Aimant beaucoup le cinéma de Michel Hazanavicius, j'ai été étonné de le voir se lancer dans un projet d'animation. "La Plus Précieuse Des Marchandises" avait donc l'air d'être un film très particulier, mais avec une identité très forte. Par conséquent, j'ai décidé de ne même pas me renseigner sur ce dernier, et de tout découvrir au moment du visionnage. Très rapidement, j'ai été intrigué par la direction qu'emprunte le film. Dès le début, l'animation surprend par ses traits très appuyés et par sa colorimétrie mélangeant intelligemment une lumière très vive et une atmosphère très sombre. L'esthétique m'a donc déstabilisé, au premier abord en tout cas, car j'ai finalement réussi à m'y habituer et à trouver l'ensemble vraiment magnifique. Puis, par la suite, c'est l'histoire qui m'a interpellé, celle-ci proposant un contenu assez surprenant. Pour moi, sa plus grande force est de jouer sur le silence, au lieu d'empiler les dialogues à foison. Pour le coup, avec une histoire pareille, le film aurait rapidement pu tomber là-dedans, mais ce n'est jamais le cas. Hormis l'introduction, où un narrateur amène le contexte, les dialogues se font rares, mais, pourtant, tout est compréhensible. On comprend rapidement d'où vient cet enfant, quels sont les enjeux et comment ils vont impacter la vie de nos personnages. Je trouve que la manière avec laquelle le film réussit à attirer notre attention, sans jamais en faire trop, est juste brillante. Par exemple, pour nous montrer l'horreur de ce genre de situations, le film n'a pas besoin de l'expliquer, une simple séquence de ces gens entassés dans un train suffit à nous faire comprendre le contexte. Et même quand le film ose être un peu plus frontal, ce n'est jamais par le dialogue, mais uniquement par l'image. Je pense notamment à cette sublime séquence pendant la libération des camps, où toutes les âmes de ces défunts viennent se montrer à l'écran, ce qui est absolument terrifiant de par la cruauté et la simplicité d'exécution de la scène. Par conséquent, cette approche permet à l'ambiance de tranquillement s'installer, et cela sera assez bénéfique dans l'attachement que nous aurons aux personnages. Clairement, ils ne sont pas les plus attachants du monde, mais certaines scènes réussissent vraiment à être magnifiques dans leurs façons de les faire évoluer. Je pense notamment à la manière dont le père va se comporter vis-à-vis de l'enfant, ce qui est vraiment très touchant. On a un film qui traite réellement de la cruauté humaine, tout en alliant une forme de beauté dans les interactions que nous avons avec notre prochain. La place du cœur est très présente au sein de ce film, et on comprend vite pourquoi, dans la manière dont il réussit à humaniser ou à déshumaniser ses personnages, sans que cela ne paraisse jamais hors propos au vu de l'époque. Tout cela atteignant son paroxysme dans sa conclusion, qui est, à la fois, très déchirante, mais aussi particulièrement inspirante. Dans l'ensemble, j'ai donc beaucoup aimé le projet. Ce n'est pas forcément une œuvre que je reverrai, mais je l'ai trouvée vraiment très forte dans ce qu'elle choisit de proposer. Pour conclure, une petite pépite.