieres ... Que du bonheur!
J'ai rarement ri autant devant un film. A prendre au second degré, c'est d'ailleurs ce qui fait que c'est très drôle. Excellente interprétation de Villeret et de Balasko.