Avis : La Plus Précieuse Des Marchandises - Page 7
La Plus Précieuse Des Marchandises
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CHOCOLATINIEXPRESS
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4,5
Publiée le 6 décembre 2024
Incursion particulièrement réussie dans l’animation pour Michel Hazanavicius, La Plus Précieuse Des Marchandises est un film à la fois poignant et essentiel. Adapté d’un conte de Jean-Claude Grumberg, il en conserve toute la profondeur en explorant des thèmes universels et intemporels. D’abord présentée comme une simple fable, l’histoire bascule rapidement dans une évocation pudique et déchirante des horreurs de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah. L’intrigue suit un pauvre bûcheron et sa femme dont le quotidien est bouleversé lorsque cette dernière recueille un bébé trouvé près d’une voie ferrée après le passage d’un train traversant la Pologne. Malgré l’opposition initiale de son mari, la bûcheronne garde l’enfant qui va leur apporter douceur et espoir, ébranlant peu à peu les préjugés du bûcheron. Le cinéaste illustre la misère de ses personnages tout en dénonçant l’absurdité d’un monde gangréné par les croyances erronées et la désinformation qui font ressortir la part la plus sombre de l’humanité. La simplicité des images et la finesse du trait renforcent à la fois la tendresse du trio et la brutalité du monde qui les entoure. Tandis que l’atmosphère s’obscurcit au fil des scènes, spoiler: la narration dévoile peu à peu le sort de la famille de la petite fille, emprisonnée dans un camp évoqué par des fumées et des cris au loin . Les visuels, d’une grande subtilité, s’allient à une bande-son remarquable portée par des voix inoubliables, en particulier celle de Jean-Louis Trintignant dans le rôle de narrateur.
Le destin d’un bébé abandonné pour sa survie Pour une fois, je suis allé voir un film d’animation. Raconté par Jean-Louis Trintignant (parti depuis plus de deux ans) et adapté d’un conte de Jean-Claude Grumberg, La plus précieuse des marchandises m’a enchanté. Michel Hazanavicius m’a renvoyé en pensée dans les forêts polonaises parcourues à pied l’été dernier, leurs sentes hantées par la mémoire des dénonciations de Juifs et de leur extermination dans les pires camps de concentration. Entassé avec sa famille dans un wagon de déportés, un père devine ce qui se trame, aperçoit par la fenêtre une pauvre bucheronne portant son fagot et, profitant d’un ralentissement du train, décide de jeter son nouveau né par l’ouverture en espérant qu’elle le recueillera. On suit le destin mouvementé de ce bébé, les dialogues sont rares, le ton est juste et les dessins inoubliables. #laplusprecieusedesmarchandises #jeanclaudegrumberg #michelhazanavicius #jeanlouistrintignant Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
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3,5
Publiée le 24 mars 2025
« Les sans-cœur ont un cœur. » Dans un monde gangréné par la haine de l'autre et plus particulièrement d'une communauté, une bûcheronne découvre un bébé dans la neige. Une bénédiction à ses yeux, un malheur pour son mari qui sait à quel point la vie est dure et ce qu'ils risquent en aidant des personnes de son « espèce ». Si Michel Hazanavicius ne met pas de mots sur la période de l'histoire qu'il évoque, ce n'est évidemment pas compliqué de comprendre de quoi il s'agit, et ce dès les premières minutes quand il est question d'une guerre mondiale et d'un « monde meilleur quand ils seront tous exterminés ». Il ne nomme pas les choses, mais il les montre à travers des scènes graphiques marquantes même pour un film d'animation. Pour le reste, il préfère se focaliser sur la bienveillance des gens, leur humanité et leur sens du sacrifice dans une période sombre qu'il ne faut pas oublier comme Jean-Louis Trintignant le rappelle si bien dans ses derniers mots au cinéma. Ça aurait pu être casse-gueule, mais Michel Hazanavicius, qui fait rarement deux fois la même chose, réalise un drame vraiment poignant.
Adapté du livre de Jean-Claude Grimbert, qui cosigne aussi le scénario, ce film d’animation réalisé par Michel Hazanavicius est poignant, fort et bouleversant. Le propos est terrible mais traité avec une vraie humanité, sans pathos inutile, et l’émotion est là du début à la fin.
L’animation est sobre et magnifique, l’histoire reste longtemps en tête après le visionnage. Un vrai petit chef-d’œuvre d'animation à la française, aussi dur que nécessaire.
Profondément terrible et beau dans son message d’amour. La mort survole l’ensemble mais elle trouve des obstacles dans les hommes qui aiment leur prochain. Graphisme doux et rythme lent conviennent vraiment très bien.
