Ce film de Chabrol malgré le casting de prestige piétine dans la semoule et surtout dans les incohérents. L’inspecteur Lavardin au jeune facteur qui avait mis du sucre dans le réservoir d’essence d’un individu provoquant sa mort, je cite: je connais un jeune homme qui a voulu faire une farce en mettant du sucre dans le réservoir d’un véhicule (qui a causé, j’ose le répéter. Je ne le poursuis pas !
Poulet au vinaigre est un film policier somme toute assez banal. Certes il est bien réalisé, les acteurs font de leur mieux, mais l’histoire est un peu poussive et ne m’a en tout cas pas tenu en haleine. De la part de Chabrol, on attendait mieux !
Nettement moins réussi que Inspecteur Lavardin. Ici, le propos est trop outrancier et des acteurs en font trop, comme ce jeune homme qui court sans arrêt, on se demande pourquoi, ou le personnage joué par la belle Pauline Lafont dont on peine à croire qu’elle est attirée par le jeune homme précité. Autrement, les notables « voyous » sont bien choisis, et on apprécie la présence de certaines actrices (Caroline Cellier en péripatéticienne locale, Stéphane Audran en handicapée moteur). Pourtant issu d’un roman, le scénario m’a paru moins abouti que celui d’Inspecteur Lavardin.
Ce n'est pas ici mon Chabrol préféré, lui préférant la tension dramatiques des plus anciens Le Boucher, Que la bête meure ou encore Les Noces Rouges. Si on retrouve bien ici la satire de la petite bourgeoisie provinciale, l'introduction du personnage de l'inspecteur Lavardin, brillamment interprété par Jean Poiret, rend le film plus ironique et aussi plus léger. Le Chabrol des années 80 se veut plus joueur avec ses personnages et les codes du polar provincial. Il renouvelle un cinéma qui peut flirter avec la comédie. J'aime moins mais je comprends qu'on apprécie.