Peut-être le film le plus attendu depuis le déconfinement pour les amoureux du cinéma car nous n'avons pas été gaté par la programmation jusque là. Film d'été également, d'aventure, d'initiation, de découverte de la vie, de l'amour, du deuil, de la sexualité. Ozon aborde dans Eté 85 de nombreux sujets qui le tourmentent et qu'il aime filmer. Pour autant, il ne parvient pas vraiment à se sublimer. La faute peut être à une mise en scène tout d'abord très classique puis un propos décousu dans la seconde partie. Car clairement, il y a deux parties dans ce film. La première, c'est l'histoire d'amour entre les deux héros jusqu'à sa fin tragique. On se prend à cette romance. Ozon offre du très bon et du moins bon. Le très bon, c'est l'originalité de la relation entre la mère et les deux jeunes, prêtant à de nombreux éclats de rire, des plans en contre-jour magnifiques, la relation homosexuelle filmée avec beaucoup de naturel et un élan qui ne brise jamais, une naïveté et un lyrisme enthousiasmant. Le moins beau, c'est sans doute quelques scènes téléphonées, et une facilité dans les scènes choisies (fête foraine, naufrage...). La seconde partie est à la fois plus créative mais aussi plus disparate. On ne comprend pas toujours où veut nous emmener Ozon mais on sent qu'il tient à ramener toutes ses obsessions au centre du jeu, notamment le travestissement, le secret ou la relation au professeur. La narration, assez littéraire, est intéressante. Le jeu, je trouve, perd dans la seconde partie, avec des scènes qui ne fonctionnent pas, à commencer par celles entre la jeune Anglaise et le jeune héros.