Véritable éclectique, Michel Hazanavicius adapte sous forme de film d'animation un conte publié en 2019. Dans la Pologne enneigée, pendant la Seconde Guerre Mondiale, une pauvre bucheronne trouve un bébé juif, jeté d'un train. Elle décide de recueillir l'enfant, contre l'avis de son bougon de mari. Le film aurait pu verser dans le misérabilisme, ou le larmoyant facile, mais il n'en est rien. Michel Hazanavicius parvient à trouver un ton juste et sobre, à l'image de son animation très douce. Et il livre un film qui propose son lot d'émotions, sans céder à la facilité... à part peut-être sur la musique qui a parfois tendance à en faire un peu trop. Certes, il y a quelques passages un peu gros. Un aspect parfois manichéen, des termes utilisés un peu étrange. Mais il faut se rappeler que c'est un conte. Une pirouette qui permet d'accepter cette narration... et de faire découvrir certaines horreurs de la Shoah aux plus jeunes (bon, je ne mettrai pas un enfant de moins de 10 ans devant le film quand même, hein !).
L’animation et le ton de conte de fée auraient pu être très embarrassants pour traiter un tel sujet. Mais Hazanavicius fait toujours les bons choix pour ne jamais édulcorer le propos et parvient à créer des images fortes.
"les sans-coeurs ont un cœur "Il est beaucoup question de cœur dans le film de Michel Hazanavicius. Celui qu'on ouvre ou celui qui se ferme. Une histoire ou le bien se réveille au milieu de l'horreur de la guerre. Un enfant qui va briser des murs de haine. Le récit est poignant, prenant offrant bienveillance tout en posant des questions sur le monde des hommes et leurs préjugés. Le trait du dessin est posé, beau et simple renvoyant à l'universalité d'une histoire magistralement raconté. Un dernier mot sur les voix magnifiques, de Dominique Blanc à Gregory Gadebois, et celle si identifiable de Jean Louis Trintignant dans son dernier rôle.
Le réalisateur d’OSS117 qui s’attaque à la Shoah qui plus est à travers un dessin animé ! Cette phrase pourrait effrayer mais, heureusement, le cinéaste choisit d’abandonner l’humour pour la tendresse et le respect des victimes. Il aboutit ainsi à une œuvre courte (environ 1H20) racontant une histoire simple mais montrant que l’humanité peut exister même dans les périodes les plus sombres. Alors qu’il avait toujours refusé d’évoquer un jour la Shoah malgré sa judéité, Michel Hazanavicius met clairement tout son cœur dans cette histoire allant jusqu’à signer lui-même les dessins de préproduction avec un style souvent très désaturé car il avait été touché par l’aspect conte du livre de Jean-Claude Grumberg. Il en résulte que La Plus Précieuse des marchandises, portée par la voix-off que Jean-Louis Trintignant enregistra peu avant sa disparition, est une belle œuvre qui peut permettre, malgré certains passages assez durs, d’amener doucement un jeune public vers la connaissance de cet événement horrible qu’a été l’Holocauste tout en touchant un public adulte.
DES TRAINS PAS COMME LES AUTRES. Sur une terre en détresse, les sang du coeur donnent un sens à leur vie. Quand les promesses de l'homme s'envolent, l'humanité agonise et les Justes brillent sur le sentier de la mémoire, pour ne pas oublier.
on ne peut que saluer l'étonnant éclectisme du réalisateur de "OSS 117" qui nous donne à voir un conte d'animation sur la shoah, rien que çà. De part le sujet, son film est on ne peut plus louable et il faut reconnaitre que le travail d'animation est remarquable. Malgré un essentiel travail de mémoire (il est important que les jeunes voient ce film), le scénario est un peu plombé par une succession de drame et de bons sentiments qui ne parviennent pas braiment à nous émouvoir (ni malheureusement, à nous étonner). Reste que ce film a une valeur pédagogique importante, et puis d'entendre pour la dernière fois la délicieuse voix e Jean Louis Trintignant est vraiment le point le plus émouvant de ce film.
Rempli à raz bord de bons sentiments et de mélo, La Plus précieuse des marchandises croule sous sa propre lourdeur et manque de profondeur. Le scénario est simpliste et naïf, donnant lieu à des personnages creux et à une intrigue prévisible. C'est l'animation qui fait tout l'intérêt du film, d'une beauté éblouissante et touchante. Le jeu des acteurs et actrices est également irréprochable, même s'il ne suffit pas à donner chair aux personnages sous-écrits.
Le film captive progressivement avec subtilité pour passer du conte à la terrible réalité historique. Hazanavicius montre encore ici l’étendue de son génie. Les dessins et les voix off contribuent à faire de ce film une œuvre artistique exigeante et indispensable.